‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 82 sur 105 · NAS · texte numérisé non relu

NAS

54 D'HYGIÈNE. . 517 mvelopper la nuit. C’est souvent, il est vrai, le réiltat des habitudes premières ; maïs nous avons quel. ues raisons pour ne point les combattre. Dans ôtre état de civilisation, où tous les besoins sont une satisfaction facile, on est souvent trop renu par la crainte de l'habitude, et elle est toujours able lorsqu'elle n’est que la conséquence du bein. Dans le cas particulier dont il s’agit, la difféince ordinaire entre la température diurne et nocne, la transpiration fréquente pendant le somel, doivent engager à couvrir la tête pour s’y lirer. Les gens robustes peuvent presque tout suppor- #; mais ce n’est pas pour eux que nous écrivons. outefois , il est une précaution qu’on ne saurait néliger : c’est celle de ne jamais serrer cette coiffure. ette habitude serait dangereuse ; elle suffit souvent our causer de violentes douleurs, ét pourrait déteruner des accidens beaucoup plus graycs(:). Aucune artie du corps ne doit être gênée pendant la nuit : a dort mal avec ses vêétemens ; une simple chemise it le seul qui puisse convenir la plupart du temps. e$ femmes y ajoutent communément un vêtement à ranches , qu’elles nomment camisole. Comme il est rge et aisé, il n’a rien de blâämable, et est indispenible chez celles qui sout exposées à se lever partiel- ‘ment ou tout-à-fait, lorsque, par exemple, elles alutent un enfant. Il est aussi un bon nombre d'indiidus faibles ou maladifs qui auraient tort de n’aoir qu’une simple chemise la nuit. et chez lesquels :nombre des couvertures ne saurait remplacer une pplication plus immédiate. Nous connaissons plueurs personnes très-disposées à s’enrhumer , qui se ‘ouvent fort bien de conserver la nuit, péndant hiver, un caleçon, une cravatte extrêmement lâche, même des basdelaine, lorsque le temps esttrès-froid. | 1) Le médecin Brador faillit mourir apoplectique le jour

ème de son mariage , pour avoir eu une perruque qui lui comfimait trop fortement la tête.

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Les draps de lit peuvent être en toile ou en cotor peut-être ce dernier tissu convient-il mieux lhiver étant plus chaud. Ils doivent toujours être parfaité ment secs, fréquemment renouvelés, et on peut lé bassiner avec avantage, dans la saison froide, pou les personnes faibles et maladives. A

Un coucher trop mou est peu convenable; il cauk trop de chaleur et expose aux congestions cérébr les. Trop dur, il délasse mal. Son plan doit être i cliné de manière que la tête soit toujours sensible ment plus élevée que les pieds ; l'habitude d’un orei

ler n’a rien de mauvais : il faut en mettre plusieut

sous la tête des personnes disposées aux congestions Elles doivent en outre avoirunlituu peu dur, etseser vir préférablement de matelas de crin. Il ne convier pas de coucher immédiatement sur de la plume. | faut que l’air circule librement et se renouvelle fa cilement près du lit, qui ne doit être ni placé dar le fond d’une alcove, ni enveloppé de rideaux. importe , au contraire, de les écarter largemer pendant la nuit, et même d'ouvrir au moins un porte de communication de la chambre à couche avec la pièce voisine : sans cette précaution l'air e

bientôt vicié, et peu propre à servir utilement à |

respiration. Mais il n’en est pas de même des ouveï tures extérieures : les fenêtres de la chambre où l’o couche ne doivent jamais être ouvertes la nuit. Cet chambre sera le plus loin possible du bruit extérieu mais si on a la bonne habitude de se coucher: € bonne heure, on aurait tort d’interdiré un libre ac cès à la lumière du matin. Ce moyen de favoriser : sommeil ne doit être mis en usage que par les pe sonnes qui se couchent très-tard. |

Il est peu convenable de reposer deux dans le mên lit. Quelque large qu'il soit, il ne peut permettre a: sez de liberté ; le corps , d’ailleurs, ainsi que nous v nons de le dire, a besoin d’une certaine quanti d’air : la présence de deux personnes dans un lit cause trop de chaleur. D’autres motifs aussi puissa

MAD MN ir PURES k L

AE D'HYGIÈNE. 319 doivent engager l’homme à séparer sa couche de celle de sa femme: cette dernière est vraiment malade pendant un tiers à.peu près de chaque mois, et a besoin alors d’un air encore plus renouvelé que de coutume. Le contact non interrompu de personnes de sexe différent éveille des désirs trop fréquens et d’une satisfaction trop facile. Peut-être l'affection conjugale est-elle plus durable, et conserve-t-elle plus d’attraits par un rapprochement moins constant.

. Chaque personne prend dans le lit la position qui

lui semble la plus commode. Celle sur le côté droit:

est généralement la meilleure. Sur le côté gauche, les battemens du cœur sont gênés ; sur la poitrine et le ventre, la respiration n’est pas libre. Beaucoup de

ersonnes se couchent sur le dos; mais quelques hommes sont tourmentés dans cette position par de fréquentes érections. Quelle que soit celle qu'on

renne , les membres doivent être dans une demiflexion , toujours plus favorable au délassement que l'extension complète. :

L’habitude de dormir dans la journée est mauyaise dans notre climat, et y est presque toujours Île résultat de la mollesse ou d’une alimentation trop abondante. Ce sommeil n’est pas réparateur : il laisse la tête pesante et la bouche amère. Les personnes qui chargent trop leur estomac s’endorment après le repas : les organes de la digestion ne doivent jamais être assez occupés pour nuire ainsi à l'exercice des autres. .

Pour avoir un bon sommeil, il faut que le cerveau |

ait été peu exercé immédiatement avant le coùcher. Une conversation animée, une méditation profonde ;

de vives impressions, l’inquiétude , le chagrin, iou-

tes les passions vives éloignent pour long-temps le repos : c’est encore une raison pour préférer le travail intellectuel du matin à celui du soir. Les alimens irritans , les boissons alcoholiques et les infusions aromatiques qui exercent une action spéciale sur l’innervation éloignent le sommeil ou l’agitent.

ve RE LA è : e. RO ON 320 : ÉDEMENS NT TOUTES Si un bruit éclatant le contrarie, il n’en est pas de même des sons réguliers et monotones. Celui du ven à de Ja pluie, le murmure d’un ruisseau’, le favoris. sent, On se familiarise même à la longue avec les sons les plus désagréables, au point de ne plus dormir. aussi facilement s'ils viennent à cesser. Le meûnier* dort au bruit de sôn moulin; un sermon, une lecture sur un ton monotone, provoquent le sommeil. Len froid excessif en amène le besoin d’une manière pres= que irrésistible. Malheur à ceux ‘qui ne savent le * vaincre ! La connaissance du danger et la plus ferme w volonté sont souvent impuissantes en pareil cas. … Boerhaave, lui-même, surpris par le froid , ne dut. la conservation de sa vie qu'aux violences de ses amis. À d.

Dans l’état d’aise et de santé, le sommeil est facile : et réparateur ; [a souffrance le rend pénible. Celui de. Penfance est profond, et il devient plus léger à mesure qu'on avance en âge. La même différence se fait | remarquer entre celui du commencement dela nuit et 4 celui du matin. Autant un exercice modéré y dispose | favorablement, autantuneextréme fatigue en éloigne : les bienfaits, Un bon régime alimentaire, une vietranquille, exempte de tout excès, le silence et l’obscu- ! rité, des bains tièdes, le favorisent. Il est des substances qui le proveguent, en exérçant sur le cerveau * une action particulière : cesont des médicamens, dont nous ne nous ocCcuperons pas ici. Les gens en santé ne doivent pas en faire usage, et les malades jamais sans le conseil d’un médecin. 4h 4 Nous n'avons parlé que du sommeil dans les lits. I est ordinairement peu salutaire de s’y livrer en plein air : l'inaction rend infiniment plus sensible v aux impressions atmosphériques. La fraîcheur de la terre, de l’ombre, le vent, peuvent produire dans ce! cas les accidens les plus graves. Ces causes déterminent * souvent des maladies parmi les hommes des champs. Il est également fort Gangereux de dormir au soleil, S: surtout Ja tête nue. I! l’est aussi de’ coucher sur des”

De

‘plantes très-aromatiques , telles que le foin nouveau. Profitons de cette observation pour recommander de ne jamais laissér de fleurs dans une chambre à cou- “cher : excitation du sens dé l’odorat éloigne le som- “meil , et il arrive souvent aux parfumeurs d’être tour- -mentés par de longues insomnies.

* Dans un sommeil imparfait, avons-nous dit, le cerveau incomplétement endormi est occupé par es images ordinairement bizarres, par des conceptions incertaines , par des scènes dont quelques per- Sonnes conservent au reveil un souvenir exact où, d’autres à peine quelques idées confuses, Deux causes produisent des rêves fréquens : une disposition particulière du cerveau, et des occupations trop actives ou d’une certaine nature. Les rêves sont presque toujours en rapport avec les pensées habituelles de la veille. De là de grandes modifications apportées par V’âge, les passions, les circonstances particulières. Le plus ordinairement le cerveau rêvant n’exerce aucune action sur les mouvemens. Lés personnes endormies croient parcourir de grandes distances, ConvVerser, agir, et sont réellement dans le silence et | l'irmmobilité ; mais quelques unes parlent en révant, font beaucoup de mouvemens, marchent même :

cette dernière spécialité caractérise le samnambulisme. Quelquefois il y a volonté de marcher, de fuir, de parler, avec le sentiment de l'impossibilité de le faire, Alors les efforts les plus grands et les plus pénibles sont faits pour y parvenir : c’est le cauchemar.

Îest des personnes qui ne révent jamais : ce sout ordinairement cellesqui outle meilleur sommeil, Elles sont eu petit nombre. Dans notre manière de vivre, €t'au milieu de nos préoccupations continucelles, les pensées du jour viennent encore agiter le sommeil. Les songes les plus fatigans sont ceux qui meltent une partic de Ja pénsée dans uné forte contension : tels sont les rêves des mathématiciens, qui, après avoir fortement arrêté leur esprit sur des combinaisons, les cherchent encore avec plus ou moins d’incohérence

322 . ÉLÉMENS cl dans leur sommeil. Les rêves produits parles excès d’é tudes fatiguent plus en général que ceux qui sont leré sultat de l'agitation des passions, parce qu’ils ont plus de suite, d'ordre, etqu’ils exercent presque constams ment les mêmes facultés. Aussi se réveille-t-on souvent alorsavecun grand mal detêteetun accablement gé néral, que laissent rarement les rêves les plus désors donnés, les champs de bataille, les combats au mis lieu desquels on s’est cru transporté, les vengeances auxquelles on a pensé se livrer. Un sommeil agité par des rêves continuels est loin d’être réparateur Quele mathématicien, le poète, le musicien, y pren nent garde. S'ils continuent leurs travaux, un dé-1 lire continuel peut suivre de près le délire de la nuit Il faut qu’ils se reposent quelque temps et cherchent dans un ordre inusité de rapports quelques distracA - tions à leurs idées habituelles. TRUE Le somnambulisme est un état qui paraît être plus! près de la veille que le rêve simple, et cependant le somnambule ne conserve ordinairement pas le souve-. nir de ce qu’il a fait, tandis que le rêve laisse toujours dans l’esprit au moins quelques traces. Nous pourrions citer ici des variétés et des exemples intéressans de somnambulisme : c’est un état vraiment | morbide du cerveau, qui demande fa plus grande surveillance, et pour les dangers auxquels il expose, ét pour sa guérison. Nul doute que les somnambules ne soient infiniment disposés aux affections céré-. brales, à l’épilepsie, et qu’on ne doivé les soustraire à toute fatigue, à toute impression vive, à toute frayeur. Il sera toujours absolument nécessaire d’éloigner d’eux tout ce qui pourrait être d’un usage fâcheux pendant leur bizarre agitation. Si personne: ne peut rester auprès d'eux, les portes et les fenêtres, seront fermées de manière qu’ils ne puissent les ou-! vrir ; aucune arme ne restera dans leur chambre. ! Cette agitation peut être entretenue par le travail d’un organe quelconque qui fait alors partager à un cerveau trop irritable l’activité dont il est le siége à

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Souvent alors un exercice modéré, des repas plus légers, la suppression de celui du soir, l'air de Ja campagne, la chasse, les bains, les voyages, quelques émissions sanguines, sufiront pour dissiper des acci-

dens qui ne reconnaissaient pour cause déterminante que des digestions pénibles, une respiration embar- rassée, une circulation difficile ou des occupations fati-

gantes. Les somnambules devronttoujours se coucher

. de bonne heure sur un lit un peu dur, la têteélevée,

À : . 4 à être peu couverts ; les pieds seront tenus très-chaudement. On les surveillera principalement dans la

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