RÈGLES DE L'HYGIÈNE RELATIVES AUX SEXES
Nous avons, dans ce chapitre, à nous occuper seulement de la femme. Soumise ainsi que l’homme aux influences que nous avons examinées, elle tient de son organisation diverses prédispositions qui lui sont propres. Les circonstances organiques qui créent
chez elles des causes spéciales de maladie, et modi-
fient l’action des agens hygiéniques, sontla menstruation et son établissement , l’état de grossesse, la parturition, la cessation de la menstruation. La femme, en outre, se rapproche toujours du tempérament lymphatique : aussi a-t-elle dans tous les cas besoin d’air pur et de l'exposition à la lumière ; elle en sup-
porte la privation moins bien que l’homme. C’est à
cela qu'on doit attribuer cette décoloration, cette
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D'HYGIÈNE. 553 maigreur extrême, ou cet embompoint flasque et trompeur des femmes qui habitent les villes et se tiennent renfermées. Dans les pays chauds de Orient, celles qui vivent dans l’ombre des harems sont remarquables par l’embompoint dont elles sont surchargées, tandis que les hommes qui s'exercent au soleil sont secs et élancés. Les femmes, d’ailleurs, sont plus sujettes aux scrophules, aux écrouelles , au rachitisme, aux déformations osseuses, que les hommes ; elles ne peuvent corriger cette disposition constitutionnelle qne par l’usage convenable et déjà indiqué des agens atmosphériques. Les saisons automnales, c’est-à-dire humides et froides, les prédisposent comme les hommes aux affections catarrhales ; mais elles ont de plus à redouter le catarrhe du vagin ou flueurs blanches. Il est de fait que cet écoulement augmente en raison de la diminution opérée dans la transpiration, et qu’il reconnaît fréquemment pour cause la suppression de la sueur des pieds ou de toute autre partie du corps.
Une autre prédisposition des femmes, non moins à craindre , est l’exaltation de la sensibilité. Plus mabiles, plus facilement et plus vivement émues que l’homme, elles doivent craindre de voir dégénérer cet avantage, si c’en est un, en une susceptibilité maladive ; à cela se joint l'influence, souvent trop forte, des organes de la reproduction. Alors elles ont des vapeurs; elles sont nerveuses, suivant l’expression populaire ; irritables au pointde ne pouvoir supporter la lumière , le bruit, les odeurs, les sensations les plus faibles. Elles deviennent à charge à ellesmêmes et aux autres. Cette affection morale n’est presque jamais sans complication. Il s’y joint ordinairement quelque autre maladie vers les organes génitaux. Aussi devront-elles éviter l'abus de certaines lectures, des spectacles, des bals, de la musique ; prendre un exercice proportionné à leurs forces. Ce dernier moyen est le plus convenable de tous ceux qu’on peut conseiller.
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La mode et le plaisir gouvernent encore beaucoup de femmes d’une manière absolue. Il en résulte dans" le vêtement des changemens qui. tantôt surchargent” certaines parties et les échauffent, tantôt, au con-\ traire, les laissent à nud ou presqu’à nud. La saison est rarement consultée à cet égard. De là la fré-* quence des rhumes et des phthisies. Les pieds sont. trop peu couverts : de là des suppressions et tous les” acciaens qui en sont la suite. Enfin , à un repos pro-\ longé et nuisible succèdent des fatigues excessives également nuisibles ; en même temps on s’entoure de tout ce qui peut émouvoir les sens : de là une. menstruation précoce, souvent trop abondante , une cessation orageuse, les flueurs blanches, ete. Je ne parle pas des compressions variées exercées sur le corps et de leurs suites : il en a été question ailleurs.
Nous allons examiner le régime convenable aux trois principales époques de la vie de la femme que nous avons signalées : l'établissement de la menstruation, la grossesse, la cessation des règles et ses suites. |
Etablissement de la menstruation.
Nous avons déjà fait connaître les signes qui annoncent la prochaine éruption des règles. Il y a pléthore, mélancolie sans objet, quelques douleurs dans le bas ventre et aux seins ; quelque écoulement par le vagin. La mère, dès que ces signes apparaissent, doit prévenir sa fille. Celle-ci doit alors éviter toutes les circonstances propres à arrêter la marche des phénomèuzes : un bain froid, des lotions froides des bras, des pieds, une émotion violente, la peur, une indigestion , produisent ce dernier effet. Non seulement les phénomènes cessent de se présenter, mais ordinairement il en résulte quelque maladie grave de la tête, de la poitrine ou du ventre; quelquefois des hémorrhagies qui ont pour siége les: poumons ou l’estomac. Awreste, aussitôt que quei-
Re D'HYGIÈNE. 858 ques gouttes de sang se sont écoulées, les accidens ne . font plus à craindre. Entre cette première apparition … et la seconde, entre celle-ci et la troisième, etc. il nr a des intervalles assez longs, quelquefois de plu- ‘sieurs mois, d’un an et plus. Presque toujours les signes qui précèdent la seconde sont moins prononcés que les premiers, et ainsi de suite. La périodicité » s'établit enfin dans les retours ; als ont lieu treize fois Ÿ par an, avançant chaque mois de plusieurs jours : ensorte que quatre semaines comprennent Vespace entre le prémier jour de l’apparition d’une menstruatiou et Le premier de celle qui lui succède, Les mêmes imprudences qui arrêtent l'établissement de la première évacuation peuvent supprimer celles qui suivent ; il en provient des dérangemens variés de la santé, et quelquefois l’inflammation de la matrice. Les ‘excès de vin, de liqueurs, l'abus du coîït, la fatigue de la danse, de la marche, provoquent l’écoulement, amènent des pertes , et la métrite (1). Alors souvent à la suite d’une évacuation trop abondante restent Fe flugurs blanches. Les femmes donc, lorse qu'elles attendeñtleurs règles, et pendant leur durée, devront éviter les circonstances dont nous venons de parler. | | . Lorsque les règles ne s’établissent pas à l’époque de la puberté, ou quand ellessontsupprimées depuis quelque temps, surtout chez les femmes lymphatiques, où voit apparaître la chlorose ou les pâles couleurs. La peau devient jaunâtre, verdâtre; à ce phénomène se joint la bouffissure de la face, une De fr légère du tissu cellulaire sous-cutané; la pâleur des lèvres, de la langue, de la bouche ; la langueur et la faiblesse des mouvemens, la tristesse, l'abattement ; il y a oppression , palpitation du cœur, surabondance morbide des fluides blanes et du sérum du sang, pesanteur de l’estomac, digestions difficiles, inappé-
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(1) Inflammation de la matrice.
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tence, appétits bizarres, etc. Ces symptômes consti- .
tuent un véritable état maladif, qui exige emploi des moyens thérapeutique. En général, d’ailleurs, les femmes mal réglées sont sujettes à des érysipèles dont le siége est varié, à des éruptions de boutons au vi-
sage. Quelquefois ces derniers précèdent régulière-
ment tous les retours de l’évacuation périodique ; mais ils se passent dès qu’elle a eu lieu : aussi ne doiton en concevoir aucune inquiétude.
La femme n’est pas apte à se livrer au coït parce w’elle est réglée : il faut encore qu’elle soit en état d'en supporter les suites, et cela n’arrive que lorsque
la croissance est déjà très-avancée. Nul doute que la
détérioration de constitution, en quelque sorte, qu’amènent les couches chez les femmes des villes, ne tienne en grande partie à ce qu’elles ont eu des enfans de trop bonne heure. La première fois qu’une jeune femme se livre au coït, il en résulte ordinairement un léger écoulement , que des soins de propreté et des bains enlèvent facilement. On doit éviter le rapprochement des sexes aux approches et pendant la durée de l'écoulement menstruel, parce qu’à cette époque on l’a vu amener sotüvent une évacuation excessive. Au reste, dans toutes les circonstances on doit se garder d’abuser de ce plaisir. On a remarqué que
les filles publiques, à cause de cela, étaient très-su-
jettes au cancer. En outre, M. Richerand a observé
que les femmes qui s’étaient livrées au coït avant la puberté étaient plus fréquemment affectées du cancer de l’utérus vers l’âge de retour. La masturbation est une cause prédisposante aux affections hystériques et à la nymphomanie. |
Du Régime pendant et après la grossesse.
Ïl n’est pas question de discuter la valeur desdivers signes de la grossesse. Il est certain qu’on ne peut prononcer avec certitude sur ce sujet que vers le cin-
quième mois , où les mouvemens de l’enfant peu-
vent étre ressentis par le. balottement pratiqué
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par l’accoucheur , et les battemens du cœur du fæœ-
tus entendu. à l’aide du stéthoscope. On présume qu’il y a grossesse lorsque l'évacuation menstruelle , auparavant régulière, se supprime sans amener de dérangemens graves dans la santé, et qu’au contraire, au fur et à mesure que sa disparition est plus ancienne, les symptômes qui lui ont succédé.s’amendent et disparaissent; les mamelles grossissent , le mamelon est douloureux et brunit, quelques gouttes de sérosité s’en échappent. A cela s’ajoutent un changement dans la coloration du visage, un vrai masque , des taches de rousseur , les dégoûts, lesnausées, les vomissemens , la dépravation de l’appo des crampes, un changement dans le moral ui-même. Tous ces symptômes peuvent se présenter chez des femmes hystériques, dans des cas de rétention des règles, par suite de l’iëmperforation de l’hymen, etc. Aussi, pour servir au diagnostic, faut-il qu’ils succèdent à l’usage du coït. Dans ce cas, quand même il n’y aurait pas eu rupture de l'hymen , la fécondation est probable : en effet, on a vu plusieurs fois cette membrane existante encore chez des femmes enceintes, etmêmeon l’a vues’opposer à l’accouchement.
L’état de grossesse devient l’origine de diverses incommodités, dont les unes tiennent à l’action sympathique de l'utérus sur les autres organes, les anw-
tres à son action mécanique. Il résulte de là une dis-.
position très-grande à des irritations et des inflammations de ces diverses parties de l’économie : aussi
doit-on alors être en garde plus que jamais contre
toutes les fautes de régime. Parmi les premières, les dérangemens de l’appétit , les nausées, les vomissemens, les diarrhées , les douleurs de dents, des mammelles, sont les plus communes; parmi kes secondes sont les douleurs de reins, des aînes , des cuisses; la
constipation , les varices ; les hémorrhoïdes , l’œdème
des parties inférieures , la difficulté à respirer. Enfin souvent il se forme un état de pléthore, d'où résultent 5 ,
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