LA LIBERTE D ENSEIGNEMENT
L'enseignement, étudié au point de vue du droit public, met en jeu des questions bien difTéreules et qui ne sont contradictoires que dans les mots : ce sont les questions d'obligation et de liberté de l'enseignement en général. Au contraire, les problèmes relatifs à la pédagogie, k la mentalité scolaire, k la laïcité et à la gratuité de l'école sont d'ordre social ou moral et échappent au droit administratif proprement dit. Xous n'aurons donc pas à nous en occuper, si ce n'est à titre tout à fait accidentel.
Le premier principe sur lequel repose la législation scolaire française est celui de l'instruction obligatoire. Pour être plus précis, l'obligation ne porte que sur les rudiments des sciences humaines, ce qu'on appelle l'instruction primaire. Aucun logicien n'a sérieusement réclamé l'obligation d'apprendre la science en totalité; il est peu de cervelles, à défaut d'autres arguments, qui seraient capables d'absorber un tel déversement de savoir. Les personnes qui prAnent ce qu'elles appellent l'instruction intégrale entendent simplement par là donner la possibilité d'arriver aux sphères les plus élevées de l'enseignement, par cela seul qu'on est capable d'y parvenir, sans qu'un obstacle puisse provenir de difficultés pécuniaires ou sociales.
L'obligation de l'enseignement est fort peu contes-