AMÉRIQUE
point le plus éleyé de la terre. Le plateau des Andes fléchit un peu Ters Touest dans la Nouvelle Grenade et vient se terminer brusquement à la mer des Antilles.
Un rameau peu élevé, qui se détache des Andes, vers le 8* degré de latitude boréale, en se dirigeant à Touest, forme Visthme de Panama et rattache les Andes à la partie septentrionale du grand système. Celui-ci, reprenant la direction générale du nord-ouest, se relève et s'élargit avec le développement du continent en formant, dans le Mexique^ un YSLsie plateau d'une altitude moyenne de 2 000 mètres sur lequel s'élèvent des cimes dont l'une, le Popocatepelt^ atteint 5 400 mètres. La série de ces élévations, que l'on considère comme la chaîne principale, se continue le long des plaines de l'Amérique du Nord sous les noms de Sierra Madré et de montagnes Rocheuses ou Rocky -mountaim et parait se prolonger jusqu'à l'océan Arctique , mais elle s'abaisse beaucoup vers le 58* degré et n'est pas connue au delà. L'une des cimes les plus élevées paraît être le Fremont peake qui atteint l'altitude de 4 500 mètres.
L'espace compris entre les montagnes Rocheuses et l'océan Pacifique est généralement élevé et montueux, mais il n'est pas assez connu pour que l'on puisse donner une idée exacte des divers groupes de montagnes qui s'y trouvent. L'un des plus importants est la Sierra Nevada célèbre par ses mines d'or et qui atteint une altitude de plus de 4 000 mètres. Cette chaîne, qui se dirige du sud au nord, comme les Rocky-mountains, se prolonge jusque dans la Colombie britannique sous le nom de r^ionts Cascades.
La Sierra Nevada est séparée par la plaine ou grande vallée de Californie d'une série d'élévations qui s'étend le long de la côte des CaJifornies, d'où on l'appelle Coast range ^ et que l'on peut considérer comme se prolongeant sur tout le reste de la côte nordouest de l'Amérique jusqu'au détroit de Bering, qui la sépare des monts de Tchoukotsk. Sur cette côte se trouve le mont Saint-Blie près de la baie de Bering dont l'altitude est de 5 512 mètres. Un peu plus au nord, il se détache de cette chaîne un rameau dirigé vers le sud-ouest et qui forme la presqu'île H Alaska et les îles Aléouies.
Les Moniagacs orlenUles de l'Amérique commencent dans le Groenland, On pourrait considérer Vlslande^ dont le point culminant est le SnaifialS'Joiullj haut de 1 559 mètres, la petite île Jean Magen, où se trouve le Beerenberg ^doni l'altitude est de 2 085 mètres, et peut-être même le Spitzberg, dont il a été parlé à l'article de l'Europe, comme étant de leurs dépendances. La portion de ce
système qui s'étend sur la partie septentrionale du continent est souvent désignée d'une manière générale parles noms dUAlleghanU ou iCApalaches, Elle se compose de montagnes qui n'ont pas ordinairement plus de 800 à 900 mètres d'altitude et dont les plus grandes élévations se trouvent aux deux extrémités de la chaîne, notamment à l'extrémité septentrionale qui porte le nom de montagnes Blanches et renferme des sommets de plus de 2 000 mètres. Cette chaîne est en général formée de chaînons paraUèles dont les principaux sont les montagnes Bleues^ du côté de l'océan Atlantique, et les Alleghanis proprement dits^ du côté opposé. Toute cette partie du système tend à converger vers l'ouest, mais ensuite on trouve les Antilles^ qui reprennent vers l'est et que l'on peut considérer comme la continuation du système, car ces îles sont très montueuses, et le mont Potrillo^ dans l'île de Cuba, paraît dépasser l'altitude de 2 700 mètres. Au sud des Antilles s'élèvent sur le continent les montagnes de la Guyane^ qui atteignent, à la Duida dans la Sierra de Parima, l'altitude de 2 500 mètres. La plaine de l'Amazone forme une nouvelle inteiTuption au sud de laquelle se trouvent les montagnes du Brésil; massif extrêmement puissant qui converge vers l'ouest et dont les rameaux occidentaux se rapprochent de la chaîne des Andes, s'ils ne se lient pas à ceux dépendants de cette dernière chaîne. Du reste, les montagnes du Brésil sont peu élevées en comparaison de celles des autres chaînes de l'Amérique , et le mont Itacolumi^ que Ton considère comme leur point culminant, n'a que 1 851 mètres d'altitude.
C'est dans la partie méridionale de l'Amérique que se trouve le plus grand des cours d^eaa connus : V Amazone ou Maranon, C« fleuve, qui se jette dans l'océan Atlantique, a un bassin immense et compte, parmi ses affluents, des cours d'eau très considérables; tels sont le Rio-Negro^ VYapura^ le Napo, le Tunguragua^ le Huailaga^ VUcayale^ la Madeira^ le Topayos^ le Xingu. Parmi les autres fleuves de l'Amérique méridionale, nous citerons encore le Rio de la Plata^ le San-Francisco ^ le Pamahiha^ le Tocantin ou Para^ VOrénoque^ qui se jettent aussi dans l'océan Atlantique, et la Mag^ dalena, qui se jette dans la mer des Antilles. L'Orénoque présente cette particularité qu'il s'en détache un bras, nonmié Cassi^uiare,, qui se rend dans le Rio-Negro, et établit de cette manière une communication entre rOrénoque et l'Amazone. Le Rio de la Plata n'est, pour ainsi dire, qu'un golfe d'eau douce, mais il a des affluents très considérables; tels sont la Parana^ V Uruguay ^ le Paraguay^ le Vérmejo^ le Picolmayo. D'un autre côté, l'Amérique
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méridionale ne verse aucun cours d'eau important dans l'océan Pacifique.
L'Amérique septentrionale renferme le Mississipi^ dont le bassin a une étendue qui ne le cède qu'à celui de l'Amazone, et qui se jette dans le golfe du Mexique. Parmi les nombreux affluents de ce fleuve se trouve la rivière Rouge^ VArhansas^ le Missouri^ qui est le plus important de tous, VlUinois, VOhio^ le Tennessee, Dans le nombre des autres cours d'eau que reçoit le golfe du Mexique, nous citerons le Hio Grande del Norte ou Hio-Bravo^ qui, comme le Mississipi, coule du nord au sud. Les cours d'eau que l'océan Atlantique reçoit directement de l'Amérique septentrionale sont moins considérables que ceux que nous venons d'indiquer; tels sont VAlatamaha^ le Savannah^ le Santee^ le Potomao^ la Susque* kanna^ VHudson^ le Saint-Jean; mais le golfe Saint-Laurent reçoit le large fleuve du même nom qui sert de débouché au groupe de grands lacs dont il va être parlé.
La baie d'Hudson et la mer Polaire reçoivent beaucoup de cours d'eau importants ; tels sont VAlbany^ la Sevem, le Nelson, formé par les Saskatchawan méridional et septentrional, le Missinipi ou Churchill, le Coppermine, le Machensie ou rivière de V Esclave. Les eaux de ces contrées présentent un caractère particulier, c'est que Ton y voit souvent la même plaine ou le même lac, soit constamment, soit temporairement, verser leurs eaux dans des bassins hydrographiques différents. Cette circonstance, jointe à l'abondance des eaux, est cause que les plaines qui s'étendent de la mer Polaire au bassin du Mississipi peuvent être traversées en divers sens avec des embarcations que l'on est seidement obligé de transporter sur de petites parties de terre que l'on nomme portages. Quoique l'Amérique septentrionale verse beaucoup plus d'eau dans l'océan Pacifique et ses dépendances que l'Amérique méridionale, les fleuves qui s'y rendent sont généralement moins importants que ceux qui se jettent dans les océans Atlantique et Arctique ; nous citerons, parmi les principaux, le Rio-Grande, du Mexique, le Rio-Colorado, de Californie, le Frazer ou Tacouche-Tesse et surtout VOrégon ou Columbia avec ses affluents : le Zewis ou Saptine, le Clarhe ou rivière des Têtes-Plates, VOkanagan, etc.
La partie septentrionale de l'Amérique est ren^arquable par l'importance des lacs qu'elle renferme ; on y trouve notamment les lacs Supérieur, Michigan, Huron, Ériéei Ontario, qui, groupés les uns près des autres, forment le plus grand amas connu d'eau douce. Parmi les nombreux lacs situés au nord-ouest de ce groupe principal, nous citerons ceux de Winnipeg, de Winipégos, d^Athapescow
OU des Mo7iiagnes^ de Y Esclave^ an grand Ours; au sud-ouest se trouve le grand lac salé^ qui n'a point de débouché et qui reçoit les eaux du lac d'Utah ou Timpanogos. Nous citerons encore les laa du Cayman^ de Chapala^ de Tescuco au Mexique et le lac de Nicorragua dont on se sert maintenant comme un moyen de communication entre les océans Atlantique et Pacifique.
Les lacB sont beaucoup plus rares dans l'Amérique méridionale, où l'on trouve cependant celui de Titicaca ou de Chucuito sur les confins du Pérou et de la Bolivie, remarquable par son étendue ainsi que par son altitude de 3 888 mètres, et dont les eaux s'écoulent par le Rio Desaguadéro et se perdent, tant dans le cours de cette rivière que dans le lac de Pansa^ également situé sur le plateau de Bolivie. Nous citerons aussi le lac de Maracaïho^ dans la Nouvelle Grenade ; celui de los Patos^ dans le sud du Brésil, qui est plutôt une lagune qu'un véritable lac, et le lac temporaire de XarayeSy à l'est de cette région, qui n'est qu'une plaine marécageuse régulièrement inondée dans la saison des pluies.
Divisions. — L'Amérique^ ainsi qu'on a pu le voir d'après sa forme, se divise d'une manière très distincte en deux portions, l'une septentrionale^ l'autre méridionale^ que nous subdivisons en 19 régions, savoir : dans l'Amérique septentrionale, Vlslande^ le Groe7tIand, la Nouvelle-Bretagne^ la Béringie^ VOrégonie, la Mississipie, VAUéghanie^ le Mexique^ la Disthmie^ et les Antilles: dans l'Amérique méridionale, la Nomelle-Gre^nade^ la Guyane^ le Quito^ le Pérou^ la Bolivie^ le Brésil^ la Platarie^ le Chili^ la Pataganie^ et les îles Australes (1).