‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 4 sur 107 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il était important pour l'étude de la surface de la terre, surtout pour parvenir aux moyens de représenter graphiquement la position des lieux, ainsi que pour se diriger dans les parties de cette surface que l'on ne connaît pas ou qui sont dépourvues de signes distinctifs ; il était important, disons-nous, d'avoir un moyen de division qui réunît le double avantage de pouvoir s'appliquer à toute la terre, sans avoir besoin d'en faire l'exploration, et de permettre, à un observateur qui se trouve sur un point quelconque, de pouvoir déterminer la position de ce point par rapport à la division générale dont il s'agit. Or, l'astronomie permet d'atteindre ce but ; car cette science donnant les moyens de déterminer la position d'un point quelconque du ciel, il ne s'agit, pour déteiminer la position d'un point de la terre, que de chercher les rapports de la sphère céleste avec la surface de la terre, ou, comme on dit en géographie, avec la sphère terrestre.

La sphère céleste ayant le même centre que la sphère terrestre, on aperçoit tout de suite que les plans des grands cercles de la sphère céleste passant par le centre de la terre, les points oii ces plans coupent la surface du globe y décrivent aussi des grands cercles correspondants à ceux de la sphère céleste. On peut également considérer les petits cercles de la sphère céleste comme les bases de cônes qui ont leui'S sommets au centre de la terre, et alors les points oii ces cônes coupent la surface du globe décrivent sur celleci des cercles qui ont les mêmes positions relatives que ceux de la

sphère céleste. De cette manière on transporte sur la sphère terrestre, non seulement Véquateur^ Véclipiique^ les tropiques et les cerdes polaires; mais aussi les parallèles et les cercles horaires, que Ton nomme respectivement cercles de latitude et cercles de longitude ou méridiens terrestres^ parce que les coordonnées que l'on appelle déclinaison et ascension droite sur la sphère céleste se nonmient latitude et longitude sur la sphère terrestre.

La latltade d'un lieu est donc sa distance à l'équateur mesurée sur un grand cercle perpendiculaire à ce dernier, c'est à dire sur un méridien; ou, en d'autres termes, l'angle formé par deux rayons partant du centre de la terre et aboutissant, l'un au lieu dont il s'agit, l'autre à l'équateur. On compte la latitude à partir de l'équateur, de sorte qu'on la distingue en australe et loréale^ et que les pôles représentent le 90" degré de latitude de chaque hémisphère.

La loBgitode est l'arc de l'équateur compris entre le méridien du lieu et celui d'un autre lieu déterminé que l'on prend pour premier méridien, ou, en d'autres termes, l'angle formé parles plans de ces méridiens. Comme il est plus facile pour les astronomes de fidre leurs calculs en prenant pour point de départ le méridien du lieu où ils font leurs observations, on n'a pu s'entendre pour l'adoption d'un premier méridien uniforme ; et la plupart des nations comptent la longitude à partir du méridien de leur principal observatoire. On a cependant proposé et quelques peuples ont adopté comme premier méridien commun, celui passant par l'île de Fer, Pune des îles Canaries. Du reste, on est assez généralement dans ITiabitude de compter la longitude de chaque côté du premier méridien, en la désignant par l'épithète à*orientale ou d'occidentale, de sorte que chaque hémisphère se trouve divisé en 180 degrés, et que la partie de grand cercle qui forme le zéro du côté de la terre oîi est situé le point de départ, forme du côté opposé le 180* degré pour la série orientale, aussi bien que pour la série occidentale.

On voit donc qu'il sufiBt de déterminer la latitude et la longitude d'un lieu pour connaître la véritable position de ce lieu sur la sphère terrestre, de sorte que, à l'aide de cette connaissance, pour on grand nombre de lieux, on peut dresser des cartes géoft^mphlfscs, c'est à dire des plans qui représentent tout ou partie de la surface de la terre (1). Mais l'examen des procédés à employer

(1) Ces cartes prennent direnei dénominationa selon les détails que Ton y ajoute et le but auiael on les destine. On eu construit rarement qni ne contiennent qne des renstignemonts pore- ■eot géographiques; dans ce nombre on doit cependant ranger les cartes marines qui indiqoent pour I*asage des na? igatenrs les formes et la profondeur des mers. Les cartes les plus ordiaalres lont réellement statistiques j pmsqn*elles font connaître les limites et les dlTi^i'^H^ des

pour atteindre ce but n'entre pas dans le cadre que nous nous sommes tracés.

Les cercles de longitude étant de grands cercles, ou plutôt de demi-grands cercles, puisque la continuation de Tare qui parcourt un hémisphère est désignée par un numéro différent dans lliémîar phère opposé, ils ont une longueur uniforme, sauf les inégalités qui peuvent résulter des irrégularités de la figure de la terre ; mais les cercles de latitude ont une longueur constanmient décroissante, depuis l'équateur jusqu'aux pôles, lesquels représentent les deux derniers cercles de latitude, et qui, n'étant que des points, n'ont aucune étendue. Par suite de cette disposition, l'espace compris entre les deux degrés de longitude va continuellement en diminuant de l'équateur au pôle, où il est réduit à zéro ; tandis que l'espaoe compris entre deux degrés de latitude serait uniformément de 111 111 mètres, si la terre était réellement une sphère et si ses méridiens avaient 40 000 000 de mètres, ainsi qu'on l'a supposé lors de l'établissement du système métrique (1) ; mais l'aplatisse ment de la terre au pôle et les autres irrégularités de sa configura tion sont cause que les espaces compris entre deux degrés de latitude, ou, en d'autres termes, les degrés du méridien, présentent des différences selon les latitudes et selon les lieux; de sorte que, tandis que les mesures faites vers le 45* degré de latitude boréaJd approchent sensiblement de la longueur moyenne donnée ci-dessus, celle faite en Laponie sous le 66" degré de latitude boréale, par M. Swanberg, a donné 111 471 mètres, et celle faite à l'équateur, par Bouguer, a donné 110 618 mètres. Il paraît, en outre, que les dimensions de l'hémisphère austral sont un peu plus étendues que celles de l'hénaisphère boréal. Mais, d'un autre côté, les diverses mesures de degrés terrestres qui ont été effectuées présentent des anomalies si considérables qu'Arago pensait qu'on ne peut les attribuer aux irrégularités de la forme de la terre, mais qu'elles doivent plutôt leur origine à la diversité de composition de cette planète, d'oii résultent les attractions locales qui font dévier le fil à plomb et rendent inexacte la détermination de la latitude de ces lieux.

ÊUti. Les cartes géognostiques donnent det indications snr la nature dn sol. On se sert de !k déaomiDatiOD de cartti topograpMques pour désigner celles qui représentent arec beaacoap d« détails Qne contrée pea étendue; mais quand elles ont poar but de faire connaître les propriétés particnliéres, elles deviennent des plant cadastraux.

(1) Le système métrique avait été établi ponr que le métré exprimât exactement la dix-milUonléme partie du quart dn méridien terrestre. Mais, d*après de nonreiles opérations, qne l'on croit plus exactes, la longueur de ce quart dn méridien serait de 10 OUO 723 mètres ; ce qui, toutefois, ne donnerait qu'une différence imperceptible entre la longueur affectée ao mètre et celle qu'il aorail dû recevoir.

Les tropiques et les cercles polaires ëlwlsent la sphère terrestre en einq xones parallèles. La première au nord, comprise entre le pôle et le cercle polaire, est appelée zone glaciale du nord; la seconde, comprise entre le cercle polaire boréal et le tropique du Cancer, est la zone tempérée boréale; la troisième, comprise entre les deux tropiques, est la zone torride; la quatrième, comprise entre le tropique du Capricorne et le cercle polaire austral, est la zone tempérée australe; enfin la cinquième, au sud du cercle polaire austral, est la zone glaciale du sud. Chaque point de la zone torride a deux fois par an le soleil à son zénith, tandis que le soleil n'est jamais au zénith de» autres zones. Mais cet astre paraît toutes les ▼ingi-quatre heures sur Thorizon d'un point quelconque des deux zones tempérées, tandis que dans les zones glaciales il y a une période oii le soleil ne paraît pas toutes les vingt-quatre heures à lliorizon, période qui va toujours en augmentant à mesure que Ton s'approche du pôle, de manière qu'à ce point il doit y avoir un intervalle de six mois où le soleil est constamment visible et six mois où il est invisible, sauf les effets de la réfraction, qui semble être plus considérable au pôle que dans les autres parties du globe.

rHimalaya, entre THindoustan et le Tibet, dont Taltitude est de 8 840 mètres. Quant aux enfoncements qui sont cachés par les eaux, le sondage le plus profond, n'a encore annoncé que 8 412 métrés, de sorte qu'en admettant un maximum de 18 000 mètres pour les inégalités de Pécorce terrestre on irait au delà des observations, et cependant ce chiffre ne serait pas la 350** partie du diamètre terrestre; de manière que ces inégalités sont beaucoup moins prononcées, par rapport aux dimensions de la terre, que les aspérités que nous voyons sur la peau d'une orange ne le sont par rapport au volume de ce fruit.

Les dénominations que Ton donne aux diverses parties de la terre par suite de leur altitude et de leur relief varient souvent d'après la position où se trouvent ceux qui les emploient. Car, de même que nous disons que certaine île n'est qu'une plaine basse, tandis qu'elle est peut-être le sommet d'une montagne cachée par la mer, les habitants d'un pays très élevé considéreront comme région basse ce que les habitants des bords de la mer nommeront une contrée élevée ; de même, aussi, les habitants d'une contrée où le sol présente de grandes inégalités, nommeront pays plat ou plaifie ce que les habitants d'une contrée tout à fait unie appelleront |Miy« montueux ou montagne. De sorte qu'il est difficile d'adopter, à cet égard, des règles fixes de nomenclature sans s'écarter des usages reçus et sans s'exposer à se trouver souvent dans l'impossibilité d'appliquer ces règles. Aussi, quoique les géographes ne considèrent pas habituellement comme contrée basse un pays qui a plus de 300 à 400 mètres d'altitude, ni conmie plaine un sol qui présente des inégalités de 100 mètres, on fait souvent exception à ces règles lorsqu'il s'agit de contrées qui se trouvent dans des positions particulières. C'est ainsi que l'on considère quelquefois le milieu de la Suisse comme pays de plaine, et le Teutobur^ gerwald en Westphalie, comme une chaîne de montagnes, quoique le premier soit généralement plus haut que le second ; mais celui-ci s'élève au dessus des plaines de la basse Allemagne, tandis que l'autre est enfoncé entre deux chaînes de hautes montagnes. Il est à remarquer aussi que, quand un sol uni est élevé et surtout quand il n'est pas dominé par des points plus hauts, on ne lui donne pas le nom de plaine, mais celui de plateau, dénomination qui s'emploie dans un sens encore plus large que celle de plaine; car on en &it souvent usage pour désigner une portion de la surface de la terre qui domine les contrées environnantes, quoique cette portion présente un sol très inégal.

Lorsqu'une partie de l'écorce du globe s'élève sensiblement au

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dessus du sol environnant, on lui donne les noms de montasse, de eoUlae ou d'émlaenee, selon que la différence de niveau est plue ou moins prononcée; mais il n'y a pas non plus de règles fixes pour l'application de ces mots, que l'on emploie souvent dans un sens relatif plutôt qu'absolu; car telle élévation que l'on appellera monr tagne dans un pays de plaines, passerait à peine pour une émir nence dans un pays de hautes montagnes. Cependant les géographes ne donnent ordinairement le nom de montagnes qu'à des pentep qui ont au moins 300 à 400 mètres de hauteui-. Il est à remarquer que nous employons ici le mot pentes plutôt que celui d'élévations, parce que, quoique le nom de montagne donne assez généralement l'idée d'une masse qui s'élève de tous côtés au dessus du sol environnant, on l'applique aussi à des pentes qui ne sont que la différence de niveau entre une région basse et un pays élevé, de sorte qu'arrivé au sommet d'une semblable montagne, on trouve un plar teau au lieu d'une pente en sens inverse.

Les pentes qui, conmie on le voit, sont la partie essentielle d'une montagne, s'appellent aussi les flancs de la montagne; leurs parties supérieures en forment le sommet ou la cime; leurs parties infér rieui'es, c'est à dire celles oii les pentes commencent à s'élever au dessus du sol environnant, en %oni\Q pied; l'espace occupé par une montagne en est \n.lase. Du reste, la forme des montagnes est extrê* mement variable; les flancs des unes ne sont que des pentes douces, tandis que ceux des autres sont des pentes rapides ou des escarpe» ments qui approchent plus ou moins de la ligne verticale. De même le sommet des unes se compose de croupes arrondies ou de plateaux, tandis que d'autres sont terminées par des pointes de rpchers plus ou moins aiguës ; d'où proviennent les diverses dénomi*nations que Ton donne à certaines parties de ces sommets, et qui indiquent leur forme : telles sont celles de ballon^ de d&tm^ de t(mr\ à&pic^ de cx>riie^ de dent^ à^aiguille^ etc.

Les montagnes sont quelquefois isolées; plus souvent elles forment des chaînes et des groupes.

Les premières sont ordinairement appelées monts ^ mais l'usage ne s'est pas non plus soumis à donner à ce nom une application exclusive ; et non seulement on l'applique aux montagnes isolées et à des sommités particulières qui s'élèvent au milieu d'une châjnd ou d'un groupe, mais aussi à des chaînes et à des groupes entiers.

Les chaînes de montagnes ont quelquefois une direction constant^ sur toute leur étendue : telle est celle des Pyrénées ; mais souvent elles changent brusquement de direction : telle est la chaîne des Alpes, dont la partie occidentale a une direction très différente de

1a partie orientale. Cependant, au milieu de ces irrégularités, on remarque que les principales chaînes de montagnes ont souvent une direction analogue à celle des terres dans lesquelles elles se trouYent ; ce qui est d'autant moins étonnant que les terres ne sont, en général, que des chaînes de montagnes par rapport au £9nd des mers. C'est ainsi , par exemple , que les principales chaînes du milieu de TEurope et de TAsie sont dirigées dans le sens de l'ouest à Test, tandis que celles de l'Amérique sont dirigées du nord au sud.

La largeur des chaînes de montagnes est aussi très variable,, et Von voit quelquefois une même chaîne, très large dans un liea> se rétrécir dans \m autre, pour s'élargir de nouveau un peu plus loin.

La hauteur des chaînes de montagnes est encore plus irrégulière que leur direction et leur largeur; car, outre qu'elles se composent ordinairement d'élévations inégales, on voit souvent une ch^e interrompue par une région basse ou par une portion de mer au delà de laquelle elle reparaît avec les mêmes caractères. Mais, quoique la géologie nous montre que de semblables parties de montagnes doivent être considérées comme appartenant à une même chaîiie, on est assez généralement dans l'usage de donner des noms particuliers à chacune de ces parties séparées.

Les chaînes de montagnes ne présentent quelquefois qu'une seule ligne d'élévations, mais le plus souvent elles se composent dB plusieurs chaînons ou séries d'élévations particulières placées les unes à côté des autres (1). U est rare aussi que lies chaînes ne se ramifient pas, c'est à dire qu'il n'en sorte des rameatMS qui se détajchent de la chaîne principale en prenant diverses directions.

Dans une chaîne ou dans un rameau de montagnes dont le som« met, au Heu de correspondre à un plateau, forme une crêtô^ celle-ci est ordinairement dentelée, et les parties les plus élevées se nomment cifneSy tandis que les plus basses sont appelées cols^ et servent, dans les pays de hautes montagnes, pour communiquer d'un côté dq la crête avec l'autre.

On appelle faîte, une ligne que l'on suppose traverser chaque chaîne ou chaque rameau de montagnes dans le sens de la Ion-* gueur, en passant par les points les plus élevés, et on désigne pai: le nom de versants les parties de la chaîne qui s'étendent de chaque coté du faîte ; mais on ne doit pas prendre ces dénominations dans un sens rigoureux, car il arrive bien rarement, peut-être jamais,

CD On voit que Ia mot chatnon e»t prit ici dans dd teos différent de celai qa*il a dans Tosage ordinaire, où h est employé comme synonyme d*anoeaa. Anssl qaelqae géologues emploient-ils lé moi chaîne dans le sens donné ci-dessos aa chaînon, mais alors on n*a pios do mot poor désigner Veosemble de la chaîne.

1Î GÉOGRAPHIE OROGRÂPHIQUB.

que les points les plus élevés d'une chaîne de montagnes puissent être réunis par une ligne non interrompue ; souvent même les points culminants se trouvent plus ou moins éloignés de la ligne que la disposition générale du sol doit faire considérer comme le faite. De sorte que l'on ne doit voir, dans la division en versants, qu'un moyen de distinguer l'ensemble des pentes et des rameaux qui se trouvent aux deux côtés d'une ligne idéale, faisant la séparation des parties de la chaîne qui tendent à s'abaisser d'un côté de celles qui tendent à s'abaisser du côté opposé. Il est à remarquer aussi que dans une chaîne, qui n'est que la chute d'un large plateau vers une région basse, il n'y a qu'un versant, le second étant remplacé par le plateau qui peut donner naissance à une seconde chsdne de montagnes du côté opposé, mais qui peut aussi perdre son élévation par des pentes trop douces pour pouvoir être réputées montagnes. Dans ce dernier cas, à la vérité, on considère l'ensemble de ces pentes comme formant le second versant; mais, attendu qu'il n'y existe plus de montagnes, on ne peut lui donner le nom de versant dans le sens indiqué ci-dessus.

H résulte, de cette tendance de certains versants à se confondre avec les plateaux, que les deux versants d'une chaîne de montagnes sont rarement uniformes. On remarque même que, si une chaîne de montagnes présente un versant étroit avec des escarpements ou des pentes très rapides, le versant opposé est très large et composé de pentes beaucoup plus douces, ou plutôt de chaînons et de rameaux dont l'élévation devient successivement moindre, et qui finissent par des collines et des éminences qui se perdent tout à fait dans la plaine ou qui se lient avec les dépendances d'une autre chaîne. On donne ordinairement le nom de contre-forts à des rangées de collines ou de petites montagnes qui se trouvent en avant d'une chaîne de hautes montagnes.

Les chaînes ou chaînons de montagnes sont quelquefois disposés en gradins^ c'est à dire qu'au dessus du plateau qui correspond au sonmiet d'une chaîne ou chaînon s'élève une nouvelle série d'élévations qui peut elle-même être suivie par une autre. Cet ordre de choses a principalement lieu dans les parties larges des continents.

Les groupes de montagnes ne dififèrent des chaînes que parce qu'au lieu de former des lignes allongées, ils se composent d'un massif dont les dimensions en largeur sont moins diflférentes de celles en longueur. Souvent le milieu d'un groupe présente la cime la plus élevée, d'où partent des espèces de rameaux qui divergent dans diverses directions. Les groupes de montagnes sont quelquefois, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, désignés par le nom de plateau.

Les collines et les éminences^ que ron désigne quelquefois par les noms de luttes et de tertres^ n'étant, comme nous Tavons déjà fait entendre, que de petites montagnes, elles présentent en général les mêmes caractères que ces dernières; nous ferons seulement remarquer que les chaînes à un versant y sont plus conmiunes que dans les montagnes, et que leurs flancs sont souvent nommés côtes etcoteaux.

Du reste nous répéterons encore que non seulement Tusage ne s'astreint pas à une application régulière de ces diverses dénominations, mais que, d'un autre côté, cette application n'est pas toujours possible, car on sent, par exemple, qu'il y a des massifs de montagnes qui peuvent aussi bien être appelés chaînes que groupes, et des parties de ces massifs que l'on peut également prendre pour chaîne particulière, pour chaînon, ou pour rameau, la distinction entre ces diverses manières d'être des montagnes n'étant tranchée que dans les cas extrêmes.

On appelle dunes des petites collines qui forment quelquefois de petites chaînes isolées le long de la mer.

La surface de la terre est plus ou moins sillonnée par des dépressions longues et étroites, que l'on nomme wallées et vallons, selon qu'elles sont plus ou moins profondes. Lorsque ces dépressions se rétrécissent de manière à rendre le passage difficile, on leur donne le nom de défilés et de gorges; si, au contraire, elles sont à peu près aussi larges que longues, on leur donne le nom de lasiins; et quand les bassins sont disposés circulairement, de manière à rappeler la forme des théâtres des anciens, on les nonmie cirques.

Du reste, ces dénominations doivent être prises dans un sens encore moins absolu que celles que Ton emploie dans les autres parties de la géographie, et ne sont que des termes pris dans une série où il n'y a pas délimites déterminées. C'est ainsi, par exemple, que des contrées que l'on considère ordinairement comme de grandes plaines ne sont, dans le fait, que de vastes vallées ; telle est la plaine du Pô, bordée, d'un côté, par les Alpes, et, de l'autre, par les Apennins.

En général, lorsqu'une contrée présente brusquement une grande différence de niveau, le sol de la partie élevée est sillonné par des vallées très profondes, tandis que, dans les lieux qui s'éloignent d'une semblable chute, les dépressions du sol sont peu prononcées, quand même elles se trouveraient sur des plateaux très élevés au dessus de la mer.

On remarque de même que toute vallée principale est comme une espèce de tige à laquelle aboutissent de petites branches ou vallées latérales^ dont la direction se croise avec la vaUée princi-

pale, et qui, souvent, se ramifient de leur côté. En général, la plus grande partie des vallées qni sillonnent nne chaîne on on rameam de montagnes se dirigent ordinairement dans un sens transversal à la chaîne ou au rameau, d^ou on les appelle 9aZ//<v transversales j soit qu'elles prennent naissance à la crête, en se dirigeant sur Yuxl ou l'autre versant, ce qui est le cas le plus fréquent; soit qu^elles traversent tout à fait la chaîne ou le rameau, ce qui est plus rare. Plusieurs chaînes présentent aussi des vallées dirigées dans le sens même de la chaîne, et que, par cette raison, on nomme longitudinales. On trouve notamment ces deux espèces de vallées très bien prononcées dans les Alpes.

Les vallées transversales sont plus communément bordées par des flancs escarpés que les vallées longitudinales; cependant cette drconstance tient aussi à la nature du terrain; car on sent qu^il ne peut y avoir d'escarpements dans un terrain meuble ou facilement altérable.

Dans les vallées longitudinales, les flancs opposés sont souvent de nature différente, ou du moins composés de matières disposées d'une autre façon. Dans les vallées transversales, au contraire, il y a presque toujours identité parfaite entre les deux flancs opposés, tant sous le rapport de la nature que sous celui de la structure ; et, lorsqu'on voit d'un côté un angle saillant^ il est à peu près certain que le côté opposé présente un angle rentrant.

Les vallées, surtout celles transversales, qui ne sont pas très profondes, tendent en général à s'élargir à mesure qu'elles avancent d'une contrée élevée vers une région basse; mais cette règle est sujette à beaucoup d'exceptions; et les vallées des hautes montagnes ne présentent souvent qu'une série de renflements et d'étranglements; mais, dans ce cas, c'est plutôt un système de vallées qu'une vallée proprement dite. Ces systèmes se composent souvent de petites vallées longitudinales ou de bassins unis par des défilés transversaux.

On verra, dans le chapitre suivant, que les mots vallée et bassin sont aussi employés dans un sens hydrographique.

Lorsque les dépressions du sol ou, pour parler le langage des mineurs, les cavités à ciel ouvert ne sont plus assez larges pour être appelées vallées, vallons, défilés, bassins ou cirques, on les désigne par d'autres noms, tirés ordinairement de leur forme : c'est ainsi que l'on appelle feates et crevasses celles qui ressemblent aux cavités de même nom que nous voyons se former dans les corps qui se dessèchent ou qui se refroidissent ; d'autres prennent le nom de pulto natarels ou d'entonnoirs, parce qu'elles rappellent nos puits

OU nos entonnoirs artificiels. Du reste, de même que Tapplication du nom de pays élevé et de région basse est souvent prise dans un sens relatif plutôt qu'absolu, il n'y a pas de ligne de démarcation entre les dépressions que Ton doit désigner par les premières ou par les dernières des dénominations que nous venons d'indiquer; car il y a, dans les pays de montagnes, de véritables vallées, c'est à dire des cavités assez vastes pour être habitées, qui ressemblent tellement à une fente ou à une crevasse, qu'on les désigne par l'un de ces noms lorsque l'on veut exprimer leur forme en peu de mots.

Nous ajouterons, à cette énumération des noms que prennent les diverses parties de la terre d'après leur relief, quelques mots sur d'autres dénomlnatlong qui sont plutôt agricoles et statistiques que réellement géographiques, mais dont on fait cependant un fréquent usage dans les descriptions des diverses parties de la terre.

Par les noms de déserts^ steppes et pampas on désigne des contrées arides, sans culture, peu ou point habitées. Les déserts sont les plus arides, les steppes et surtout les pampas produisent plus de végétation. Cependant il est à remarquer que l'application de ces trois noms tient plutôt au langage qu'à l'état réel des choses, et que ce que l'on appelle désert, dans l'Afrique et dans le sud-ouest de l'Asie, se nommerait steppe en Russie ou dans le nord de l'Asie, et pampa dans l'Amérique médionale.

n existe quelquefois, dans les déserts, des espaces nommés oasis^ où la présence de sources, la nature du sol, ou d'autres circonstances permettent l'établissement d'une végétation régulière et une habitation fixe de l'homme.

Les mots landes^ bruyères et garigues , appartenant à l'Europe occidentale, s'appliquent à des espaces moins étendus que ceux de désert, steppe et pampa. Les deux premiers indiquent, en général, des sols recouverts de dépôts et d'une faible végétation où dominent les bruyères. Le troisième, employé dans le Languedoc, indique des espaces où les rochers sont en grande partie à nu ou couverts de broussailles. Dans les contrées polaires de l'Europe et de l'Asie on donne le nom de toundra à des plaines qui ne sont couvertes que de lychens, de mousses et d'autres plantes cryptogames.

Par la dénomination de solitudes^ on désigne les contrées sans habitations fixes, mais où cet état de choses est aussi bien l'effet de circonstances sociales que de la nature du sol ou du climat. Dans l'Amérique du nord, il y a de vastes solitudes que l'on ap- ^ÏLe forêts ç^i. prairies selon qu'elles sont couvertes d'arbres ou de végétaux herbacés.

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