SIXIÈME ORDRE, - ROCHES CARBONATÉES
l*** Genre, — Roche» calcareàses.
Le ealealre est une des substances les plus abondantes et les plus variées du règne minéral ; il est notamment très remarquable par la grande quantité de ses formes cristallines qui s^élèvent à plus de 1 500 et dérivent d'un rhomboèdre de 105° 5'. Cette substance pèse 2.723, raye le gypse, est rayée par la fluorine, donne de la chaux par la calcination et fait une effervescence plus ou moins vive dans l'acide nitrique. Elle présente un grand nombre de modifications dont nous allons indiquer les principales :
P Le calcaire laminaire {spath calcaire)^ qui se clive facilement en donnant le rhomboèdre primitif; il est ordinairement limpide ou blanc, mais quelquefois coloré par des matières étrangères. C'est le minéral qui jouit au plus haut degré de la double réfraction.
2^ Le calcaire lamellaire est ordinairement de couleur blanche; il est, en général, susceptible de prendre un beau poli : tel est le marbre de Paros.
S"" Le calcaire saccharoïde prend aussi un beau poli, et, lorsqu'il est de couleur blanche, on le considère comme marbre statuaire^ parce qu'il est très propre à faire des statues : tel est le marbre de Carrare. D'autres fois, le calcaire saccharoïde est d'un gris bleuâtre nuancé, et alors on l'appelle marbre bleu turquin.
4*" Le calcaire compacte est une des roches les plus abondantes de la nature, et qui fournit une grande quantité de matériaux de construction, des marbres de diverses nuances, des pierres à lithographier, etc. H passe souvent au calcaire schistoïde et à d'autres variétés de texture.
5** La craie est un calcaire écrivant, d'une texture grenue passant à la texture compacte, plus ou moins friable et de couleur blanche. On considère quelquefois comme craie des substances grises, vertes ou noirâtres, mais ces variétés appartiennent en général au calcaire chlorité et à la marne. La craie est assez abondante dans la nature ; elle sert comme pierre à bâtir lorsqu'elle n'est pas trop friable ; on l'emploie aussi comme crayon pour tracer des traits ; on en fait de la chaux, on l'emploie pour les peintures
appelle pierres à chaux hydraulique^ parce qu'elles donnent une chaux très favorable pour les constructions hydrauliques.
IS"" Le calcaire siliceux est mélangé de silex, soit d^une manière tout à fait intime, et alors il passe à une variété de silex que Ton désigne quelquefois sous le nom de silicicalc^; mais souvent aussi les parties de calcaire et de silex, quoique unies intimement sur les bords, ne sont réellement qu'enchevêtrées Tune dans Tautre et se distinguent à Tœil nu. Ce calcaire passe de cette manière à b meulière, qui ressemble à certains calcaires siliceux dont les parties calcareuses auraient été enlevées par un dissolvant.
19** Le calcaire sableux ou quartzifère contient des grains de quartz. C'est une variété qui n'a rien de constant, mais qui est très commune, la nature présentant, presque partout où il y a du calcaire, des passages de celui-ci au grès, au macigno ou au psammite.
20" Le calcaire chlorité^ aussi nommé glauconie^ est un calcaire plus ou moins mélangé de chlorite, laquelle se présente ordinairement sous la forme de grains verts ou noirs et se fond quelquefois dans la masse en lui donnant une couleur uniforme ou bigarrée. Sa texture est souvent grenue, d'autres fois compacte, grossière ou arénacée ; d'où l'on voit que cette variété rentre dans plusieurs des précédentes, principalement dans le calcaire grossier, le tuffeau et la craie; le calcaire chlorite est plus souvent friable ou meuble que tenace, et passe fréquemment à la marne, au macigno, au psammite, au grès, au sable, etc.
2P On peut aussi indiquer des calcaires feldspathique^ grenatiqu^, pyroxénique^ c'est à dire renfermant des cristaux de feldspath, de grenat, de pyroxène, etc.
Le clpolln est une roche à base phanérogène, composée de calcaire et de mica. Elle forme des couches, des amas, peut-être des filons. Le calcaire a ordinairement la texture saccharoïde, quelquefois compacte; le mica forme souvent des veines ou des bandes minces ; d'autres fois il est disséminé dans la masse. L'ensemble de la roche est fréquemment schistoïde, d'autre fois bréchiforme. Le cipolin est ordinairement blanc avec des veines grisâtres; d'autres fois il est grisâtre, etc. Il est souvent susceptible d'un beau poli et employé comme marbre, quelquefois même conmie marbre statuaire.
L'ophlealee est une roche à base phanérogène, composée de calcaire dominant et de talc ou autres substances confondues avec le talc. Elle forme des couches, des amas, peut-être des filons à texture saccharoïde, compacte, bréchiforme ; quelquefois les matières
talqueuses forment des espèces de réseaux qui enveloppent des noyaux calcaires très rapprochés les uns des autres. La couleur des matières talqueuses est souvent verdâtre, et celle du calcaire blanche; quelquefois celui-ci estrougeâtre.
L^ophicalce se confond, dW côté, avec le calcaire, et, de Tautre, avec les stéaschistes et les ophiolites. Elle est ordinairement subordonnée dans les stéachistes, peut-être dans les ophiolites. Elle donne de marbres estimés, tels sont le vert antique^ le marbre campauj le pohevera^ le serancolin, etc.
On considère, minéralogiquement parlant, la dolonie comme une combinaison d'un atome de carbonate calcique avec un atome de carbonate magnésique ; mais, comme les masses sont rarement composées de cette manière, nous ne devons y voir ici qu'un mélange de calcaire et de giobertite. Cette roche se dissout lentement et souvent sans effervescence dans l'acide nitrique, elle pèse 2.86 à 2.88, raye le calcaire, mais sa consistance varie de l'état tenace à rétat meuble ; elle forme des couches, des amas, des filons à texture compacte, saccharoïde, lamellaire, grenue, celluleuse, arénacée et terreuse, de couleur souvent grise, quelquefois jaunâtre, blanchâtre, bleuâtre, noirâtre; ses masses ont souvent un aspect bouleversé et des formes déchiquetées qui rappellent celles des porphyres ; elle est employée pour la bâtisse, et les variétés tenaces sont recherchées pour faire des pavés.
2« Genre. — Roches globertlqnes.
La gl«bertite ou carbonate magnésique, ordinairement mélangée de silicates magnésiques, mérite à peine de figurer dans la série des roches. Elle forme cependant des filons dans les ophiolites, et on l'a exploitée à Baldissero, en Piémont, pour faire de la porcelaine.
TBOisiÈBfE CLASSE. — ROCHES COMBUSTIBLES
ou CHARBONNEUSES.
Les roches combustibles ou charbonneuses font partie de ces matières que nous avons déjà signalées comme se rapprochant plus des produits organiques que des minéraux proprement dits.
L'anibraeite ou charbon éclatant est presque entièrement com-
posée de carbone, auquel se joignent de petites quantités d^oxygène, d'hydrogène, quelquefois un peu de nitrogène, ainsi que quelques matières terreuses ; mais cellesM^i ne s'y trouvent que par voie de mélange. Elle se brise souvent en éclats par Faction du feu et brûle difficilement sans flamme ni fumée ; sa poussière a un^^ odeur de charbon. Elle forme des couches, des amas, des rognoii>. des grains, des enduits; sa texture est schistoïde, compacte ou terreuse ; elle se divise quelquefois en prismes rhomboïdaux, que Ton a parfois assimilés à des solides de clivage, mais qui n'ont pas des angles constants. Elle pèse de 1.5 à 1.8; elle est tendre, opaque. Sa couleur est noire, son éclat est luisant, quelquefois métalli(iu> ou terne. Elle est employée comme combustible, mais elle ne peut, en général, s'allumer qu'au moyen d'autres matières, et plusieurs variétés ne peuvent servir que dans les fourneaux oii il se produit une chaleur considérable; aussi voit-on souvent des parties d'anthracite qui se trouvaient dans la houille sortir intactes des foyers ordinaires.
La honille ou charbon de terre contient plus d'hydrogène et d'oxygène que l'anthracite, mais sa composition est très variable, et M. Regnault y distingue quatre modifications principales dau> lesquelles la proportion de carbone diminue successivement dt 0.89 à 0.76, et qu'il désigne par les noms de houilles grasses durt^, de houilles grasses maréchales, de houilles grasses à longuts flammes et de houilles sèches à longues flammes. La houille s'iillume avec facilité et brûle en donnant une flamme plus ou muin^ longue, une fumée noire ; elle se gonfle et se fond pendant la combustion, de manière à ce que les morceaux se collent entre eux. Si on arrête la combustion, lorsque la houille cesse de flamber, et que l'on opère sur des variétés qui contiennent peu de matières terreuses, on obtient un charbon dur, léger, celluleux, à éclat métallique, que l'on appelle coke, La houille donne à la distillation dematières bitumineuses, de l'eau, du gaz, souvent de l'ammoniaque. Les matières bitumineuses, soumises, de leur côté, à la distillation, donnent de la naphtaline. La houille forme des couches, deamas, des rognons, des grains ; sa texture est schistoïde, compacte, terreuse; elle se divise quelquefois en prismes rhomboïdaux, que l'on a aussi assimilés aux solides cristallins , mais qui , de mêiii" que ceux de l'anthracite, n'ont pas des angles constants. Elle pèse 1.3262; elle est plus tendre que l'anthracite, plus dure que le bitume; sa couleur est le noir plus ou moins foncé, rarement brunâtre ; elle est quelquefois irisée, ordinairement luisante, parfois terne, toujours opaque. La houille est très abondante dans la na-
ture ; c'est une des substances minérales les plus utiles à Thomme ; on s'en sert principalement comme combustible. On en retire aussi du gaz pour Téclairage, ce sont les houilles grasses à longues flammes qui sont le plus propres à cet usage . On en retire également on goudron, nommé coaltar qui sert à enduire les objets exposés à Iliumidité et des couleurs employées dans les teintureries. Il y a une variété que les Anglais nonune canntl coal ou chardon chandelle^ parce qu'elle brûle avec une flamme brillante', et qui est susceptible d'être taillée pour faire des vases et d'autres objets d^omement.
Le llgalte (braunkhole) a une composition qui difipere de celle de la houille par la présence d'une plus grande quantité d'oxygène et parce que le goudron que l'on en retire ne contient pas de napthaline; il s'allume et brûle avec facilité en donnant de la flamme, une fumée noire, une odeur bitumineuse, souvent fétide et sans boursouflement; il présente, lorsqu'il a cessé de flamber ^ un charbon semblable à la braise et qui conserve la forme des fragments, n dégage par la distillation des matières bitumineuses et de l'eau chargée d'acide acétique. Il présente des couches, des amas, des rognons, des nids, des grains, ainsi que des formes d'arbres, de fruits, etc. Sa texture est compacte, terreuse, schistoïde, fibreuse et organique végétale ; il se divise quelquefois en solides analogues à ceux de la houille. Sa couleur est ordinairement le brun noirâtre passant au noir, rarement au roussâtre; son aspect est quelquefois résineux, d'autres fois luisant, souvent terne. Le lignite est plus répandu, mais moins abondant dans la nature que la houille. Il est généralement employé comme combustible ; plusieurs variétés sont même confondues avec la houille sèche et avec l'anthracite. Lorsqu'il est assez dur et assez compacte pour prendre le poli, et qu'il est d'un beau noir, on lui donne le nom de Japet^ et on le taille pour faire des bijoux de deuil et d'autres ornements. On emploie dans la peinture, sous le nom de terre d'ombre de Cologne, un lignite terreux brun noirâtre. D'autres variétés de lignites ordinairement terreux sont employées à l'amendement des terres, soit après avoir été calcinées, et alors on les appelle cendres rouges; soit dans leur état naturel, et alors on les appelle cendres noires.
La tovrbe contient plus d'oxygène que les espèces précédentes de charbons, et sa composition se rapproche davantage de celle des végétaux. Elle brûle facilement avec ou sans flamme, donnant une fumée analogue à celle des herbes sèches ou du tabac et en laissant une braise très légère. Elle donne par la distillation de
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l'acide acétique, une matière huileuse et du gaz. Elle forme Jtamas, quelquefois Jes couches et des nids, à textures compacK. terreuse, végétale, ressemhlant parfois à une espèce de feutra spoûgieux formé de libres de végétaux. Sa pesanteur spétiËiiur varie selon la texture ; elle est tendre et friable ; elle est opai|a(. de couleur brune passant au noirâtre et au roussàtre. La touric est abondante dans les parties septentrionales de la zone Imi>érée; on l'emploie comme combustible, et elle ost d'une gramlc ressource dans les contrées où le bois est rare ; mais, à causi' M son odeur, on lui préfère ce dernier, ainsi que la bonne bouille. Ses ceudres sont très recherchées dans l'agriculture pour imlopper la végétation des fourrages.