FOSSILES. SOI
constant ; mais la science n'est pas encore assez avancée pour que Ton soit d'accord sur le nombre et Tindépendance de ces groupes, d'au-^ tant plus que, en supposant que cette indépendance ait lieu, on conçoit que les remaniements postérieurs aient pu mêler des débris d'êtres qui auraient vécu à des époques différentes. Aussi, tandis que quelques géologues croient que ces groupes forment une série dont les termes sont liés entre eux, beaucoup de paléontologistes pensent que les fossiles se divisent en groupes complètement indépendants les uns des autres, et l'on a été jusqu'à admettre une trentaine de faunes dont aucune espèce ne passerait de l'une dans l'autre (1). Ce qui est certain, c'est que quand on compare deux groupes, éloignés dans la série, on ne trouve aucune espèce commune, du moins parmi les animaux supérieurs aux infusoires.
Lorsqu'on examine la série des fossiles, telle que nous la connaissons maintenant, et après l'avoir rangée dans l'ordre des superpositions, on remarque que la partie supérieure annonce, comme la nature actuelle, la présence do beaucoup de mammifères; que la partie moyenne se distingue par une grande quantité de sauriens qui prennent souvent des dimensions gigantesques ; et qu'il existe dans la partie inférieure une famille de crustacés auxquels on a donné le nom de trilohites^ famille qui ne se retrouve plus dans les assises supérieures.
Nous partons de cet état de choses pour établir trois divisions de premier rang que nous désignons par les dénominations de groupes des mammifères ^ des grand^ sauriens et des trilohites^ en ne prenant pas toutefois ces noms dans un sens exclusif, car il y a des sauriens dans les trois groupes et l'on trouve quelques mammifères dans le groupe des grands sauriens.
Nous subdivisons le groupe den maannlféres en trois groupes de second rang que nous distinguons par les épithètes chronologiques de moderne^ quaternaire et tertiaire.
Le groupe moderne ou actuel^ qui est tout à fait superficiel se compose de débris qui, sauf un petit nombre d'exceptions, appartiennent à des espèces actuellement vivantes sur les lieux et qui sont accompagnées de nombreux restes de l'industrie humaine. Ces corps ont peu changé de composition, de manière que les os et les coquilles conservent encore leurs principes gélatineux et que les parties ligneuses des végétaux n'ont éprouvé qu'une faible altération. Nous ne nous occuperons pas des distinctions que l'on pourrait établir dans ce groupe, attendu qu'elles sont plutôt du do-
(1) On uit qoe Too appelle faune Tensemble des antmaax et /lore l^eosomble des TégéUoi qai vivent dans uoe eoolrèe oq bieji peadani ane période doooèe.
S02 GËOGNOSIE.
maine de Tarchéologue que de celui du naturaliste, car les formes des êtres vivants n'ayant pas changé sensiblement dans cette période, c'est principalement par Tétude des monuments de l'industrie humaine que Ton parvient à établir ces distinctions.
Dans le groupe ^aalemalre on trouve encore presque toutes les espèces du groupe moderne, mais elles sont accompagnées, du moins pour ce qui concerne les animaux vertébrés, de quelque? espèces qui n'habitent plus les contrées où se trouvent leurs restes. ou même qui n'existent plus, mais qui ordinairement appartiennent à des genres encore existants. Parmi les espèces qui n'existent plus, les plus remarquables sont pour l'Europe VUrsuê spelaus, VHyena spelaa^ le Felis spelaa, VEÎephas prmiçenius^ le Bhinoceros iickorinus^ le Bas primigenius; dans l'Amérique méridionale on trouve beaucoup d'autres espèces, notamment d'énormes édentés tels que le Mégatherium Cutieri^ des mylodons, etc.
Il n'y a pas très longtemps que l'on était porté à croire que la faune quaternaire n'était accompagnée d'aucune trace de l'homme, mais, dans ces derniers temps on a recueilli dans les dépôts qui la renferment quelques ossements humains et de nombreux objets qui avaient été travaillés par l'homme.
Les débris de ce groupe, quoique plus souvent altérés que ceux du groupe moderne, n'ont pas non plus éprouvé une transformation complète. Les bois conservent souvent leur tissu ligneux, les coquilles et les os retiennent une partie de leurs principes gélatineux. On a même trouvé, dan&. des terrains glacés de la Sibérie, des caxlavres d'éléphants et de rhinocéros qui avaient conservé leurs poils et leurs chairs.
Le groupe tertiaire se compose en général d'espèces qui n'existent plus, mais qui annoncent une distribution des types organiques analogue à ©elle qui a lieu maintenant dans les régions tropicales, caries différences selon les latitudes y sont moins prononcées qu'actuellement. Ces débris ont en général éprouvé des altérations considérables, il y en a même, surtout parmi les végétaux, qui ^nt tout à fait pétrifiés, mais le plus grand nombilB conserve encore des matières organiques. Cest ainsi que l'on retrouve dans des ossements et dans des coquilles une partie de leurs principes gélatineux et que les bois passés à l'état charbonneux ont souvent conservé leur texture végétale. Les espèces de ce groupe occupent généralement des aires plus étendues que celles des espèces modernes.
On distingue ordinairement dans ce groupe trois subdivisio^ii iiuxquelles on donne les noms de pliocène^ miocène et ëoc^ne.