‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 65 sur 107 · SAISONS · texte numérisé non relu

SAISONS

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Le nombre de jours de pluies ne suit pas la quantité d'eau tombée; il est même quelquefois en raison inverse, car il va en augmentant de Téquateur au pôle ; mais il paraît qu'il y a plus de rapport entre ces deux quantités lorsque, dans une même zone, on va de la mer vers l'intérieur des continents ; c'est ainsi que l'on compte 152 jours de pluie par an en Angleterre et sur les côtes de France, 147 dans l'intérieur de la France, 141 dans les plaines d'Allemagne, 112 à Bude, 90 à Kasan, 60 dans l'intérieur de la Sibérie.

On a remarqué que la quantité de pluie augmentait en descendant à terre, car on a trouvé, par exemple, que la quantité moyenne de pluie qui tombe par année dans la cour de l'Observatoire de Paris est de 56 centimètres, tandis qu'il n'en tombe que 50 sur la terrasse de cet établissement, qui est élevée de 27 mètres au dessus de la cour. Mais cette circonstance n'est que dans les résultats moyens, et non pas dans les détails de chaque jour de pluie.

U tombe quelquefois de la pluie lorsque l'on n'aperçoit aucun nuage dans le ciel, mais c'est un phénomène extrêmement rare et qui est toujours de courte durée.

On attribue ordinairement aux phases de la lune une grande influence sur la production de la pluie ; et il résulte, en effet, d'observations faites dans le midi de l'Allemagne et recueillies par Schûbler, qu'il pleut plus souvent le jour du premier octant, c'est à dire à l'époque intermédiaire entre le premier quartier et la

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pleine lune, que pendant les autres parties du mois lunaire; que les chances de jours pluvieux vont ensuite en diminuant jusqu'au dernier quartier, d'oîi elles augmentent jusqu'au premier octant, et que le nombre de jours pluvieux pour chacun de ces deux termes extrêmes peut être représenté par les fractions 0.341 et 0.284 du nombre total de jours compris dans les 28 années qu'embrassent ces observations. Schiibler a également reconnu que la quantité de pluie tombée était plus considérable vers l'époque du premier octant, et moins considérable vers l'époque du premier quartier qu'aux autres moments, et qu'il y avait plus de jours pluvieux quand la lune est à ^on périgée^ c'est à dire à sa plus petite distance, que quand elle est à son ajiogée^ c'est à dire à sa plus grande distance de la terre.

On a aussi prétendu que les phases de la lune ainsi que son entrée au périgée et à l'apogée, occasionnaient des changements de temps, surtout le moment de la nouvelle lune, que l'on suppose exercer la plus grande influence de ce genre ; mais les recherches qu'Arago a faites à ce sujet portent à croire que ces opinions ne sont pas fondées. Du reste, on n'a pas encore rendu raison de l'action que la lune semble exercer sur la production de la pluie.

Les causes qui déterminent la formation de la pluie ne sont pas non plus très bien connues. L'une des plus fréquentes est le mélange de deux vents l'un chaud, l'autre froid. On conçoit, en effet, que ce mélange pouvant produire une température moyenne trop froide pour conserver la quantité de vapeur contenue dans ces deux vents lorsqu'ils étaient séparés, doit, ainsi que nous l'avons déjà dit, se résoudre en eau liquide, c'est à dire en brouillard ou en pluie, selon la quantité du liquide et la rapidité avec laquelle se produit le phénomène. D'un autre côté, M. Èenou (1) pense que la cause la plus habituelle de la production de la pluie est la chute des particules glacées qui composent les cirrus supérieurs, lesquels en traversant les cumulus inférieurs s'y fondent et y produisent un grand refroidissement, d'où M. Renou conclut que les vents et les inégalités du sol jouent un grand rôle dans la production de la pluie.

La ncifpe est de l'eau congelée qui tombe sous la forme de flocons composés ordinairement d'un assemblage irrégulier de petits cristaux, mais qui, lorsque Pair est calme et la température très froide, prennent des formes régulières qui, en général, se rapprochent toutes plus ou moins d'une étoile à six rayons, mais qui sont

(1) Académie des sciences dt Paris, 9 aTrU 1866.

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tà variées, que le capitaine Scoresby en a compté une centaine de différentes. Sa couleur est d'un blanc parfait (1).

La neige est très utile aux végétaux qu'elle recouvre, parce qu'elle les préserve des effets des fortes gelées. C'est ainsi que des plantes qui résistent, sous son abri, aux rigoureux et longs hivers des hautes Alpes ne peuvent rester en pleine terre dans les environs de Paris, où il tombe moins de neige, et qui éprouvent souvent plusieurs alternatives de temps doux et de gelée dans le courant de l'hiver et au commencement du printemps.

On ne sait que très peu de chose sur la formation de la neige. On ne sait pas si les nuages qui la produisent sont composés de globules liquides ou de parcelles déjà glacées. On ne sait pas si les flocons se forment directement, ou s'ils prennent leur accroisse^ ment en traversant les couches inférieures de l'air. On n'a pas observé leur température ni les circonstances qui déterminent leurs formes et leur volume ; mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, il y a lieu de croire que les nuages qui se meuvent à de grandes hauteurs sont à l'état glacé.

La sréle consiste dans la chute de fragments de glace que Ton appelle créions. Ceux-ci sont ordinairement arrondis, mais ils présentent plus souvent la forme d'une poire ou d'un cône que celle d'une sphère ; ils ont communément une grosseur analogue à celle d'un poids; ils atteignent quelquefois celle d'un œuf de pigeon, même celle du poing, et le poids d'un demi-kilogramme. On cite aussi des fragments beaucoup plus considérables ; tel est le bloc tombé en Hongrie le 8 mai 1802, qui avait un mètre en long et en large et sept décimètres d'épaisseur. Les petits grêlons ressemblent à de la neige durcie ; il est très rare d'en voir de glace transparente. Les gros grêlons présentent un noyau neigeux entouré de glace, ou des couches alternatives de neige et de glace. Quant aux très gros grêlons et autres fragments de glace, ils sont sans doute formés par l'agglutination d'un nombre plus ou moins considérable de grêlons.

La grêle edt ordinairement accompagnée ou suivie par de la pluie; elle ne suit jamais celle-ci. Elle ne tombe que dans des orages, dure peu de temps dans un même lieu, ne s'étend pas sur une grande surface en même temps, quoiqu'il y ait des exemples d'orages de grêle qui aient parcouru de grandes distances, mais

(I) Lonqae la n«lg« est cotoréê, e^est par la préMDce de qaelquei corps èlrauf ers. On a parlé de neige rouge et de neige verte qui te tronfeot dans des endroits oà le sol est eontinoellemMit couvert de oei^e, et on a reconno qae ces couleurs étaient dnes i de petits êtres microseopiqnm Tégétaox et aotmaiix,dont la neige est en quelque manière le sol natarel.

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c'est toujours sur des bandes étroites. Elle est plus rare dans la zone torride que dans les zones tempérées, et dans celles-ci elle tombe rarement en hiver. On a aussi remarqué qu'elle est fort rare pendant la nuit.

La formation de la grêle est un phénomène très difficile à expliquer et pour lequel il a été fait un grand nombre d'hypothèses; mais qui se conçoit moins difficilement depuis que l'on a reconnu que Feau peut, dans certaines circonstances, se refroidir jusqu'à 20° sans se solidifier et qu'il suffit alors du moindre mouvement ou du contact d'un corps solide pour qu'elle se transforme instantanément en glace. Or, comme on a aussi reconnu qu'il y a dan? les hautes régions de l'atmosphère des cirrus dont la température s'abaisse jusqu'à — 30'' et que l'on croit qu'il y en a dont la température serait de — ôO"", on conçoit que leur chute, déterminée par un orage, peut produire la formation de la grêle, attendu que dans ce cas, les particules glacées des cirrus, au lieu de se fondre en traversant les cumulus, doivent s'assimiler une partie des globules qui composent ces derniers (1).

On donne le nom de grésil à de très petits grêlons qui tombent ordinairement par des ondées, que l'on appelle gUxnilées. Ce« ondées durent peu de temps, sont accompagnées de coups de vent et ont lieu lorsque le temps est variable; elles sont très fréquentes dans les hautes montagnes, mais c'est principalement au printemps qu'elles tombent dans les plaines, où elles sont souvent accompagnées de pluie.

Le grésil se forme probablement de la même manière que la grêle, sauf que les diflFérences de température étant moins considérables, les grêlons ne peuvent pas s'accroître comme ceux de la grêle proprement dite.

On entend par ipelée blanche (2) de l'eau congelée qui forme de5 enduits composés d'un assemblage de petits cristaux capillaires, de couleur blanche, placés sur les corps qui se trouvent à la surface de la terre, surtout sur les plantes basses.

La gelée blanche n'est que de la rosée congelée, et l'on conçoit, d'après ce qui a été dit ci-dessus, que le rayonnement peut abaisser la température de certains corps au point de produire ce

(i) Voy. le mémoire de M Dofoar {Bib. univ. de Genève, 1861, t. X, pag. 346). celui da P. Sanoat Solaao {Acad. des sciences de Paris, 27 avril 1863) et ocloi de M. Renoo cité ci-dessnt.

(2) La dénomioatioa de gelée blanche est manvaise sooi beanconp de rapports, il serait 4 d^îrer que l'on j Bobstiioàt dans le langage scientifiqne ceHe de relée qai est employée dans quelgaes contrées do nord de la France et de la Belgiqae, et qui dérïTe probablement de celle de rei/f qoi est le nom allemand.

phénomène, lors même que la température de l'air demeure à 4 ou 5 degrés au dessus de zéro ; aussi les conditions nécessaires pour la formation de la rosée le sont-elles également pour celle de la gelée blanche, qui ne se trouve que dans les mêmes lieux, et dont on peut également empêcher la formation par des abris.

Le givre se compose aussi de petits cristaux capillaires blancs, mais il diffère de la gelée blanche parce qu'il ne se forme que quand il fait très froid et lorsqu'il y a du brouillard, qu'il se développe sur les lieux élevés aussi bien que dans les lieux bas et à peu près sur tous les corps, notamment sur les arbres dont il enveloppe les rameaux et les feuilles en leur donnant un aspect très pittoresque.

La production du givre doit être attribuée à la propriété qu'ont les globules aqueux de se refroidir au dessous du degré de congélation et de se solidifier ensuite lorsqu'ils touchent un corps solide. Le vent empêche la formation du givre , non pas parce qu'il s'oppose à la congélation des globules, mais parce que la moindre agitation fait tomber les petits cristaux qui s'attachent à un corps.

On doit assimiler au givre, à cause de l'identité d'origine, l'eau qui se congèle sur les vêtements et sur les poils des hommes et des animaux lorsqu'il fait très froid. Tel est notamment ce que les baleiniers anglais nomment /rost-rime ou brouillard gelé qui, dans les mers polaires, s'attache à tous les corps sur lesquels le vent les pousse et qui forme parfois des enduits de plus de trois centimètres hérissés de longues fibres prismatiques ou pyramidales dont les pointes sont dirigées du côté du vent. Les vêtements des marins sont quelquefois entièrement recouverts de cette matière.

On donne le nom de verglas à un enduit qui s'étend sur le sol et sur les objets placés à sa surface et qui diffère du givre parce qu'il est composé de glace compacte et non de cristaux capillaires.

Le verglas se forme lors d'un dégel, c'est à dire quand la température d'un lieu, après avoir été pendant un temps plus ou moins long, assez froide pour que l'eau soit généralement congelée, devient assez élevée pour que les eaux gelées repassent à l'état liquide. Or ce passage étant ordinairement occasionné dans les zones tempérées par l'arrivée d'un vent chaud, souvent accompagné de brouillards et de pluie, la formation du verglas est due à ce que les corps solides sont à une température plus basse que l'air environnant.

On voit par ce qui précède que quoique La gelcc blanche, le givre

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et le verglas consistent également dans de l'eau congelée qui î^e fixe sur des corps solides, l'origine de ces enduits est due à de^ phénomènes différents ; la gelée blanche étant, comme la rosée, due au refroidissement par rayonnement des corps sur lesquels la vapeur se dépose; le givre a la propriété de l'eau à l'état globulaire de se refroidir bien au dessous du point de congélation sans se solidifier; et le verglas au passage d'un air chaud et humide sur un sol gelé.

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