‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 107 sur 140 · Insurrection du comte de Marr (1715). — Le · texte numérisé non relu

Insurrection du comte de Marr (1715). — Le

système exclusif adopté par le nouveau ministère ayant fait en Angleterre de nombreux mécontents, la cause de Jacques I II pouvait être avantageusement défendue. Le comte de Marr, qui n'était pas jacobite par conviction, mais qui avaità se venger d'une disgrâce, leva l'étendard de la révolte et se vit tout à coup à la tête d'une armée de 15,000 hommes avec laquelle il occupa Perth,Aberdeen et d'autres places. Si Jacques III se fût alors présenté en Ecosse et qu'il eût fait briller en lui les éminentes qualités du souverain, il eût sans doute ravi tous les suffrages. Mais au lieu de faire preuve d'énergie et de courage, il laissa affaiblir le comte de Marr, et quand il parut lui-même en Ecosse il n'avait plus assez de crédit pour rallier les hommes dont il avait besoin.

3. Oppression de l'Iblande. — Le parti de Jacques 111 n'était nulle part plus nombreux et plus puissant qu'en Irlande. A titre de catholiques, les Irlandais lui étaient très-attachés, parce qu'ils connaissaient la sincérité de sa foi et de sa piété. Georges I" mil tout en œuvre pour comprimer ces dispositions. Il exerça contre les catholiques de ce malheureux pays les plus affreuses persécutions, leur défendit d'acquérir des terres ou de les retenir à long terme et d'élever leurs enfants chez eux. Cette oppression s'étant plus tard étendue aux Irlandais en général, tous, catholiques et protestants, s'unirent sous le nom de patnou^ pour travailler ensemble à l'indépendance de leur patrie. Ils n'y réussirent pas, mais il importe de connaître l'époque à laquelle remonte cette noble lutte de la liberté contre le despotisme qui se continue encore.

%. Politique de Georges P'. — Louis XIV étant mort, le régent eutla faiblesse de mettre la politique de la France à la remorque de celle de l'Angleterre. Son triste ministre, le cardinal Dubois, se vendit au roi Georges pour une pension annuelle de 40,000 livres sterling. Un traité fut conclu sous le nom de triple alliance entre la France, l'Angleterre et la Hollande (1717), et devint l'année suivante quadruple alliance par l'accession de l'Autriche. D'après ces traités Jacques III, qui avait jusqu'alors trouvé asile et proleclion en France, fut obligé de se retirer, et il ne lui resta plus d'autre refuge que Rome, où il fut accueilli par le pape Clément XI de la manière la plus honorable. Il épousa dans cette ville, malgré tous les obstacles que lui suscita Georges I", la petite-fîlle du grand Sobieski, qui, comme lui,était un des débris d'une dynastie sans royaume. De ce mariage naquit Charles-Edouard, que nous verrons sous le règne suivant jouer le rôle de prétendant, et Henri-Benoît Stuart qui mourut cardinal.

5. Septennalité de la chambre des communes (1716). — Les membres des communes n'avaient reçu leurs pouvoirs que pour trois ans. Georges l«', qui avait besoin de leur concours pour affermir sa couronne, résolut de prolonger leurs pouvoirs de quatre ans. Il fît rendre à cet effet un décret qui établissait qu'à l'avenir les membres des communes seraient élus pour sept années.

6. HuMiuATioN d'Albéroni. — Le ministre de Philippe V en Espagne, l'ambitieux et intrigant Albéroni, voyait avec peine l'union de la France et de l'Angleterre. Pour la rompre, il eût voulu qu'en France la régence de Louis XV passât des mains du duc d'Orléans entre celles de Philippe V son maître,

et qu'en Angleterre la branche protestante de Hanovre fût remplacée par la dynastie des Stuarls. Il prit donc directement la défense de Jacques III et mit en mer une flotte pour combattre Georges 1^'. Les Espagnols furent d'abord vaincus près du cap Passaro par l'amiral anglais Byng; mais cet échec ne découragea pas Albéroni. Il fit partir de Cadix, pour les côtes de la Grande-Bretagne, une flotte beaucoup plus nombreuse, avec l'ordre de rétablir le prétendant. Malheureusement cette flotte eut le sort de Vindncible armada. Elle fut détruite par les tempêtes, et Philippe V se vit contraint d'accéder lui-même à la quadruple alliance.

ç. Caractère de l'administration de Walpole. — Walpole, qui était gouverneur de la Grande- Bretagne, se distinguait pendant ce temps par son étonnante habileté dans l'administration des finances. Il épargna à l'Angleterre les plus affreux désastres en consolidant la dette publique par la création d'un fonds d'amortissement, et par plusieurs autres mesures également remarquables. Mais il eut le triste honneur de pratiquer le premier en grand l'art de la corruption, qui est devenu parla suite un moyen si fatal de gouvernement. Il avait acheté en France l'appui du cardinal Dubois, et il avait eu l'adresse de captiver le duc de Bourbon et de l'amener à signer, après la mort du régent, Valliance de Hanovre qui subordonna pendant quelque temps les destinées de la France ta celles de l'Angleterre. Il multipliait en même temps les vvhigs en Angleterre et se formait ainsi une majorité qui lui permettait de faire ce qu'il voulait.

8. Mort de Georges I^'. — Georges I^' mourut sur ces entrefaites le 14 juin 1727 d'une indigestion de melon. Il avait été mauvais père, mauvais mari el roi fort médiocre. L'Angleterre fut pourtant heureuse sous son règne, parce que, s'il ne lit rien par luimôme, il eut du moins le bon esprit de laisser à ses ministres la plus grande liberté d'action. Comme ils étaient intelligents et dévoués au pays, le royaume ne souffrit pas de la médiocrité de son souverain. Georges l^' n'avait eu que deux enfants : Georges II son successeur, et une fille qu'il maria au roi de Prusse et qui fut mère du grand Frédéric.

Questionnaire. — 1. Quels étaient les ancêtres de Georges I*' ? A qui le pouvoir fut-il remis immédiatement après son avènement? Quel est le parti politique qui se trouva exclu des affaires? 2. Sur qui Jacques III aurait-il pu compter? Qui donna le signal de l'insurrection en sa faveur? Quelles furent les suites de ce mouvement? 3. Comment l'Irlande était-elle disposée à son égard? De quelle manière Georges P' traita- t-il les catiioliques? Sous quel nom les Irlandais s'unirent-ils pour repousser l'oppression ? 4. Quelle fut la politique de Georges l" à l'extérieur? Avec qui fit-il alliance? Que devint Jacques III? Quels furent ses enfants? 5. Pourquoi Georges 1*' établit-il la septennalité de la chambre des communes? (j. Quel projet conçut contre lui Albéroni ? Comment la flotte armée par Philippe V contre l'Angleterre fut-elle détruite? 7. Quel fut leclief du gouvernement angiaissous Georgesl^'? Quels services Walpole rendit-il à son pays? Quels étaient ses moyens de corruption? Près de qui en fit-il usage? 8. A quelle époque mourut Georges I"? Quel jugement peuton porter sur son règne? Quels furent ses enfants?

204 HISTOIRE D'AINGLIiTERRb:.

Page 1