‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 117 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des colonies anglaises en amérique.

1. Des premiers établissements des Anglais en Amérique. — La navigation anglaise était dans l'enfance quand les découvertes de Christophe Colomb furent connues en Europe. Cependant Henri Vil, qui avait la passion des grandes entreprises, permit à

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Jean Cabot, aventurier vénitien, établi à Bristol, de faire flotter le pavillon de Saint-Georges sur les mers du nouveau monde. Cabot découvrit Terre- Neuve, suivit les côtes du Labrador jusqu'à celles de Virginie ; mais le gouvernement anglais ne tira d'abord aucun profit de ces découvertes. Ce ne fut qu'à la fin du xvi^ siècle que la marine anglaise prit de vastes accroissements. On se mit en communication avec la Russie par le port d'Archangel, on visita toutes les côtes de l'Afrique, et Drake fît le tour du monde. La nation se prit d'un vif enthousiasme pour les expéditions lointaines, et on tenta de s'établir dans le nord de l'Amérique. Les premières tentatives furent sans succès. WalterRaleigh fut ensuite assez heureux pour conduire quelques hommes dans la Caroline (1584). De retour en Angleterre, les officiers de Raleigh firent des descriptions brillantes du pays qu'ils avaient découvert, et par flatterie pour Elisabeth, leur reine vierge, ils lui donnèrent le nom de Virginie. Les persécutions religieuses qui s'élevèrent sous les règnes de Jacques 1" et de Charles I" poussèrent dans ces contrées une foule de presbytériens qui y fondèrent différentes colonies. Les principales furent celles deMassachussets, dont Boston était la capitale, celles de Rhode- Island (163H), et de Maryland (1632). Les Étals de Connectitut et de New-Hampshire se formèrent plus tard du démembrement du Massachussets.

En même temps des comptoirs établis par des particuliers furent fondés dans plusieurs îles des Antilles, à la Barbade et à Saint-Christophe en 1625, à la Barboude etàMèves en 1628, à Monserrat et Anligoa eu 1632. Tous ces établissements furent assez

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languissants jusqu'à ce qu'on y eût transporté la canne à sucre (1641).

3. Accroissement de ces possessions {1(i48). — A cette époque les possessions anglaises en Amérique commencèrent à prendre de l'importance. Les trouble^ qui désolèrent alors l'Angleterre provoquèrent de nombreuses émigrations qui augmentèrent considérablement les colonies. Les émigrants prirent insensiblement possession de toutes les côtes depuis le Canada jusqu'à la Géorgie. Les Hollandais leur cédèrent, par le traité de Bréda (1 b69), toute la Nouvel'e-Belgique qu'ils partagèrent en deux Etats ou provinces, New-York et New-Jersey. Guillaume Penn ayant avancé au gouvernement des sommes immenses on s'acquitta envers lui en lui cédant autant de terres en Amérique qu'il en eût fallu pour faire un royaume en Europe. Sur ce territoire, qui prit le nom de Pensylvanie, il ouvrit, en tô'O, un asile aux sectaires de tous les cultes, et bâtit une ville qu'il appela ville des frères, Philadelphie. Longtemps avant lui, les Baltimore avaient obtenu de Charles II une charte pour se fixer au Maryland ('632), et huit lords avaient pareillement sollicité du même prince un territoire que de son nom ils appelèrent Caroline (1663). Ils demandèrent à Locke une constitution, mais le philosophe ne leur donna qu'une longue théorie irréalisable qu'ils furent obligés d'abolir après en avoir fait la triste expérience.

a. Leur développement au xvnie siècle. — En 1713 le traité d'Utrecht céda à TAngleterre le commerce exclusif de la baie d'Hudson, la possession absolue de l'île de Terre-Neuve, l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse, et lui assura la prépondérance mari-

time. Parle traité del'Assiento qu'elle conclut avec l'Espagne, les marchés dePorto-Bello lui furent ouverts, et elle organisa un vaste système de contrebande qui fut pour elle une source de bénéfices immenses. Une cojnpagnie de la mer du Sud fut créée en 171 i pour faire seule le commerce des côtes, à l'ouest dans toute leur étendue, et à l'est depuis l'Orénoque. La culture du café et celle du riz, importées en 1702 de Madagascar dans la Caroline, enrichirent rapidementcette province qui fut divisée en deux parties : la GaroUne septentrionale et la Garoline méridionale. Les migrations produites par les persécutions religieuses de l'Europe peuplèrent tellement cette contrée fortunée, qu'on la démembra une seconde fois pour former la Géorgie. G'est la plus moderne des treize Provinces-Unies (1732).

4. Guerre des Anglais contre les Français. — On disputa longtemps sur les limites de l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse, que les Français avaient cédée aux Anglais parle traité d'Utrecht. Des commissaires furent nommés à ce sujet par les deux nations (1751). On publia de volumineux mémoires, on en appela au jugement de toute l'Europe, et, après de longues contestations, l'Angleterre, contrairement au droit des gens, captura deux navires français à la hauteur de l'île de Terre-Neuve, sans aucune déclaration de guerre préalable, et enleva avec ses corsaires plus de 300 vaisseaux marchands avec 8,000 matelots. Malgré ces avanies, les Français débutèrent avec bonheur. La guerre était universelle, et ils triomphèrent en même temps en Amérique, en Afrique et dans les Indes.

5. Succès des Anglais. — Mais le ministère anglais étant tombé, l'arrivée de Pitt au pouvoir chan-

gea entièrement la face des affaires. Partout la victoire se déclara pour les Anglais. Ils s'emparùrenl en J75S de l'île du Cap-Breton, de l'île Saint-Jean, quiservaientàapprovisionnerQuébec, etse dédommagèrent d'une défaite que le brave Montcalm leur fil essuyer à l'attaque de Ticonderago, en prenant le fort de Frontenac et le fortDuquesne. Wolf, leur général, les mena ensuite assiéger Québec, où s'était retiré Montcalm lui-même avec ses Français. Québec fus pris; Wolf et iMontcalm périrent tous deux au siège de cette ville en vrais Héros. Wolf, apprenant que les Anglais étaient victorieux, expira en s'écriant : Je meurs content. Et quand on dit à Montcalm, étendu dans sa tente, que sa blessure était mortelle : Tant mieux, repartit-il, je ne verraipas la prise de Québec (17o8). La perte de cette ville entraîna celle de toutes les colonies françaises. L'Angleterre les rendit au traité de Paris, à l'exception de Canada et de ses dépendances et d'une partie des Antilles. L'Espagne céda encore la Floride à l'Angleterre; mais, pourl'en dédommager,la France luiabandonnna la Louisiane (1763). La Grande-Bretagne se voyait donc maîtresse sur toutes les mers. Elle dominait dans l'Inde et dans l'Amérique,mais cette dernière contrée ne larda pas à se soulever contre elle au profit de son indépendance.

Questionnaire. — 1. A quelle époque se développa la marine anglaise? Quels furent les premiers établissements fondés en Amérique? Quelles îles occupaient-ils dans les Antilles? 2. Quels pays leur cédèrent les Hollandais parle traité de Bréda? Quelle ville fut fondée par Guillaume Penn? D'où vint à la Caroline son nom? 3. Qu'est-ce que l'Angleterre gagna au traité d'Utrecht? De quels droits futélle investie par le traité de l'Assiento? Quelle est la plus

moderne des Provinces-Unies? Comment fut-elle fondée?

4. A quelle occasion les Français firent-ils la guerre aux Anglais en Amérique? Qui remporta les premiers avantages?

5. Quels furent les succès des Anglais sous le ministère de Pitt? Quelles contrées l'Espagne céda-t-elle à l'Angleterre?

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