‹ Précis élémentaire de l'histoire d'AngleterreChapitre 8 sur 140 · DE LA BRETAGNE ROMAINE · texte numérisé non relu

DE LA BRETAGNE ROMAINE

1. Expéditions de Césab en Bretagne. — La Bretagne n'était presque pas connue des Romains. Ils lui donnèrent le nom d'A/6/o^i, parce que, des côtes du pays des Morins, ses falaises leur parurent toutes blanches. César, se voyant maître du nord de la Gaule, résolut, pour s'assurer l'Armorique, d'entreprendre la conquête de la Bretagne, qui entrete-

(1) Voyez dans notre Atlas la carte de ï Empire rûmain d'Orient et d'Occident.

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nait des relations avec celte partie de la Gaule et qui nourrissaitresprit de révolte parmileshabitants. Les Kymris et les Belges insulaires n'étaient ni plus unis, ni mieux défendus que ceux du continent.

Mais l'ignorance où l'on était de ces lieux en rendait l'accès très-difficile. ;Césur y fit deux expédilions.Dansla première, sa flotte fut presque entièrement détruite par la tempête, et ses soldats, après s'être vainement mesurés sur le littoral avec les barbares, furent obligés de battre en retraite/ Ils disparurent, dit un ancien historien, comme disparaît sur le sable du rivage la neige qu'a touchée le vent du m/di.(JPour la seconde expédition, il fit construire des vaisseaux d'un abordage plus commode et réunit une armée immense. 11 pénétra jusqu'à la Tamise, livra quelques combats aux barbaresymaissaufquelques bandes d'esclaves et desperles bretonnes dont il envoya à Rome une grande quantité(2l ne retira aucun avantage de son entreprise.

2. Conquête de la Bretagne par l'emiereur Claude. — Auguste essaya vainement d'ajouter la Bretagne à son empire, mais l'empereur Claude exécuta ce que n'avaient pu ni César ni ce grand prince. Il fit une invasion dans la Grande-Bretagne et s'empara de la partie méridionale de cette contrée. Aulus Plantius, qui avait le commandement des légions, pénétra jusqu'à la Savenie et soutint pendant deux jours sur les bords de cette rivière un terrible combat. La victoire ne s'était pas entièrement décidée pour les Romains. Alors Claude résolut défaire lui-môme une descente au milieu des insulaires; il marcha vers la Tamise, écrasa les ennemis à Cainulodunum (Colchester) et alla jouir à Rome d'une gloire vainement ambitionnée par ses

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prédécesseurs. Plantius resta dans laGrande-Brelagne pour affermir et étendre cetle conquête II fit une province de tous les pays conquis au nord et au sud de la Tamise.

3. Exploits d'Agricola. — Sous Domitien, Agricolareprit la guerre contre les Bretons et remporta les plus brillants succès. Après avoir reculé les bornes de la domination romaine jusqu'à l'espace compris entre le golfe de Forth et celui de Clyde, et défendu cette fronlière par une ligne de forteresses, ce grand capitaine voulut attaquer les Calédoniens eux-mêmes dans leurs montagnes (83). Ces barbares se réunirent sous les ordres de Galgacus leur chef, et une grande bataille se livra au pied des monts Grampians. La prudence et la tactique du général romain l'emportèrent surla fougue indisciplinée des montagnards (86). Cette même année, la flotte romaine avait fait le tour de la Calédonie (Ecosse) et découvert l'île de Thulé au nord ; on savait que la Grande-Bretagne était une île. Agricola espérait en acheverlaconquête; mais Domitien, jaloux de sa gloire, le rappela sur-le-champ pour le reléguer dans sa maison de campagne, où il mourut peut-être empoisonné.

4. Murailles romaines. — Pour prévenir les incursions des Calédoniens qui tendaient toujours à faire invasion dans les possessions romaines, Adrien fit construire un rempart et creuser des fossés l depuis la baie de Sol way, sur la côte occidentale, jusqu'à l'embouchure de la Tyne sur la côte orientale J Les tribus qui se trouvaient au nord de ce rempart s'étant soulevées, Antoninles subjugua et éleva une nouvelle muraille qui s'étendit depuis Caer-Riden, sur le Forth, jusqu'à Alcluid, sur la

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Clyde. Mais l'agilation cl les soulèvements continuels de ces populations invaincues forcèrent l'empereur Sévère à se transporter lui-môme au milieu d'elles avec ses deux fils. Ce prince fit alors élever une nouvelle ligne de fortifications au nord de celle d'Adrien, et eut soin de lui faire suivre toutes les hauteurs afin d'envelopper ainsi les vallées. Ce monument est considéré comme une des constructions les plus étonnantes des Romains.

5. État de la Bretagne sous la domination romaine. — La Bretagne fut soumise comme la Gaule au système del'administrationimpériale. Lesmœurs des Bretons se modifièrent au contact de la civilisation romaine, et leurs villes prirent rapidement beaucoup d'importance. Les plus remarquables furent Kantium ou Durovernum (Cantorbéry), capitale des Cantii (comté de Kent), Isca Silurum (Caer- Léon), capitale des Silures, vers l'embouchure de la Sabrina (Severn); Londinium (Londres) sur la Tamise, déjà importante par son commerce et une des premières villes des Trinobantes; Veiita Icenorum (Cas ter, près Norwich), capitale des Iceni, la plus puissante peuplade de la Grande-Bretagne; enfin Eboracum (York), capitale des Brigantes, au nord-ouest de Londinium, qui devint la résidence des gouverneurs romains et où moururent Septime Sévère et Constance Chlore.

6. Imroduction du christianisme dans la Grande- Bretagne. — Pendant ce temps le christianisme pénétra dans la Grande-Bretagne. On ne peut dire ni à quelle époque ni comment il y fut d'abord introduit; ce qu'il y a de certain, c'est que sous Néron il y avait déjà un très-grand nombre de Bretons convertis à la foi, et que sur la fin du m« siècle

la lumière de l'Évangile avait pénétré jusque dans les contins les plus reculés des îles Britanniques. La persécution ne s'y fit sentir que sous Dioclétien. Encore Constance, qui avait le gouvernement de toute la Gaule, adoucit-il la rigueur des édits portés par les autres Césars. Gildas nous a conservé les noms de quelques martyrs qui furent victimes de cette persécution.

T . Fin de la domination romaine. — La Grande- Bretagne suivit en général toutes les destinées de la Gaule, dont elle était un des diocèses; mais au temps de l'invasion des barbares/sous le règne d'Honorius, elle se vit abandonnée par les Romains, qui se trouvaient dans l'impuissance de lui envoyer des secours. jAlors les Bretons résolurent de secouer le joug de ces maîtres qui les asservissaient sans avoir seulement la force de les protéger. Ils déposèrent en conséquence les magistrats romains, proclamèrent leur indépendance et se mirent avec ardeur à repousser les barbares. Leurs premiers efforts furent heureux, mais /ils ne tardèrent pas à laisser envahir leur territoire par les Saxons et les Angles dont la domination succéda à celle des Romains.

Questionnaire. — 1. Les Romains connaissaient-ils la Bretagne ? Pourquoi l'ont-ils appelée Albion ? Dans quel but César voulut-il en faire la conquête? Combien y fit-il d'expéditions? Quels en furent les résultats ? 2. Par qui la Bretagne fut-elle conquise ?J usqu'où s'étendaient les conquêtes de l'empereur Claude? 3. Parquets exploits se signala Agricola? A quel chef breton eut-il affaire ? Qu'est-ce qui l'empêcha de conquérir l'île entière? 4. Dans quel but les Romains construisirent-ilsdes murailles dans laBretagne? Décrivez le mur d'Adrien, — d'Antonin,— de Sévère? 5. Que devint la Bretagne sous la domination romaine? Quelles furent ses

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