CHAPITRE VII
Continuation du même sujet. Des pgures de pensées.
t. Des figures de pensées en général. — Les ligures de pensées, comme nous l'avons déjà dit, sont des façons de parler, des moditlcations suggérées par la passion et l'artifice, et qui sont tellement liées aux sentiments et aux idées qu'elles ex-
priment , qu'elles ne changent point, quel que soit le changement des paroles.
Les rhéteurs ont distingué un très-grand nombre de figures de pensées. Mais nous ne tiendrons compte que des plus importantes, et pour mettre de l'ordre dans ce que nous en dirons, nous aurons soin de les rapporter à quelques chefs généraux qui en déterminent, en quelque sorte par eux-mêmes, le caractère et l'emploi. Or, comme onne peut employer la parole humaine que pour instruire ^ plaire et toucher, et que d'ailleurs on instruit tout particulièrement par la raison^ qu'on plaît par Yesprit et Y imagination, et qu'on touche par les passions; toutes les figures de pensées peuvent être rangées dans ces quatre catégories. Ainsi dans la première nous placerons celles qui ont pour objet de favoriser l'etfet du raisonnement; dans la seconde, celles qui flattent l'esprit; dans la troisième, celles qui charment l'imagination, et dans la quatrième, celles qui doivent exciter les passions.
2. Des figures qui se rapportent au raisonnement. — Les figures qui ont pour but de favoriser l'effet du raisonnement sont : V exposition, V accumulation , la prolcpse, la suspension, la réticence, la correction, la concession, Y hypothèse et\ai prétention.
l. h' exposition n'est que le développement d'une pensée. Elle consiste à présenter la même idée sous divers aspects pour la rendre plus sensible et en faire ainsi comprendre la justesse à tout le monde. Fénelon développe ainsi cette pensée de saint Augustin, qui dit que Dieu n'est pas moins admirable dans les petites choses que dans les grandes ;
D'un autre côté l'ouvrage n'est pas moins adTrirablp en
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 69
petitqu'en grand. Je ne trouve pas moins en petit une espèce d'infini qui ni'élonne et qui me surmonte. Trouver dans un ciron, comme dans un éléphant ou dans une baleine, des membres parfaitement organisés; y trouver une tête, un corps, di-s jaml»es, des pieds, formés connue ceux des plus grands animaux I II y a dans chaque partie de ces atomes vivants des muscles, des nerfs, des veines, des artères, du sang; dans ce sang des esprits, des parties rameuses et des hiimt'urs ; dans ces humeurs des gouttes composées elles-mêmes de diverses parties sans qu'on puisse jamais pénétrer dans celte composition infinie d'un tout si fini.
Le microscope nous découvre dans chaque objet connu mille objets qui ont échappé à noire connaissance. Combien ya-t-il en clia(iue objet découvert parle microscope d'au 1res objets que le microscope ne peut découvrir? Que ne verrionsnous pas, si nouspouvionssubiiliser toujours déplus en plus les instruments qui viennent au secours de notre vue trop faible et trop grossière ? Mais suppléons par l'imagination à ce qui nous manque du côtédes yeux; et que notre imagination elle-même soituneespèce de rnicroscopequi nous représente en chaque aiome mille mondes nouveaux ei invisibles. Elle ne pourra pas nous figurer sans cesse de nouvelles découvertes dans les petits corps ; elle se lassera; il faut qu'elle s'arrête, qu'elle succombe, et qu'elle laisse enfin dans le plus petit organe d'un ciron mille merveilles inconnues.
L'art de développer sa pensée est ce qui constitue le vrai talent de Técrivain. Aussi, nous ne manquerons pas de revenir sur cet important sujet quand nous traiterons de la composition.
IL Vaccxtmulatioyi consiste à remplacer une idée simple par renoncé rapide de ses propriétés, de ses efifets ou de ses circonstances. En rapprochant ainsi tout ce qui se rapporte à une même idée, on produit un tableau vif et énergique qui ne manque pas de faire une impression profonde. Pour prouver que les
hommes qui vivent dans le monde ont peu de chances de salut, Massillon, dans son sermon sur le petit nombre des élus, peint par une accumulation de circonstances les désordres qui s'y passent :
Le frère dresse de> embûches au frère ; le père est séparé de ses enfants, l'épouse de son époux; il n'est point de lien qu'un vil intérêt ne divise; la bonne foi n'est plus que la vertu des simples; les haines sont éternelles ; les réconciliations sont des feintes; et jamais on ne regarde un ennemi comme un frère; on se déchire, on se dévore les uns les autres. Les assemblées ne sont plus que des censures publiques; la vertu la plus entière n'est pins à couvert de la contradiction des langues; les jeux sont devenus ou des traOcs, ou des fraudes, ou des fureurs, les repas, ces liens innocents de la société, des excès dont on n'oserait parler; les plaisirs publics des écoles de lubricité : notre siècle voit des horreurs que nus pères ne connaissaient même pas. La ville est une Ninive pécheresse, la cour est le centre de toutes les passions humaines; et la vertu, autorisée par l'exemple du souverain, honorée de sa bienveillance, animée par ses bienfaits, y rend le crime plus circonspect, mais ne l'y rend peul-êire pas plus rare. Tous les états, toutes les conditions ont corrompu leurs voies : les pauvres murmurent contre la main qui les frappe, les l'iches oublient l'auleur de leur abondance , les grands ne semblent nés que pour eux-mêmes, et la licence parait le seul privilège de leur élévation; ie sel même de la terre s'est alî'adi; les lampes de Jacob se sont éteintes, les pierres du sanctuaire se irainenl dans la boue des places publicjues, et le prêtre est devenu semblable au peuple. Tous les hommes se sont égarés.
III. La prolepse, qu'on appelle aussi antéoccupalion, consiste à prévenir une objection pou»' la réfuter d'avance. C'est un moyen de désarmer l'adversaire avant qu'il'soit descendu dans l'arène, et de se ménager ainsi l'occasion de l'accabler sous de nou-
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 71
veaux traits. Le P. Bourdalouc prévient ainsi, dans un de ses discours, Tobjection des riches qui i)rôtextaient le malheur des temps pour se dispenser de donner aux pauvres :
Les temps sont mauvais, chacun souffre, et n'est-il pas alors de la prudence de penser à l'avenir et de garder son rcvi^nu? C'est ce que la prudence vuu> dit; mais une prudence réprouvée, une prudence charnelle et ennemie de Dieu. Tout le monde souflre et est incommodé, j'en conviens ; car jamais le faste, jamais le luxe ful-il plus grand qu'il l'est aujourd'hui? Et qui sait si ce n'est point pour cela que Dieu nous châtie ? Dieu, (li>-je, qui, s<îlon l'Ecriture, a en horreur le pauvre superbe. Mais encore une fois je le veux, les temps sont mauvais ; et que concluez-vous de là? Si tout le monde souffre, les pauvres ne souffrent-ils pas? Et si les souffrances des pauvres se trouvent chez les riches, à quoi doivent donc être réduits les pauvres mêmes? Or, à qui estce à assister ceux qui souffrent le plus, si ce n'est à ceux qui souffrent le moins? Est-ce donc bien raisonner de dire que vous avez droit de retenir votre superflu, parce que les temps sont mauvais, puisque c'est jusienient ponicela même que vous ne pouvez le retenir sans crime, et que vous êtes dans une obligation particulière de le donner.
IV. La suiipnision consiste à tenir le lecteur, ou Tauditeur dans T incertitude pour lui ménager une surprise en lui montrant un objet tout auti'e que celui qu'il attendait. C'est un moyen infaillible de faire mieux remarquer Vidée qu'on a voulu exprimer et de la rendre parla même plus sensible. DansToraison funèbre de la reine d'Angleterre, Bossuet fait ainsi usage de cette figure :
Combien de fois a-l-elle remercié Dieu de deux grandes
grâces: l'une de l'avoir fait chrétienne; l'autre Messieurs,
qu'atlendez-vous? Peut-être d'avoir rétabli les affaires du roi son fils ? Non, c'est de l'avoir faite reine malheureuse.
Dans un discours sérieux il ne faut pas trop prolonger rincertitude des auditeurs, et on doit même, pendantce temps, occuper leur esprit d'idées graves; mais il en est tout autrement dans le genre familier. Dans un entretien, un récit, ou une lettre, on peut prolonger indéilniment cette figure, pourvu que Ton sache spirituellement intéresser ses lecteurs ou ses auditeurs et qu'on ne les fatigue pas. C'est d'ailleurs une des figures qui prêtent le plus au genre burlesque. Scarron en a fait usage dans ses vers.
Y. La réticence est une figure par laquelle on interrompt brusquement sa phrase pour passer à un autre objet, de façon cependant que ce qu'on a dit suffise pour faire entendre ce qu'on supprime. Cette figure est très-adroite en ce qu'elle fait entendre non-seulement ce qu'on ne veut pas dire, mais souvent beaucoup plus qu'on ne dirait. On a recours naturellement à la réticence quand on est saisi par quelque violente passion. Athalie dit au grand prêtre Joad :
Te voilà, séducteur, De lignes, de complots, pernicieux auteur, Qui dans le trouble seul as mis tes espérances, Eternel ennemi des suprêmes puissances!
En l'appui de ion Dieu lu l'étais reposé : De ton espoir frivole es-Ui désabusé?
Il laisse en mon pouvoir et ton temple et ta vie. Je devrais vers l'autel où la main sacrifie Te Mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter.
YL La correction est une figure par laquelle on se reprend soi-même, comme si Ion voulait dire autrement ou mieux que ce qu'on a dit. Elle a pour objet d'écarter le sens faux que l'on pourrait attacher à certaines expressions que l'on a auparavant un peu
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 73
exagérées à dessein. Bossuet fait ainsi usage de cette figure dans son Oraisoii funèbre de la reine d'Angleterre :
Non, après ce que nous venons de voir, la santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, la gloire n'est qu'une apparence, les grâces el les plaisirs ne sont qu'un dangereux aniusemenl : tout est vain en nous, excepté le sincère aveu qu3 nous faisons devant Dieu de nos vaiiiiés, et le jugement arrêté qui nous lait mépriser tout ce que nous sommes. Mais dis-je la vérité? L'homme que Dieu a fait à son image n'esl-il qu'une ombre? Ce que Jésus-Christ est venu chercher du ciel en terre, ce qu'il a cru pouvoir, sans se ravilir, racheter de tout son sang, n'est-ce qu'un rien? Reconnaissons noire erreur. Sans doute ce triste spectacle des vanités humaine? nous imposait, et l'espérance publique, frustrée tout à coup par la mort de cette princesse, nous poursuit trop loin. Il ne faut pas permettre à l'homme de se mépriser tout entier, de peur que croyant avec les impies que notre vie n'est qu'un jeu, où règne le hasard, il ne marche sans règles et sans conduite au gré de ses aveugles désirs.
VIL La concession est une figure par laquelle on accorde à son adversaire quelque chose de contestable pour en tirer ensuite avantage contre lui. Cette figure est très-souvent employée, parce qu'elle donne à l'orateur un air de supériorité qui lui assure presque toujours la victoire. C'est une manière de battre ^on adversaire dans son propre camp. Boileau, dans sa satire sur la noblesse, parle ainsi de celui qui n'a pas d'autre mérite que la gloire de sa naissance :
Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, Et que l'un des Capets, pour honorer leur nom, Ait de trois fleurs de lis doté leur écusson. Que sert ce vain amas d'une inutile gloire, Si, de tant de héros célèbres dans l'hisloire,
PRÉCIS ÉlÉm OE LITT. 3. O
Il lie peiU rien offrir aux yeux de rnnivei's
Que de vieux parchemins qu'ont épargnés les versj
Si, tout sorti qu'il est d'une source divine,
Son cœur dément en lui sa superbe origine,
Et, n'ayant rien de grand qu'une sotte fierté,
S'endort dans une lâche et molle oisiveté !
VIII. Vhypothèse ou la supposition consiste à supposer un fait dont on déduit des conséquences favorables à la proposition qu'on veut établir. Cette fiction peut être très-éloquente, parce que quand elle est faite à propos, c'est un moyen de produire un tableau dramatique très-saisissant. Massillon a fait trembler son auditoire quand dans son sermon sur le Petit nombre des élus^ il s'est écrié :
Je vous le demande : si Jésus-Clirist paraissait dans ce temple, au milieu de cette assemblée la plus auguste de l'univers, pour nous juger, pour faire le terrible discernement des loups et des brebis, croyez-vous que le plus grand nombre de tout ce que nous sommes ici, fût placé a la droite? croyez-vous que les choses du moins fussent égales ? croyezvous qu'il s'y trouvât seulemerîi dix justes, quele Seigneur ne put trouver autrefois en cinq villes tout entières ? Je vous le demande; vous l'ignorez et je l'ignore moi-même. Vous seul, ô mon Dieu, connaissez ceux qui vous appartiennent: mais si nous ne connaissons pas ceux qui lui appartiennent, nous savons du moins que les pécheurs ne lui appartiennent pas.
IX. La prétention est une figure par laquelle on a Tair de passer sous silence ce que Ton dit néanmoins, mais en peu de mots et sans y insister. On remploie lorsqu'on doit présenter plusieurs faits, plusieurs pensées qui n'ont pas assez de force pour entraîner l'assentiment et qu'on ne veut cependant pas absolument négliger. Mathan dit à Nabal dans Athalic :
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 7ô
Qu'esl-il besoin, Nabal, qu'à tes yeux je rappelle
De Joad et de moi la fainfuse querelle,
Quand j'o?ai contre Ini dispiiur l'i-nceiisoir,
Mes brigues, mes combals, mes pleurs, mon désespoir?
Cette figure est très-adroite et très-ingénieuse, parce que tout eu disant qu'on ne parlera [)as d'une chose, on en parle réellement et on la rappelle à l'esprit des auditeurs ou des lecteurs.
3. Des figures qui se RArpouTE>T a l'esprit.— Les ligures que nous venons de voir ont pour but de donner au raisonnement plus de force et de vigueur en faisant mieux ressortir les pensées qu'on veut exprimer. Mais il ne suflît pas de rendre ses pensées avec force, il faut encore les revêtir d'une forme agréable qui les fasse goûter de tout le monde. A cet eifet l'écrivain doit captiver l'esprit par des rapprochements brillants et inattendus, par des expressions fines et délicates et par des tournures ingénieuses qui relèvent ce que le mot simple et direct pourrait avoir de choquant. Les figures qui peuvent contribuer à ce triple but sont : ïantithèsc, Vallusion e* la périphrase.
L Vautithèse consiste dans une opposition réciproque de mots et d'idées. Racine le lils a ainsi exprimé les contrariétés étonnantes qui se trouvent dans la nature humaine :
Ver impur de la terre, et roi de l'univers,
Riche et vide de biens, libre et chargé de fers,
Je ne suis que mensonge, errrur, incertitude,
Et de la vérité je fais ma seule élude.
Taniùl le monde entier m'annonce a haute voix
Le maître que je chirche et déjà je le vois,
Tantôt le monde entier dans un profond silence
A mes regards errants n'est plus qu'un vide immense.
Que d'orgueil! c'est ainsi qu'à moi-même contraire, Monstre de cruauté, prodige de misère, Je ne suis à la fois que néant et grandeur.
La Religion, ch. ii.
Pour être bonne , Tantithèse doit naître du contraste réel des idées et non de l'opposition factice des mots. « Ceux qui font des antithèses en forçant les mots, a dit très-ingénieusement Pascal, sont comme ceux qui font de fausses fenêtres pour la symétrie. « Cette figure est une des plus brillantes de la rhétorique, elle donne beaucoup de lumière à la pensée et flatte infiniment l'esprit. Mais c'est une raison pour ne pas en abuser. Quand on la prodigue, elle éblouit au lieu d'éclairer, et elle dégénère nécessairement en affectation. Il faut surtout éviter de s'en servir dans les morceaux où l'on a quelque malheur à déplorer. Ce serait substituer dans ce cas le langage de l'esprit à celui du sentiment, et se donner l'air de puiser toutes^ ses inspirations dans sa tête quand on doit s'abandonner à tous les mouvements du cœur.
II. \J allusion est une figure par laquelle on éveille un souvenir à côté de l'idée que l'on exprime. On fait allusion à la fable, à l'histoire, aux coutumes, à tous les événements passés qui offrent avec le présent des rapprochements agréables et piquants. Cette figure nous plaît, dit M. Gérusez, parce qu'elle nous associe à la malice de l'écrivain par notre pénétration , et qu'elle satisfait l'amour-propre en même temps que l'esprit.
On doit éviter les allusions qui ne consistent que dans un jeu de mots, ou ne s'en servir que dans des compositions badines ; mais il faut repousser avec
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 77
scrupule les allusions malignes qui peuvent nuire à la réputation elàla tranquillité d'autrui , et surtout celles qui pourraient donner atteinte à la pudeur.
Un soldat salue en espagnol le maréchal de Berwick. « Camarade, lui dit le maréchal, où as-tu appris Tespagnol? A Almanza, mon général. » C'était près de cette ville que Berwick avait battu Tarmée anglo-portugaise.
A la représentation d'une pièce nouvelle que protégeait le grand Condé, ce prince distingua un cabaleur qui faisait du bruit au parterre. Que l'on prenne cet homme-là, s'écria-t-il; mais Thomme désigné se sauve dans la foule en disant : On ne me prend point, je m'appelle Lérida. Condé avait inutilement assiégé cette place, après avoir ouvert la tranchée au son des violons.
C'est par allusion qu'Achille dit à Agamemnon , dans la tragédie d'Iphigénie:
Jamais vaisseaux partis des rives du Scamandre Aux champs ihessaliens osèrent-ils descendre? Et jamais dans tarisse un lâche ravisseur Me vint-il enlever ou ma femme ou ma sœur ?
Le trait est d'autant plus sanglant qu'il porte sur le fait même qui a armé les Grecs contre les Troyens.
IIL La périphrase ou circonlocution consiste à faire connaître par une description ou par des développements particuliers ce qu'on évite de nommer dans la crainte de déplaire. On emploie cette figure :
1° Pour l'ornement. Ainsi un poète décrira ainsi le commencement du jour :
L'aurore cependant, au visage vermeil, Ouvrait dans l'Orient le palais du soleil ; La nuit en.d'auircs lieux portait ses voiles sonibres, Les songes voltigeants fuyaient avec les ombres. Henr., eh. ii.
2° Pour éviter les expressions ignobles ou trop communes que Técrivain juge peu dignes de son sujet. Le mot porc est trop ignoble pour être employé en poésie ; Delille l'évite au moyen de cette périphrase :
Et d'une horrible toux les accents violents Etoufftnl l'animal qui se nourrit de glands.
Boileau voulant dire qu'il avait cinquante-huit ans, avait assurément à rendre Tidée la plus commune. Il trouve cependant le secret de l'ennoblir par une périphrase en disant :
Mais aujourd'hui qu'enfin la vieillesse venue Sous mes faux cheveux blonds, déjà toute chenue, A jeté sur ma tête avec sesxloigts pesants Onze lustres complets surchargés de trois ans.
Ces périphrases font très-bon effet en poésie, mais elles seraient ridicules dans la prose. Dans le langage ordinaire le mieux est d'appeler les choses par leur nom; le mot propre, quelque simple qu'il soit, est toujours le meilleur. En prose , quand on a recours à une périphrase c'est ordinairement pour adoucir ce qu'une proposition pourrait avoir de trop dur. Ainsi Fléchier dans son Oraison funèbre de Turenne a recours à une périphrase pour rappeler la faute que ce héros avait commise pendant les guerres de la Fronde.
Souvenez-vous, Messieurs, de ce temps de désordre et
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 79
de trouble où l'esprit ténébreux de discorde confondait le droit avec la passion, le devoir avec l'inlérêt, la bonne cause avec la mauvaise; où les astres les plus brillants souHVirent preb(|ue tous quelque éclipse;, et les plus fidèles sujets se virent entraînés malgré eux par le torrent des partis, comme ces pilotes qui si- trouvant surpris de l'orage en pleim; mer, sont contraints de quitter la route qu'ils veulent tenir, et de s'abandoimer pour un temps au gré des vents et de la tempête.
La faute est rappelée, et le mot odieux de trahison n'a pas été prononcé.
4. Des figlres qui se rapportent à l'imagination. — Mais on ne plaît pas seulement par l'esprit, on plait encore et môme beaucoup mieux par l'imagination. Cette faculté brillante se rattacbe si intimement à la sensibilité et aux passions, qu'on peut dire qu'elle est la route du cœur. C'est par elle que la parole est puissante, qu'elle remue les masses et devient éminemment populaire. Les principales figures qui se rapportent à l'imagination sont : la prosopopce , Vhypotypo&e et la comparaison.
L La prosopopéc est une ligure par laquelle on fait parler les absents, les clioses animées et inanimées, les morts mêmes , en leur prêtant des sentiments. C'est la plus hardie de toutes les figures; on ne peut l'employer que dans les grandes passions. Une des plus célèbres est celle par laquelle J.-J. Rousseau évoque l'ombre de Fabricius pour opposer aux désordres des Romains la pureté de mœurs de leurs ancêtres :
0 Fabricius! qu'eût pensé votre grande àuie, si, pour votre malheur, vous eussiez vu la lace pompeuse de cette Rome sauvée par votre bras et que votre nom respectable avait plus illustrée que toutes ses etmquêles? Dieux! eus-
siez-vous dit, que sont devenus ces toits de chaume et ces foyers rustiques qu'habitaient jadis la modération et la vertu ? Quelle splendeur funeste a succédé à la simplicité romaine ? Quel est ce langage étranger ? Quelles sont ces mœurs efféminées? Que signifient ces statues, ces tableaux, ces édifices? Insensés! qu'avez-vous fait? Vous, les maîtres des nations, vous vous êtes rendus les esclaves des hommes frivoles que vous avez vaincus! Ce sont des rhéteurs qui vous gouvernent! C'est pour enrichir des architectes, des peintres, des statuaires et des histrions, que vous avez arrosé de votre sang la Grèce et l'Asie ? Les dépouilles de Carthage sont la proie d'un joueur de flûte! Romains, hâtezvous de renverser ces amphithéâtres, brisez ces marbres , brûlez ces tableaux , chassez ces esclaves qui vous subju- -^uentet dont les funestes arts vous corrompent. Que d'aures mains s'illustrent par de vains talents : le seul talent digne de Rome est de conquérir le monde et d'y faire régner la vertu.
Discours sur les lettres.
IL Vhypotypose est une figure qui met sous les yeux du lecteur l'action, révénement, la passion ou le phénomène dont 'on lui parle. Tous les tableaux, toutes les descriptions , tous les portraits sont des hypotyposes. Quelle grâce et quelle élégance il y a dans cette description que nous fait Chateaubriand d'un nid de bouvreuil :
Nous nous rappelons d'avoir trouvé une fois un nid de bouvreuil dans un rosier; il ressemblait à une conque de nacre contenant quatre perles bleues j une rose pendait audessus toute humide. Le bouvreuil mâle se tenait immobile sur un arbuste voisin , comme une fleur de pourpre et d'azur. Ces objets étaient répétés dans l'eau d'un étang, avec l'ombrage d'un noyer qui servait de fond à la scène et derrière lequel on voyait se lever l'aurore. Dieu nous donna , dans ce petit tableau, une idée des grâces dont il a paré la nature.
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. 81
IIL La comparaison est une figure par laquelle on oppose deux objets qui ont quelque point de ressemblance; c'est un moyen d'orner la pensée et de donner au style plus d'éclat et de lumière. La poésie, qui vit surtout d'images et de fictions, aime à faire usage de cette figure. En prose on l'emploie beaucoup moins fréquemment, mais quand elle vient à propos elle produit im heureux effet. Telle est celle que Fénelon emploie pour nous représenter Télémaque dans un état d'abattement voisin de la mort:
11 périssait, le! qu'une fleur qui étant épanouie le malin, répand ses doux parfums dans la campagne et se flétrit peu à peu vers le suir: ses vives couleurs s'etVaeent; elle se dessèche, et sa belle lète se penche, ne pouvant plus se soutenir. Ainsi le fils d'Ulysse était aux portes delà mort.
On trouve dans Bossuet les plus magnifiques comparaisons :
De même qu'on voit, dit-il dans son Panégj-rique de saint Paul, un gî-and fleuve qui retient encore, coulant dans la plaine, celte force vlolenle et impétueuse qu'il avait acquise aux montagnes d'où il lire son urigine, ainsi celte vertu qui est contenue dans les Ecritures de saint Paul, même dans cette simplicité de style, conserve toute la vigueur qu'elle apporte du ciel dont elle descend.
Tous les traités de rhétorique citent comme un modèle la comparaison suivante, empruntée à VOraison funèbre de la reine d'Angleterre :
Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice fond sur elle sans l'abattre : ainsi la reine se montre le ferme soutien de l'Elat, lorsque, après en avoir porté le faix, elle n'est pas même cuurbée sous sa chute.
Il faut que les comparaisons soient justes, nobles, neuves et convenables. Elles sont Justes si elles expriment entre deux choses un rapport réel qui n'a rien de force ; elles sont nobles quand on ne les emprunte pas à des objets bas ou frivoles qui pèchent par leur trivialité ; elles sont neuves quand les images que Ton emploie n'ont point encore été employées ou quand on a su les rajeunir par le tour et Texpression; enfin elles sont convenables quand on ne s'en sert qu'à propos et qu'on ne les multiplie pas plus que ne le comporte le sujet qu'on traite.
5. Des figures qui se rapportent aux passions. — Les passions ont leur langage , et il y a par conséquent des figures qui leur sont propres. Ces figures sont Y interrogation, V apostrophe , V exclamation, Yimprécationj, Vobsécration, Yironic, Y hyperbole et la litote.
L L'interrogation est une figure par laquelle on adresse la parole à une personne ou à une chose sous forme de question. Cette figure s'emploie pour exprimer la surprise, la colère, l'indignation, en un mot les mouvements impétueux de toutes les grandespassions. Le vieil Horace, prenant la parole pour défendre son fils , ne procède que par interrogation :
Lauriers, sacrés rameaux , qu'on veiU réduire en poudre, Vous qui ineUez sa tèle à couvert de la foudre, L'abandon nerez-vous k i'iiifame couteau Qui fait choir les inécliants sous la main d'un bourreau? Romains, soulVrirez-vous qu'on vous iuirnole un homme Sans qui Rome aujourd'hui cesserait d'être Rome, Et qu'un Romain s'ellorce à tacher le renom D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom?
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLK, etc. 83
Dis, Valt-iv , dis-nous, si lu veux qu'il périsse, *
Où lu penses choisir un lieu pour son supplice? Sera-ce entre ces uïurs que mille el mille voix Fonl résonner encor du bruit de ses exploits? Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces? Entre leurs trois tombeaux, et dans ce champ d'honneur Témoin de sa vaillance et de noire bonheur?
IL L'apostrophe est une figure par laquelle on adresse directement la parole aux prësenls ou aux absents, aux objets animés ou inanimés. Cette figure est propre à exciter tous les sentiments , mais on ne doit remployer que quand le coeur est fortement ati'ccté. Monime reproche ainsi à son diadème de n'avoir pas même été bon à la délivrer de la vie.
Et toi , fatal tissu , malheureux diadème, Instrument et témoin de toutes mes douleurs, Bandeau que mille fois j'ai trempé de mes pleurs! Au moins en terminant ma vie et mon supplice Ne pouvais-tu me rendre un funeste service? A mes irisies regards , va, cesse de l'offrir; D'autres armes , sans toi , sauront me secourir. Et périsse le jour et la main meurtrière Qui jadis sur mon front t'attacha la première!
Racine [Mithridate),
m. Vexclamation est un cri de Tàme qui , ne pouvant j)lus se contenir, éclate en interjections. Les apostrophes et les exclamations multipliées font la beauté du morceau suivant que nous empruntons à Fénelon.
En m'éveillant, dil Philoctcto, je reconnus l'embarras de IS'éoplolème : il soupirait connue un homme qui ne sait pas dissimuler et qui agit coture son cœur. — Me veux-iu donc
surprendre? lui dis- je, qu'y a-t-il donc? — Il faut, nie répondit-il , que vous me suiviez au siège de Troie. Je repris aussilôl : Ah! qu'as-lu dit, mon fils? Rends-moi cet arc ; je suis trahi ! Ne m'arrache pas la vie. Hélas ! il ne répond rien ; il me regarde tranquillement , rien ne le louche. 0 rivages ! ô promontoires de cette ile! ô bêtes farouches ! ô rochers escarpés ! c'est à vous que je me plains , car je n'ai que vous à qui je puisse me plaindre ; vous êtes accoutumés à mes gémissements. Faut-il que je sois trahi par le fils d'Achille ? 11 m'enlève l'arc sacré d'Hercule , il veut me traîner dans le camp des Grecs pour triompher de moi; il ne voit pas que c'est triompher d'un mort, d'une ombre, d'une image vaine. Oh ! s'il m'eût attaqué dans ma force ! Mais encore à présent ce n'est que par surprise. Que ferai-je? Rends-moi mes flèches , mon fils , sois semblable à ton père, semblable à toi-même. Que dis-tu ? Tu ne dis rien ! 0 rocher sauvage, je viens à toi, nu, misérable, abandonné, sans nourriture; je mourrai seul dans cet antre: n'ayant plus mon arc pour tuer les bêtes , les bêtes me dévoreront, n'importe.
IV. V imprécation est une figure par laquelle on invoque le ciel , les enfers on quelque autre puissance supérieure contre un objet odieux. Elle est quelquefois dictée par Thorreur du crime comme celle que Racine met dans la bouche de Joad ; d'autres fois elle n'est que Texpression de la colère et de la fureur, comme celle que Corneille fait prononcer à CamiUe contre Rome.
Rome, l'unique objet de mon ressentiment! Rome à qui vient ton bras d'immoler mon amant! Rome , qui t'a vu naître et que ton cœur adore! Rome, enfin , que je hais parce qu'elle t'honore! Puissent tous ses voisins ensemble conjurés Super ses fondements encor mal assurés ! Et si ce n'est assez de toute l'Italie
DE L'ÉLÉGANCE DU STYLE, etc. SfS
Que l'Orient contre elle à rOccident s'allie! Que cent peuples unis des bouts de l'univers Passent pour la détruire et ks monts et les niersl Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles Et de ses propres mains déchire ses entrailles! Que le courroux du ciel allumé par mes vœux Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux ! Puissé-je de mes yeux y voir tomber la foudre , "Voir ses maisons en cendre et tes lauriers en poudre, Voir le dernier Romain à son dernier soupir, Moi seul en être cause et mourir de plaisir !
Corneille, les Horaces.
V. Vobsécration ou la déprécation est une prière très-pressante que Ton appuie sur tous les motifs que Ton croit les plus propres à toucher ceux auxquels on s'adresse. Cette figure est ordinairement employée à la fin du discours. C'est un excellent moyen de remettre, en terminant , sous les yeux des auditeurs les raisons par lesquelles on a cherché à les frapper. Racine met dans la bouche d'Aman cette belle obsécration :
Par le salut des Juifs, par ces pieds que j'embrasse, Par ce sage vieillard , l'honneur de votre race. Daignez d'un roi terrible apaiser le courroux , Sauvez Aman qui tremble à vos sacrés genoux.
Esther, acte m.
Les auteurs sacrés terminent quelquefois leur discours par une prière qu'ils adressent à Dieu pour qu'il féconde leur parole par sa grâce', et qu'il lui fasse porter des fruits dans l'àme de leurs auditeurs. Massillon termine ainsi d'une manière très-éloquente presque tous les discours de son petit Carême.
VL Viroîiie, qu'on nomme antiphrase ou contre-
vérité , exprime le contraire de ce qu'on veut faire entendre. Elle rend la raillerie plus amère, et a la vertu d'ajouter à Tindignationet au désespoir. C'est la dernière ressource que les écrivains emploient quand l'expression sérieuse leur paraît trop faible, à peu près comme dans les grandes douleurs qui égarent un moment la raison, un rire effrayant prend la place des larmes qui ne peuvent couler.
L'ironie peut être employée avec avantage dans les sujets les plus sérieux. Montesquieu en fait souvent usage dans ses écrits philosophiques , et il s'en sert toujours avec autant d'esprit que d'éloquence. Nous citerons ici un passage de son Esprit des Lois^ cil il plaide la cause des nègres :
Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves , je dirais :
Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux d'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique poar s'en servir à défricher des terres.
Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esiilaves.
Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête, et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.
On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu , qui est un être sage , ait mis une àme , surtout une àme bonne , dans un corps tout noir.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Egyptiens, les meilleurs philosophes ' du monde , étaient d'une si giande conséquence qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun , c'est qu'ils font plus de cas d'un cellier de verre que de l'or, qui, chez les nations policées, est d'une si grande importance.
Il est impossible que nous supposions que ces gens -là
DE LlLÉGANCE DU STYLE, etc. 87
Boient des hommes, parce quo si nous les supposions des hommes, on coriimcnceraii à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrélietis.
De petUs esprits exagèrent trop l'injusliec qu'on fait aux Africains; car si elle était it'lle ([u'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la lèie des princes d'Flurope, qui font entre eux tant de conventions imiiiles, d'en faire une générale eu faveur de la miséricorde el de la pitié ?
YII. Vhyperbole exagère et va au delà de la vérité. On emploie frétiueminerit cette figure même dans la conversation ordinaire. C'est ainsi que Ton dit: Il marche comme une tortue, il va plus vite que le vent , la pluie est tombée par torrents, etc. Nous sommes portés naturellement à exprimer de cette manière nos impressions par des expressions exagérées, parce que, quand une chose nous a vivement frappés, le terme ordinaire nous parait toujours trop faible pour peindre ce que nous sentons.
Les esprits vifs , pleins de feu et qu'une vaste imagination emporte hors des règles de la justesse, ne peuvent , dit la Bruyère , s'assouvir de Thyperbole. Il y a cependant des bornes à garder pour ne pas tomber dans le style emphatique et boursoufflé. N'allez pas , dit Boileai*,
Même en une Pharsale entasser sur les rives
De morts et de mourants cent montagues plaintives.
Le poëte qui soupirait de voir Louis XIY trop à Tétroit dans le Louvre , et qui disait :
Une si grande majesté A besoin de toute la terre.
était un flatteur aussi plat que ridicule.
VIIL La litote est le contraire de l'hyberbole. Elle
affaiblit l'expression pour donner plus de force à la pensée, et dit moins pour faire entendre plus.
Dans le Cid, Chimène trahit la violence de son amour pour Rodrigue lorsqu'elle lui dit : Va , je ne te hais point.
La litote porte le nom d'euphémisme quand , par bienveillance, elle substitue à un défaut une qualité
La géante paraît une déesse aux yeux;
La naine un abrégé des merveilles des cieux ;
L'orgueilleuse a le cœur digne d'une couronne ;
La fourbe a de l'esprit; la sotte est toute bonne;
La trop grande parleuse est d'agréable humeur,
Et la muette garde une honnête pudeur. (Molière).
Ces trois figures , Tironie, Thyperbole et la litote, qui paraissent contraires à la vérité , ne sont point telles dans la réalité. LMronie y arrive par le contraire, Thyperbole parle plus, la litote parle moins. On peut donc en faire usage sans oublier cette belle maxime de Fénelon que nous aurons l'occasion de rappeler encore : c'est que l'homme digne d'être écouté est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée et de la pensée que pour la vérité et la vertu.
QoESTioNNAiRE. — 1 . Qu'appellc-t-on figures de pensées ? Sous combien de chefs peut-on les ranger ? 2. Quelles sont les figures qui se rapportent au raisonnement ? Qu'est-ce que l'exposition ? — l'accumulation ? — la prolepse ? — la suspension ? Quel usage en doit ou faire ? Qu'est-ce que la réticence ? — la correction ? — la concession ? — l'hypothèse ? — la prétérition ? 3. Quelles sont les figures qui se rapportent à l'esprit ? Qu'est-ce que ranlilhcsr? — rallusiou ? — la périphrase ? Eu quelles circonstances doit-on employer cette der-
nière figure ? 4. Quelles sont les figures qui se rapportent à l'imagination ? Qu'est-ce que la piosopopée? — l'hypotypose ? — la comparaison ? 5. Quelles sont les figures qui se rapportent aux passions? Qu'est-ce que l'interrogation? — l'apostrophe?— l'exclamalion ? — l'imprécation? — l'obsécration ? l'ironie? — l'hyperbole? — la litote? (A l'appui de ces ddftnitions citer des exemples). Ces trois dernières figures sont-elles contraires à la vérité ? Comment s'y rapportent-elles^?