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POÉSIE DIDACTIQUE OU PHILOSOPHIQUE

La poésie didactique ou philosopliique est celle qui s'adresse spécialement à la raison. Elle embrasse tout ce qui forme le domaine de l'intelligence : les sciences, les arts, la morale et même la Religion.

La poésie didactique comprend quatre genres de poèmes : ]e poème didactique proprement dit, Vépitre, la satire et Vapologue, auquel on peut joindre les métamorphoses et le conte.

Poème didactique proprement dit. — Le poème didactique proprement dit est un traité régulier roulant sur un sujet philosophique, grave ou utile. Tels sont: les Travaux et les Jours d'Hésiode, les Géorgiques de Yiigile, les Jardins de Delille, les Saisons de Saint-Lambert, V^rt poétique d'Horace*, de "Vidaetde Boileau, les Fastes d'Ovide, la Religion de Racine.

Si le poème didactique a surtout pour but d'instruire, il faut qu'il anime l'instruction et qu'il fasse disparaître la nio-

notonie des préceptes sous les ornemenis de l'élocution. Le poëme didactique doit se distinguer par le choix des épithètes, l'emploi des tournures métaphoriques, la hardiesse et l'éclat des figures, l'harmonie et la vivacité des tours, les épisodes ou les descriptions épisodiques.

Epître. — L'cpîtie n'est autre chose qu'une lettre écrite en vers. On en distingue quatre sortes : Vépi'lre philosophique^ Vhéroïde, Vépitre familière et Vepi'tre mêlée de prose.

Vépitre philosophique est celle qui roule sur la Religion, la morale, la lillératuie, les arts, ou sur quleque autre sujet élevé. Elle doit se distinguer par la justesse et la solidité des idées et la lucidité des laisonuements. Il faut que le style en soit concis et rapide, le ton vif et animé, la tournure piquante et ingénieuse pour frapper l'imagination et tenir l'attention éveillée. Les épitres d'//o/77tr, de JJoileau, de Delille sont presque toutes des modèles.

L /léroïde est une épître dans laquelle on fait parler d'une manière passionnée des héros, des héroïnes ou quelque personnage célèbre.

Vépiire familière se caractérise par un air de négligence et de liberté, par conséquent elle ne souffre point d'ornements étudiés: il lui faut une simplicité élégante, une plaisanterie aimable, un badinage léger, de la vivacité, des saillies, des traits d'esprit, mais qui paraissent n'avoir rien coûté.

Uépitre mêlée de prose doit avoir tous les caractères de la lettre ordinaire; on peut cependant y mettre plus de finesse, plus de délicatesse et d'agrément, mais il faut en bannir toute fiction sérieuse, toute peinture magnifique, toute idée ou tout sentiment trop relevé.

La satire est un discours en vers dans lequel on attaque directement les vices, les défauts et les travers des hommes, de même que les mauvais ouvrages, les faux jugements et les sophismes. {Horace, Perse, Jui'énal, Boileait, Barthélémy, Gilbert, etc.)

La satire peut être d'un f tyle sérieux et caustique, ou d'un style plaisant et léger ; elle admet tous les ornements d'élocution que comporte le ton choisi par le poète.

l'apologue ou fahle est une petite épopée, ou le récit d'un action attrijjuée à des personnages quelconques, dieux, homnes, a>>im.'.n>. êtres .'nraiimé-i : de ce récit doit résulter pour

les mœurs une instruction utile appelée moralité. L'action de l'apologue doit êtie une , juste , vraisemblable et entière. Le style doit en être familier, riant, gracieux , naturel et surtout naïf. [Esope, Phèdre, La Fontaine, Florian, etc.)

La métamorphose, mot qui veut dire changement, est une fable où l'on raconte des métamorphoses de l'homme en bête, en arbre, en fontaine, en pierre, etc. Ce sujet ne peut donc être tiré que de la mythologie, à moins qu'il ne soit allégorique. (Métamorphoses d'Ovide.)

Le conte est, eu vers comme en prose, le récit d'un événement faux ou vrai, dont le but est d'amuser et quelquefois d'instruire.

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