SOUDES DU CORPS HUMAIN
Solides Les parties solides du corps affectent une foule
^"homme^* dc formcs différentes ; ce sont ces solides qui forment les organes , les tissus , les parenchymes ; leur analyse mécanique apprend qu'ils peuvent se réduire en petites fibres, lamelles ou en petits grains. En les regardant au microscope , ils apparaissent comme des assemblages divers de petites molécules dont les dimensions ont été estimées approximativement un 3oo* de millimètre (i). Ces mole-
f i) Il ne faut pas confoudre ces molécules visibles avec les atomes ou particules, qui , selon les physiciens et les chimistes, forment tous les corps. Celles-ci sont de simples abstractions commodes pour expliquer plusieurs phénomènes physiques ou chimiques. Dans la réalité , on ne sait
cules ont beaucoup de ressemblance avec celles que présentent plusieurs fluides (i).
Si la marche de l'esprit dans les études physio- Néceasité
* Il de la chimie
logiques eût été guidée par la raison, on aurait dû et de u
d'abord fixer d'une manière précise les propriétés pour étudier
physiques et chimiques des divers tissus et des physiologie.
rien de la disposition intime de la matière dans les corps ; elle est hors de la portée de nos sens, comme les animaux infusoires, les globules des fluides, etc., s*y trouvaient ayant rinvention du microscope. Celui qui découvrirait un instrument au moyen duquel on apercevrait l'arrangement intime de la matière, agrandirait beaucoup le champ, des connaissances humaines, et serait illustre à jamais.
(i) Les anciens croyaient que tous les solides organiques peuvent être ramenés, en dernière analyse, à une fibre simple ; ils la supposaient formée de terre, d'huile et de fer. Haller, qui admettait cette idée des anciens, convient que cette fibre n*est visible que pour les yeux de l'esprit : c'est comme s'il avait dit qu'elle n'existe point; et c'est ce dont personne ne doute aujourd'hui.
InTÎsibilîs ett ea fibra : solft mentis acie distinguimus.
Élém, phyêioL, tom. I*'.
Les anciens admettaient encore des fibres secondaires, qu'ils supposaient formées par des modifications particulières de la fibre simple. De là, la fibre nerveuse, musculeusej paren" ehymateuse et osseuse,
Ghaussier a proposé de reconnaître quatre espèces de fibres, qu'il nomme laminaire^ nervale^ musculaire et albuginée.
Toutes ces distinctions subtiles sont à peu près inutiles.
10 PRÉCIS £L£MJi:NTAIRK
fluides qui composent notre corps ; une fois cette connaissance acquise , il aurait été plus facile de distinguer et d'étudier les propriétés que la vie ajoute ou enlève à nos éléments. Telle n'a point été la marche suivie ; la physique et la chimie sont demeurées à peu près étrangères aux physiologistes, et plusieurs préjugés nuisibles se sont introduits parmi les bases de la science.
Cependant rendons grâce à Bichat d'avoir fait une tentative en ce genre. Fécondant l'heureuse idée de notre vénérable Pinel, sur la distinction des éléments solides de l'économie animale en systèmes , il a fondé l'anatomîe générale , et cherché à reconnaître les propriétés physiques et chimiques des organes et de leurs éléments. Malheureusement à l'époque où il écrivait il n'a pu recueillir que des renseignements superficiels et insuffisants. Sous ce point de vue , la science a besoin , même aujourd'hui, d'une rénovation complète. Aussi le tableau suivant, qui offre la classification des divers tissus de l'écono- Anatoniie mie animale, ne peut-il, malgré les améliorations qu'il a subies depuis Bichat, être regardé que comme approximatif et provisoire.
TÂBLEAC DES TISSUS DU CORPS DE t'HOMME.