Partie centrale du cristallin i^^ggo
(Vid. Brewslcr's Journal V, i, p. 49.)
ce qu'on peut dire de positif , c'est "que le cris- , Usages
^ ^ r » n du cristallin.
tallin doit augmenter l'intensité de la lumière qui se dirige au fond de l'œil, avec d'autant plus d'énergie que la convexité de sa face postérieure est plus considérable. Ce qu'on peut encore ajouter, c'est que la lumière qui passe près de la circonférence du cristallin est réfractée d'une autre manière que la lumière qui passe par le centre (i) ; que, par conséquent, les. mouvements de resserrement et d'agrandissement de la pupille doivent avoir sur le mécanisme de la vision un^ influence qui n'a pas échappé à l'attention des physiciens. Cependant le cristallin n'a pas sur ta vue l'influence qu'on lui a long -temps attribuée, car cette fonction persiste après l'enlèvement de cette partie par l'opération de la cataracte* Il existe de ce fait une autre preuve déjà fort ancienne : un œil artificiel fait avec une boule de verre sur laquelle on adapte une section d'une autre sphère plus petite, et qu'on remplît ensuite d'eau pour représenter les trois humeurs, agit comme un œil véritable , car il s'y forme des images sur le fond.
La lumière qui est venue frapper la face antérieure du cristallin , ne pénètre pas tout entière
(1) La structure du cristallin pourrait bien avoir pour un de ses avantages de corriger l'aberration de sphéricité que présentent les lentilles ordinaires.
dans le corps vitré; elle est en partie réfléchie.
D'un côté, elle retraverse l'humeur aqueuse et la
cornée , et va concourir à former l'éclat de l'œil ;
Lumière ^^ TautTe , cllc touibc sur la face postérieure de
"ic^crirtial?" *'™^» ^^ ^^'® ^^* absorbée par la matière noire qui s*j trouve; ce qui parait être nécessaire pour la netteté de la vision. Chez les hommes et les animaux albinos, dont l'iris et la choroïde sont dé-pourvus de matière noire, la vue est toujours plus ou moins imparfaite ( i ) .
Il est probable qu'il se passe quelque chose de semblable à chacune des couches qui forment le • cristallin.
(1) Beaucoup de fails ne s'accordent pas avec lette explication. La plupart des animaux remarquables par Texcellence de leur vue, surtout la nuit, les chats, les renards, les cheyaux, plusieurs Tariétés de chiens, certains poissons chasseurs, ont la choj'oîde et même la face postérieure de riris d'une couleur bleue, faune, jerte, plus ou moins éclatante; ces yeux reflètent la lumière comme ceux des chats dans l'obscurité. Ainsi le fond de l'œil de ces animaux est un miroir concave qui renvoie la lumière. D'après la théorie actuelle de la yision, on comprend difficilement comment cet éclat de la choroïde ne nuit pas à la fonction; si dans la construction de nos lunettes on négligeait de noircir les parois internes des tubes, il en résulterait de graves inconvénients. {Voy$% sur ce sujet un Mémoire de Desmoulins, t. IV, p. 89, de mon Journal de Physiologie.)
Usage de l^ humeur vitrée,
Uhwneur vitrée a une force réfringente quelque Usage peu moindre que le cristallin ; par conséquent les Titii*. rayons de lumière qui, après avoir traversé ce corps, pénètrent dans Thumeur hyaloîde, s*écartent de la^perpendiculaire au point de contact.
Son usage relativement à la marche des rayons dans Tœil est donc d'augmenter leur convergence. On pourrait dire que , pour arriver au même résultat, la nature n'avait qu'à rendre le cristallin un peu plus réfringent; mais là présence de l'humeur vitrée dans l'œil a un autre usage bien plus important, c'est d'augmenter de beaucoup l'étendue de la rétine, de permettre à un plus grand nombre d'images de s'y peindre à la fois, et d'agrandir ainsi le champ de la vision.
M.Xehot, ingénieur et physicien instruit, a supposé dans une suite de Mémoires sur la vision, un singulier usage au corps vitré ; il croit que les parois des cellules hyaloïdes sont le lieu de la sensibilité de l'œil pour la lumière. Selon le ixiéme auteur les images ne seraient pas de simples surfaces, mais des figures à trois dimensions. Nous sommes obligés d'ajouter que ses preuves sont loin d'être satisfaisantes.
Ce que nous venons de dire d'un cône de lu- Marciw? mière partant d'un point placé dans le prolonge- iuro?/cu"x ment de l'çixe antéro-postérieur de l'œij, doit être ■"'*«»'•
répété pour chaque cône lumineux partant de tous les autres points et se dirigeant vers l'œil, avec cette différence que, dans le premier cas, la lumière tend à se réunir au centre de la rétine , tandis que la lumière des autres cônes tend à se réunir dan« des points différents, suivant celui d'où elle est partie. Ainsi les cônes lumineux partant d'en bas se réuniront à la partie supérieure de la rétine ; ceux qui viennent d'en haut se réuniront à la partie inférieure de cette membrane. lies autres rayons suiyent une marche analogue; de sorte qu'il se formera au fond 'de l'œil une représentation exacte de chacun des corps placés devant l'organe, avec cette différence que les images auront une position inverse des objets qu'elles représentent.
Images qui se Divcrs uioyeus sout cmployés pour s'assurer de a^JIroDd ce résultat. On s'est long-temps servi d'yeux construits artificiellement avec du verre qui représentait la cornée transparente et le cristallin , et de l'eau qui représentait les humeurs aqueuse et vitrée. Un autre procédé était généralement employé avant la publication de mon Mémoire sur les images qui se formait au fond de l'œil. Il consiste à placer au volet d'une chambre obscure l'œil d'un animal (bœuf, mouton, etc.), ayant eu soin d'enlever la partie postérieure de la sclérotique. On voit alors très-*distinctement sur la rétine les images des objets, placés de manière à envoyer des rayons vers la pupille.
de l'œil.
DS PUY«iOiOGl£. 79
Je me sera d'un moyan plus facile. Je prends des Moyens
de voir les
yeux de lapin, de pigeon, de petit chien, di^bibou, images quisc de duc, dans lesquels la choroïde et la sclérotique au fond sont à peu près transparentes; je dépouille exactement leur partie postérieure de la graisse et des muscles qui la recouvrent, et en dirigeant la cor-née transparente vers des objets éclairés , je vois assez distinctement les images de ces mêmes oh*jets sur la rétine..
Le procédé que je viens d'indiquer était connu de Malpigbi et de. Baller. Il en est un qui m'est particulier, et qui consiste à se servir des yeux des animaux albinos, tels que ceux des lapins blancs, des pigeons albinos, des souris blanches (les yeux des hommes albinos auraient probablement les mêmes avantages). Ces yeux présentent les conditions les plus favorables pour la réussite de cette expérience : la sclérotique y est mince, et, à trèspeu de chose pr^, transparente; la choroïde y est également mince , et dès que l'animal est mort, le sang qui la colorait, venant à disparaître, elle devient incapable de mettre d'obstacle bien sensible au passage de la lumière.
La facilité et la netteté avec lesquelles on aperçoit les images en suivant ce procédé, m'ont suggéré l'idée de &ire quelques expériences«qui pus^ > sent confirmer ou infirmer la théorie admise ton-
Expériences
chant le mécanisme de la vision. sur les image»
Si l'on fait une petite ouverture à la cornée de^i'œli.
sur au de l'œil.
Expériences transparente , et que par là on fasse sortir de Tœil "' ^''fo^d^*^* "o® petite quantité d'humeur aqueuse ^ limage n'a plus la même netteté ; il en est de même si l'on expulse de l'œil une certaine quantité d'humeur vitrée por une petite incision faite à la sclérotique : ce qui prouve que les volumes relatifs des humeurs aqueuse et vitrée sont nécessaires à l'intégrité de la vision.
J'ai cherché à déterminer la loi des dimensions de l'image relativement à la distance de l'objet : j'ai trouvé que la grandeur de Timage est sensible-*^ ment proportionnelle aux distances. M. Biot a eu la complaisance de constater avec moi ce résultat, qui est d'ailleurs conforme à celui qu'a donné Lecat dans son Traité dés Sensations. (Cet auteur se servait , pour ses recherches , d'yeux artificiels , composés de verre pour représenter la cornée transparente et le cristallin, et d'eau pour remplacer les humeurs aqueuse et vitrée. )
Une chose m'a paru digne de remarque dans ces expériences : en faisant varier la grandeur de l'image par l'éloignement ou le rapprochement de l'objet , jamais on n'aperçoit de différence dans sa netteté , si ces différences existent elles ne sont pas sensibles à la vue simple. Au contraire, dès qu'on soustrait quelque peu d'humeur aqueuse, ou vitrée*, aussitôt le défaut de netteté devient manifeste.
J'ai pratiqué une petite ouverture à la circonférence de la cornée transparente , près de sa jonc-
DE PHYSIOLOGIE. 8l
tioD arec la sclérotique, et j'ai fait sortir toute Thu- ExpérieDce* ineur aqueuse par cette voie; l'image (c'était celle *"'au fo"d^*'* de la flamme d'une bougie ) m'a paru , toutes cho* ^^ ^'^^^' ses égales d'ailleurs, occuper une plus grande place sur la rétine ; elle était aussi moins nette et formée d'une lumière moins intense que l'image du même corps Yue dans l'autre œil de l'animal, que j'avais placé dans un rapport semblable avec la bougie , mais auquel j'avais conservé soq intégrité, afin d'avoir un terme de comparaison ; ce qui est con • forme à ce que nous avons dit de l'usage de l'humeur aqueuse dans la vision.
Il en est de même de celui de la cornée ; si on l'enlèTe en totalité par une incision faite circulaire- ment à l'union de cette membrane avec la scléroti- T{ue, l'image ne paraît pas changer de dimension, mais la lumière'qui la formait perd très-sensiblement de son intensité.
Nous avons dit que la grandeur de Touverture de la pupille influait probablement sur le mécanisme de la vision : après avoir enlevé la cornée , il est faqile alors d'agrandir la pupille par une incision circulaire faite dans lé tissu de l'iris. L'image, en ce cas, parait aussi s'agrandir.
Comme l'usage du cristaUin est d'augmenter l'éclat et la netteté de l'image en diminuant sa grandeur, on doit s'attendre à ce que l'absence de ce corps produise un effet inverse.
Quand on a fait sur un œil l'extraction ou l'a- I. 6
de l'œi!.
Expériences bâîSsenient d^ cristallin jiar uri protëd^ semblable *"'aa fond^^ à Topération de la cataracte , l'image se forme tou^ jours au fond de l'œil, mais elle s'accroît considérablement; elle devient au moins quadruple de celle qui se produit sur un œil entier' mis dâ'ris' tes mém^s rapports atec Fobjel; elle est d'ailleurs mal teiriïïinée , et la ibmière qui là produit est trèsfaible.
EnlèTë-t-on sur un même œil rbumeur aqueusse^' le erisf allin , la cornée transparente , et ne laisse-ton ainsi dé^tous les milieux de Fœil que la eapsuie cristalline et l'bumeuF vitrée , il ne se forme plus d'image sur la rétine ; la lumière j parvient bien , mais elle n'y affecte aucune forme en rapport avec celle du coirps d*oii elle est partie.
La plupart de ces^ résultats s'accovdent avec la théorie die ki vision , telle qu'elle est admise aujourd'hui. 11 en est un cependant qui s'en éloigne, c'est la netteté de l'iaiage. Quelle que mit la distance de Pobjet ,• en théorie , il faudrait que Tœft chsrngeât de formée pour que l'imaige fû"^ nettey on bien que le cristallin ifùt porté en avant ou eri arrière,- suivant les distances (i)- Or îeiFexpérience
(i) Ces c))an(;ement3 daQ& la forme de l'œil qif dans la po^ sîtion du cristallin, ont été tour à tour attribués à la compression du globe de l'œil par les muscles drQits et obliques, ù la contraction du cristallin, à celle des procès ciliaîrés, etc. M. Simonôff, saVafnt astronome ^us'se', soutient* aujoordliuî
est éii eontradictiofi avec la théorie , ce qui fait tomber d'elles-mêmes toutes les e^Ucations qu'on a proposées à ce sujets On afurait tort cependant de croire que lèa cho^
qu'il n'est pas nécessaire que l'oeil change de forme, pour que l'image conserve sa netteté.'!! a déterminé d'abord l'angle que font les rayons réfractés par la cornée du bœuf parta»t 4e dQuo^poÎQ^j.dani l'un te^^t, placé à SoomUimètree de l'œil) et r^|]ttj%.àune distajace infinie. Cet angle s'est trouvé extrêneuement. petit* II ^ calculé ensuite la distance des deux points d'intersection des rayons réfractés avec le cristallin , laquelle s'est trourée o"'",o43» si l'ordonnée de la coupe verticale'de la cornée, perpendiculaire à l'axe de l'œil est de 5**, 'et cette distance est seulement âe o"*,oo9, si cette ordonnée est de 1*". M. Simonoif. u admis pour ee calcul le gnnilaxedeiaeoupeintéiîeuit^daeristsima, selon M. Chaussât (^nivi/^f c^i^ PAy^îi/a^ et d,e Chimie, décembre i8iâ3> '^ io"*,6; le petit axe à 6, ""3, et,rax<e de l'humeur aqueuse à 6 millimètres.
Dans Tœil de ('homme ces points dont encore plus rapprochés. L^extrême petitesse de la distance des points d^n-^ tersection des rayons r^rpacté^aV6ole erîstallfn, monireqné les 'IB jobs 'de tous loB. points placés $ur l'axe de l'qeil depuis la distance de a5o millimètres jusqu'à la distance infinie, suivront dans l'œil presque la même route. D'ailleurs les rayons réfractés par 1«$ siirfeoesen passant à travers les trois mîliétix de rteii se rapprocheront encore phis,. de manière qu'ils viendront Ifrapper la rétine dans le même point^ ou du mo fais la distance des points dlnterseelion à l'axe de l'œil sera infiniment petite , tellement qu'elle ne surpassera jamais
64 PRÉCIS SLÉMENTAIHE
ses se passent exactement sur le vivant comme sur l'œil de Tanimal mort. Il y a une différence trèsgrande, qui tient à ce que, dans Taxiimal vivant, la pupille s'agrandit ou se resserre suivant l'intensité de la lumière, et suivant plusieurs autres circonstances que nous allons examiner.
Mouvements de rirU,
MouYementt L'ouvcrturc circulaîrc placée au centre de Tiris,
bu la pupille, éprouve de grandes variations dans ses dimensions, tantôt elle est à peine visible, et tantôt elle est presque aussi large que la cornée : dans le dernier cas l'iris semble avoir disparu.
Les circonstances qui accompagnent les mouvements de la pupille, sont :
l^ Les divers degrés d'intensité de la lumière; plus elle est grande, plus la pupille est contractée ; quand par accident un rayon de soleil entre dans l'œil, la pupille se ferme aussitôt ; si, au contraire, nous sommes placés dans; un lieu obscur» la pupille est largement ouverte»
2*. Plus un objet que nous regardons est plaeé
Tépaisseur de la rètloe* Aussi il n'est pas oécessain^^^ supposer on déplacemeat du cristalIlD; la Qettetède.la,vi^pi)des objets places depuis a5o millimètresf jusqu'à rii^fioî, pe dépe^i) que de leur diamètre apparent et de la tr&asparençe deJ'^r inlerpbsé. ( Voyez mon Journal de Physiologie^ tom. 1 Y^}
DE PHTSIOL061B. 85
firès de l'œil, plus l'ouverture dé llris se rétrécit. Mouveneots
1 ». •• ^ ^ jji* A •! de la pupille.
Les expenences sur ce point sent délicates, car il faut j distinguer avec soin ce tpA dépend dea variations d'intensité de la lumière de ce qui est l'effet de la distance de l'ob)et. La difficulté est ici d'autant plus gi-ande, que tous les change meivts de distance sont nécessairement accompagnés de changements dans l'intensité de la lumière.
3^. La volonté fait contracter la pupille, mais dans des limites assez restreintes; c'est plutôt de légers mouvements soit de resserrement, soit de dilatation qu'une franche contraction comme celle qui a lieu sous l'influence des différents degrés d'intensité ou d'éclat de la lumière.
L'attention et l'effort que nous faisons pour bien yoir de petits objets donnent aussi lieu à la contraction de la pupille. Voici comment je m'en assure : je choisis une personne dont lu pupille soit très-niôbîle , et il y a de grandes différences sous ce rapport entre les hommes , je place une feuille de papier dans une position fixe par rapport à l'œil et à la lumière, et je m^assure de l'état de la pupille ; alors je dis à la personne de chercher, sans faire aucun mouvement de la tête ni des yeux, à lire de très-petits caractères qui sont tracés sur le papier; aussitôt la pupille se contracte, et son resserrement dure autant que l'effort. M. Mille, jeune physiologiste polonais d'une grande espérance, a rendu cette expérience plus rigoureuse :
86 PRÉCIS ÉLBMEN TAIRE
Motivemcots il se sest (l'uu iDsttfumefit ingénioux oùlaidistaDce pqp» e. j^ j,^.j ^ i»oij^et ^1 mesurée. Ses résultats sîac-»
cordeiU parfaitement avec les miens.
Le bord supérieur de !la pupille du cheyal est garni de frangées noires que les véténnaires nom-^ ment .^atW de suie : leurs usages dont ignorés. Les oiseaux paraissent agrandir ou fermer la finpille à volonté. 1
Pour que l'iris se meuve, et que soniouveitture se contracte, il faut que la lumière pénètre dans l'œil; le fluide lui-même , dirigé sur l'iris , n'y détermine aucun mouvement.
L'irritation de l'iris avec la pointe d'une aiguiUe à cataracte ne détermine non plus aucun mouvement sensible dans cette membrane, comme je m'en suis assuré par l'expérience.
MM. Fowler et Rinhold ont reconnu que l'excitation galvanique, dirigée sur l'œil de l'homme et des animaux, détermine la contraction de l'iris. •Nysten dit avoir déterminé le même effet sur des cadavres des suppliciés peu de. temps après la mort. Je n'ai jamais eu l'occasion de répéter cette expérience. Sur l'homme vivant il y a en effet contraction par le galvanisme, mais elie diffère beaucoup de la contraction que le galvanisme. produit dans les muscles; il n'y a aucun raccourcissement brusque, mais un resserrement lent et gradué. Appliqué directement à l'iris après la mort, le galvanisme n'y excite pas la moindre apparence de'contraction.
Sj l'on coupe le ner{ pptîqye :8Mr un ^aiipa) vi- Moovemeuts Vi^ïïtf la pupille .^ttvientrimoMïtîle et élargie; lU.en * *^"'^' *' est de même sur les chiens ,et les ohs^ts .qua^d :0n c^iiiipe la dy^quième paire. Sur les lapîitô 0t les eochorQSrd'Iade , au contraire, la pupille se contracte par l 'effet de la section de ce dernier n^irf. If^ssection des nerfs ciliaires fait aussi cesser .les mouvements de la pupille, et M. H. Mayo s'est assuré que. sur les oiseaux la division de la troisième paire produit aussi l'immobilité de la même ouverture. Ainsi les mouvements de l'iris sont soumis à l'influence nerveuse d'une manière beaucoup plus compliquée que ceux d'aucun autre organe contractile , puisqu'ils dépendent à la fois de trois nerfs, la deuxième, la troisième et la cinquième paire. Cependant la disposition des fibres de cette membrane, l'effet de la volonté sur sa con,1;raction, et la manière brusque et subite dont celle-ci arrive dans certains cas semble la confondre avec le mouvement musculaire; mais elle en diffère essentiellement, conume on a vu, en ce qu'elle ne peut être excitée pajr aucune irritation directe. £n outre , le galvanisme n'excite , après la mort , aucun mouvement dans les fibres de l'iris. Concluons que les mouvements de la pupille sont analogues, mais non semblables , aux mouvements musculaires (1).
(1) On a observé que, chez les individus affaihKs par les
Les nerfs ciliaires de lliomme vîeniient de deux sources : les uns, plus nombreux, naissent du ganglion ophthalmique; les autres directement du nerf nasal. Il est probable que les premiers président à la dilatation, les seconds à la contraction de riris ; mais rien n'est encore suffisamment prouvé sur ce point, {Voyez mon Journal de Physiologie^ t. IV. )
Usages des mouvements de la pupUie.
Usages des Lcs mouvements de la pupille influent sur la ^^h^opïïe! vision de diverses manières :
i"". Us modifient la quantité de lumière qui entre dans Tœil ;
2^ Ils influent sur le nombre et la netteté des images qui se forment au fond de Tœil;
S"". Us assurent la vision distincte à des distances différentes.
excès vénériens, la pupille est très-large, ainsi que chez les personnes qui ont des vers intestinaux, un engorgement abdominai^ une hydrocéphale, etc.; qu'une application de quelques heures de plantes narcotiques sur la conjonctive, et particulièrement de belladone, dilate la pupille ; que souvent, dans les affections cérébrales, la pupille est très-élargie ou très-coutractée. Les mouvements de la pupille sont en général un indice sûr de la sensibilité de la rétine. La considération des mouvements et de l'état de la pupille est donc fort utile en médecine.
Nous allons examiner succinctement chacun de ces effets.
A. D'abord il est facile de comprendre les avantages des mouvements de la pupille en rapport avec rintensité de la lumière : trop vive, elle blesserait l'œil si l'entrée de celui-ci ne pouvait se fermer presque entièrement pojur ne livrer passage qu'à la quantité de lumière nécessaire à la vue , mais insuffisante pour blesser l'organe; encore ce but u'est-il pas atteint si la lumière est très-vive : tout le monde sait qu'on ne. peut regarder le soleil sans avoir la vue troublée , et sans éprouver une impression douloureuse.
La même chose a lieu quand nous passons d'une obscurité où nous avons séjourné quelque temps à la simple clarté du jour ; nous sommes éblouis et nous éprouvons une sensation analogue à celle que produit une lumière très-vive ; dans ce caiB la pupille est fortement contractée.
Sommes-nous plongés dans l'obscurité, la pupille est largement ouverte , afin que l'œil puisse profiter du peu de lumière répandue dans l'espace; en effet, après quelque temps de séjour dans un lieu obscur, où d'abord nous étions dans les ténèbres, nous parvenons à entrevoir les objets, et bientôt nous les distinguons, autant qu'il nous est nécessaire; mais il faut que la pupille se maintienne aussi grande que possible.
B. Quand nous voulons regarder avec atten-
go PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
tiou un .petit objet, la pupille dirninue. I) y «a ici un double avantage ; d'abord, le rétrécissement de Touverture de l'œil restreint le nombre des objets peints sur la rétine, et rattentioj^ de Torgane est d'aut£int tnojns détournée ; ensuite il .est connu qu'une imagç jformée 4âns une ehaimbre obscure esit d'autant plus ^ette, et par caqséqu^iDt d'autant plus visible, toutes choses d'ailleurs ésgales, que l'ouvertiiire qui donne entrée ^à Jla luqdè^e est plus petite.
Selon M. Mille ce .résultat est en partie causé par l^ diffraction qui s'opère sur le bord de la -pupille au moment où la lumière la traverse .(.i).
C. Un objet est-il éloigné de nous, importe-t-îl de le voir distinctement, l'attention que nous mettons à le regarder est accompagnée de la dilatation de la pupille, effet qui est cependant subor* donné à l'intensité de la lumière qui entre dans
l'œil.
J). Concluons de ce qui précède, que les mouvements de la pupille ont pour résultat général de mettre l'œil en rapport avec Içs divers, degrés d'intensité de la lumière qui entre dans l'œil et a^veç la distance des objets. C'est dans (^smo^uve^meiiits, et non dans des déplacements ou des con.traçtiQns du cristallin, qu'il faut cherchfir la i;aison par la-
(i) Voyez sur cette question neuve. en optique;, le :SayaQt mémoire que ce médecin a inséré dans mon Journal de Physiologie^ t. IV.
DR PHYSIOLOGlf. Ql
quelle nous voyons diatinctement un même objet A des distances différentes.
Pour rendre ce fait évident, il faut injecter une goutte de solution aqueuse d'extrait de belladone entre les paupières; au bout de quelques heures /
la pupille est dilatée et immobile, état singulier, qui se soutient plusieurs jours. Il est facile alors de juger de Tinfluence des mouvements de l'iris sur l'usage habituel de la vue et par conséquent sur l'ajustement rapide de l'œil pour la vision à différentes distances. Ces résultats sont d'autant plus aisés à vérifier, qu'en appliquant la belladone à un seul œil, on se sert de l'autre par comparaison. "Voici les résultats qui ont été obtenus par tous ceux qui ont répété ces curieuses expériences :
i\ Aussitôt que la. pupille est dilatée et.immobile, les objets paraissent confus et enveloppés de nuages ;
2**. En employant une lentille ordinaire, on reconnaît que le foyer de l'œil en expérience est deux fois plus long que celui de l!œil qui ost resté dans son état ordinaire;
3*.' A mesure que l'effet de la belladone diminue, c'est-à^dire,queriris reprend ses mouvements,
toutes les altérations de la vue disparaissent (i).
■ I ■ I II ■ I II t
(i) J'ai fait dernièrement cette expérience sur un jeune homme miope. ]>ès que la pupille a été dilatée la vue s'est beaucoup allongée, et de plus il ne ponyait voir distinctement qu'à une distance fixe : en deçà ou au-delà tout dere-. naît trouble et nuageux.
93 PRÉCIS ÉLÉBfENTAlRE
Si la pupille est dilatée et immobile par toute autre cause que l'action de la belladone, comme par exemple à la suite de certaines maladies, les modifications de la Tue sont semblables à celles que je viens de signaler.
S. E. Home a cité le cas d'un homme qui , à la suite d'une paralysie , perdit pour toujours la faculté d'adapter ses yeux aux différents objets. Par exemple , il lui était impossible de lire ; tous les caractères étaient confus ; il distinguait , au contraire, une épingle à dix pieds.
Usage de la choroïde, '
Usage de la La choroïdc Sert principalement à la vision , par la matière noire dont elle est imprégnée , et qui absorbe la lumière immédiatement après quMle a traversé la rétine. On peut regarder comme une confirmation de cette opinion ce qui arrive aux individus chez lesquels quelques-uns des vaisseaux de cette membrane deviennent variqueux : les vaisseaux dilatés chassent la matière noire qui les revêtait, et toutes les fois que l'image de l'objet tombe sur le point de la rétine correspondant à ces vaisseaux, l'objet parait taché de rouge.
L'état de la vision chez l'homme et chez les animaux albinos, où la choroïde et l'iris ne sont point colorées en noir , vient encore à l'appui de cette assertion : chez eux, la vision est extrêmement
DE PHYSIOLOGIE. qS
imparfaite; peudant le jour, ils voient à peine de manière à pouvoir se conduire.
Mariote » Lecat , et quelques autres » ont attribué à la choroïde la faculté de sentir la lumière. Cette idée est complètement dénuée de preuves (i).
ViogêS dêê procès ciUaires,
On n'a que des données très-vagues sur les usa- u»g«s ges des procès ciliaires. Eh général , on les croit ciUaîras. contractiles; mais les uns pensent qu'ils sont destinés aux mouvements de Tiris, les autres, à porter le cristallin en avant. M. Jacobson dit qu'ils ont pour usage de dilater les ouvertures que , selon lui, présente antérieurement le canal goudronné 9 de manière à donner entrée dans ce canal à une portion d'humeur aqueuse, ce qui aurait pour résultat le déplacement du cristallin. Quelques personnes croient aussi que les procès ciliaires sont les organes sécréteurs de la matière noire de la face postérieure de l'iris et de la choroïde , ou même d'une partie de l'humeur aqueuse.
M. Edwards , dans un mémoire sur Tanatomie
de l'œil , vient d'annoncer qu'ils contribuent prin-
(i) ,Un grapd nombre d'animaux, dont la vue est excellente, ont la choroïde revêtue de couleur» vives et nacrées. {Foyet un mémoire de M. Desmoulins, Journal de Phytiogie, tom. IV.)
Usages cipalement à la sécrétion de Thumeur aqueuse ( i }.
des Droccs
ciiiaires. M. Ribes a éoiis la même opinion j il ajoute que les procès cUicnres entretiennent la vie et te mouvement dans le cristallin et l'humeur vitrée. Il y a cependant des animaux qpî n'oni pas de procès ciliaires, et chez lesquels ces humeurs existent. Haller pense qu'ils ont pour usage de maintenir le cristallin dans la position la plus avantageuse. Selon- cet aaatomiste, ils adhèreuk i la capsule crifttaUine tant par leur pointe que parleur cât^ posr térieur,.au lûoyeïitde la matière noire dont ils^ sont * recouverts.. Pour être vrai& disons qu.'on ignore ka usages et méoie les propriétés yitales it ces. parties*
Action de la rétine,
AciioD Si nous parlons ici isolément de Tactîon de la
rétine dans la vision , c'est pour faciliter J'étude de cette fonction; dans la réalité, il n'est pas possible de séparer Taction de cette partie de celle du nerf optique, et encore moins de l'action du cerveau et de la cinquième paire, selon mes dernières expériences sur ce sujet.
faction de la rétine est une action vitale; le mécanisme en est complètement inconnu.
(f) Le célèbre Th. Young, àeûrétaîi*e de la Société royale de Londres, a émis une opinion analogue à celle de M: -Ed* wards, il y a dé)i\ quelques années. ( Voyez le^ Transactions philosophiques,)
DE t»HYSIOt06tE. 96
La rétine reçoit Timpression de la lumière quand Action celle^cîi est dans certaines limites d'intensité. Une lumière trop faible n'est point recoi^nue par la rétine; une lumière trop forte la blesse, et la met boni d'état d'agii*.
Quand tine lumière trop vive a frappé tout à coup la rétine, Titnpression se nomme éblouisse-ment; et, dès lors, la rétin« est pour quelques instants ineapafble de reconnaître la présence de lu lumière. C'est ce qui- arrive quand on cherche à regarder fixement le soleil.
Lorsqu'on est resté long-temps dans l'obscurite, une lumière, même faible, ]broduit l'éblouissement.
Si la lumière est excessivement faible, et si malgré cela noms toialofts voir les objets, la rétine se fatigue beaucoup, et l'on éprouve bientôt un sentiment' douloureux dans l'orbite, et même dans la tête.
ySttè hrtnîère dont l'ititensité n'est pias très-fort», maià- qtfi agît pendant trn certain temps sur un point déterminé de la rétine , finit par la rendre in^ sensibfe dans ce point* Lorsque noinâ regarcbnâ pendant quelque tedips une tache blaûche située sur Un fonfdnoir, et (|u 'ensuite nous transpoiHons ndtre tûe ^t uu fond blaùc , nous croyons y voie unjB tache nofre; c'estpwcJe que la rétine est devenue insensible dans' le point qui précédemment a été fatigué par la lumière blanche.
Action d.e la rétine.
Réciproquement 9 après que la rétine a été quelque temps sans agir dans un de ses points, tandis que les autres agissaient, le point qui est resté en repos devient d'une sensibilité beaucoup plus grande, ce quifait paraître les objets comme s'ils étaient semés de points brillants. On explique de cette manière pourquoi, après avoir longTtemps regardé une tache rouge, les corps blancs nous paraissent tachés d^ vert : dans ce cas, la rétine est devenue insensible au rayon rouge, et Ton sait qu'un rayon de lumière blanche dont on soustrait le rouge produit la sensation du vert.
Il arrive des phénomènes analogues lorsqu'on a long-temps regardé fixement un corps rouge ou de toute autre couleur, et qu'on regarde ensuite des corps blancs ou diversement colorés.
Par l'effet d'un instinct admirable, nous conraXe^c^tionde Daissous la dixectiou de la lumière qui pénètre la la lumière, y^^jjj^ . jj gemblc qùc uous établissions en principe que la lumière marche en ligne droite, et que cette ligne est la prolongation de celle que suivait la lumière avant de pénétrer dans la cornée. Aussi toutes les fois que la lumière , avant d'arriver à l'œil , a été modifiée dans sa marche normale en ligne droite, nous ne recevons* plus par l'opil que 4^s données inexactes. C'est en grande partie de cette cause que naissent les illusions de la vue.
La rétine peut recevoir à la fois des impressions dans chacun des points de son étendue, mais alors
Instinct qui
de la rétine.
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les sensations qui en résultent sont peu exactes* , Action
* ^ * ne. Ta rptir
Elle peut n'être affectée que par l'image d'un ou de deux objets, quoiqu'un plus grand nombre Tienne â'y peindre ; la vision est alors plus nette ( i )• La partie centrale de la membrane parait jouir d'une sensibilité pltis exquise que le teste de son étendue ; aussi est-ce sur cette partie centrale que
(i) Dans les oiseaux de haut toI^ dont la vue a toujours été signalée comme ayant une graùde puisbance, puisque de la région des nuages ils aperçoivent leur proie et se précipitent sur elle , la rétine présente un grand nombre de plis perpendiculaires à sa surface. Ces plis font des saillies de plusieurs lignes dans l'humeur hyaloîde. Peut-être donnentils À 'l'oiseau la faculté d^ voir distinctement de loin et de de près; car, par un très-léger mouvement de la totalité de l'œil, ranimai peut faire tomber l'image sur des points' plus ou moins «éloignés du cristallin : alors le foyer de celui-ci peut varier dans une étendue assez considérable. Les oiseaux qui volant peu ne préseotent pas ces plis. Tous les oÎ9eaux ont en outre un organe qui n'existe point dans les autres animaux, je veux parler du peigne^ organe membraneux, noir comme la chorofde, qui part obliquement du fond de l'œil^ et va à travers la partie centrale de l'humeur vitrée s'attacher à la face postérieure du cristallin. Les usages de ce peigne sont ignorés. J'ai tenté quelques essais sur cet organe. J'ai remarqué que si on le coupe, la cornée n'est plus attirée au dedans de l'œil après la mort de l'oiseau : d'où je conclus que durant la vie le peigne tire en arrière le cristallin et la cornée , et peut ainsi modifier la^ courbure de cette dernière et faire varier la positron du cristallin.