PRÉCIS ÉLK.\IE^TAIRE
Action nous faisons tomber l'image quand nous voulonf^ regarder un objet ayec attention.
Est-ce seulement par le simple contact que la lumière agit sur la rétine , ou bien faut-^il qu'elle traverse cette mcmbrîine? La présence de la choroïde dans Tœil, ou plutôt de la matière noirs qui la revêt, doit faire pencher vers la seconde opinion. Le point de la rétine qui correspond au centre du nerf optique, est donné par les physiciens ^ comme insensible à l'impression de la lumière. Je n'en connais aucune preuve directe suffissipte.
Tout qe qui vient d'être dit est exact comme phénomène de vision; mais en affirmant qu'ib dépendent de la rétine , nous serions loin d'être rigoureux ; et plusieurs faits nouveaux, dont la science vient de s'enrichir, nous le démontteot;.
La rétine c»i D'abord Ics physîologîstes se sont accordés pour ^TcnliJie! rçg^der la rétine comme la partie V jpl^^ sensible du système nerveux ; cette sensibilité est tellement exquise, disent-ils, que le simple contaet d'un fluide aussi subtil que l'est la lumière, peut y produire uno impression. J'ai reconnu, par l'expérience^ que 1î> sensibilité de la rétine est au contraire fort obscur» si elle existe. En enfonçant dans l'œil une ajguil à cataracte, par la face postérieure. de il'orgwe, les^ déchirures, les piqilre» de la rétine ne produisirent: que peu ou point d'effet. Le simple contact d'nn corps mousse sur la conjonctive produit une son-
DE PHYSIOLOCIE. 99
sation beaucoup plus vi?e. Ainsi, bien loin que la rétine isoit le prototype des organes sensibles,' sa sensibilité peut étr^ mise en doa.te ( t).
(i) Je me suis nombre de fois assuré sur des aniaiaux que les piqûres, les déchirures de la rétine ne donnent Heu à au- Clin indice de douleur; j'ai vérifié sur l^omme, en opérant la cataracte par abaissement, que la présence et la pression de la pointé dé ^aiguille 9trr la rétine n^y pi'oduit aucune sen-* sation* Si. îe n'aruis tu le rèsiJtat qu'une ou deux fois, je pourrais encore en douter; lûais je Tai obseryé et je Tai mpptré à la cUf^ique de mon hôpital assez souvent pour qu'il ne me reste aucune incertitude sur sa réalité.
Il y a plus, les points seuls qu'occupe la rétine sont Insensibles, car si en parcourant le fond de l'œil avec l'aiguille àoâtaratjW on la porte en avant, et que l'on toucbe i\ l'iris, aussitôt le malade manifeste de la douleur. Aussi l'iris est sepâibl^ et la rétine ne Test pas. L'Insensibilité de.larotikie. est un des faits, les plus remarquables sons le point de tué. philosophique. Il met dans tout son éclat la supériorité de la méthode expérimentale sur celle qui ne veut employer que le simple raisonnement, et qui se persuade qu'en raisonnant Juste* on arrive û tout. Quelle déduction plus logique' qtie oéilei de la grtind^ sensibilité de la rétine ! la Membi^Qd qui fflt! ^nsibhs au choo da la lomîère doit être trèfle dQuloureMseoaent affectée pm: le oontact grossier et brutal en quelque sorte d'un corps solide, et si elle était piquée, transpercée, la douleur serait inexprimable! Tout cela est vrai selon notre raisonnement, et certes ceux qui concluaieDl ainsi l'exquise sensilnilité de la rétine f ne donnaientpas preuve d'un faux îugement. Eh bien ! une seule expérience, renver^^e et détruit cette logique en apparence
lOâ PRÉCIS £LÉM£^iTAlR£
)'ai rapportés soot, je pense, démonstratifs (i). Cette disposition anatomique doit sans doute 9voir une grande influence sur la transmission des impressions reçues parles yeux; mais c'est encore là un point sur lequel il est difficile de faire des conjectures qui aient un certain degré de probabilité.
Action Hmt/UUmé^ d€$ deum ytuw.
Action drs Quoi qu'on en ait pu dire à diverses époques, et eux yeax. qy^jq^ç^ cfforts qu'ait faits dans ces derniers temps
M« Gall pour prouver qu'on ne voit jamais que d'unœil , il est démontré non-seulement que les deux
(i) M. Pouillet, dans le Traité de Physique qu'il vient de publier, ne partage pas ce sentiment ; il croit que ce qui peut être. vrai pour les animaux pourrait ne pas l*étre, pour rbomme^ et que "WoUaston n*a jamais parlé que de ce der- , aler. Â oek je dirai que pour des dispositions anatomiques du genre de celles dont il est ici question, Thonmie ne diffère pas des mamraifttre^ ; ^'ajouterai qu'ayant eu l'occasion de faire mei^ objectioasi en Angleterre, au savant physicien dont le monde intellectuel déplore la perte à tant (le titres, il ne parut pas douter que, si la section de la décussation sur la selle turcique produisait la cécité, il ne fallût en conclure l'entrecroisement total et non partiel.
Je ne crois pas qu'il ait insisté' sur sa conjecture depuis 1» pubficutioD de mes expériences^
yeux coiic^ureut eu uiéuK^ temps à la vision, mm eucore qu'il faut abs^Juinent qu'ils agissent aiusi pout certains actes très-importants de cette fonction. Il est des cas cependant où il est avao* tageux de n'employer qu'un seul œil : par exemple, quand il s'agit de juger sainement de la direction de la lumière ou de la situation des corps par rapport k nous. C'est ainsi que nous fermons un ml pour tirer un coup de fufeil, pour disposer une suite de corps de niveau sur une ligne droite, etc. Il <est ^ encore une circonstance ou il est fort avantageux de n'employer qu'un œil, c'est lorsque ca* où ion se les deux organes £ont inégaux, soit eu force réfriu- teui œu! gente^ soit en sensibilité. C'est aussi pour la même raison que nous fermons un œil quand nous nous servons d'une lunette.
Mais, ces cas exceptés, il est de la plus grande iinpartance de se servir des deux yeux à la fois. Voicîune expérience qui m'est particulière^ et qui me semble prouver que les deux yeux voient à la fois un même objet.
Recevez dans une chambre obscure l'image du Expériences soleil sur un plan, prenez des verres asset épais, et qoNÎifraônm dont chacun présente une des couleurs du prîstne, êtriTvu à"! mettlez4es devant les yeux : si vous avez la vue bonne et surtout le$ yeux égaux en force, l'image du soleil vous paraîtra d'un blanc sale, quelle que soit la couleur des verres que vous employiez Si l'un de vos yeux est beaucoup plus fort que l'autre,
Ibis dc9 deux yeux.
104' VRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
VOUS verrez limage du soleil de la couleur du verre qui est placé devant l'œil le plus fort Ces résultats • ont été constatés en présence de M. Tîllaye fils , dans le cabinet de physique de la Faculté de Médecine.
Un mênie objet produit donc réellement deux impressions, et cependant le cerveau n^en perçoit qu'une. Pour cela il faut que les mouvements des deux yeux soient en harmonie. Si à la suite d'une maladie le mouvement régulier des yeux n'existe plus, nous recevons deux impressions d'un même objet, ce qui constitue le strabisme. On peut aussi ' à volonté recevoir deux impressions d'un même corps ; il suffit pour cela de rompre volontairement l'harmonie du mouvement des yeux.
Estimation de la distance des objets.
Distance La visiou résultc essentiellement du contact de la lumière sur la rétine, et cependant nous rap* portons toujours la cause de la sensation aux corps d'où part la lumière, et qui sont souvent fort éloi-^ gnés. Il est évident que ce résultat ne peut être que l'effet d'un travail intellectuel.
Mous jugeons bien différemment de la distance
' des corps suivant le degré de cette distance ; nous
en jugeons sainement lorsqu'ils sont près de nous;
il n'en est pas de même lorsqu'ils sont un peu éloi*
gnés : alors nos jugements sont souvent erronés ;
DE PUYSIOLOGIS. io5
mais lorsque les objets sont dans uq grand éloignement, nous sommes constamment dans Ter* reur.
L'action réunie des deux jeux est. absolument nécessaire pour juger exactement de la distance^ comme le prouve l'expérience suivante.
Suspendez à un fil un anneau, adaptez à l'extré* mité d'une longue bavette un crochet qui puisse facilement entrer dans cet anneau; placez-vous à une distance convenable, et cherchez à y introduire ce crochet : en vous servant des deux yeux, vous réussirez facilement à chaque coup ; mais si vous fermez un ceil et que vous veuillez enfiler l'anneau , vous n'y réussirez plus ; le crochet ira au-delà ou restera en-deçà, et ce ne sera que par hasard ou en tâtonnant long-temps que vous y parviendrez. Les personnes qui ont les yeux d'une force très-inégale ne réussissent pas dans cette ex* périence , même lorsqu'elles se servent des deux yeux.
Qu'une personne perde un œil par un accident, Action des il se passera quelquefois un an avant qu'elle puisse peur j^^r jugersainement.de la distance des corps placés disua^ce^des près d'elle (i). En général, les personnes qui n'ont ^"^S^^-
(i^ J'ai eu occasion de voir, à cet égard, un cas très-remarquable. La personae qui avait perdu un œil fut, pendant plusieurs mois, obligée de tiltonner pour saisir un corps placé à sa portée.
lo6 PEECIS ÉLEHEKTAIRE
qu'un œil jugeut beaucoup moins bien de la dis* tance. La grandeur de l'objet , l'intensité de la lumière qui en part , la présence des corps intermédiaires, etc. j influent beaucoup sur le jugement que nous portons relativement à la distance. Nos jugement^ sont beaucoup plus exacts quand les objets sont placés sur le même plan que nous. Lorsque nous regardons du baut d'une tour les objets situés en bas, ils nous paraissent plus petits que s'ils se trouvaient, à la même dis* tance, sur un plan Imrizontal. Il en est de même lorsque nous regardons des objets placés au-dessus de nous. De là la nécessité de donner un volume considérable aux objets qu'on veut mettre au baut des édifices , et qui sont destinés i être vus de loin. Plus un objet a de petites dimensions, plus il doit être placé près de l'œil pour être ru Point de la distinctement. Aussi ce qu'on appelle point de vue
TtaioD
distiocic. distinct, est-il très-variable.: on voit distinctement un cbeval à dix mètres , et on ne verrait pas de même un oiseau à cette distance. Si je veux examiner le poil ou la plume de ces animaux, l'ceil a besoin d'en être très-près. Cependant un même objet peut-être vu distinctement à des distances différentes ; par exemple, il est différent i beaucoup de personnes de placer le livre qu'elles lisent à un pied ou à deux pieds de l'œil; l'intensité de la lumière qui éclaire un objet influe beauct»up sur la distance à laquelle il peut être vu distinctement.
DK PHYSIOLOGIE. 10
Estimation de la grandeur des corps,
La manière dont nous arrivons à juger saine- Manière
dont nous
ment de la grandeur des corps, dépend bien plus iageonB de Tintelligence et de Thabitude que de l'action des corps, même de l'appareil de la vision.
Nous établissons nos jugements relativement aux dimensions des corps sur la grandeur de l'image qui se forme au fond de l'œil^ sur l'intensité de la lumière qui part de l'objet, sur la distance où nous croyons qu'il est placé, et surtout sur l'habitude que nous avons de voir des objets semblables. C'est pourquoi on juge difficilement de la grandeur d'un corps qu'on voit pour la première fois, quand on n'en apprécie pas la distance. Une montagne que nous voyons de loin pour la première fois nous parait en général beaucoup plus petite qu'elle ne l'est réellement; c'est que nous la croyons près de nous, tandis qu'elle en est encore très-éloîgnée.
Au-delà d'une distance un peu considérable , nous tombons dans une illusion que le jugement ne peut détruire, Les objets nous paraissent infiniment plus petits qu'ils ne le sont réellement ; c'est ce qui nous arrive pour les corps célestes*
Estimation du mouvement des corps.
Estimation dt% mouvement
Nous jugeons du mouvement d'un corps par ce- des corps.
108 PKÉCIS ÉLÉMENTAIRE
ENtioiationdu lui de SOI! image 8ur la rétine, par les variations
inouvemeot j j j .. • ' • -
des corps, de grandeur de cette image, ou, ce qui revient au même, par le changement de direction de la lumière qui parvient à Toeil.
Pour que nous puissions suivre le niouvement d'un corps, il ne faut pas qu'il soit déplacé trop rapidement, car alors nous ne l'apercevrions pas; c'est ce qui arrive pour les projectiles lancés par la poudre, surtout quand ils passent près de nous. Quand ils se meuvent loin de nous, comme ils envoient beaucoup plus long-temps dé la lumière dans l'œil, parce que le champ de la vision est plus grand, il nous est plus facile de les apercevoir. Pour juger sainement du mouvement des corps . il ne faut pas être soi-même en mouvement.
Nous apercevons difficilement le déplacement des corps qui s'éloignent où qui s'approchent de nous, quand ils sont à une distance considérable. En effet, nous ne jugeons dans ce cas du mouvement du corps que par la variation de la. grandeur de l'image. Or, cette variation étant infiniment petite , puisque le corps est très-éloîgné , il nous est très-difficile et quelquefois même impossible de l'apprécier.
En général, nous reconnaissons très-difficilement, quelquefois même nous ne pouvons reconnaître , le mouvement des corps qui se déplacent ^ avec beaucoup de lenteur , soit que cet effet dé-
pende de la lenteur réelle du mouvement, comme dans le cas de Taiguille d'une montre 5 soit qu'il résulte de la lenteur du mouvement de l'image sur la rétine ^ comme cela a lieu pour les astres et les objets très-«loignés de nous.
Des ilUmons d'optique.
D'après ce que nous venons de dire sur la ma- Des illusions nière dont nous jugeons de la distance , de la *^^ ^°*' grandeur et du mouyement des corps , il est aisé de voir que souvent la vue nous induit en erreur.
Ces erreurs^oht connues en physique et en physiologie sous le nom dUlluêions d'optique. En général, nous jugeons assez bien des corps placés près de noxis, mais nous nous trompons ordinairement à l'égard de ceux qui sont dans le lointaid.
Les illusions dans lesquelles nous tombons re^ lativement aux objets voisins tiennent, soit à lîa réflexion, soit à là réfraction que subit la lumièi^e avant d'arriver à l'œil , et à cette loi que nous établissons instinctivement, savoir, que la marche de la lumière se fait toujours en lign^ droite. C'est a cette cause qu'il faut rapporter ces illusions occasionées par les miroirs : nous voyons les objets derrière les miroirs plans, justement dans h pro-^ longement du rayon qui arrive à l'œil. A cette cause se' rapporte de même l'accroissement ou la diminution apparente du volume d'un corps que
IIO PRÉCIS ÉLBMENTAIRE
Dc« iiiiuioos nous regardons à travers un vefrc : si celui-ci fait
d'optique. ai
converger les rayons, le corps nous paraîtra plus gros ; s'il les fait diverger , l'objet nous semblera plus petit. L'usage de ces verres produit encore une autre illusion : les objets paraissent entourés des couleurs du spectre solaire , parce que les surfaces du verre, n'étant point parrallèles, décomposent les rayons lumineux à la manière du prisme.
. Les objets éloignés nous causent sans cesse des illusions auxquelles nous ne pouvons nous sou^« traire, parce qu'elles résultent de certaines lois qui régissent l'économie animale. Un objet nous semble d'autant plus près de nous que son iipage occupe un espace plus considérable sur la rétine, ou que la lumière. qui en part a plus d'intensité. De deux objets de volume différent, également éclairés et placés à égale distance, le plus grand paraîtra le plus près, à moins de circonstances particuKères qui puissent faire juger sainement de la €tîstance De deux objets d'un volume égal et placés à une égale distance de l'œil., mais luégâlemeut éclairés, le plus éclairé paraîtra le plus près; il en serait de ipéme si les objets étaient à dea distjiu^ ces inégales , comme on peut s'en convaincre en regardant une file de réverbères : s'U s'en tri>uve un panni eux' dont la lumière soit plus intense i il paraîtra le premier de la file , tandis que celui qui est réellement le premier paraîtra le dernier s'il est le moins éclairé.
Un même objet, vu sans interoiédiaire • nous OesUiusions
semble toujours plus près que lorsqu'il se trouve entre notre œil et lui des corps qui peuvent influencer le jugement que nous portons sur sa distance.
Quand notre œil est frappé par un objet éclairé, tandis que ceux qui l'entourent sont dans l'obscurité, cet objet parait beaucoup plus près qu'il ne l'est dans la réalité. C'est l'effet que produit une lumière dans la nuit.
Les objets paraissent d'autant plus petits qu'ils sont plus éloignés. Ainsi , les arbres qui composent une longue allée, sont pour nous d'autant plus pe^ tits et plus rapprochés l'un de l'autre , qu'ils sont à une plus grande distance.
C'est en tenant compte de toutes ces illusions et de^ lois dt récOnomie animale sur lesquelles elles sont fondées , que les arts parviennent à en produire à volonté. La peinture^ par exemple , ne fait autre chose dans certains cas que de transporter sur la toile les erreurs d'optique dans lesquelles nous tombons habituellement.
La construction des instruments d'optique est aussi fondée sur ces principes : ceux-ci augmentent l'intensité de la lumière qui part des objets ; ceuxlà la rendent divergente ou convergente , afin de gKoasir 0>u.d^ diminuer pour nous le volume apparent des objets , etc- , etc.
Il* est un certain nombre d'illusions que nous
d'optique.
1 1 2 PRECIS ELfiBIENTAiRE
parvenons à faire cesser par l'exercice du sens de la vue, comme le prouve l'histoire très-curieuse de l'aveugle dont parle Cheselden.
Ce célèbre chirurgien anglais donna la vue, par Hisioirede uuc Opération de chirurgie (i), à un aveugle de Chesefdenr naîssancc fort intelligent : il' observa la manière dont le développement de ce sens se fit chez ce jeune homme. « Lorsqu'il vit pour la première fois la lumière, il était si éloigné de pouvoir juger eu aucune façon des distances , qu'il croyait que! tous les objets touchaient ses yeux (ce fut l'expression dont il se servit) , comme' les choses qu'il palpait touchaient sa peau. Les ohjets qui lui étaient le plus agréables étaient ceux dont la forme était unie et la figure régulière , quoiqu'il ne pût encore former aucun jugement sur leur forme, ni dire pourquoi ils lui paraissaient plus agréables que les autres : il n'avait eu pendant le temps de sa cécité que d^s idées si faibles des couleurs, qu'iLpouvait distinguer alors à une forte lumière, qu'elles n'avaient pas laissé de traces suffisantes pour qu'il pût les reconnaître. En effet, lorsqu'il les vit, il disait que les couleurs qu'il voyait n'étaient pas les mêmes que celles qu'il avait vues autrefois; il ne connaissait la forme d'aucun objet, et il ne dis-
(i) On croit généralemeot que c*est l'opération de la cataracte, mais il y a tout Heu de penser que l'opération faîte à ce jeune homme est riiicision de la membrane pupillaîre.
DB PIITSIOLOGIE. 1 I
tinguait aueuûe chose d'une autre , quelque diffé* Hittoirede rentes qu'elles pusisent. être' de figure (Vu de gran- cbwcfden. debr : lorsqu'on lui montrait /les objets qu'il coa-* naissait auparavajit par le. touclier, il les regardait avec attention ^ et lés observait avec soin pour leè reconnaître une autre fois; mais comme il avait trop d'objets à retenir à )a fois, il en oubliaitie plus grand nombre ; oi. dans ]e commencement qu'il apprônfth^ comme il disait, à yoir età recon* nâttre les objets, il oubliait mille choses pour une qu'il reltenait. I) se passa plus de deux mois avant qu'il pût recojlnattre que les tableaux représentaient des corps solides ; jusqu'alors il ne les avait considérés que comme des plans différemment colorés, et des surfaces diversifiées par la variété des eouleurs; mais lorsqu'il commença à conce^ voir que ces tableaux représentaient des corps solides 9 il s'attendait à trouver en effet des corps solides en- touchant la toile du tableau , et il fut trèls-^tonné lorsqu'on touchant lés parties' qui, par h lumière et leç 'ombres , lui paraissaient rondes et inégales, îl les trouva plates et unies commue le reste ^iiï demandait quel était donc le sens qui le trompait, si c'était la vue ou si c'était le touchen On lui montra alors un petit portrait de son père, qui ^taiib dans la boiter de la moùtre de^sa mère : il dit Kjptf^l connaissait bien que c'était la ressemblance de son père ; mais il demandait , avec un grand étonnement^ comment il était possible qu'un I. 8 -
I 1 4 PRÉCIS ÉLÉMENT AIKE
Histoîra de visage aussi large pût teair dans un si petit lieu ;
chneideD. que ceU lui paraissait aussi impossible que de faire tenir un boisseau dans une pinte. Dans les commencements, il ne pouvait supporter qu'une très«-faible lumière, et il voyait tous le^ objets extrêmement gros; mais à mesure qu'il voyait des choses plus grosses, il jugeait les premières plus petites : il croyait qii'ii n'y avait rien au-delà des limites de ce qu'il voyait. On lui fit la même opé • ration sur l'autre œil plus d'un an après la première, et elle réussit également. Il vit d'abord de ce second œil les objets beaucoup plus grands qu'il ne les voyait de l'autre, mais cependant pas aussi grands qu'il les avait vus du premier œil; et lorsqu'il regardait le même objet des deux yeux à la fois, il disait que cet objet lui paraissait une fois plus grand qu'avec son premier œil, maié il ne le voyait pas double, ou du moins on ne put pas s'assurer qu'il eût vu les objets doubles, lorsqu'on lui eut procuré l'usage de son second œil. « Cette observation n*est pas unique ; il en existe un certain nombre d'autres, et toutes ont doané des résultats à peu près semblables. Telle est celle que Ton va lire : Ou a vu, en 1819, à l'Hôtel- Dieu de Paris, une jeuae fille de six ans, euvoyée des environs de Beaune pour être opérée d'u&e cataracte congéniale à l'œil di*oit. {L'œil gauche était atrophié. ) La vision était nulle ; les autres sens, très«<léU-
DK PHYSIOLOGIE. 1 I 5
cato, avaient acquis un développement capable de ^ H»toirc suppléer à son défaut. La manière dont cet enfant ^^^1^ se serrait de ses sens était remarquable* Était* û!v^p^r^e elk ^pelée 5 son oreille lui faisait distinguer sûre- «^p*"^**»»* ment k iieu d'où partait le son, quelle que fût la direction dans laquelle il arrivât à son oreille» £Ue s'acheminait aussitôt vers le lieu, portant ses mains comme des tentacules, haussant les pieds comme si elle avait eu des degrés à monter, et les posant avec précaution, comme s'il eût fallu se garantir d'un précipice.
Approchait^on quelque corps de ses mains, elle le reconnaissait le plus communément au simple toucher; si ce sens lui laissait des doutes, elle sou* mettait le corps à l'odorat, et, si elle le jugeait propre à sa nourriture, elle le soumettait à une troisième épreuve, celle du goût.
Cette succession d'épreuves n'était jamais plus marqpiée que lorsqu'on avait cherché à la tromper ; alors la vigilance de ses sens redoublait, et il était rare qu'elle n'éfitât pas les pièges qui lui étaient tendns.
iBfalgré l'extcême susceptibilité des organes sensitifs, ils n'étaient aucunement en^ercés; fis ne s'é* taient appliqués qu'à un petit nombre de sensations rehtÎTes à la vie animale et à l'instinot ; la petite malade ne pouvait former ou suivre aucun raisonnement
ËUe fut opérée aurfc succès.
Il6 PRÉCIS ÉLÉMEXTATKE
Htfioire Douce fours après l'opération on la fit promener
de MiMm^ seule et sans guide, et on remarqua qu'elle voyait ïVw^p^iU asse^ pour ne plus se heurter contre les murs; elle ui»rraiioo. n'avaît encofe , il est vrai, aucune idée des distances, et, si on lui présentait quelque cbose, eHi^ portait constamment ses mains au-klelà. Il en était de même lorsqu'on lui indiquait un but, elle Toiitrq>a8sait toujours, et ne l'atteignait qu'après l'avoir cherché et plusieurs fois dépassé. Si on mettait une chandelle allumée devant sou œil, aussitôt elle le fixait sur la lumière, et paraissait prendre grand plaisir à suivre les déplacements de celle-ci. Posait-on la main entre la lumière et son œil, elle portait aussitôt la sienne pour écarter le corps qui empêchait les rayons lumineux d'aiiiver jusqu'à eUe.
En multipliant les expériences, on acquit fai certitude qu'elle avait la sensation de tous les objets qu'on lui présentait^ mais qu'elle n'en pouvait distinguen ni la couleur ni la forme.
On fit par- la suite de vaines tentatives pour lui en apprendre et lui en faire répéter les norasL
Il y avait deux mois que l'opération était fïdte, et cq)endant la vision restait à peu près »u mêdie point; rien n'annonçait même quVHe idût s'améliorer ; on était assuré par des indices cèriains qiie la {acuité .TisueUe. existait; il restait- seulement»i savoir quelle cause s'opposait à son exercice, -.t
11 fut aisé de reconnaître que l'enfant ne regar-
ttn«
dait pas : or, pour Toir, il faut rega^rder. H fallait Hutoiie
, it. • t I t % 1* « !• • ^ (i'anc aveugle-
donc 1 instruire à regarder, c est-à-djre a diriger et dcaaûsanec à fixer ses yeux sur les objets, (^e fut pour elle û^^e^nru^ une occupation longue et difiScile, de laquelle ^^p*"**^'*elle n'obtint que peu de succès. On ne tarda oléine pas à s'apercevoir que l'habitude qu'elle avait de suppléer à la vue par les autres sens s'opposait é ce qu'elle usât de celui-ci. Pour lui en faire sentir le prix, il fallait l'obliger à reaoncer au secours de l'ouïe, de Todoraf , et surtout des naains; qui étaient l'organe des sens dont elle faisait le plus grand usage. Pour atteindre ce but, on fit d'abord tenir les mains attachées derrière le dos ; dèsr-lors, elle fut forcée de regarder^ de calculer les distances et de se guider à l'aide de son œil; bientôt elle y vit asse* bien pour marcher la tête levée et d'un pas assuré. Ces améliorations n'emp^i^hèrent pas de remarquer que, par, l'effiet d'une habitude contractée dçs son enfance, elle se servait trop de son ôuie pour tirer de son œil^tout le parti qu'elle pouvait en retirer. On fit donc suspendre l'usage de ce sens. Pour cela, on lui fit boucher exactement les oreiller, en méit^e temps qu'on lui faisait tenir les mains attachées derrière le dos. La privation de ces deux sens l'étonna d'abord, mais elle reprit bientôt ses promenades accoutumées sans se heurter. Voulant alors vérifier si quelque autre sens que la vue ne lui. tenait pas lieu du toucher et de l'ouïe, on lui fit mettre la tête
1 1 8 PRÉCIS KLBMENTAIAE
^ Histoire daiis un sac noir en lui laissant la liberté des mains
denuMance 6t des ofeilles; dès'lors, elle ne marcha qu'en hé-
lâ^ pa?w^ sitant) en tâtonnant, en se heurtant. D était donc
op ration. ^y|j^,j| qu'elle s'était dirigée auparavant à l'aide
de son œil. A cette époque ses habitudes étaient déjà changées, ses relations et ses besoins se multipliaient : avant l'opération elle restait au lit ou sur une chaise, ses mouvements étaient sans but, et semblables à ceux qu'exécutent certains animaux enfermés dans une cage étroite. Depuis l'opération, au contraire, elle demandait à se lever et marchait hardiment sans se heurter.
Elle se promenait seule, précédait et suivait les visites , et, mêlée à la foule, elle s'en dégageait sans peine et sans le secours de ses mains, qui restaient constamment fixées sur son dos ; elle connaissait les autres malades, trouvait aisément leur lit, recherchait leur société, leur rendait de petits services, paraissait les comprendre, et agissait conformément à ce qu'ils lui disaient, mais elle ne parlait jamais. Enfin, après deux mois et demi de soins et de constance, elle avait assez fait de progrès dans l'éducation de sa vue pour se conduire seule et sans le secours de ses mains dans toutes les parties de l'hôpital, pour revenir de là à son lit , pour satisfaire à tous ses besoins, et même pour trouver goût à des jeux qui lui étaient auparavant inconnus ou impossibles.
I>S PHYSiOLOGIB. I 1 9
Cette acquisitioD d'un seos qu'elle avait igDoié HUtuirc jusqu'alors, avait déjà commencé à influer surdon a" Daûsancu iiiteUig€DCe ; elle était toujours incapable de sou*^ û7ae par^mc tenir une conTersation , mais elle était devenue ^p*'***"°susceptible d'attention. On la surprenait souvent occupée à répéter les questions qui lui étaient adressées, ou bien les choses qu'elle avait enteii'* dues ; ^Ue semblait préluder, par ces soliloques, aux conversations auxquelles elle s'était constam-« ment refusée. Il est probable qu'en lui continuant pendant quelque temps les mêmes soins, on eût réussi à lui rendre toute son intelligence : mais, les règlements de l'hôpital ne permettant pas d'y prolonger plus long^temps son séjour, elle fut ren* voyée dans son pays.
Déduisons de ce fait et du précédent, que les jugements exacts portés sur la distance, la grandeur, la forme, etc., des objets, sont le résultat de l'exercice , ou , ce qui revient au même , de réducation du sens de la vue : résultat qui va être confirmé par la considération de la vision dans les différents âges.
ViBum dans fes différents âges.
L'oeil est une des premières parties qui se for- Modîûcation»
' de la vision
ment dans le fœtus. Dans l'embryon, les yeux se par les âge?. présentent sous l'aspect de deux points noirs. A sept mois, ils sont déjà capables de modifier la lu-
lâO PRÉCIS ÊLÉJfENTAlftE
mière, au point de former une image sur la létine, comme nous nous en sommes assuré par Texpé* rience» Jusqu'à cette épociue, les yeux n'aundent pas pu rempUr cet usaf^ , puisque la pupille est ftiembranc fermée par la membrane pupiilaîre (i). A sept ^^^ ' moisy cette membrane diq[>amît : on dit communéoient qu'elle se rompt ; il est pndbabk qu'dle est absorbée. Cette époque est aussi celle de la liabilité du fœtus. On trouTC cependant des yeux de fietus qui, à six et même cinq mois, ne présentent plus de trace de cette membrane.
ccn de II T a quelques dijfférences entre l'œil de l'enfant
et celui de Kaduhe : elles sont peu remarquables* Cbez le premier, la sclérotique est plus mince et même légèrement tran^arente; la cboroîde est rougeatre en dehors^ et la teinte noire de la faice
(i"^ D*Aprè> M. Edw^urds» la membnne pupillaire esl formée par Là proloiigatioQ de la meoibnie de riiuinear aqueuse^ et par ceQe de la lauie externe de la chorotde. D*aprè> le même anatomÎ5te, il nV a point dliomenr aquease dajDk^ la cbaoïbre aotéHeure* araiM b rupture de la ^fliiKaae pupillaire« tandis que cette humeur est accumulée dans la chambre postérieure: ce qui prcuTe* i* que la membraue de Thumeur aqueuse n>st point Tor^ane sécretevr de cette humeur; s' que cet organe existe dans la chaiaiMre po^ttrrîtnre : qu*a^ii>t It septième mois* la membrane de rhumear aqi:eu>e prv^etjte tou> le? canctères des brines séreuses* et particulièrement celui Je f-rmer on
interne est moins foncée ; la rétine est plus dé?e^ loppée proportionnellement; Thumeur aqueuse est plus abondante, ce qui donne plus de saillie à la cornée ; enfin le cristallin est beaucoup moin^ consistant que chez Tadulte. Avant la naissance» lés paupières sont rapprochées et comme collées* (Ches^ certains animaux même, elles sont réu-» faies par la conjonctive palpébrale, qui passe de l'une à Tautre, et qui ne se rompt qu'après la nais» ^ance. ) •
A mesure qu'on avance en âge, la quantité des humeurs de l'œil diminue insensiblement jusqu'à l'âge adulte ; passé cet âge, elle diminue d'unç manière beaucoup plus marquée. Cette diminution est gbîi surtout manifeste dans la vieillesse avancée. " vicaar .
Le cristallin en particulier non -seulement de* vient plus dense, mais il prend line couleur jaune, d'abord clair et ensuite de plus en plus foncé. En même temps que le cristallin éprouve ce changement, il prend une dureté plus grande, contracte une légère opacité, qui peut aller, avec les progrès de l'âge ; jusqu'à une opacité presque complète.
Une autre modification de l'œil mérite d'être remarquée : la choroïde est brun noir che^ les enfants, elle l'est un peu moins foncé à vingt ans; elle commence, à trente ans, à prendre une couleur gris de lin , et, à mesure qu'on avance en âge, cette dernière teinte s'éclaircit tellement, qu'à
reoTant.
l'JSÊ PRECIS ÉLÉMENTAIRE
quatre -> vingts ans la choroïde est presque ioco^ lore (i).
\ui(m chez L*œil est doDc très-bieo conformé chez l'enfant naissant, pour agir sur la lumière ; aussi se formet-il des images sur la rétine, comme rexpérience le démontre. Cependant, dans le premier mois de sa Tie, l'enfant ne donne aucun signe, qui indique qu'il fouisse de la Tue ; ses yeux ne se meuyettt que lentement et d'une manière incertaine (s) ; ce n'est même que vers la septième semaine qu'il commence à exercer la vue. Il n'y a d'abord qu'une lumière éclatante qui puisse le frapper et l'intéresser ; il semble se complaire à voir le soleil ; bien* tôt il devient sensible à la simple clarté du jour. Ici l'exercice développe leur sensibilité au lieu de l'émousser, comme cela a lieu le plus souvent. Cependant il ne distingue encore aucun objet» les premiers qui le frappent sont les objets rouges ; en général les couleurs les plus vives sont celles qu'il affectionne. Au bout de quelques jours, il arrête sa vue sur les corps, dont il parait distin*
(i) Yid. J. Petit, jinn. é$s Sc.j ano. 1720 el i^SS, et Journal de Phys.y t. lY, p. 89.
(d) Je me suis assuré que les enfants, immédiatemeot après la naissance, éprouvent une sensation assex vive de la part de la lumière; ils manifestent leur impression en fermant et contractant les paupières. Mais nous avons montré que voir et sentir la lumière sont deux choses diCTérentes.
OB PHYSIOLOGIE. Ill3
guer les couleurs ; mais il n'a aucune idée ni des distances ni des grandeurs. Il étend la main pour saisir les objets les plus éloignés ; et comme lèpre-* mier de ses besoins est de se nourrir, il porte à sa ' bouche tout ce qu'il a saisi, quelles qu'en soient les dimensions. Ainsi, la vue est très-imparfaite dans le premier temps de la vie; mais par l'exer-* cice, et surtout par les jugements que font naître les erreurs continuelles où tombe l'enfant, sa vue se perfectionne par une véritable éducation.
On a cru que les enfants voyaient les objets Leseofatitt doubles et renversés; rien ne prouve cette asser^ point Us tion. On a dit aussi, mais sans plus de fonde- VreîiTenèf? ment, que les parties réfringentes de leur œil étant plus abondantes, ils devaient voir les objets plus petits qu'ils ne le sont réellement.
La vue a bientôt acquis toute la perfection dont elle est susceptible, et elle ne subit en général de modifications que vers la première vieillesse. C'est alors que le changement que nous avons indiqué dans les humeurs de l'œil tend à la l'cndre moins distincte; mais ce qui contribue surtout à l'affaiblir, c'est la diminution de la sensibilité de la rétine.
Trois causes se réunissent pour altérer la vue vuion chez chez le vieillard : i* la diminution de quantité des humeurs de l'œil, circonstance qui, diminuant la force réfringente de l'organe, fait que le vieillard ne distingue plus nettement les objets voisins, et
Vision chez qu'il eât obligé, pour les apercevoir, ou de les
le vieillard. r ■ • j . . • % i i • » ^
éloigner, parce que de cette manière la iumieife qui pénètre dans Tœil est moins divergente, ou d'employer des lunettes à verres convexes, qui dîminuent la divei^ence des rayons; 2* Topacité commençante du cristallin, qui, trouble la vue, et tend, par son accroissement, à amener. la cécité en produisant la maladie connue sous le nom de cataracte ; 3** enfin la diminution de sensibilité delà rétine, ou, plus exactement, du système nerreux, qui s'oppose à la perception des impressions produites sur l'œil, et qui conduit à une cécité com^ plète et incurable (1).
(1) La plupart des physiologistes et des physiciens regardent l'affaibUssemeiit de la tciate de ooîr de la choroïde et la disparition de la ceuche coloriée de Firis comme des circOQStaaces défavorables à la vue du vieillard; niais, d*aprêà les recherches de mon collaborateur Desmoulins, dont la science déplore la perle, il send)lerait que celle idée n'est pas fondée. En effet, un grand nombre d'anîmnux à lapis, c'est* à- dire dont la choroïde est en totalité ou en partie de coaleur éclatante et nacrée, ont cependant la vue reoifurqua-^ ble par sa bonté ; ces animaux ont, en général, la pupille en forme de fente quand elle est contractée; tels sont les chats, les chevaux, les renards, etc. Si chez ces animaux l'éclat et le reflet de la choroïde concourent à la perfection de la vue, il serait présumable que chez le vieillard la disparition de la couleur noire de la choroïde protège sa vue au lieu d j nuire, comme où le pense généralement. {Fid* D^s-