‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 24 sur 39 · AUDITION · texte numérisé non relu

AUDITION

I>ll SJll.

L'audition est une fonction destinée a nous faire counaitre le- mouvement vibratoire des corps.

Le son est à Toilïe ce que. la lumière est à. la Tue. Le son est le résiultat de Timpressipu que produit sur i'oreiUe un niouvement vibratoire im*primé aux. moléouleâ d'un corps, par la percussion ou toute autre cause. Ce mot désigne quelquefois le mouvement; ^bratoire lui-même. Quand les Furmatio:) moléeuks d'un, corps ont été ainsi mises en mou- " ^^' veinent, elles le communiquent, suivant certaines lois 9 aux corps élastiques qui les environnent ; ceux-ci se comportent de même, et de proche en proche le mouvement vibratoire se propage qu^elqiiefois trèâ4lain. Lés corps élastiques en général peuvent seuls produire et propaget le son ; mais ordinairement les corps sQlidtis )e.produi/3e^t,.tfindis que Tair est le plus, souvent le véhicule, qui )e transmet à notre preille^ , .:;.:,. •

. • On )disli]!»gue- ^ans le ^on Vintemit^s 'c ton et le

VintâMsUé du. son dépend de réte;)4Me des vîk intensité

i -. du son.

Mations.: s ' . t

moulins, sur Tusagedes couleurs de la choroïde chez les animaux Terièhrés, Journal de Pfvyssiologiey t. IV, p. 89; vid. Anim. Mûm. de tiuntor, p. '^^% et ^55.)

ia6 PRECIS BUblENTAIlŒ

Du ton* ^^ ^OH dépend du nombre des vibrations qui se

produisent dans un temps donné ; et, sous ce rapport, le son est distingué en aigu et en grave. Le son grave naît de vibrations peu nombreuses, le son atgu eèt formé de vibrations très-multipliëes. i>es sons ^ ^H le plus grave que Torrille paisse perce- •PPi^îabie*. voir, est, dit-on, formé de trente vibrations par seconde ; la plupart des physiciens ont avancé que le son le plus aigu est formé de doose mille vibrations ; mais M. Savart vient de prouver, par une série d*expériences et par des instruments amsi ingénieux que précis, que l'oreille perçoit des sons de 4S9O00 vibrations ( 1 ). Entre ces deux limiter sont renfermés les sons eomffarmblesoiÈ mpfréciabbê^ c est«i-dire des sons dont Toreille compte instiDc- Du boraît. tivement les vibrations. Le bmtt diffère do aoo appréciable, en ce que ToreiHe ne distingue pas k nombre des vibrations dont il est formé.

Un son eomparaUe, composé du donUe de vibrations d\in autre son, est dit i Toctave de mluinri. Entre ces deux sons («f) il en est dlntcr-métfiaiies, qui sont au nombre de six« et qui constituent récbelle diatonique, ou la gamme ; on .ki dés^ne par les noms 1^, wà^ fm^ sa/, ia« «L

Quand on met en n^ouvement un coipe mamatt par un moyen quelconque d ébranlement, on enteuil d*abonl un son trè$-di$tinct, plus ou moins

1' Vovet JmL. à» Pkvsi^mê €t é€ C^tam^ «ctaWt i)$oe*

intepse, plus ou moins aigu, etc. , suivstnt les cas : c'est le son fondamental; a?ec un peu d'attention on reconnaît qu'il se produit en même temps d'autres sons. On nomme ceux-K^i harmoniques. Cette remarque se fait facilement en pinçant la corde d'un instrument.

II parait que le timbre du son dépend de la na*- Ou timbre. ture du corps sonore, ainsi que du plus ou moins grand nombre d'harmoniques qui se produisent en même tems que le son principal.

Le son se propage à trarers tous les corps élas- Propagation tiques. La vitesse de sa marche est vanable suivant le corps qui sert à le propager. Le son parcourt dans l'air mille quarant&«deux pieds par seconde. Sa transmission est encore plus rapide à travers Teau, la pierre,<le bois, etc. (i). En se propa^ géant, le s^n perd en général de sa force en raison directe du carré de la distance ; c'est au. moins ce c[ai a lieu pour l'air. Il peut aussi ^ dans quelque cas, et dans certaines limites, acquérir de l'inteu'^ stté en se propageant ; c'est lorsqu'il marche au traters de corps très-élastiques, comme les mentaux, le bois, l'air condensé, etc.

Les sons aigus, graves, intenses, faibles, etc. s se propagent avec une égale rapidité, et sans s^

(i) Voye« les Mémoires d'Àreueit^ tom. II.

lâd

^Propriétés

des

membranes

élastiques.

Expériences de M. Savart.

On peDËfe généralement que le 6oa>se pfepage en ligne droite,, en formant des cônes analogues à ceux que forme la lumière, avec cette différence essentielle cependant que, pour les cônes sonores^ les molécules n'ont qu'un mouvement d'oscillation, tandis que pour les cônes lumineux elles ont un mouvement de transport . i

Quand une corde ^st à r.unisso=n d!uDe autre cordé; c'est-à^ire quand elle produit le même son» mise en vibration de- la même manière, eUé o£Ere uiie propriété remarquable : elle vibre et produit le son qui lui est propre, si ce son est produit dans son voisinage. Cptte propriété des eoides à Tunisson était connue, depuis long^tempsy mais on ne savait pas aussi bieni que tous lès corps • sont susceptibles de vibrer,, et d'offrir un phénomène analogue àoelui que présentent les cordes. .

M. Savart a montré, par une série d'expériences ingénieuses, que toutes les mertibraues élastiques, sèches ou humides, vibreo^t et transmettent. le son si. des vibrations sonoreà se faisaient entendre £|9* près dé ces membranes, et sans qu'elles fussent ià l'unisson avec les corps qui produisent le^' yijtira* tions. Mi. Savart a aussi prouvé que les. divers degrés i de itensioii des 'ku.embsanes, !leiir.;épad49eur, leur homogénéité, l'humidité plus ou aïoins grande, avaient une influence remarquable sur la facilité qu'elles ont à vibrer par comuiunication ; mais que, quel que fût leur état, elles vibraient

.DE PHYSIOLOGIE. IdQ

toujours à TuDissoD avec le son produit ; cette loi est d'ailleurs commune à tous les corps.

Ces expériences sont d'autant plus importantes qu'une grande partie des organes de l'ouïe se composent de membranes et de lames élastiques» ainsi que Ton va le voir.

Lorsque le son rencontre un corps qui lui fait Réaexîon

* * *■ du ton.

obstacle, on présume qu'il se réfléchit de la même manière que la lumière, c'est-à-dire en faisant un angle d'incidence égai à l'angle de réflexion. La forme du corps qui réfléchit le son a sur lui la même influence. La lenteur avec laquelle le son se propage produit certains phénomènes dont l'explication n'est pas encore très -satisfaisante : tel est le phénomène de l'écho, celui de la chambre mystérieuse, etc.

Appareil de l'audition^

L'appareil auditif est très-compliqué ; nous n'insisterons pas sur les détails anatomiques : il n'en résulterait aucun avantage, car on est encore trèspeu instruit sur les usages des diverses parties qui constituent ce sens«

De même que dans l'appareil de la vision, on trouve dans celui de l'ouïe un ensemble d'organes qui paraissent concourir à la fonction par leurs propriétés physiques, et derrière ceux-ci un nerf

l3o PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

deistiné à i^cevoir et à transmettre les impres** sions.

L'appareil auditif se compose de Toreille externe, de Voreille moyenne, de l'oreille interne, et du nerf acoustique.

Oreille externe.

On comprend sous cette dénomination le pavil^ Ion et le conduit auditif externe.

Oiiiiir Le pavillon est plus ou moins grand, suivant

les individus. Sa face externe, qui, dans une oreille bien conformée, est un peu antérieure, présente cinq çminences, qui sont Vhèlix p Vanthélîx, le iragusj Vantilragus^ le lobule, et trois cavités* savoir, celle de Yhélix^ la fosse naviculatre et la con-

Paviiion. que. Le pavillon est formé d'un fibro- cartilage souple et élastique ; la peau qui le recouvre est mince, sèche ; elle est adhérente au fibro-cartilage par un tissu cellulaire serré qui contient très-peu de graisse : le lobule seul en contient une asset grande quantité. Au-dessous de la peau se voit un grand nombre de follicules sébacés, qui fournie sent une matière blanche et micacée, qui donne à la peau son poli et une partie de sa souplesse. On voit aussi sur les diverses saillies du pavillon quelques fibres musculaires auxquelles on donne le nom de muscles, mais qui ne sont pour ainsi

DE PHYSIOLOGIE. l3l

dire que des Testiges (i). Le pavillon reçoit beaucoup de nerfs et de vaisseaux; aussi est-il très« sensible, et devient-il facilement rouge. 11 est attaché à la tête par des ligaments du tissu cellulaire et des muscles qu'on a appelés, d'après leur position, antérieur, supérieur et postérieur. Ces muscles sont très-développés chez beaucoup d'animaux; chez l'homme, on peut les considérer aussi comme de simples vestiges.

Conduit auditif,

Ce conduit s'étend de la conque à la membrane ConduH du tjrmpan; sa longueur, variable suivant l^âge, M^tL, est de dix à douze lignes chez l'adulte ; il est plus étroit dans son milieu qu'à ses extrémités; il présente une légère courbure en haut et en avant. Son orifice externe est ordinairement garni de poils, à l'instar de l'entrée des autres cavités. Il est composé d'une partie osseuse, d'un fibro-cartilage qui se confond avec celui du pavillon, d'une partie fibreuse qui le complète en haut. La peau s*y enfonce en s'amincissant, et se termine en recouvrant la face externe de la membrane du tym-

(i) On appelle vestiges, en anatomîe, des parties sans usage chez les animaux où on les observe, et qui ne font qu'indiquer le plan uniforme que k nature semble avoir suiri dans la construction des animaux vertébrés.

Oreille moyenne.

Caisse du

tympan.

l32 PRiciS ÉliHENTAIRE

pao. Au-dessous de cette peau existent un grand nombre de follicules sébacés, qui fournissent le cérumen, matière jaune, amère, etc. , qui a des usages que nous indiquerons plus tard.

Oreille moyenne.

L'oreille moyenne comprend la caisse du tympan, les osselets qiii sont contenus dans cette caisse, les cellules mastoïdiennes, le conduit guttural , etc.

Caisse du tympan,

La caisse du tympan est une cavité qui sépare l'oreille externe de l'oreille interne. Sa forme est celle d'une portion de cylindre un peu irrégulier. Sa paroi interne présente en haut le trou ovale , qui communique avec le vestibule, et qui est fermé par une membrane; immédiatement au-dessous, une saillie qu'on appelle promontoire; au-dessous de cette saillie, une petite rainure qui loge un filet de nerf; plus bas encore une ouverture, nommée trou rondj qui correspond à la rampe externe du limaçon, et qui est aussi fermée par une membrane. Le côté externe présente la membrane du tympan. Cette membrane est dirigée obliquement en bas et en dedans ; elle est tendue, très-mince et transparente, recouverte en dehors par un prolongement de la 'peau, en dedans par la niem-

tympan.

DE PHYSIOIOGIE. î 33

brane muqueuse, qui revêt la caisse ; elle est aussi cause du recouverte de ce côté par le nerf uomm'é corde du tympan : son centre donpe attache à rextrémîté du manche du marteau ; sa circonférence est fixée à l'extrémité osseuse du conduit auditif; elle y adhère également dans tous les points, et ne présente d'aiiïeurs aucune ouverture qui fasse communiquer l'oreille externe avec l'oreille moyenne. Son tissu est sec, fragile, et n'a point d'analogue dans l'économie animale; on n'y reconnaît point de fibres, de vaisseaux, ni de nerfs.

La circonférence de la caisse présente en avant : 1* l'ouverture du conduit guttural, par lequel la caisse communique avec la partie supérieure du pharynx ; 2" l'ouverture par laquelle entre le tendon du muscle interne du marteau. En arrière, on voit : i* l'ouverture des cellules mastoïdiennes, cavités anfractueuses, pratiquées dans l'épaisseur de l'apophyse mastoïde, qui sont toujours remplies d'air ; a* la pyramide, petite saillie creuse qui loge le muscle de l'étrier; 3* l'ouverture par laquelle entre dans la caisse la corde du tympan. En bas, la caisse offre une fente, nommée glénoïdale, par laquelle entre le tendon du muscle antérieur du marteau, et sort la corde du tympan pour aller s'anastomoser avec le nerf lingual de la cinquième paire. En haut, la circonférence n offre que quelques petites ouvertures, par lesquelles passent des vaisseaux sanguins. La caisse du tym-

l34 PRÉCIS £l£MfiNTAlR£

pao et tous les conduits qui y aboutissent , sont tapissés d*uue membrane muqueuse très-mince : cette cavité, qui est toujours remplie d'air, contient en outre quatre osselets (le martemu, Y enclume, le IfMiculairt et IVirier), qui forment une chaîne depuis la membrane du tjmpan jusqu'à la fenêtre ovale» où est fixée la base de Tétiier. De petits muscles sont destinés à mouvoir cette chaîne, à tendre et i relâcher les membranes auxquelles elle aboutit : ainsi« le muscle interne du marteau la tire en avant, coiu^ la chaîne dans ce sens, et tend les membranes; le muscle antérieur produit l efiet oppo^* O» conçoit aussi que le petit mus* de qui e$t lo^ dans la pyramide* et qui s'attache ;iu ixJ de IVtrier* pe«t imprimer une k'gè ie len- $ù>a à b chaîne» en b tirant de son o:»te.

/?t uir^'"*t..r«f.

^- ^i« Elle <e cx^crrpoc^e d:i iimjhçoa^ À:>cjjia;ix drioÂ-

cîrvuljiirvs et du ^e$îibule- La,^,-^. Le auiac\>a e>t une cx.ite 05?iïei;:îe* cvatourriee

•rtt SfdTjIe^ c:sp*-^sitk»a ^vii lui a aitrlr-f ie :;#>ci •^a'::-Ie porte. Cecte ea'îte e>î j'ortacte ea. â^nx i-itr^-s^ vici\*a Jt*p^wle It:^ r:i.npc$ lîj. aJLia».-^a« et ^u\mi ài>c:^*ç'i^ :;♦! îii^rne eC ea :fx:^rrje. L-àciotrîUa vii e< 5<î^>axt; :i>t xiie licne placxîe ie ^:haa^« -rC \ni^ iuj> :»'ace ?u \i]^i»:»ir* <>t :îa pi»n**

D£ PilYSIOLOC;!!'. 1 55

seuse et en partie membraaeuse. La rampe e;c^ terue communique, par la feoétre ronde, ayec la caisse du tympan ; la rampe interne aboutit dans le vestibule.

Canaux demi'^ircutaires,

On appelle ainsi trois cavités cylindroïdes , canaux demi courbées en demi-cercle, dont deux sont disposées cîicuUuo*. horizontalement, tandis que la troisième est verticale. Ces canaux se terminent au vestibule par leurs extrémités. Ils contiennent des corps de couleur grisâtre, qilî se terminent à leurs extrémités par des renflements.

Vestibule.

Cavité centrale, point de réunion de toutes les jcsubuii-. autres. Elle communique iivec la caisse par la fe-^ nétre ovale, avec la rampe interne du liq^açon» avec les canaux demi-^circulaires, et avec le conduit auditif interne par un grand nombre de petites ouvertures.

Toutes les cavités de Toreille interne sont creu^ sées dans la partie la plus dure du rocher : elles sont tapissées d'une membrane extrêmement mince, et sont remplies par un liquide ténu, limpide, nommé liquide de Coiunnij lequel peut re-

l38 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

même très-légèrement, sans qu'il n'en résulte une douleur des plus aiguës. Sous ce rapport, le nerf de l'ouie ressemble donc au nerf optique •

Mécanistne de l'audition.

Vsa^es du pazillcu.

iVages du H rasscmblc les rayons sonores et les dirige Tcrs '^'^Ue!** le conduit auditif, d'autant mieux qu'il est plus grand, plus élastique, plus détaché de la tête , et plus dirigé en avant. Boerhaave prétendait avoir prouvé, par le calcul, que tous les rayons sonores qui tombent sur la face externe du parfllon sont, en dernier résultat, dirigés vers le conduit auditif. Cette assertion est évidemment inexacte, au moins pour certains pavillons dont l'anthélix est plus saillant que l'hélix. Comment arriveraient à la conque les rayons qpi viendraient tomber sur la face postérieure de l'anthélix?

Il est beaucoup plus probable que le pavillon est lui-même, à raison de sa grande élasticité, qui peut être modifiée légèrement par les muscles in-^ trinsèques, «susceptible d'entrer en vibration sous Tinfloence des ondulations sonores imprimées à rair« Et, quant aux inégalités de sa surface, il paraît, suivant M. Savart, qu'elles auraient pour utilité de présenter toujours une égale surface de pentes dont la direction serait normale à celle dii mouvement \ ibratoire imprimé à l'air. L'expérience

DE PUySlOLOGlE. . IO9

appreud en effet que selon qu'une membrane est ou n'est pas parallèle aux surfaces des corps qui Tibrent près d'elle, ses oscillations sont plus ou moins prononcées. Le parallélisme est le cas le plus favorable.

Le pavillon n'est pas indispensable à l'audition, car chez l'homme et chez les animaux il peut être enlevé sans que l'ouïe en soufiùre, si ce n'est au-delà de quelques jours.

Le paTillon n'est pas indispensable à Taiidition.

Usages du conduit auditif»

Le conduit transmet le son à la manière de tout autre conduit, en partie par l'air qu'il contient, en partie par ses parois, jusqu'à la membrane du tympan. — Les poils qu'il présente, surtout à son entrée, et le cérumen, ont pour usage de s'op* poser à l'introduction des corps étrangers, tels que grains de sable, de poussière, insectes, etc.

Usages du conduit auditif.

Usages de la membrane du tympan.

Cette membrane forme la séparation du conduit Usages de ia auditif et de la caisse ; elle est tendue, mince et

du tympan».

élastique, et partout d'égale épaisseur. A ces divers titres, elle doit entrer en vibration sous l'influence des ondes sonores que lui apporte le conduit, soit par l'air, soit par ses parois.

Mais, d'après une expérience très-simple de

l40 PRECIS KLÊMENTAIRE

M. Savart, il parait que c'est surtout le son transmis par Tair qui la met en vibration.

Ce savant physicien plaça au sommet tronqué dHin cône feit arec une feuille de carton, une petite membrane tendue qui en fermait lourerture à peu près comme la membrane du tympan ferme le conduit auditif; il produisait ensuite des sons près des parois, à Textérieur du cône ; la membranerihra peu ; mais s'il produisait les mêmes sons à la base du cône, de manière qu'ils fussent transmis à la membrane par Tair intérieur, les tîbrations étaient très-ftrononcées, même à une distance de Tingt-cînq à trente mètres.

l%4i^^ de u L^ manière dont les muscles du marteau s'insè^ ^^^î^tsf^ '^û* * ^^ osselet, et la manière dont fl est luimême &\è à la membrane^ indiquent clairement qull doit y avoir des deçrés dans sa tension. On ne poiuraît * sans absurdité , supposer que cette petite membrane se mit à 1 unisson des innomiwa* bies sons que notre oreille perçoit, mais il est plus que probable que dans certains cas elle est tendue j>ar le muscle interne, et dans d'autres relâchée par le muscle antérieur du marteau.

Ou n a>uit eu jusquicî que des conjectures à faire sur cette question curieuse* mais quelques essais de M. Sa^ort semblent avoir devoîlé la mérite.

QiiJiid uae meuïbrane uiiace est tres-tendue« .:,ie ^Lbre anc diiicuhe, cVst-è-dire que les ex-

DE PHYSIOLOGIE. l4l

cursîons de ses parties vibrantes sont très-petites ; . Usages c est le contraire quand la même membrane est du mai^eau. relâchée ; et comme il est prouvé directement , par l'expérience, que la membrane du tympan en place, vibre par l'effet des ondes sonores qui parviennent à sa surface, il n'est pas douteux non plus, que plus elle est tendue et moins les amplitudes de ses excursions sont grandes. Il y % donc une forte probabilité qu'elle se relâche pour les sons faibles ou agréables, et qu'elle se tend pour , les sons trop intenses ou désagréables.

Comme la membrane du tympan est sèche et élastique, elle doit très-bien transmettre le son, d'une part à l'air contenu dans la caisse, de l'autre à la chaîne des osselets (i). La corde du tympan ne peut manquer de participer aux vibrations de la membrane I et de transmettre au cerveau quelques impressions. On sait que le contact d'un corps étranger sur la membrane est excessivement douloureux, et qu'Un bruit violent occasione aussi une vive douleur, et même son déchirement; toutefois ce dernier accident n'a pas la gravité qu'on pourrait craindre, car la membrane peut être rompue et même rester perforée sans que Taudition soit sensiblement dérangée.

(i) Pour les diverses opinions émises sur lés usages de ceUe membrane, voyez Hàller, tom. V, pag. 198, 199 cl suivantes.

l44 PRl&CIS ÉLÉMENTAIRS

menter l'intensité du son qui arrive dans la caisse. Si elles produisent cet effet, ce doit être plutôt par les vibrations des lames qui séparent les cellules 9 que par celles de Tair qu'elles contiennent.

Le son peut arriver à la caisse autrement que par le conduit auditif , les chocs produits sur les os de la tête sont dirigés vers le temporal, et perçus par l'oreille. Tout le monde sait qu'on entend distinctement le bruit du mouvement d'une montre lorsqu'on. la met en contact avec lès dents.

Usages de l*oreUle interne.

Usages de On cst très-pcu instruît des fonctions de l'oreille interne, interne ; on conçoit seulement que les vibrations sonores y sont propagées de plusieurs manières» mais principalement par la membrane de la fenêtre ovale, par celle de lar fenêtre ronde, et par la paroi interne de la caisse ; que le liquide de Cotunni doit éprouver des vibrations qui se transmettent au nerf acoustique. On conçoit aussi combien Si est important que ce liquide puisse céder à des vibrations trop intenses, qui pourraient endommager ce nerf. Il est possible, en ce cas, qu'il reflue dans les aqueducs du limaçon et du vestibule, qui, sous ce rapport, auraient, comme on voit, beaucoup d'analogie avec la trompe d'Eustache.

La rampe externe du limaçon doit recevoir principalement les vibrations par la membrane de

DE PHYSIOLOGIE. l45

la fenêtre ronde; le vestibule, par l'extrémité de la chaîne des osselets ; les canaux demi-circulaires, par les parois de la caisse, et peut-être par les cellules mastoïdiennes, qui souvent se prolongent jusqu'au-delà des canaux. Mais on ignore absolument la part que prend à l'audition chacune des parties de l'oreille interne (i).

— — ^^— ^— ^ ■■ Il ■ I !■ I — ». I I ■

(i) Le célèbre TIl. Jôung, secrétaire de la Société royale de Londres, cet. homme d'un si prodigieux savoir, et d'une si haute capacité intellectuelle, a proposé plusieurs idées relatives aux usages de l'oreille interne ; selon lui, les canaux demi-circulaires servent à juger de Vacuité ou de la gravité des sons ; ils reçoivent les ébranlendents en même temps par leurs deux extrémités, ce qui occasione um récurrence d'effets semblables d différents pçints de leur longueur, selon le caractère du son. L'étrier presse plus ou moins le fluide du vestibule, qui transmet les impressions sonores. Le limaçon paraît être un micromèire du son, {Med. lit.f p. qSj Lei, 5.) Mais que sont les suppositions les plus ingénieuses quand elles ne sont pas appuyées de faits ou vérifiées par des expériences ?

M. Deleau a reconnu chez un enfant sourd -muet de naissance, et complètement insensible à toute espèce de son, absence de l'étrier et tie la fenêtre ovale. Des faits de cette nature, en se multipliant, pourront un jour éclairer les usages de l'oreille interne.

Voyez pour cette question diilicile et obscure un mémoire de M. Esscr, sur les Fonctions des diverses parties de l'organe' auditif, traduit et annoté par M. G. Ereschet, Archives gênéraies de Médecine, iS5i, Voyez aussi un mémoire de filuncke, dans les Archives de Meckel, t. VII, p. i.

Page 1