PU£G18 ÉLÉMENTAIRE
La cloison osso-membraneuse qui sépare le limaçon en deux rampes, a donné lieu à une hypothèse que personne n'admettrait aujourd'hui.
Action du nerf acoustique.
Action Le nerf acoustique reçoit les impressions, et les
acoustique, transmet au cerveau ; celui-cî les perçoit avec plus . ou moins de promptitude, de justesse, suivant les individus ; mais cette action elle-même est soumise à l'influence de la cinquième paire. Quand ce dernier nerf est coupé ou malade, l'ouïe est faible et souvent abolie.
Beaucoup de personnes ont l'ouïe fausse, c'està-dire ne distinguent pas exactement les sons.
On n'explique point l'action du nerf acoustique ni celle du cerveau dans l'audition, mais on a fait à cet égard quelques observations.
Les sons, pour être perçus , ont besoîm d'être
dans de certaines limites d'intensité. Un son trop
fort nous blesse, un son trop faible ne produit pas
de sensation. Nous pouvons percevoir un grand
nombre de sons à la fois. Les sons, et surtout les
sons appréciables, combinés et se succédant d'une
certaine manière, sont une source de sensations
Muftique. dcs plus agréablcs. Un art, la musique, dispose et
combine les sons. Pour les oreilles organisées de
manière à le sentir, la musique est sans doute le
Sûn« premier des arts, car aucun autre ne fait naître
îigiéabics, j^g sensations plus vives et plus délicieuses,
b£ PHYSIOLOGIE. l/^'J
n'excite plus facilement Tenthoiisiasixie porté jusqu'au délire , ne laisse des tracer plus profondes et un plus doux souvenir.
D'autres combinaisons de sons produisent, au Son» contraire, une impression désagréable : les sons très-aigus blessent Toreille; les sons^ très-intenses et très-graves déchirent la membrane du tympan. Lorsqu'un son a été très-prolongé, nous croyons encore l'entendre, quoiqu'il ait déjà cessé depuis long-temps.
De même que des aveugles nés ont été rendus à la lumière à un âge où ils pouvaient tenir compte de ieurs sensations, de même des sourds de naissance ont acquis l'ouïe à une époque asse^ avancée de leur vie pour comprendre l'immense avantage de l'acquisition d'un nouveau sens. La science possède aujourd'hui plusieurs exemples de cette- nature ; ils ne sont pas moins intéressants sous le rapport physiologique que sous le point de vue philosophique.
Tel est l'histoire suivante, dont l'authenticité a été constatée par l'Académie des Sciences de Pa«ris : Louis-Honoré Trésel^ âgé de dix ans, né à Histoire Paris de parents pauvres, -était de cette classe de Trésci^sourdsourds qui n'entendent pas même les bruits les n^wancc, plus violents, les explosions les plus fortes. Sa étuàpirok! physionomie, image de son intelligence, avait peu d'expression. 11 traînait les pieds à chaque pas ; sa démarche était chancelante ; il ne sa-
* l48 PRÉCIS ÉLÉMSlfTAIRE
Histoire Tait pas se moucher. L'ouïe lui fut donnée au Trétfd.Bourd- moyeu Q uue opération inventée par un sourd, n"i^*nce, ^^ > fatîgué de sa position et de l'inutilité des cîu" piroîe! tcï^tsi^i^^s des médecins, parvint à se guérir luimême.
Cette opération consiste en des injections d'air ou de diveis liquides dans la caisse du tympan par le conduit guttural de cette caisse.
Les premiers jours qui suivirent le développe*^ ment de son ouïe, furent pour Honoré des jours de ravissement. Tous les sons, les bruits même, lui causaient un plaisir ineffable, et il les recherchait avec avidité ; il était particulièrement dans une sorte d'extase en écoutant une tabatière harmonique'; mais il lui fallut un certain temps avant qu'il s'aperçût que la parole était un mgyen de communication ; encore s'attacha-t-il d'abord, non aux sons qui la forment, mais aux mouvements des lèvres qui l'accompagnent, et auxquels jusque-là il n'avait donné aucune atteption : aussi crut-il pendant quelques jours qu'un enfant de ' sept mois parlait, parce qu'il lui voyait remuer les lèvres. On lui fit bientôt reconnaître son erreur, et il sut dès lors que c'était aux sons qu'il fallait attacher de l'importance, et non aux mouvements des lèvres qui les accompagnent.
Mais le malheur voulut qu'il entendit une pie prononcer quelques mots; généralisant aussitôt ce fait particulier, il en conclut que tous les animaux
DE PHTSIOIiOGIE.
étalent doués de la parole, et voulut absolument uJtoire faife parler un chien qu'il affectionnait. U recourut Tréseï^ Muidà la violence pour lui faire dire papa, du pain,. n"iï'Mnce, seuls mots qu'il pût lui-même prononcer. Les «t u"apii^u cris aigus de l'animal finirent par l'effrayer, et il renonça à sa singulière entrepriise.
Un moiS' s'écoula, et cependant Honoré restait i peu près au même point. Absorbé* par ses sensations et ses remarques nouvelles , il ne pouvait pas saisir les syllabes qui forment tes mots. Il lui fallut près de trois mois avant qu'il distinguât et comprit quelques mots* composés, et le sens de quelques phrases simples et courtes^
Il lui fallut aussi beaucoup de temps pour reconnaître la direction du son. Une personne, s'étant cachée dans, une chambre où se trouvait l'enfant, l'appela à diverses reprises; ce ne fut qu'avec grand '-peine qu'il découvrit le lieu d'où partait la voix; encqjre fut-ce plutôt par les yeux et le raisonnement qu'il y parvint que par son oreille. (Voir la fin de cette observation à l'article des rap^ varts de rouie et de la voix.)
Action simuitanée des deua appareils de i*ouiek
Nous recevons deux impressions, et cependant nous n'en percevons qu'une. On a dit que nous ne nous servions jamais que d'une oreille à la fois, ce qui est inexact. A la vérité, quand le soâ arrive
Actioa
simultanée
des deux
appareils.
de l'ouïe^
Gomment noo8 estimons la direction da 80a.
l5o PRÉCIS £liM£NTAIBE
directement à une oreille, il est saisi bien plus facileinent par celle-là , et bien plus difficilement par l'autre ; aussi, dans ces cas, n'employonsnous qu'Une oreille ; et lorsque nous écoutons af-* tentivement un son que nous craignons de ne pas entendre , faisons^nous en sorte que les rayons entrent directement dans la conque. Mais, quand il s'agit de juger de la direction du son, c'est-à-dire de décider du point d'où il part, nous sommes obligés de nous servir de nos deux oreilles, car ce n'est qu'en comparant l'intensité des deux impres^ sions, que nous parvenons à reconnaître le lieu d'où part le son. Si, par exemple, on se bouche exactement une oreille, et que l'on fasse produire, i quelque distance de soi, un bruit léger dans un lieu obscur, il sera impossible de juger de la di-» rectioh du son ; on pourra y réussir en se serrant des deux oreilles. La rue est d'un grand secours pour ces sortes de jugement, car souvent, dans l'obscurité, même en se servant des denx oreilles, il est impossible de décider d'où part le bruit qui nous frappe.
Manière Lc SOU peut aussi nous faire juger de la distance
dont nous , j .^ .
jugeons de u qtu nous Sépare du corps qui le produit ; mais, ncc es p^^^ porter des jugements justes à cet égard, il faut que la nature du son soit familière, car, sans cette condition, nous tombons dans des erreurs inévitables. Nous jugeons, dans ce cas, d'après ce principe, qu'ein ^on tris^intenae part d*wi corps voi-^
corps sonores.
DE PHYSIOLOGIE. IDl
sMj tandis qu'un son faible part d'un corps éloigné : Ermirs S II arrive qu nn son intense Tienne d un corps éloigné, si uo'gon faible paort d'ian corps Toisin, il y a alors ce qu'on nomme erreurs d'acoustique. En général, nous sommes facilement trompés sur le point d'où part le son ; la vue, le raisonnement, sont d'un grand secours pour asseoir un certain jugement à cet égard.
Les divers degrés de divergence ou de convergence dès rayons sonores ne paraissent pas influer sur l'audition; aussi l'art ne modifie-t-il la marche des rayons sonores que pour en faire entrer à la fois un plus grand nombre dans l'oreille : c'est à> quoi servent les cornets acoustiques mis en usagé quand l'ouïe est dure. Il est quelquefois nécessaire de diminuer l'intensité des sons : nous plaçons alors instinctivement un corps mou et peu élastique dans le conduit auditif.
Modifications de l'audition par l*âge.
L'oreille est formée de très-bonne heure chez le Aodition fœtus. A la naissance, tout ce qui appartient à *°' «««gcsl'oreille interne, aux osselets, est à peu près tel oreiiic qu'il restera par la ^uite ; mais les autres parties de l'oreille moyenne et de l'oreille externe ne sont point encore en étal d'agir, ce qui établit une différence très-grande entre l'œil et l'oreille. Le pavillon est relativement très-petit, mou et par conséquent peu élastique ; il est tout-à-fait impropre
éa. V
iSd FtSCIS KUaiElCTAIlS
ar«aie * à lenqilir les fonclioiis qui lai sont attribuées. Les parois da cooduit auditif paiticqient de la strâctore da paTÎUon; la membrane do tympan est trèsobliqœ, et bit en qaelqae sotte suite à la paroi soperieare du conduit ; elle est^ en conséquence, mal disposée pour leccToir les rayons sonores. Toute Toreille externe est recouTcrle d'une matière blancbitre, moUe, et qui s'oppose encore à ce qu'elle puisse remplir ses fonctions^ La caisse du tympan est un peu plus petite, proportionnellement; au lien d*air, elle contint un mucus épais. Les cd- Iules mastoïdiennes n'existent point. Par les pro- • grès de Vi^y Tai^pareîl auditif acquiert asscx prcHuptement la disposition que nous aTons indi-
Or«^> quée pour l'adulte. Dans la lieillesse, les cbanf;ements qull éprouTe, sous les rapports pb3rsiques, loin d'être défarorables^ comme cela anÎTe pour Foeil y semblent au contraire le p^rfiKtionna' : toutes les parties derienoeot plus dures, plus élastiques ; les cellules mastoïdiennes s*étendent jusqu'au sommet du rocber, euTcloppent ainsi de tous cotés les cavités de Toreille interne.
A^^L-km ft la Les l»uît$ Ws pIus fofts u'affecteul pas sensible* ment Feofant qui rient de naître : après quelque temps, il parait reconnisiitre les sons aî^s ; aussi est-ce le genre de $oqs que les nourrices cboiâis-
\z'L-hm $ent p>ur attirer son attention. Il se passe f<Nrt lonr-temps avant que leufant ju^ saiuement de llnttroiitêy de la direclîou du soumet surtout avant
v'V* . :*tHal.
DE PHYSIOLOGIE; l55
qu'il attache un sens aux différents sons articulés. De même qu'il affectionne la lumière Tive, de même les sons les plus aigus, les plus intenses, sont ceux qu'il préfère pendant long-temps.
Quoique l'appareil auditif se perfectionne physiquement avec l'âge, il est certain cependant que l'ouic devient dure avec la première vieillesse, et qu'il est très-peu de vieillards qui ne soient plus ou moins sourds. Cette circonstance parait tenir, d^une part, à la diminution de l'humeur de Cotunni, et de l'autre, à la diminution progressive de la sensibilité du nerf acoustique.
Audition
chei le
vieillard.