‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 26 sur 39 · ODORAT · texte numérisé non relu

ODORAT

La plupart des corps de la nature laissent échap- Des odeu». per des particules excessivement ténues, qui se répandent dans l'air, et sont quelquefois portées, par ' ce véhicule, à une grande distance. Ces particules constituent les odeurs ; un sens est disposé à les reconnaître et à les apprécier : ainsi s'établit un rapport important entre les animaux et les corps.

Les corps dont toutes les molécules sont fixes sont nommés inodores^

Parmi les corps odorants, il est de grandes différences, relatives à la manière dont se développent les odeurs : les uns ne les laissent échapper que lorsqu'ils ont été chauffés ; ceux-ci , que lorsqu'ils ^fioppe^t"*^ ont été frottés ; d'autres ne répandent que des

Manière dont se deçà odeurs.

odeurs faibles , d'auttes n'en exhalent que de fortes. Telle est la ténuité des particules odorantes / qu'un même corps peut en dégager pendant un temps très -long sans changer sensiblement de poids.

ciassiBca- Chaquc corps odorant a une odeur particulière.

lion des r^ i i

udcurs. Gommé ces corps sont très-nombreux, on a voulu classer les odeurs : toutes les tentatives qu'on a faites à cet égard ont été également infructueuses. On ne peut guère distinguer les odeurs qu'en faibles et fortes , agréables et désagréables. On reconnaît encore des odeurs musquées^ aromatiques, fétides j vireuses , spermatiques , piquantes , muriatiqucSj etc. Il en est de fugitives, de tenaces. Dans la plupart des cas, on ne peut désigner' une odeur qu'en la comparant à celle d'un corps connu.

Des propriétés nourrissantes, médicamenteuses, et même vénéneuses ont été attribuées aux odeurs; mais, dans les cas qui^nt donné lieu à ces opinions, n'aurait-on pas confondu l'influence des odeurs avec les effets de l'absorption ? Un homme qui pile du jalap pendant quelque temps, sera purgé comme s'il avait avalé de cette substance. Cet effet ne dépend pas de l'action des effluves odorantes sur l'organe olfactif, mais bien des particules répandues dans l'air et qui se sont introduites dans la circulation, soit avec la salive, soit avec l'air que nous respirons; à cette même cause doit être attribuée l'ivresse des personnes ex-

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posées pendant quelque temps à la vapeur des li* queurs spjritueuses.

I/air est le véhicule ordinaire des odeurs, il les ï)opagaiion

des odeurs.

transporte au loin : cependant elles se produisent aussi dans le vide , et il y a des corps qui semblent lancer des particules odorantes avec une certaine force. Cette question physique demande de nouvelles recherches; on ne sait pas s'il y -a dans la marche des odeuirs quelque chose d'analogue à la divergence ou< à la convergence , à la réflexion ou à la réfraction des rayons lumineux. - Les odeurs s'attachent ou se combinent à plusieurs liquides ainsi qu'à beaucoup de solides. On se sert de ce moyen , soit pour tes fixer , soit pour les conserver.

Les Hquides,les vapeurs, les gaz, plusieurs corps solides réduits en poudre impalpable ou même grossière , ont aussi la propriété d'agir sur les organes de l'odorat.

, Appareil de l'odorat.

L'appareil olfactif représente une espèce de Appareil crible placé sur le chemin que l'air parcourt le plus souvent pour s'introduire dans la poitrine, et destiné à retenir tous les corps étrangers qui seraient mêlés avec l'air ^ et particulièrement les odeurs.

Cet appareil est extrêmement simple ; il diffère

l56 PRECIS SLÉBIENT/aRE

essentiellemeDt de celui de la yue et de rouîe, en ce que Ton ne voit pas au-devant du nerf de parties destinées à modifier physiquement l'excitant : le nerf y est en quelque sorte à nu. L'appareil se compose de la membranepituitaire, qui re?êt les cavités nasales, de la membrane qui tapisse les sinus, du nerf olfactif et de divers filets nerveux de la cinquième paire.

Membnioe La membrane pituitaire recouvre toute l'étendue des fosses nasales, augmente beaucoup l'épaisseur des cornets, se prolonge au-delà de leurs bords et de leurs extrémités , de manière que l'air ne peut traverser les fosses nasales que par des routes fort étroites etassezlongues. Cette membrane estépaisse , adhère fortement aux os et aux cartilages qu'elle recouvre. Sa surface présente une infinité de petites saillies, que les uns ont considérées comme des papilles nerveuses, que les autres ont envisagées comme des cryptes muqueux, mais qui, selon tou* tes les apparences , sont vasculaires. Ces saillies donnent à la membrane un aspect velouté. La pituitaire est douce au toucher , molle , reçoit ud très-grand nombre de vaisseaux et de nerfs.

Les routes que l'air parcourt pour arriver dans

l'arrière-bouche méritent quelque attention.

Routes que ^U^s sout au nombrc de trois : on les distingue,

*POTr^^c"i^* en anatomie,par les noms de meaU inférieur , mayen^

*^t^&!!^ et supérieur. L'inférieur est le plus large et le plus

long, le moins ol>lique, le moins tortueux ; le moyea

est plus étroit, presque aussi long, mais plus étendu de haut en bas ; le supérieur est beaucoup plus court, plus oblique et plus étroit encore. Il faut ajouter à ces routes rinter?alle étroit qui sépare, dans toute son étendue , la cloison des fosses nasales de la paroi externe. Telle est l'étroitesse de tous ces canaux, que le moindre gonflement de la pituitaire rend difficile , et même quelquefois impossible , le passage de Tair à travers les fosses nasales.

Dans les deux méats supérieurs communiquent des cavités plus ou moins spacieuses, creusées dans répaîsseur des os de la tête, et nommées sinus. Ces sinus sont le .maxillaire , le palatin^ le sphénoidal^ le frontal^ et ceux qui sont pratiqués dans l'épaisseur de Tethmoïde , plus connus sous le nom de cellules ethmoidales.

Ces sinus n'ont de communication qu'avec les deux méats supérieurs. Le sinus frontal, le maxillaire, les cellules antérieures deTethmoïde s'ouvrent dans le méat moyen ; le sinus sphénoïdal, le palatin, les cellules postérieures deTethmoïde, s'ouvrent dans le méat supérieur. Les sinus sont tapissés par une membrane mijice, molle, peu adhérente à leui^ parois, qui parait du genre des muqueuses.* Elle sécrète avec plus ou moins d'abondance une matière nommée mucus nasal j qui se répand continuellement sur la pituitaire , et parait être utile dans l'olfaction. L'étendue considérable des sinus

Des sinas.

Du mucit* nasal.

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paraît coïncider avec une perfection plus grande de l'odorat : c'est au moins là un des résultats les plus positifs de la physiologie comparée.

Ncrfoifaciif. Le nerf olfactif naît par trois racines distinctes de la partie postérieure , inférieure et interne du lobe antérieur du cerveau. D'abord prismatique, il marche vers la lame criblée de l'ethmoïde ; là , il se gonfle tout à coup, puis il .se divise en un très* grand nombre de filets qui se répandent sur la pîtuitaire , principalement dans la partie supérieure de cette membrane. Semblable aux nerfs de la vue et de l'ouïe , le nerf olfactif est insensible aux pressions , piqûres , etc. , et même au contact des corps dont les odeurs sont les plus fortes.

Il est important de remarquer que l'on n'a pas encore pu suivre les filets du nerf olfactif sur le cornet inférieur, sur la face interne du moyen, ni dans aucun sinus. La pituitaire ne reçoit pas seulement le nerf de la première paire , elle reçoit encore un grand nombre de filets , nés de la face interne du ganglion sphéno^palatin ; ces filets se distribuent dans les méats et à la partie inférieui^e de la mem<brane. Elle recouvre aussi assez long-temps le filet e^meïdaldu nerf nasal, et en reçoit un assez grand nombre de filaments. N'omettons pas de rappeler que tous ces nerfs sont des branches de la cinquième paire. La membrane, qui regret les sinus reçoit aussi quelques ramuscules nerveux.

Les fosses nasales communiquent au dehors par

DE PHYSIOLOGIE. iSq

le moyen des narines » dont la forme, la grandeur et la direction varient beaucoup. Les narines sont intérieurement garnies de poils , et peuvent s'a* grandir par l'action musculaire. Les fosses nasales s'ouvrent dans le pharynx par les narines postérieures.

Mécanisme de l'odorat

L'appareil olfactif se présente d'une manière bien Mécanisme différente de l'appareil de la vue ou de l'ouïe ; dans ces derniers , la sensibilité générale est distincte, par son siège, de la sensibilité spéciale. A l'œil, la conjonctive offre l'une, la rétine l'autrie; à l'oreille, le conduit auditif exerce la première , et le nerf acoustique est l'organe de la seconde. Dans la pi- SensibiUté

. « 1 . , , . 11 générale et

tuitaire^ si les deux propriétés existent, elles «ont sensibilité

1 1 -i*/v«*iij*<^*' •> spéciale de la

beaucoup plus dimciles à distinguer. • pituitaire.

Cependant il semble que les deux phénomènes s'isolent quelquefois; il existe des hommes qui n'ont point d'odorat , et qui ont la pituitaire trèssensible au contact de certains corps jusqu'au point d'en distinguer les propriétés physiques ; par exemple, celle des diverses sortes de tabac.

L'expérience m'a démontré que la sensibilité i^a sensibilité générale de la pituitaire cesse par la section de la pituitaire cinquième paire dans les quatre classes des verte- cinquième * brés ; dès que cette section est faite, aucun contact, ^^^^' aucune piqûre, aucun corrosif même, ne produisent

l6o PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

d'impression iippréciable sur la memibraDe du nez ; sous ce rapport, la pituitaire est semblable à la conjonctiyc. Mais ce qui n'est pas moins remarquable, même insensibilité se manifeste pour les odeurs les plus fortes et les plus pénétrantes, telles que celle d'ammoniaque ou -^'acide acétique.

Il semble donc que le nerf olfactif est dans le même cas que les nerfs, optique et acoustique : il ne peut agir si la cinquième paire n'est point intacte.

Expériences Voici uu fait qui s'éloigne encore davantage des idées généralement répandues touchant les fonctions des nerfs de la première paire :

J'ai détruit ces deux nerfs sur un chien ; j'ai présenté à l'animal des odeurs fortes , il les a parfaitement senties, et s'est comporté comme s'il eût été dans son état ordinaire. J'ai youIu faire les mêmes essais pour des odeurs faibles, telles que celles des aliments; mais je n'ai pu obtenir de résultats assez prononcés pour affirmer que ce genre d'odeurs agissaient sur le nez de l'animal. Il serait donc possible que le nerf olfactif ne fût pas le nerf de l'odorat, et que la sensibilité olfactive fût confondue avec la sensibilité générale dans le même nerf. ( Voyez tnon Journal de Physiologie^ tom. lY.) G« pathoio- Plusieurs faits pathologiques qui, sans doute, auaox fonctions raient passé inaperçus avant la publication de ces oifaciifs. expériences, sont venus en confirmer les résultats.

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On a TU des indlTidus dont les nerfs olfactifs étaient complètement détruits conserver l'odorat jusqu'au dernier instant de leur vie, prendre du tabac avec plaisir et en distinguer^les diverses qualités, tout en se plaignant de la mauvaise odeur répandue dans leur voisinage. (Voyez Journal de Physiologie 9 tom. V, QtservaUon de M. Bérard communiquée par M. Béclard. ) D'une autre part , des malades, dont la cinquième paire était alté->rée , bien que les nerfs olfactifs fussent intacts , avaient perdu entièrement Todorat , et toute sen-r sibilité de la pituitaire.

Ne dirait-on pas que ces cas authentiques, recueillis publiquement dans les hôpitaux de la capitale, sont la répétition exacte de mes expé*^ riences, et n'en rendent-ils pas les résultais beau^ coup plus probables?

L'odorat s'exerce ordinairement dans le moment où l'air traverse les fosses nasales en se dirigeant vers les poumons. Il est rare que nous percevions les odeurs dans le moment où l'air s'échappe de ce viscère ; cependant cela se rencontre quelquefois , par exemple dans les maladies orga^ niques du poumon.

Le mécanisme de l'odorat est des plus simples ; il faut seulement que les molécules odorantes soient arrêtées syr la pituitaire, particulièrement dans les endroits où elle reçoit les filets du nerf crlfactif. Comme c'est précisément dans la partie

FaiU

pathologiques

relatif» aux

nerfs de

l'odorat. .

Mécanisme de L'odorat.

MécanUme Supérieure des fosses nasales que les routes de

de l'odurat, -,. , i/. i i i'. i

1 air sont les plus étroites et les plus enduites de mucus, il est naturel que ce soit là que les molécules s'arrêtent. Quant à l'utilité du mucus , ses propriétés physiques paraissent telles» qu'il ft une plus grande affinité a?ec les molécutes odorantes qu'avec l'air; il les sépare de ce fluide, et les arrête sur la pituitaire , où elleé produisent l'impression des odeurs : aussi est^il très*important pour rexercice de l'olfaction, que le mucus nasal conserve les mêmes propriétés physiques ; toutes les fois qu'elles sont changées, comiqe on le remarque dans les différents degrés du coryza, l'odorat ne s'exerce point, ou se fait d'une manière incomplète ( i ). Q'après ce que nous avons dit sur la distribution dçs nerfs olfactifs et branches de la cinquième paire dans les cavitéii nasales, il est évident que les odeurs qui parviendront i la partie supérieure de ces cavités, seront plus aisément et plus vivement perçues : aussi modifionsnous l'inspiration de n:ïanière que l'air se dirige Ters ce point lorsque nous voulons sentir plus

(i) CeUe explication est, au premier aperçu, satisfaisante : cepeadant, eu rexaminaat de près, on voit qu'eDe repose sur plusieurs suppositions gratuites : telle est PafBnIté des odeurs pour le mucus nasal, le dépôt des molécules odorantes sur la pituitaire, etc.

du nez.

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exjictement l'odeur d'un corps. C'est pour la même raison que les priseurs de tabac cherchent à porter cette substance vers la voûte des fosses nasilles. Il semble que la face interne des cpi'uets est très-bien disposée pour arrêter les odeurs au m<H ment du passage de l'air ; et, comme la sensibilité y est très-grande, nous sommes portés à croire que l'olfaction s'y exerce » quoiqu'on ne puisse suivre jusque-là les ûlets de la première ni de la ' dnquiÀme pajre.

Les physiologistes n'ont point encore déterminé Usage les usages du nez dans l'odorat $ il parait destiné à diriger l'air chargé d'odeurs vers la partie supé*rieure des fosses nasales. Les personnes dont le nez est difforme 9 surtout celles qui l'ont écrasé, celles qui ont des narines petites, dirigées en avant, ont ordinairement l'odorat presque nul. La privation du nez, par maladie ou par accident, entraine le plus souvent la perte de l'odorat. Suivant la remarque intéressante de Béclard, on rétablit ce sens chez les individus qui sont dans ce cas, en leur adaptant un nez artificiel.

Quel est l'usage des sinus? Celui de fournir en usages des partie le mucus nasal est le seul qui soit généralement connu. Les autres usages qu'on leur a attribués, savoir de servir de dépôt à l'air chargé d'effluves odorantes, d'augmenter l'étendue de la surface sensible aux odeurs, de recevoir une portion d'air quand nous inspirons, pour mettre en jeu

smus.

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l*odorat, etc., ne sont rien moins que certains. i\ est positif du moins que ces cavités ne sont pas aptes à recevoir des impressions de la part des odeurs ; des lésions maladives l'ont montré pour rhomme , et Texpérience directe sur les animaux donne le même résultat.

Aciion des X^es vupeurs et les gaz paraissent agir à la ma* Ui^t gui »ur u mère des odeurs sur la pituitaire. Le mécanisme en doit être cependant un peu différent. Les corps réduits en poudre assez grossière ont aussi une action très-forte sur cette membrane , leur premier contact même est douloureux; mais Hiabitude finit par changer la douleur eu plaisir, comme on le voit pour le tabac. On se sert» en médecine, de cette propriété de la pituitaire pour exciter instantanément une douleur trè^vive.

11 ne faut pas négliger, dans rhistoire de l'odorat. Tusage des poils qui garnissent les narines et rentrée des fosses nasales; peut-^tre sont-îk destines à s Cf^poser à ce que les corps étrangers répandus dans 1 aùr parviennent jusque dans les fosses nasales. Us auraient ainsi beaucouqp d'à k^gie de fonctions avec les cils et les poils qui g; uissent le conduit auditif.

•joo>^ ^- L^apparteil oiàctif est peu de^iîloppé à la

J!* saace ; ks ca^it^s nasales* les lilners cornets exis-

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lent à peine, les sinus n'existent pas, et cependant il parait que rolfactîon a lieu. Je crois avoir reconnu que les enfants, peu après leur naissance, exercent l'odorat sur les aliments qu'on leur présente. Avec les progrès de Tâge, les cavités nasales se développent , les sinus se forment , et , sous ce rapport, l'appareil olfactif se perfectionne jusqu'à la vieillesse. L'odorat se maintient jusqu'aux dernijers moments de la vie , à moins de lésions particulières de l'appareil, telles que des modifications dans la sécrétion du mucus , modifications qui surviennent assez souvent.

. L'odorat nous donne des notions sur la com- usages de position des corps, et surtout sur celle des aliments. En général, un corps dont l'odeur est désagréable est un aliment peu utile, souvent même dangereux. La répugnance extrême que nous inspirent les odeurs nées des matières végétales ou animales en putréfaction, est up avertissement bien salutaire, puisque ces matières et surtout les animales sont puissamment délétères , et sont fréquemment la cause de maladies épidémiques et meurtrières.

Ce sens est en outre la source d'une foule de sensations agréables, qui ont une Influence marquée sur l'état de l'esprit et l'énergie des oifganes générateurs. Beaucoup d'animaux paraissent avoir l'odorat plus fin que le nôtre.

l'odorat.

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