‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 28 sur 39 · V- utai · texte numérisé non relu

V- utai

Derme ou ckorion.

Épide

ntie.

bE PHYSIOLOGIE. l 79

OU ckorion, couche fibreuse, |d épaisseur différente, suivant les parties qu'elle recouvre ; elle adhère à ces parties tantôt par du tissu cellulaire plus ou moins serré, tantôt par des brides fibreuses. Le chorion est presque toujours séparé des parties sous-jacentespar une couche plus ou moins épaisse, qui sert dans l'exercice du toucher.

Le côté externe du chorion est recouvert par Tépidenne , matière solide , sécrétée par la peau. L'épiderme ne doit point être considéré corn me une membrane ; c'est une couche homogène, adhérente par sa face interne au chorion, et percée d'ud nombre infini de petite trous , dont les uns laissent passer les poils, et les autres la matière de la transpiration cutanée , en même temps qu'ils servent à l'absorption, dont la peau est le siège. Ces derniers sont nommés les pores de la peau.

Il faut remarquer , relativement à l'épiderme , Propriétés de qu'il est insensible, qu'il ne jouît d'aucune des ^^' *^'"**^' propriétés de la vie , qu'il n'est point sujet à la putréfaction , qu'il s'use et se répare continuellement, que son épaisseur augmente ou diminue selon le besoin ; on le dit inattaquable par les organes digestifs.

La connexion de l'épiderme au chorion est intime, et cependant on ne peut douter qu'il n'y , ait entre ces deux parties une couche particulière, dans laquelle se passent des phénomènes importants. L'organisation de cette couche est encore peu

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cinnthe «ituéc connuc. Malpîghi croyait qu'elle est formée par un

ontrelcdenne .1. 1 it - » r 1

et l'épidcrmc. Diucus particulier, dont 1 existence a ete long-teraps admise 9 et qui portait le nom de corps muqueux de Malpighi. D'autres auteurs Tont considérée, avec plus de raison, comme un réseau vasculaire (i) ; Gall l'assimile, par un vrai paradoxe, à la matière grise qu'on remarque dans plusieurs endroits du cerveau. M. Gautier , en examinant avec attention la face externe du derme, y a remarqué de petites saillies rougeâtres, disposées par paires : on les aperçoit très - aisément quand le chorion est mis a nu par l'action d'un yésicatoire. Ces petits corps sont disposés régulièrement à la face palmaire de la main et à la plantaire du pied. Ils sont sensibles , et se reproduisent quand ils ont été arrachés. Us parais- ' sent essentiellement vasculaires. €e sont ces corps que l'on a long-temps nommés, sans les avoir éturapiiiesde (Ji^g avcc soîu, Ics papUUs de la peau. I^'épiderme est percé, vis-à-vis leur sommet, d'une petite ouverture, par laquelle on voit s'échapper de petites gouttelettes de sueur lorsque la peau est exposée â une température un peu élevée. La peau .contient un grand nombre de follicules sébacés ; elle reçoit beaucoup de vaisseaux, et une très- grande quantité

(]) On voit distinctement sur les cadavres, à la face externe du chorion, des vaisseaux très-nombreux, très-fins, el remplis de sang, dans les points où des vésicafOires ont élè appliqués quelque temps avant la mort.

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de uerfsy particulièrement aux points de cette meinbraue qui doivent concourir au toucher. On ignore complctc'ment la n>auière dont les nerfs se terminent dans la peau ; tout ce qui a été dit des papilles nerveuses cutanées est hypothétique.

L'exercice du tact et du toucher est favorisé par Condition» le peu d'épaisseur du derme, une température un *'ï'ê loLcUcr!' peu élevée de ratmosphère, une transpiration cutanée abondante , ainsi qu'une certaine épaisseur et une certaine souplesse de Tépiderme. Lorsque les dispositions contraires existent , le tact et le toucher sont plus ou moins imparfaits.

Jusqu'ici les physiologistes avaient considéré tous les nerfs comme pouvant concourir au tact, et même au toucher , cette idée est loin d'être exacte ; l'expérience montre, au contraire, qu'un grand nombre de nerfs ne paraissent pas doués de cette propriété 9 et, dans le même nerf, tous les fdets ne la présentent pas; par exemple : la plupart des nerfs qui naissent de la moelle épinière ont deux sortes de racines, les unes antérieures, et les autres postérieures ; ces dernières seules paraissent servir au tact des organes du tronc et des membres.

Mécanisme du tact.

Le mécanisme du tact est extrêmement simple ; Exercice il suflit que les corps soient en contact avec la peau

iSz PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

pour que nous acquérions aussitôt des données plus ou moins exactes sur les propriétés tactOes des corps.

Utilité Le tact nous fait particulièrement juger de la

température. Lorsque les corps nous enlèvent du calorique, nous les nommx)ns froids; lorsqu'ils nous en cèdent, nous les disons chauds; et selon la quan* tité de calorique dont ils nous prirent ou qu'ils nous donnent , nous déterminons leurs différents degrés de chaleur ou de refroidissement Cependant les jugements que nous portons sur la température sont loin d'être rigoureusement en rapport avec la quantité de calorique que les corps nous cèdent ou nous enlèvent ; nous y mêlons à notre insu une Erreqr4 comparaisou avec la température de Tatmosphère, ufcmpérttwe en sorte qu'un corps plus froid que le nôtre, mais du corpf. pj^g chaud que l'atmosphère, nous paraîtra chaud, quoique réellement il nous enlève du calorique quand nous le touchons. C'est la raison pour laquelle les lieux dont la température est uniforme, comme les caves, les puits, nous paraissent froids en été et chauds en hiver. La capacité des corps pour le calorique influe aussi sur les jugements que nous portons sur la température ; témoin la sensation différente que causent le fer et le bois, quoique à la même température.

Sensations Un corps asscz chaud pour décomposer chimitli^coiprtrK.' quement nos organes produit la sensation de la """""S'^*' brûlure. Un corps dont la température est assez

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basse pour absorber promptemenl une grande proportion du calorique d'une partie, produit une sensation analogue : on peut s'en assurer en touchant du mercure congelé.

Les corps qui ont une action chimique sur Tépiderme, ceux qui le dissolvent, comme les alcalis caustiques et les acide^ concentrés, produisent une iaipression facile à reconnaître, et qui peut servir à distinguer ces corps.

ToU8 les points de la peau ne sont pas douéa du même degré de sensibilité; de manière qu'un corps, appliqué successivement sur divers points de la surface du système cutané, produira une série d'impressions différentes.

Les membranes muqueuses jouissent d'un tact très-délicat. Qui ne connaît la grande sensibilité des lèvres, de la langue, de la conjonctive, de la pituitaice, de la muqueuse, de la trachée artère, de l'urètre, du vagin, etc. î Le premier contact des corps qui ne sont pas naturellement destinés à toucher ces membranes, est d'abord douloureux, mais cet effet change bientôt par le pouvoir de l'habitude.

Le tact de ces parties s'exerce même sur les vapeurs ; qui ne sait que les vapeurs ammoniacales ou acides affectent douloureusement la conjonctive, le larynx, etc. ? Ce phénomène a une analogie évidente avec l'odorat.

Actions (les

corps qui

dissuivent

IVpidcrme.

Tact des muqueuse».

Analogie

du tAct et|de

l'odorat.

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Mécanisme du toucher.

Dispositions Chcz Thommc, la inaîn est l'organe principal dip

avantageuses n

de la main toucher ; toutes ks circonstances les plus avantatoucher, vgeuses S y trouvent reunies. Lepiderme y est mince, poli et très-souple, la transpiration cutanée abondante, ainsi que là sécfétlon huileuse. Les bourgeons vasculaires y sont plus nombreux que partout ailleurs. Le chorion n'y a pas une épaiis- ' seur trop considérable ; il reçoit beaucoup de vaisseaux et de nerfs ; il est adhérent à l'aponévrose sous-jacente par des bride» fibreuses, et il est sou- • tenu par du tissu cellulaire graisseux, fort élasti-^

que. C'est à l'extrémité ou à la pulpe des doigts que toutes ces dispositions sont à leur plus haut degré de perfection ; les mouvements de la main sont faciles, très-multiplîés, tels enfin que cette partie peut s'appliquer à tous ks corps, quelle que soit l'irrégularité de leur figure.

Gomment la Tant quc la main reste immobile à la surface

main exerce ^ n > • i

le toucher, d uu corps, elle n agit que comme organe du tact. Pour exercer le toucher, il faut qu'elle se meuve, soit pour parcourir leur surface, afin de nous en indiquer la forme, les dimensions, etc. ; soit pour les comprimer,, afin d'acquérir des notions sur leur consistance, leur élasticité, etc.

Quand un corps a des dimensions considérables, nous employons la main tout entière pour le ton-

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cher; si, au contraire, le corps est très-peu volu- Gomment la mineux, nous le touchons avec rextréraité des doigii'serrau doigts. La faculté qu'a rhooime d'opposer les doigts ^^^^ ^' . par leur pulpe, lui donne, sous ce rapport, un grand avantage sur les animaux.

Relatiyement au toucher le calorique joue le même rôlf^ que la lumière par rapport à la vue. 11 nous fait connaître la présence et certaines propriétés des corps, bien qu'ils se trouvent souvent très-éloignés de nous ; et de même que cela afrive pour la vue, nous reportons instinctivement à distance l'impression qui s'effectue au contact. ,

Dès la plus haute antiquité on a donné au toucher une grande prépondérance sur les autres sens; quelques philosophes ont été jusqu'à dire qu'il était la cause de la raison humaine. Cette idée s'est maintenue jusqu'à nos jours ; elle a reçu même une extension remarquable dans les écrits de Condillac^ de Buffon et des physiologistes modernes. BuffoD, en particulier, donnait au toucher une telle importance , qu'il croyait qu'un homme n'avait beaucoup plus d'esprit qu'un autre, que pour avoir fait^ dés sa première enfance, un plus prompt et plus grand usage de ses mains. On ferait bien^ dit-il, de laisser aux enfants le libre usage des mains dès le moment de leur naissance (i).

(i)Ii existe en ce moment, à Paris, un jeune artiste peintre, qui n'a aucune trace de bras, d'avant-bras, ni de main ;

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coupés, brûlés, déchirés sans que nous en soyons avertis par aucune sensation.

Un fait pour ainsi dire incroyable, d'après- les

idées admises, c'est que plusieurs nerfs paraissent

être dans le même cas que les tendons, aponé-

N«if« vroses, etc. Ils sont insensibles à tous les excitants

inscDsililcs

mécaniques; tels sont la première, la seconde, la troisième, la quatrième, la sixième et' la portion molle de la septième paire de nerfs, les branches et les ganglions du symphatique ( i ). [Voy. le détail de înes expériences à ce sujet dans mon Journal de Physiologie^ tom. IV. )

(i) Quant à la portion dure de la septième paire ou nerf facial, il est dans une position toute particulière, il ne paraît pas être sensible par lui-même; cependant s'il est mis à im sur un animal vivant, il donne des indices non équivoques de sa sensibilité; mais un de mes anciens collaborateurs^ maintenant prq^fesseur de physiologie à Copenhague, M. Eschriht, a prouvé, par plusieurs expériences très-finement conduites, que si ce nerf est sensible U le doit, comme toutes I^ parties de la face, li rintégrité de la cinquième paire ; ce fait remarquable découlait aussi d'une expérience que j*aî faite,

et qui consiste à couper le tronc des deux cinquième paire dans le crûne : alors toute la face perd sa sensibilité; par conséquent celle de la septième paire y est comprise; mais l'idée de faire ressortir celte conséquence ne m'était pas venue. Il est heureux pour la science que mon sayant confrère y ait songé, et qu'il en ait fait un sujet spécial de recherches. Cela nous a valu un bon mémoire. ( Foyez mon Journal de Physiologie. )

L'insensibilité des organes fibreux n était poifit Expériences

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