‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 29 sur 39 · A ^ ^ 1 <^c Haller sur · texte numérisé non relu

A ^ ^ 1 <^c Haller sur

connue des anciens ; ils envisageaient toutes les les parties

• • Il i - .1 AA • insensibles.

parties blanches comme nerveuses, et leur attribuaient les propriétés que nous savons maintenant n'appartenir qu'à un ordre distinct de nerfs. C'est aux expériences de Haller et à celles de ses disciples que nous sommes redevables de savoir qu'entre tous les tissus fibreux blancs les nerfs seuls sont sensibles (i) ; cet utile résultat devait avoir une grande influence sur les progrèjs récents de la chirurgie. En effet, avant de connaître cette, conséquence inattendue d'expériences directes, ce que redoutaient le plus les opérateurs, c'était de léser des parties blanches. Aujourd'hui elles sont intéressées sans aucune crainte. N'eussions-nous que cette preuve de la grande utilité des expériences physiologiques sur les animaux vivants, il me sembje qu'il serait difficile de ne pas l'accorder. Combien de malheureux ont dû la vie à cette sécurité des chirurgiens l

Le fait que j'ai été assez heureux pour découvrir, savoir que, parmi les nerfs , il eo est qui égalent les tendons, les aponévroses, les cartilages pour l'insensibilité complète, n'aura pas, je l'espère, une

(1) J'ai remarque cependant plusieurs fois, dans mes expériences^ que la partie de la dure -mère qui forme les parpîs du sinus longitudinal' supérieur, était d'une sensibilité non douteuse.

igO PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

moindre influence sur les progrès futurs de la chirurgie.

Sensations spontanées.

Besoins, désirs.

Sensations

Sensations Suus Tintervention d'aucune cause externe, tous

spontanées. , . . r* . i f i

les organes peuvent spontanément développer en nous un grand nombre d'impressions diverses.

Elles sont de trois espèces. Les premières naissent quand il est nécessaire que les organes agissent ; on les nomme besoins , désirs instinctifs : telles sont la faim, la soif, le besoin d'uriner, celui de respirer, les appétits vénériens, etc., etc.

Les secondes ont lieu pendant l'action des orsnênH'actwn gancs ; cUcs sout souvcut obsclires, quelquefois des organes, ^rès-vives. De ce nombre sont les impressions qui

accompagnent les diverses excrétions, comme celle du sperme, de l'urine, du lait. Telles sont encore les impressions qui nous avertissent de nos mouvements, des périodes de la digestion : les rêves, la pensée elle-même se rattachent à ce genre d'impression.

La troisième espèce de sensations internes se développe quand les organes ont. agi. A cette espèce appartient le sentiment de la fatigue, variable dans les différents appareils de fonctions.

11 faut ajouter à ces trois espèces d'impressions celles qui se font sentir dans les maladies : celles-

Fatigue.

ci sont infiniment nombreuses et variées ; leur étude approfondie est indispensable au médecin.

Toutes les sensations venant du dedans, naissant presque toujours indépendamment de l'action des corps extérieurs, ont été désignées collectivement par la dénomination de sensations internes, ou sentiments.

Leur considération avait été négligée par les métaphysiciens du siècle dernier; mais cette étude a été, de nos jours, l'objet des méditations de plusieurs auteurs distingués, particulièrement de Cabanis et de MM. Destutt-Tracy et Thurot; leur histoire est une des parties les plus curieuses de l'idéologie.

Sensations spontanées aurant les maladies.

Du prétendu sixième sen^.

Buffon, en parlant de la vivacité des sensations agréables qui sont produites par le rapprochement des sexes, a dit, dans un langage figuré, qu'elles déptîndaient d'un sixième sens.

Les magnétiseurs, et surtout ceux d'Allemagne, parlent beaucoup d'un sens qui est présent dans tous les autres, qui veille quand ceux-ci dorment, qui est surtout développe dans les individus somnambules : il donne à ces personnes le pouvoir de prédire les événements. Cesens^qui forme l'instinct des animaux, leur fait pressentir les dangers pro' ckains. Il réside dans les os^ les viscères^ les gan--

Duszièmc sens.

glions et les plexus nerveux. Répondre à de semblables rêverîeSj serait à coup sûr perdre son temps,

Ayant découvert dans Tos incisif des animaux un organe particulier, M. Jacobson a soupçonné qu'il pouvait être la source d'un ordre distinct de sensations, sans en donner d'ailleurs aucune preuve.

Enfin la faculté qu'ont les chauves*souris de se diriger, en volant, dans les lieux les plus obscurs, avait fait penser à Spallanzani et à M* Jurine, de Genève, que ces animaux étaient doues d'un sixième sens; mais M. Guvier a fait voir que cette faculté de se conduire ainsi dans l'obscurité devait être attribuée au sens du toucher.

If n'existe donc pas de sixième sens.

DES SENSATIONS EN GÉNÉRAL (l).

Considéra- Lcs scusatious formcut la première partie delà *'^ie8 suHes*' ^îc dc relation ; elles établissent nos relation^ passives avec les corps environnants, et avec nousmêmes. Cette expression de passives, comme on le sentira aisément, n'est vraie qu'en un certain sens; car les sensations, de même que les autres

(1) Les considérations générales étant fondées sur la connaissance des faits particuliers, nous les placerons toujours après l'exposition de ceux-ci : cette marche est conforme au mécanisme de la formation des idées.

sensations.

sensationii*

DE PHYdlOIOGIE. \g3

fonctions de Téconomie, sont le résultat de Taction des organes, et par conséquent essentiellement actives.

Tout ce qui existe peut agir sur nos sens ; nous Causeï deB ne sommes instruits positivement de l'existence des corps que par ce moyen. Tantôt les corps agissent directement sur nos organes, tantôt leur action s'établit par le secours de corps intermédiaires, tels que la lumière, les odeurs, etc.

La plupart des corps peuvent agir sur plusieurs de nos sens; d'autres, au contraire, n'ont d'influence que sur un seul.

Les appareils de sensations, ou les sens, sont formés, i"" d'une partie extérieure qui possède des propriétés physiques en rapport avec celles des corps ; 2"" de nerfs qui reçoivent les impressions et les transmettent au cerveau.

La partie extérieure des appareils de la vue et de l'ouïe est très -compliquée; celle des trois autres sens est beaucoup plus simple : mais, dans tous, l'état physique de cette partie a une telle influence, que la moindre altération de cet état jette un trouble marqué dans la fonction.

Des nerfs.

Les nerfs, qui forment la seconde partie des appareils d« sensation, sont des organes essentiels des sens.

194 PKCCIS SLÉHENTÀIKE

Tous les nerfe ont deux extrémités : l'une est confondue avec la substance du cerveau ; l'autre est disposée diversement dans les oi^anes. Ces deux extrémités ont été tour à tour nommées ari- <v qw*oo ^in^ ou tfnmnaisoM des nerfs. Les uns disent que oris;mr ei tous les uerfs naissent du cerveau et se terminent ii<>^ mif». aux organes ; les autres pensent, au contraire, que les nerfs naissent des organes, et quils forment le cerveau en se réunissant. Ces expressions sont inexactes et donnent une idée fausse; elles ne peuvent être utiles que dans la description des oi^anes ; et comme on pourrait aisément les remplacer sans nuire à la clarté, peut-être serait-il à désirer qu'on les abandonnât ; car il est évident que les nerfs ne forme 9U pus plus le cerweau par ieur réunion^ que le cerveau ne donne naissance aux nerfs. Par ces termes, on exprime d'une manière métaphorique la disposition des deux extrémités de chaque nerf. i\(rr«i;t.* L cxtremîté orrel^raiedvs nerfs présente des filao^K ^ *" ments très-deliés , qui se confondent avec la substance du cerceau; à peu de distance du point où Ton commence à les apercevoir, ces filaments se réunissent et forment le nerf.

Il existe des différences marquées entre les nerfs: les uns S4>nt arrondis, ceux4à sont aplatis; d'autres ><>nt comme canntrles sur leurs côtes; un grand nombre sont longs, plusieurs sont très -courts, quelques-uns sont mous. d*autres ofient une tr?ujvîte dt* tissu remanjual U\ Ou peut dire que.

DE PHYSIOLOGIE. igb

pour la forme, la couleur, etc., il n*y a pas deux uerfs quî se ressemblent entièreipent. En général, ces organes sont placés de manière à n'être exposés que rarement à des lésions qui viendraient de causes extérieures.

En se portant yers les diverses parties, les nerfs Extrémiic se divisent en branches, rameaux, ramuscules; def^neS^!^ ils fipissent dans l'épaisseur des organes par des filaments tellement fins , qu'ils ne peuvent plus être aperçus , même à l'aide des instruments d'optique. Les nerfs communiquent entre eux', s anastomosent, et forment ce qu'on appelle des plexus. •

A l'exception du nerf optique, dont on peut voir facilement l'extrémité organique, et du nerf acoustique, sur lequel on a quelques notions, on ignore absolument la disposition des extrémités des filaments nerveux dans le tissu des organes. On a beaucoup parlé des extrémités ou papilles nerveuses^ on en parlé même encore dans les explications physiologiques; mais tout ce qu'on a dit sous ce rapport est purement imaginaire. Il est facile de démontrer que les corps qui ont été et qui sont encore ndmmés papilles nerveuses , n'en sont point.

Les nerfs sont en général formés par des fda- organisaiion ments excessivement déliés, qui probablement se réduiraient en filaments plus fins encore si nos moyens de division étaient plus parfaits. Ces fila-

uients, qui ont été nommés fibre$ nerveuses^ communiquent fréquemment entre eux, jet affectent dans le corps des nerfs une disposition qui est en petit ce que sont en grand les plexus. On croit généralement que chaque fibre est formée par une enveloppe (nevritème), et par une pulpe centrale, semblable, par sa nature, à la substance cérébrale. Je croîs hypothétique ce. qu'on dit à cet ëTgard. J*ai fait tous mes efforts pour répéter les préparations que les anatomistes conseillent pour voir cette structure, je n^ai jamais pu parvenir à la reconnaître. La seule ténuité des fibres nerveuses nie parait une objectionpuissante. Comment, quandon peut à peine, àraide du microscope, apercevoir la fibre elle-même, et que Ton peut très-raisonnablement la supposer formée par la réunion de fibres plus petites; comment, dis-je, y distinguer une cavité remplie par une pulpe? Il y a quelques années un préparateur d'anatomie fort habile, M. Bogros, a cru être parvenu à injecter les nerfs avec du mercure par une forte pression, mais il était seulement arrivé à faire marcher Tinjectiori sous le nevrilème commun à plusieurs fibrilles nerveuses (1}-.

(1} J*aîvuune seule fois, au centre du nerf interne du pénis d'un cheval, Tapparence d'un canal. Persuadé que cette apparence se montrerait sur d'autrcsche vaux, j'avais fait mes préparatifs pour en tenter l'injection, mais elle ne s'est plus montrée à mon observation et n'était probablement qu'accidentelle.

Quelle que soit la disposition physique de la substance qui forme le parenchyme des fibres nerveuses, il est certain qu elle a les mêmes propriétés chimiques que la substance cérébrale, et que chaque nerf reçoit des artérioles nombreuses, relativement à son volume, et qu'il présente des radicules veineuses en nombre proportionné.

La branche postérieure de tous les nerfs qui Ganglion

- de la brandie

naissent de la moelle de Tépine offre, non loin du sensible des point où elle se réunit avec la branche antérieure, "^ ^ *^* an renflement qui est appelé ganglion. Ces corps, d'une couleur, d'une consistance et d'une structure tout- à -fait différentes de celles des nerfe^ n'ont aucun usage connu. Le nerf de la huitième paire, au moment où il sort du crâne, présente assez souvent un renflement de ce genre. Le nerf de la cinquième paire a lui-même un très- gros ganglion pour sa branche' supérieure. Ces divers ganglions méritent aujourd'hui l'attention particulière des physiologistes ; leur étude sur les animaux vivants peut conduire à des découvertes importantes ; en général ces ganglions appartiennent aux nerfs qui sont plus particulièrement destinés à la sensibilité générale.

Du mécanisme ou. des explications physiologiques '

des sensations.

Les explications physiologiques des sensations

consistent dans l'application plus ou moins exacte des lois de la physique, de celles de la chimie, etc. , aux propriétés physiques que présente la partie des appareils placés au-devant des nerfs, comme on a dû le remarquer dans l'histoire particulière de chaque sensation. Dès rinstant qu'on arrive aux usages des nerfs dans ces fonctions, il n'y a plus aucune explication à donner : il faut s'en tenir rigoureusement à l'observation des phénomènes.

coDjectures Cette couséquencc , bien facile à déduire, ne

cl hvpoUièsef , ^

$ur le parait avoir ete sentie que par un petit nombre de>5^ D^aUoas. d auteurs , et même elle n est exprimée qu assez vaguement dans leurs ouvrages. Dans tous les temps, on a cherché à expliquer cette action des nerfs. Les anciens considéraient ces organes comme les conducteurs des espriis animaux. A l'époque où la physiologie était dominée par les idées de mécanique, on envisageait les nerfs comme des cordes vibrantes, sans réfléchir qu'ils n'ont aucune des conditions phy^ques nécessaires pour vibrer. Quelques hommes de mérite ont imaginé que les nerfs étaient les conducteurs et même les organes sécréteurs d'un fluide subtil, qulls ont nommé nerveux ' d'après eux, c'est au moyen de ce fluide que les sensations sont transmises au cerveau. Dans ce moment, où la direction des esprits est [>ortée vers Tétude des fluides impondérables, cette •>piniou compte un assez «rand nombre de sectateurs. Je connais de:> snrants «piî honorent n4»tre

siècle par leurs lumières, et qui ne sont pas éloignés de croire que Télectricité joue un grand rôle dans les sensations et les autres fonctions ; mais croire ou ignorer n'est-ce pas la même chose? Prétendre expliquer les sensations en Jes rapportant à une propriété vitale qu'on appelle animale, percevante,

relative, etc. , c'est avoir recours au mode d'explication le plus vicieux : car ici on change seulement le mot qui exprime la chose, et la difficulté n'est pas même reculée.

Sans, qu'il faille rien préjuger, nous rangeons l'action des nerfs parmi les actions vitales, qui, comme on l'a vu au commencement de cet ouvrage, ne sont susceptibles, dans l'état actuel de la sciience, d'aucune explication.

Mais est-il bien certain que les nerfs soient des agents indispensables des impressions reçues par les sens? L'observation et l'expérience le démontrent d'une manière péremptoire.

Un homme reçoit une blessure qur intéresse uti tronc nerveux, la partie où ce nerf se distribue devient insensible. Si le nerf optique est celui qui a souffert, l'individu devient aveugle; il devient sourd si c'est le nerf acoustique quia été lésé.

On produit à volonté ces effets sur les animaux, en coupant, ou simplement en liant ou comprimant les nerfs. Lorsqu'on enlève la ligature, ou lorsqu'on cesse de comprimer ce nerf, la partie reprend la sensibilité qu'elle avait auparavant.

sensibles.

aoO PRECIS ELEMENTAIRE

Expériences SuT Thomine, comme sur les animaux^ la blessur les nerfs, g^^^ d'un ncrf pioduit des douleurs horribles. Enfin, toutes les maladies qui altèrent, même légèrement, le tissu des nerfs, influent manifestement sur leur fonction d'agent des sensations.

La science a fait récemment, sous le rapport des fonctions des nçrfs , des progrès remarquables. Au moyen des notions nouvelles, plusieurs idées anciennes doivent être réformées. [Voyez mon Journal de Physiologie.)

11 est devenu, par exemple, indispensable de distinguer les nerfs en sensibles^ et en insensibleê. iVerfs Les nerfs sensibles ont pour caractères anatomi-

ques, d'offrir un ganglion non loin de leur orîgîne. Ces nerfs se composent ; i** de la branche supérieure de la cinquième paire, qui donne la sensibilité à la peau et aux-^ membranes muqueuses de toute la partie antérieure de la tête ; a^ des nerfs qui résultent de la réunion des racines postérieures des nerfs rachidiens ; ils donnent la sensibilité à la peau du cou, du tronc, et des membres, et à presque tous les organes de la poitrine et de Tabdomen ; 5"* de la huitième paire, qui préside à la sensibilité du pharynx, de l'œsophage, du larynx et de l'estomac^ 4* du sous-occipital ou dixième paire, qui préside à la sensibilité de la partie postérieure de la tête, et en partie à celle du pavillon de l'oreille.

J'ai prouvé, par l'expérience , que si ces difTé-

rents nerfs sont coupés près de leur origine , les parties où ils vont se répandre perdent toute sensibilité.

Les nerfs que Ton peut regarder comme insemi- ^^^^ btes, bien qu'il ne faille pas prendre cette exprès- *"*«n"î*'«»* sion dans un sens absolu , puisque parmi eux se trouvent les nerfs principaux des sensations spéciales de la vue et de rouïe» sont : les nerfs optique , olfactif et acoustique; mais on a vu que ces trois nerfs ont une sensibilité spéciale , qui est , en * très-grande partie, soumise à Tinfluence de la cinquième paire; cette influence d'un nerf sur l'action d'autres nerfs est neuve dans la science , et mérite toute l'attention des physiologistes.

Plusieurs autres nerfs paraissent aussi dépourvus de sensibilité; tels sont les troisième, quatrième et sixième, paises, la portion dure de la septième, avec des modifications particulières que j'ai indiquées plus haut; le nerf hypoglosse, et la branche antérieure de toutes les paires qui naissent de la moelle épinière.

Quand on coupe ces divers nerfs, les parties où ils se distribuent conservent la sensibilité; chez rhomme malade, quand ces nerfs sont seuls intéressés, plusieurs fonctions sont altérées ; mais la faculté tactile, et en général celle de sentir, ne paraît même pas diminuée. {Voyez mon Journal de Physiologie^ tom. III et IV.)

On ignore complctement Tutilitc des anasto-

!<IO:i PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

iiioses nombreuses qu'ont entre eux les nerfs; on ignore également quelles sont les -conséquenres qui résultent des communications des nerfs, des sensations avec les ganglions du grand symptathique : les suppositions qu'on a faites pour en expliquer Tusage, montrent assez que sur ce point la physiologie est encore à son berceau, ik u Jusqu'ici il n'a été question que des agents de

la sensation : parlons maintenant- du phénomène lui-même, faisons-en connaître les principaux caractères, et d'abord signalons les plus remarquables*

Toute sensation au moment même où nous réprouvons est rap)iortée à une cause extérieure ; nous saTons que l'impression ressentie rient de ce qui n est pas nous « ou comme diraient certains philosophes du momie exièrieury en sorte que sentir une impre$siou« est en même temps saToir : \o*» I* quelle nous vient «Tune cause; a* que cette i<l'*J^l!^^- cause nous est étrangère (i)- Ce merreiDeux résultat n*est pas l'œuvre isolée des organes spéciaux des sensations « c est le prem»»' comme le phis important des actes de rmieiligenee que je nomme msimetiftey, et par conséquent le produit

4 i<a.r c^iwdO.

métaphysique

df'une

seosatiuD.

de l'action combinée du cerveau et des organes des sens.

Conjecturer ce .qui se passe à Tintéricur du système neryeux tandis que nous éprouvons une sensation, eàt une tentative hors de la portée de Tesprît humain ; et cependant tel est notre besoin irrésistible de mettre des images partout où il y a obscurité, que nous avons dû représenter chaque Analyse sensation comme résultant du développement suc* cessif , mais ttès-ra()idé, d'un certain nombre de phénomènes, en sorte que dans toute sensation il y aurait : i* action de sa cause sur le sens ; â"" action du nerf pour transmettre; 3* impression reçue par le centre cérébral sentant ou le moi ; [\^ réaction instinctive qui nous fait reconnaître que la cause de la sen^'ation est hors de nous, quelquefois à une distance considérable , ayant comme agent intermédiaire Tair, la lumière ou la chaleur. Telle est l'image ou l'idée que les métaphysisiens se sont formée de toute sensation complète à laquelle un de nos plus savants idéologistes a consacré récemment le mot perception.

Mais cette analyse si fine, qu'elle serait parvenue à partager en plusieurs éléments une sensation, est-elle réelle? est -il' possible de prouver physiologiquement ces actes^'successifs du phénomène le plus instanJ:ané, le plus simple qui existe? Notre esprit, d'autant plus impatient du doute qu'il est plus ignorant, ne nous impose-t-il

204 PRIÉCIS ÉLÉMENTAIRE

point ce petit roman analytique pour, comme en bien d'autres circonstances, nous masquer notre ignorance, et peut-être l'absolue impossibilité d'atteindre jamais à concevoir, arec quelque apparence de vérité, de semblables résultats.

Dans la voie expérimentale, que nous cherchons à ne jamais abandonner, la sensation, et par conséquent sa relation établie avec sa catise extérieure, sont pour nous un seul et même phénomène indivisible en temps distincts ou en actes séparés. Il n'est pas moins possible que le système nerveux sente à sa surface qu'à son centre, si tant est qu'il en ait un; ce qui est au moins douteux, comme nous chercherons à le prouver par la suite.

Notre instinct Le même iustluct qui nous fait placer la cause Ttrouver "m ^^^ scusatious au dchors de nous, nous conduit ^laTausc^de^s^ cucorc à rechcrchcr quelle est cette cause et sensations, quels cu sout Ics caractèrcs. Arriver sur-le-champ à cette connaissance est un de nos plus pressants besoins et un de nos plaisirs les plus vifs ; aussi quand, par un concours de circonstances, ou par la nature de la cause de notre sensation , il ne nous est pas possible de la reconnaître, nous sommes dans une anxiété des plus pénibles, nous faisons tous nos efforts pour en* sortir ; et quand nous 7 parvenons , nous ressentons une satisfaction manifeste.

Les sensations sont vives ou faibles. La prc-

luière fois qu'un corps agit sur nos sens, il y produit en général une' impression vive. La vivacité de Timpression diminue si l'action des corps sur nos sens se répète ; elle peut même, par ce moyen, devenir presque nulle. C'est ce fait qu'on exprime en disant que l'habitude émousse le sentiment. L'intensité de l'existence se mesurant par la vivacité des sensations, l'homme en cherche continuellement de nouvelles, qui sont toujours plus vives : de là son inconstance, son inquiétude et son ennui, s'il reste exposé aux mêmes causes de sensations.

11 dépend de nous de rendre nos sensations et Nous pouvons plus vives et plus nettes. Afin d'y réussir, nous disposons les appareils sensitifs de la manière la plus avantageuse : nous ne recevons qu'un petit nombre de sensations. à la fojs, et nous portons sur elles toute notre attention ; ainsi s'établit une différence importante entre voir et regarder ^ ouïr et écouter. ^ La naême différence existe entre Vexercice ordinaire de l'odorat et V action de flairer j entre goûter et déguster 9 toucher et palper.

La nature nous a aussi donné la faculté de diminuer la vivacité des sensations. Ainsi nous fronçons les sourcils , nous rapprochons les paupières, quand l'impression produite par la lumière est trop vive; nous respirons par la bouche quand nous voulons nous soustraire à l'action d'une odeur trop forte, etc.

sensations plus vives et plus Dettes.

Relations réciproques

des sensations.

D'ailleurs, les sensations se dirigent, s'éclairent, se modifient, et peuvent même se dénaturer mutuellement. L'odorat semble être le guide et la sentinelle du goût ; le goût, à son tour, exerce une puissante influence sur l'odorat. L'odorat peut isoler ses fonctions de celles du goût. Ce qui plait à l'un ne plait pas toujours également à l'autre : mais comme les aliments et les boissons ne peuvent guère passer par la bouche sans agir plus ou moins sur le nez , toutes les fois qu'ils sont désagréables au goût, ils le sont bientôt à l'odorat, et ceux que l'odorat avait d'abord le plus forteipent repoussés, finissent par vaincre toutes ses répugnances quand le goût les désire vivement (1).

On sait, par des observations nombreuses, que la vivacité des impressions reçues par les sens ^"m?n*°'** augmente par la perte d'un de ces organes. Par nombreuses, exemple, l'odorat est plus fin chez les aveugles ou chez les sourds, que chez les personnes qui jouissent de tous leurs sens. Je crois cependant avoir remarqué que l'absence de l'odorat, qui se rencontre assez souvent, ne donne pas aux autres sens plus de finesse.

La science possède aujourd'hui l'histoire curieuse d'un jeune homme né sourd et aveugle; il

Les sensations sont d^antant plus vives

(1) Cabanis.

a été observé par un grand nombre de médecins et de philosophes.

Jacques Mitchel est né le 1 1 novembre 1 795, Histoire de sourd et aveugle àe parents intelligents. Il ne donne sourd et '

^ siveufrle do

aucun indice d'oufe ; cependant il éprouve du plai- naissance. sir à frotter des corps durs contre ses dents, il s'y complaît quelquefois durant des heures entières ; il distingue le jour de la nuit et les couleurs trèstranchées , le rouge, le blanc et le jaune. Dès sa jeunesse il s'est amusé à regarder le soleil à travers les fentes de la porte, et à allumer du feu. Ses relations avec les corps environnants sont principa- ^ lement établies par Todorat et le toucher ; à l'âgé de quatorze ans M. Wardrop lui fit l'opération de la cataracte sur l'œil droit, ce qui a légèrement amélioré sa vue imparfaite ; aujourd'hui (1818) il a moins recours à l'odorat, il manie les corps avec promptitude dans tous les sens , la tête penchée, semblable en cela aux autres aveugles. Son désir de connaître les objets extérieurs, leurs quantités et leurs usages, a toujours été très -vif ; il examine tout ce qu'il rencontre,* hommes, animaux, choses; ses actions in^diquent de la réflexion. Un jour lé cordonnier lui apporte des souliers trop petits; sa mère les enferme dans un cabinet voisin, etenretirelaclef. Quelques momens après Mitchel demande la clef à sa mère en tournant la main comme quelqu'un qui ouvre, et en montrant le cabinet; vsa mère la lui donne, il

Histoire de J. Mitcliel,

aftord et aveugle de naiisaocc.

ouvre , apporte les souliers , et les met aux pieds du jeune garçon qui raccompagne dans ses excursions, et auquel en effet ils allaient fort bien.

Dans son enfance , il flairait toujours les personnes dont il s'approchait en portant leurs mains à son nez, et en aspirait Fair; leur odeur déterminait son affection ou sa répugnance. Il a toujours reconnu les habits par l'odorat, et refusé de mettre ceux d'un autre. Les exercices du corps l'amusent.

Les traits de son visage sont très -expressifs, son langage naturel est d'un être intelligent. Quand il a faim il porte la main à la bouche, et montre l'armoire où les comestibles sont renfermés. Quand il veut se coucher, il incline la tête d'un côté sur sa main, comme s'il voulait la mettre sur Un oreil- ' 1er; il imite les gens de métiers pour les indiquer, tels que les mouvements d'un cordonnier qui tire le fil en étendant le bras, ou d'un tailleur en cousant. Il aime à monter à cheval ; il désigne cet exercice en joignant ses deux mains ensemble, et en les portant sous la plante d'un de ses pieds, sans doute pour imiter l'étrier. Il fait, comme tout le monde, les signes naturels de oui et non a^ec la tête. Il ne veut pas qu'on l'embrasse à la figure, et si sa sœur le fait en plaisantant , il s'essuie et se frotte d'un air mécontent. Il est remarquable que presque tous les signes qu'il invente sont calculés pour la vue des autres. Il parait connaître son in-

ni pitrsiOLOGîE. 26g

fériolrité à l'égard de ce senâ. Autrefois îl était accompagné d*4Jd petit garçofi dans ses excursions, il allait où il toulait; mais, rencontrant uh objet inconnu qui lui paraissait un obstacle , il attendait toujours rarriyée de soîl côtopagnon.

Il se rappelle facilement la signification des sigdes qu'on lui fait. Pour lui faire connaître le nombre de» jours, on lui incline la tête, comme signe qu'il doit *e coucher tant de fois avant que la chose se fasse. On lui témoigné du contente-^ ment en lui caressant l'épàùle ou le bras, et du mécontentement^' en frappant un coup liti peu sec ; il est sensible aux caresses et à la satisfaction de ses parents; il aime les jeunes enfants, et leé prend dans ses bras. 11 est tiaturellemenf bon, et n'offense personne ; cependant son humeur n'est pas égale. Quelquefois il aime qu'on badine aveè lui et il rit ^u% éclats. Un de ses plaisirs favoris est d'enfermer quelqu'un dans une chambre ou dans retable ; mais si on le contrarie trop , ou trop longtemps , il se fâche «t pousse des cris très-désagréàbles. En général , il parait contetit dé sa situatioii.

Il a du courage naturel; mais il à toujours agi avec prudence. Étant jeune , il voulait toujours aller plus loin qu'il n'était allé la veille. Un jour, il trouva en èon chemin un pont de bois étroit, qui était sur la rivière, près de là maison de son père j il se mit sur ses genoux et ses mains poiir y passer en rampant; son père, afin de l'intimider, I. ' 14

210 PRIGIS iliMENTllRE

envoie un homme pour le faire tomber dans l'eau à un endroit où il n'y ayait pas de danger, et pour le retirer à l'instant Cette leçon produisit l'effet désiré, et il n'y passa plus. Quelques années après il se souvint encore de cette punition. Un jour, étant mécontent de son petit compagnon , lorsqu'ils jouaient dans une barque attachée au rivage , il le plongea dans l'eau et le retira.

Concluons de cette narration abrégée que, si la vue et l'ouïe fournissent beaucoup de faits à l'intelligence, celle-ci peut arriver à un développement remarquable sans le secours de ces deux sens.

Il est iin autre résultat singulier et inattendu récemment donné par l'expérience : dans les conditions ordinaires de la vie, au moment de la naissance, les sens sont presque tous inhabiles à agir, mais ils se développent graduellement par l'exercice, et, à l'âge d'un an, l'enfant a la jouissance à peu près complète de ses cinq sens.

Mais il arrive quelquefois que certaines causes physiques s'opposent au développement d'un sens, et plus fréquemment de l'ouïe ; et si ces causes sont de nature à persister long-temps , les individus restent étrangers à toute idée de son : ce sont les sourds-muets de naissance. On a cru longtemps, et quelques médecins croient encore v<iu^ si l'art parvient à enlever l'obstacle qui s'oppose à l'ouïe, le sourd-muet se trouve dans le cas de l'enfant nouveau-né, et que son ouî#», se développant peu à

DE PUTftlOLOGIE. 2 1 I

peu par l'usage, finit par lui servir, comme aux autres hommes , de moyen de sensation, et surtout de moyen de communication avec ses semblables, et que Tacquisition d'un sens nouveau, k un âge où l'homme est en état d'apprécier sa situation, serait pour lui la source d'un grand bonheur; mais il n'en est rien. Il résulte d'observations récentes que des sourds-muets rendus à l'ouïe à l'âge de dix à quinze ans][n'ont attaché que fort peu d'importance à leur nouvel état, qu'ils n'ont cherché à en faire aucun usage , et qu'enfin ce «ens , trop tard acquis , est pour eux comme slls ne le possédaient pas. Us continuent à communiquer par gestes et ne prêtent aucune attention aux sons. Pour qu'un sourd de naissance puisse tfrer quelque parti de l'ouïe qui lui est donnée, il faut une longue et pénible éducatioa, et encore n'est-il pas démontré que jamais ces individus se servent de leur/ oreille comme un homme né avec ses cinq sens.

Les sensations sont agréables ou désagréable$ : les premières , surtout lorsqu'elles sont vives , forment le plaisir; les secondes constituent la douleur. Par la douleur et le plaisir, la nature nous porte à concourir à l'ordre qu'elle a établi parmi les êtres organisés.

Quoiqu'on ne puisse pas, sans sophisme, dire que la douleur n'est qu'une nuance du plaisir, il est cependant certain que les personnes qui ont épuisé toutes les sources de jouissances, et qui soat

Sourds <k

naissance

rendus à

l'ouie.

Douleur et plaisir.

ainsi devenues insensibles à toutes les sources ordinaires des sensations , recherchent les causes de douleurs et se complaisent dans leurs effets. Ne voit-on pas dans toutes les grandes villes des hommes blasés, dégradés par le libertinage, trouver des sensations agréables où d'autres éprouveraient des souffrances intolérables?

Caractère des 11 cst nécessàirc de remarquer que les sensations txteroes. quI Viennent des sens sont en général nettes, dis* tinctes : les idées et toutes les connaissances que nous avons sur la nature en résultent plus particulièrement.

Caractère des Les seusatious qui naissent du dedans, ou les'

sensations *■

internes, scutimcnts , uc présentent point ces caractères. En général, elles sont confuses, vagues, souvent même nous n'en apvons pas la conscience ; elles ne se gravent pas dans l'esprit , elles sont toujours plus ou moins fugitives surfout quand la santé est par^ faite.

Nos organes agissent-ils librement et selon les lois ordinaires de l'organisation, les sentiments qui en résultent sont agréables , peuvent même nous causer un plaisir très-vif; mais nos fonctions sontelles troublées , nos organes sont-ils blessés , malades, y a-t-il empêchement à leur action, lés sensations internes prennent une vivacité qui attire souvent notre attention au point de nous faire négliger les sensations extérieures; et, selon l'espèce d'empêchement ou de lésion , elles portent un

OB PHYSIOLOGIE. Ul5

caractère particulier. Ces sensations internes spontanées, nées dU'trouble de nos fonctions, c'est-àdire des maladies, sont extrêmement variées, et le plus fioUYcnt différentes de celles de l'état de santé. Nous éprouvons, comme pour les sensations externes , le besoin instinctif de les rapporter à une cause, et cette cause à un lieu; mais nous , .

nou& abusons le plus souvent, nous croyons le cjjû"é"***^^Jl jg, siège de la sensation dans une partie, et il est «^nsations

° r ' internes.

réellement dans une autre. A cet égard , il existe même des illusions tellement constantes , qu'elles sont un signe de certaine maladie. Ainsi , dans une lésion de la hanche, le malade souffre au genou ; une pierre dans la vessie fait souffrir au bout du gland. C'est pourquoi la douleur, et toutes les sensations qui accompagnent nos maladies, doivent être un objet important dans les * études du médecin (i].

Les nerfs qui se rendent directement au cerveau ou à la moelle épinîère , sont-ils les organes de transmission des sensations internes ? La chose est

(i) Après certaines opératiess de chirurgie il se développe des illusions singulières. Un amputé croit encore soufi'rir dans le membre qu'il a perdu. Un nez artificiel est-il fait aux dépens de la peau du front, dont on en renverse un lambiBau sur la face, où ilcontracte des adhérences, toutes les sensations- reçues, par cette portion de peau déplacée sont rapportées à sa situation prinxitive, c'est-ù-dire au front.

2l4 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

probable ; cependant les physiologistes de Tépoque

actuelle semblent accorder une part très-grande,

Le grand daus Cet usagc, à ce qu'ils nomment le nerf grand

esuf l'agent sympûthlque (i)* Peut-être ont-ils rencontré juste ;

des acnsatîoos internes F

(i) Le grand sympathicfue est-il un nerf? Les ganglions et les filaments qui en partent ou qui s'y rendent n'ont aucune analogie arec les nerfs proprement dits : couleur, forme, consiâlance, disposition, structure, propriétés de tissu, propriétés chimiques, tout est différent. L'analogie n'est pas plus marquée pour les propriétés vitales : pn pique, on ooupe un ganglion, on l'arrache même ; l'animal ne paraît point en aroir la conscience, et il ne se montre aucune contraction dans les muscles. J'ai souyent fait ces essais sur les ganglions du cou chez des chiens et des chevaux : de semblables opérations, faites sur des nerfs cérébraux sensibles, produiraient des douleurs tiffrenses, ou bien, si l'on agissait sur des nerfs non sensibles oudumourement, d'énergiques contractions. Qu'on enlère tous les ganglions du cou , et même les premiers ganglions thoraciques 9 on ne Toit pas qu'il en résulte aucun dérangement sensible et immédiat dans lés fonctions des parties même où l'on peut suivre les filets qui en naissent. Quelle raison donc de considérer le système des ganglions comme faisant partie du système nervieux ? Ne serait-il pas plus sage, et surtout plus utile aux progrès futurs delà physiologie, de convenir qu'en ce moment les usages du grand sympathique sont entièrement ignorés ? •

On est bien confirmé dans cette idée par la lecture des auteurs : chacun a sur ce point son opinion particulière. On voit, par exemple, les ganglions considérés comme des centres nerveux, comme de petits cerveaux, des noyaux de substance grise, destinés à nourrir les nerfs, etc. Si l'on

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fiiais il est impossible d'admettre cette opinion: elle n'est fondée sur aucun fait , sur aucune expérience positive.

Les causes qui modifient les sensations externes Causes qui

modifienl les

ou internes sont innombrables : 1 âge, le sexe, le seasatiom. tempérament, les saisons, le climat, l'habitude, la disposition individuelle, sont autant de circonstances qui, chacune isolément, suffiraient pour apporter des modifications nombreuses dans les >

sensations : à plus forte raison , quand elles sont réunies , doivent-elles avoir un résultat plus manifeste ; aussi la différence des sensations chez chaque individu est exprimée dans le langage vulgaire par cette phrase : Chacun a sa manière d'être ■vu de sentir.

Chez le fœtus il n'existe très-probablement que Sensations

, . • • -. ». • r che» le fœtus.

des sensations internes : c est au moins ce qu on peut soupçonner par les mouvements qu'il exécute, et qui semblent résulter d'impressions nées spoiita-

cherche les preuves sur lesquelles ces auteurs établissent leur doctrine, on est tout étonné de n'en trouver aucune, et de voir que leur assertion n'est qu'un jeu de leur esprit. D'après les tentatives infructueuses qui ont eu lieu jusqu'à ce jour, il me semble que la conjecture la plus probable relativement à ce singulier organe, intimement lié avec tous les nerfs, est que ses fonctions sont d'un ordre dont les phy-siologistes n'ont pas encore l'éveil, mais qui peut se révéler à celui qui saura interroger la nature par des expériences fines et ingénieuses.

Dément dans )ea organes, On sait , par des expé* riences directes, qu^ les dér^Qgements qui surviennent dans la circulation ou dans la reapiration de la laère , sont suivis de mouveioeats très-marqués du fœtus.

SensaUonsà A, la uaissance» et quelque temps après, tous

la naissance. . , f^

les sens n existent pas encore^ Le goût, le toucher ^et l'odorat sont les seuls qui s'exercept ; la vue et l'ouïe ne se développent que plus tard , comme nous rivons dit dans l'histoire particulière de ces fonctions

Chaque sens doit passer par divers degrés avant d'arriver à celui où il s'exerce d'une manière par-* éducation f^ite : il e^t donc indispensable qu'il soit soumis à es sens. ^^^ véritable éducation. Si Ton suit chez un en*' faut le développement des sens, comme l'ont fait les métaphysiciens , on peut, aisément s'assurer des modifications qu'ils éprouveat en sq per£eC"< tionnant.

Pour les sensations qui s'exercent à distance , l'éducation est plus lente et plus difficile; pour celles qui se font au contact, elle est beaucoup plus prompte, et parait se faire plus aisément. Pendant tout le temps que dure cette éducation des sevs, c'est-à-dire dans la première enfance, les sensations sont confuses et faibles ; mais celles qui leur succèdent, et s^urtout celles des jeunes gens, se font remarquer par leur vivacité, leur multiplicité.

A cet âge, elles se gravent profondément dans

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la mémoire , et par conséquent sont destinées à faire partie de notre existence intellectuelle pen« dant toute la durée de notre vie.

Atcc les progrès de Tâge, les sensations perdent de leur vivacité, mais elles se perfectionnent sous le rapport de rexactîtud'e, comme on le voit chez l'homme adulte. Chez le vieillard, elles s*affaiblis* Seosatioas »ent, ne sont plus produites qu'avec dîflBcuIté et vieillard. lenteur.

Cet effet est plus marqué pour les sens qui nous font connaître les propriétés physiques des corps, et l'est beaucoup moins pour ceux qui noils mettent en rapport avec les propriétés chimiques.

Ces derniers sens (le goût et l'odorat) sont les seuls qui conservent quelque activité dans la décrépitude; les autres sont ordinairement à peu près éteints par la diminution de la sensibilité , et par la succession des altérations physiques qu'ils ont éprouvées.

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