‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 4)Chapitre 31 sur 39 · ii maladies lur · texte numérisé non relu

ii maladies lur

psycologiques de la mémoire : tel malade perd la h mémoire, mémoire des noms propres; tel autre' celle dtîs substantifs ; un troisième celle des nombres, et ne peut compter au-delà de trois ou quatre. Celui-ci oublie jusqu'à sa propre langue , et perd ainsi la faculté de s'exprimer sur aucun sujet. Dans tous ces cas, après la mort, on observe des lésions plus ou moins grandes d.u cerveau, ou de la moelle allongée ; mais l'anatomie morbide n*a pas encore pu établir de relation directe et constante entre le lieu lésé et l'espèce de mémoire abolie , de sorte que nous ignorons encore s'il existe quelque partie du cerveau quisoit plus'particulièremeut destinée à exercer la mémoire (i).

(i) La Phrénologie, pseudo^science de nos jours^ comme étaient naguère Vastrologie , la nécromancie , Valchimle , prétend localiser dans le cerveau les diverses sortes de mémoires; mais ses efforts se réduisent i\ des assertions qui ne soutiennent pas un instant Pexamen. Les cranologués y à la tête desquels est le docteur Gall, vont beaucoup plus loin ; ils n'aspirent à rien moins qu';]i déterminer les capacités intellectuelles par la conformation des crânes , et surtout par les Sfiillîes locales qui s'y remarquent. Un grand mathématicien offre certaine élévation non loin de l'orbite ; c'est là, n'en doutez point, qu'est l'organe du calcul.

Du jugement.

DajugemeDf. La plus importante des facultés intellectuelles est, sans contredit , le jugement. C^est par cette faculté que nous acquérons toutes nos connaissances ; sans elle, notre lie serait purement végétative , nous n'aurions aucune idée de l'existence des corps ni de la nôtre, car ces deux genres de notions, comme toutes nos connaissances, sont la conséquence immédiate de notre faculté de juger.

Porter un jugement, c'est établir un rapport entre deux idées , ou entre deux groupes d'idées.

Un artiste célèbre a telle bosse au front, c'est là qu'est le siège de sou talent! Mais, répondra-t-on , ayez-vous eiui- XDÎné beaucoup de têtes d'hommes qui n'out pas ces capacités? Êtes-Tons sûr que tous n'en rencontriez pas avec les mêmes saillies, les mêmes bosses? N'importe, dit lecranologue, si la bosse s'y trouve le talent existe, seulement U n'est pas développé; mais voilà un grand géomètre, un grand musicien qui n'ont pas votre bosse; n'importe, répond le sectaire, croyez! mais quand il y aurait toujours, reprend le septique , telle conformation réunie avec telle, aptitude, il faudrait encore prouver que ce n'est pas une simple coïncidence , et que le talent d'un homme tient réellement à la forme de son cnlne. Croyez, vous' dis-je', répond le phrénologue ; et les esprits qui accueillent avec empressement le vague et le merveilleux croient ! Ils ont raison, car ils s'amu* sent, et la vérité ne leur inspirerait que de l'ennui.

DE physiologie/ 249

Quand je juge qu'un ouvrage est bon, je sens que ridée de bonté convient au livre que j'ai lu; j'établis un rapport, je me forme une idée d'un genre différent de celle que font naître la sensibilite.et la mémoire.

Une suite de jugements qui s'enchaînent les uns les autres forment un raisonnement.

On conçoit combien il importe de ne porter que imponance des jugements justes, c'est-à-direj de n'établir que jngemems des rapports qui existent réellement. Si je juge sa- ^'"' lutaire une substance vénéneuse, je cours le danger de perdre la vîe; le jugement faux que j'aurai porté me sera nuisible. Il en est de même de tous ceux du même genre. Presque tous les malheurs qui accablent moralement l'homme ont leur source dans des erreurs de jugement; les crimes, les vices, la mauvaise conduite, proviennent de faux jugements.

Il existe une science dontla prétention estd'en- Logique. seignerà raisonner juste, c'est la logique : xx\^\%\^ jugement sain, ou le bon sens, le jugement erroné, ou j'espritfaux, tiennent à l'organisation. Il est impossible de se changer à cet égard : nous restons tels que la nature nous a faits.

Certains hommes sont doués du don précieux de trouver des rapports qui n'avaient pas encore été aperçus. Si ces rapports sont très-importants, s'ils procurent de grands avantages à l'humanité^ ces hommes ont^u génie; s'ils sont moins utiles, s'ils

25p PRÉCIS ÉlijTENTAIKE

Esprit, génie, portent sur des objets d'une importance moindre, ces hommes ont de Vesprit, de Vimagination.

^ C'est principalement par la manière de sentir les rapports ou de juger, que les hommes diffèrent entre eux.

La vivacité des sensations paraît nuire à l'exactitude du jugement; c'est pourquoi cette faculté se perfectionne avec l'âge.

On ignore quelle partie du cerveau sert de siège plus particulier au jugement; on croit depuis longtemps que ce sont les hémisphères, mais rien ne le prouve directement.

Du désir ou de ta volonté.

Désir, On donne le noni de volonté ou désir à ce phé-

nomène intellectuel par lequel nous éprouvons des désirs. En général, la volonté est la conséquence de nos jugements ; mais elle a ceci de remarquable, en ce que notre bonheur ou notre malheur y est nécessairement lié.

Lorsque nous satisfaisons nos désirs, nous sommes heureux; nous sommes mqlheureux , au contraire, si nos désirs ne sont point accomplis : il importe donc de donner à nos désirs une direction telle que nous arrivions au bonheur. D ne faut donc pas désirer, par exemple, des choses qu'il est impossible de posséder ; il faut éviter avec plus de soin encore de vouloir les choses qui nous sont

nuisibles : car» dans ce cas, nous ne pouvons Momie. échapper au malheur, soit que nos désirs soient ou non satisfaits. La morale , qui est à la fois notre intérêt du présent et celui de l'avenir, donne la meilleure direction possible à nos désirs, et nous conduit sûrement au bonheur.

On confond ordinairement les désirs avec l'action cérébrale qui préside à la contraction volontaire des muscles : je crois avantageux pour l'étude d'en établir la distinction.

Telles sont les quatre facultés simples de l'esprit. En se combinant, en réagissant les unes sur les autres, elles constituent l'intelligence de l'homme et des animaux les plus parfaits, avec cette différence que, chez ces derniers, elles restent à peu près dans leur état de simplicité, tandis que l'homme en tire un tout autre parti , et s'assure ainsi la supériorité intellectuelle qui le distingue.

La faculté de généraliser, qui consiste à créer Facnité de deç signes pour représenter les idées, à penser au Vabâtrairc!* moyen de ces signes, et à former des idées abstraites, est ce qui caractérise l'intelligence humaine, et qui lui permet d'acquérir cette extension prodigieuse qu'on lui voit chez les nations civilisées. Mais cette faculté comporte nécessairement l'état de société : un homme qui aurait toujours vécu isolé, et qui n'aurait eu, même dans ses premières années, aucun rapport avec ses semblables, comme on en a plusieurs exemples, ne différerait pas beau-

Importance coup dcs aolmaux, car il resterait borné aux quatre* (les signes et facultés siiDples de l'esprit. Il en est de même des abstracUons. iodividus auxquels la nature, par une organisation vicieuse , a refusé la faculté d'employer des signes et celle de former des abstractions ou des idées générales : ils restent toute leur vie dans un véritable abrutissement, comme on l'observe chez les idiots.

infloence do En général, les circonstances physioues au mi-

bieo^kre sm i- , „ ,„ f J 1

le développe- licu desquelles 1 nomme se trouve placé , influent teiiigence. bcaucoup sur le degré de développement de son intelligence. S'il se procure aisément sa subsistance, s'il satisfait de même toutes les nécessités physiques de la vie, il sera dans la position la plus avantageuse pour cultiver son esprit et pour laisser un libre essor à ses facultés mentales : c'est là llnappréciable privilège d'un petit nombre d'habitants des pays civilisés. Mais si Thomme ne peut que très-difficilement pourvoir à sa subsistance et à se$ autres besoins , son intelligence , toujours dirigée vers le même but, pourra atteindre un certain développement dans ce sens, mais restera stir tout autre point dans un état d'imperfection * ou d'infériorité relative : c'est ce qui arrive chez le paysan esclave, l'on mer pauvre et laborieux « qui parvient à grand'peine à faire vivre sa famille. * L'intelligence de tout homme est limitée, soit pour le nombre des facultés , soit pour le degré de chacune d'elles. Nul ne peut dépasser le point

D£ PHYSIOLOISIE. ^53^

'qui lui est départi par son organisation ; en vain s'efforcerait-il de conquérir les aptitudes que la natuçe ne lui a pas accordées. Mais chacun peut, en exerçant les facultés qu'il possède, les étendre et le3 porter à un point de perfection loin duquel elles seraient restées si elles n'avaient point été fréquemment mises^ en jeu ; c'est vers ce but important que doit être dirigée l'éducation.

Certains philosophes, ou plutôt certains rêveurs, Les hommes supposent que tous les hommes naissent égaux g"u"en capâen capacité intellectuelle , que l'éducation et les "*^'Juîfg"**'' circonstances au milieu desquelles ils se sont trouvés font leurs différences. Maî« rien de plus contraire à la vérité qu'une telle supposition ; depuis l'idiot, qui ne peut parvenir à manger seul, et idiot, homme qu'il faut nourrir comme un enfant à la mamelle, . jusqu'A l'homme de génie dont les découvertes améliorent la condition sociale, il y a une foule dé nuances intermédiaires, qui sont le partage in-* dividuel de lliumanité*

Tel homme a toutes ses facultés à un degré très- Hommes in- minime ; tel autre a plusieurs facultés éminentes, ^^^^ tandis qu'il est inférieur ou même incapable sur le reste; un troisième n'a pour ainsi dire qu'une faculté, il est tellement mal partagé relativement aux autres qu'il semble en être dépourvu. Enfin, il est des hommes privilégiés chez lesquels la^ nature a réuni à un haut degré toutes les capacités de l'esprit humain ; ces hommes, si heureusement

254 PRÉCIS élémentaihe

Hommes orgianisés îouîssent d'immenses avantages incon-*

compléta. ! j i, • m

nus au reste des humains; ils peuvent, par exem-^ pie, comprendre tout le monde, et se faire comprendre de chacun, ce qui est refusé|aux intelligences vulgaires. Ces hommes complet$ sont très-rares. L'intelligence Ce qui cst vrai des hommes pris individuelle-

* diffère selon ,. . . , ,, . ,

les races hu- mcut saus distinctiou de race, lest aussi des

marnes. ' ' » ' j it 1 1 • t '«aJ

variétés de 1 espèce humaine. Les récits des voyageurs et des histori-ens permettent d'établir une sorte d'échelle de capacité intellectuelle , depuis la variétéjcaucasique à laquelle nous appartenons, jusqu'au sauvage océanique féroce et stupide, qui n'a jamais pu s'élever jusqu'à se servir d'un canot. Les différents états de civilisation qui s'observent à la surface du globe parmi les nombreuses races d'hommes , seraient ainsi, non point " des nuances|accidentelles,'conséquence des mœurs» ^ des coutumes , des climats, mais des résultats immédiats et nécessaires de l'organisation.

Il faudrait maintenant énumérer et décrire successiv^ement les diverses facultés de l'esprit humain; mais j'ai dit plus haut pour quels motifs cette tentative a été jusqu'ici l'écueil des idéologues les plus distingués ; il serait par trop téméraire à nous d'entreprendre une tâche aussi difficile, et peutêtre même impossible à accomplir.

Usage des fa- Toutefois par ses sens et son intelligence l'homlîectuciies! ^^^ acquiert des idées ou des connaissances sur les corps qui l'environnent, et sur les phéno-

mènes qu'ils présentent ; ainsi se forme soi> ^avoir^ dont 1 étendue varie suivant ses aptitudes et l'exercice qu'elles x)nt reçu , c'est-à-dire suirant son expérience. Il dépend de nous, avec des facultés données^ d'acquérir plus ou moins de connaissances , et d'augmenter ainsi l'intensité de notre existence et les chances de notre T>onheur ; car,, en général, plus l'homme est instruit et plus il est heureux; le malheur au contraire a presque toyjours sa source dans l'ignorance.

Il est un grand nombre de points sur lesquels notre esprit n'a que peu ou point de prise, et qui cependant nous intéressent vivement. Poussés par l'admirable faculté que nous possédons, de rechercher les causes , nous imaginons là où tout devrait nous porter à sentir notre impuissance, ou bien si nous n'imaginons pas nous-mêmes, nous admettons ce qui a été imaginé par d'autres d'un esprit plus fertile ou plus audacieux; ainsi naissent les hypothèses , les systèmes , lefe doctrines , enfin lés croyances^ qui se partagent , avec le savoir , l'esprit de tout homme, et qui souvent en occupent une part trop considérable , même dans les meilleures têtes.

Ainsi la somme des idées que notre intelligence nous procure se compose de ce qui est réel, ou de ce que nous savohs fouvïviyoir appris, et de ce que nous croyons ou de ce que nous avons imaginé, ou admis s2Ln8 preuve, c'est-à-dire de ce que nous

Savoii' ou

science indi-

vidocille.

Croyances.

Croire c'est ignorer.

PRECIS ELEtfENTAIRE

ignorons^ en sorte que croire, créer uo système , une doctrine , c'est rigoureusement ne pas savoir ou ignorci;.

Je suis loin de prétendre que tout ce que nous croyons soit faux ou simplement imaginaire; car il est possible de croire à une chose vraie et réelle, mais cette chose ne devient telle qu'autant qu'elle acquiert les caractères d'un fait suceptible de preuves expérimentales et vérifiables.

jEsprit posiur. Sous cc poiut de vue. les hommes forment deux classes bien distinctes ,* et destinées à ne jamais se rapprocher : les uns ne recherchent que la vérité, le positif, l'expérimental ; les autres se complaisent dans le vague, l'imaginaire, le merveilleux, l'absurde même ; ils y attachent d'autant plus d importance et d'intérêt que leur croyance étant leur propre ouvrage, ou s'adaptant parfaitement à

leur esprit* fait en quelque sorte partie d'euxmêmes : aussi mettent-ils à la soutenir et à la défendre une chaleur, une énei^e, une ténacité extrême ; aussi est-il impossible de leur démontrer qu'ils sont dans l'erreur.

Ces deux genres d'esprit se sont montrés , mais avec des avantages différents, dans toutes les voies parcourues par l'intelligence de l'homme. Le premier a fondé et perfectionné les sciences et toutes les connaissances positives; le second a brillé d un vif éclat dans les arts d'imagination ; dette carrière est son domaine, c'est là qu'il doit s'exercerpour le plus

Esprît ami

du vague et

do merYeil-

leoz.

DE PHYSIOLOGIE. uS']

grand avantage de tous. Malheureusement les hommes qui possèdent ce genre d'esprit, cultivent aussi la philosophie naturelle ; mais, loin de concourir à' ses progrès, là, comme ailleurs, les idées suppléent les faits ; les produits de leur imagination deviennent les grands phénomènes de la nature; activité funeste, zèle stérile, qui peuvent aller jusqu'à anéantir les sciences dont ils s'occupent , en élevant à leur place des échafaudages fantastiques, qui s'évanouissent au premier regard d'un esprit positif ami de la réalité !

DE l'instinct et DES PASSIONS.

La nature n'abandonne point le's animaux à eux- lostîoct mêmes : chacun d'eux doit exercer une série * ^"" déterminée d'actions , d'où résulte ce merveilleux ensemble qui règne parmi les êtres organisés. Pour porter les animaux à exécuter ponctuellement les actes qui ieur sont dévolus, la nature leur a donné Vinstinct, c'est-à-dire des penchants, des inclinations, des besoins, au moyen desquels ils sont incessamment excités et même forcés de remplir les intentions de la nature.

L'instinct peut exister de deux manières diffé- Dcnx espèces

^ . T d'instinct.

rentes, avec ou sans connaissance du but. Le premier est l'instinct éclairé , le second est l'instinct aveugle ou brut : l'un est l'apanage dé l'homme, I. 17

2S8 PRÉCIS BLÉMENTAIRE

Tautre appartient plus psrrticulièremetit aux animiux.

Eft examinant avec soin les phénixmènes nombreux qui dépendent de Tinstinct, nous verrons qu*i) a dans cbaque animal un double but : i* la conser- Double but de vation de l'individu , a* la conservation de Tespèce. Chaque anii^al y travaille à sa manière et selon son organisation : aussi j a-t-*il autant d'instincts dil^ s férents qu'il y a d'espèces ; et comme l'organisa^ tîon varie dan% les individus, l'instinct présente des différences individuelles quelquefois très-prononcées.

Chez l'homme , on reconnaît deux genres d'instinct : l'un tient évidemment à son organisation, à sa condition d'animal ; il le présente, quel que soit l'état où il se trouve. Ce genre d'instinct est à peu près celui des animaux.

L'autre genre d'instinct naît de l'état social ; sans doute il dépend de l'organisation : quel phénomène .vital n'en dépend point? mais il ne se développe qu'autant que l'homme vit dans une société civilisée ; encore faut-il qu'il y jouisse des avantages que cet état procîure.

Instinct Au premier, qu'on peut appeler instinct animât,

se rapportent la faim, la soif, le besoin des vêtements, celui d'habitation, le désir du bien-être ou des sensations agréables , la crainte de la douleur et de la mort, le désir de nuire aux animaux ou à ses semblables, s'il y a quelques dangers à en

DE PUTSIOLOGIE. ^Sg

craiudte ou des arantages à tirer du mal qu'on Içurfera ; les désirs vénériens, l'intérêt qu'inspirent les enfants ; la tendance à l'imitation , à vivre en société, qui conduit à parcourir les différents degrés de la civilisation , etc. Ces divers sentiments instinctifs portent continuellement l'homme à concourir à l'ordre établi parmi les êtres organi*ses. De tous les animaux l'homme est celui dont les besoins naturels sont les plus nombreux et les plus variés, ce qui est en rapport avec l'étendue de son intelligence : n'eût-ij que ces besoins , il aurait encore une suprématie marquée sur les animaux.

Lorsque l'homme vit en société , qu'il satisfait aisément à tous les besoins dont nous venons de parler, il a du hiêir^ en d'autres termes, il a du temps et des facultés d'agir plus que ses premiers besoins n'exigent; alors naissent de nouveaux besoins, qu'on pourrait nommer sociaux: tel est ce-* lui de sentir vivement l'existence, besoin qui devient d'autant plus difficile à satisfaire qu'il est plus souvent satisfait, parce que, comme nous avons déjà dit, les sensations s'émoussent en se répétant,

Ce besoin d'exister vivement, joint à l'afiFaiblis* sèment continuel des sensations, cause une inquiétude machinale , des désirs vagues, excités par le souvenir importun des sensations vives précédempient éprouvées : l'homme est forcé, pour sortir

Instinct social.

Besoin de sentir vÎTement.

â6o PRECIS ÉLÉMENTAIRE

de cet état, de changer continuellement d/objet, ou d'outrer les sensations du même genre. I>e là Inconstance, viennent une inconstance qui ne permet pas à nos vœux de s'arrêter, et une progression de désirs qui, toujours anéantis par la jouissance, mais irrités par le souvenir, s'élancent jusque dans l'infini: de là naît l'ennui, qui tourmente etpoufsuit l'homme civilisé et heureux.

Le besoin de vives émotions est balancé par l'amour du repos ou la paresse , qui agit si puissamment dans la classe opulente de la société , surinstioct tout dans les pays méridionaux. Ces deux sentipai(\ss«». meuts contradictoires se modifient l'un l'autre, et de leur réaction réciproque résulte le désir du pouvoir, de la considération, de là fortune, etc., qui nous donnent les moyens de les satisfaire tous les deux (t)«

Ces sentiments instinctife ne sont pas les seuls qui naissent dans l'état social : il s'en dére* loppe une foule d'autres, moins importants à la vérité, mais tout aussi réels ; en outre , les besoins • naturels s'altèrent jusqu'au point de devenir méconnaissables : la faim est souvent remplacée par un goût capricieux ; les appétits vénériens par des désirs bixarres ou ignobles, etc. Les besoins naturels influent sur les besoins sociaux ; ceux-ci, à leur tour, modifient les premiers; et si

(i) Leroy« Ltttrts Sêtr i*Insii/tct d€$ Jnimmitx.

Ton ajoute que l'âge, le sexe, le tempérament, etc. , altèrent fortement toute espèce de besoin , on aura une idée de la difficulté que présente l'étude de l'instinct de l'homme : aussi cette partie de la physiologie est-elle* à peine ébauchée.

Remarquons cependant que le développement instinct des besoins sociaux entraîne le développement de '°*^" ' l'intelUgence ; il n'y a aucune comparaison, sous le rapport de la capacité de l'esprit, entre un homme de la classe aisée de la société, et l'homme dont toutes les forces physiques suffisent à peine à subvenir à ses premiers besoins. Les instincts, les dispositions innées occupent beaucoup en ce moment les phrénologist^s ; leurs efforts sont particulièrement dirigés vers le triple but de reconnaître , de classer les dispositions instinctives , et surtout de leur assigner des organes distincts dans le cerveau; mais il faut convenir qu'ils soQt encore loin de voir leurs tentatives couronnées d'une apparence de succès.

Des passions.

En général, on entend p^r passion un sentiment dcs passion». instinctif devenu extrême et exclusif. L'homme passionné ne voit, n'entend, n'existe que par le sentiment qui le presse ; et comme la violence de ce sentiment est quelquefois telle qu'il devient pénible, on l'a nommé passion ou souffrance. .

Les passions ont le même but que Tinstinct; dcpabsions.

'passions aoîmales.

Passions sociales.

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