D9 LA YOIX ET DES MOUVEMENTS
Vcixet Les fonctions que nous avons précédemment
examinées reposent toutes sur la faculté de sentir : c'est par cette faculté que nous arrivons à connaître ce qui existe autour de nous, et que nous prenons connaissance de nous-mêmes.
Pour terminer l'histoire des fonctions de relation y il nous reste à parler des fonctions au moyen desquelles nous agissons sur les corps extérieurs ; nous leur imprimons les changements que nous jugeons nécessaires, et nous exprimons nos sentiments ^ nos idées, aux êtres qui nous entourent. Ces fonctions ne sont que des nuances d'un même phénomène, la contraction musculaire : en sorte que la faculté de sentir d'une part, et la contraction musculaire de l'autre, constituent réellement
(]} Ce serait ici le lieu de traiter de Tusage des diverses parties du cerveau dans l'ialelligeace et dans les facultés instinctives; mais ce sujet est encore trop conjectural ou trop peu connu pour entrer dans un livre élémentaire. Nous nous occupons depuis long-temps d'observations et d'expériences directes sur ce point ; nous nous empresserons d'en faire connaître les résultats aussitôt que nous les jugerons dignes d'être rendus publics.
toute notre vie de relation. Nous allons traiter d'abord de la contraction musculaire , après quoi nous exposerons ses deux principaux résultats, la voix et les mouvements.
De la contraction musculaire.
La contractilité musculaire , aussi nommée ContracUoa contractilité animale, myotilité^ contractilité vobntaire^ etc. ; résulte l'action successive 6u simultanée de plusieurs organes ; elle a pour effet le développement d'une force motrice qui range les animaux et l'homme parmi les puissances naturelles.
JppareU de la contraction muàculaire.
Les organes qui concourent à la contraction musculaire sont le cerveau^ le^ nerfs, et les muscles.
Parties du cerveau qui paraissent plus particulièrement destinées aux mouvements.
Certaines parties du système cérébro-spinal pa- Poîntodu raissent plus particulièrement destinées aux mou- servent aux vemerits : telles sont, en procédant d'avant en arrière, les corps striés, les couches optiques dans leur partie inférieure , les crura-cerebri , le pont de varole et les pédoncules du cervelet , les parties latérales de la moelle allongée , les cordons anté-
moavemeDtit.
2G6 PBECIS ÉLÉMENTAIRE
rieurs de la moelle. Nous citerons bientôt les faits sur lesquels nous nous fondons {)Our indiquer ces parties comme ayant une influence remarquable sur la contraction musculaire.
Narftda moutement.
Nerfs du Loug-temps Ics anatomistès ont cherché à distmguer les nerfs qui servent a la sensibihte , de ceux qui sonf plus spécialement destinés aux mouvements ; ils s*attachaient avec d'autant plus de xèle à cette recherche, que tous les jours des maladies isolent les deux phénomènes. Nous voyons fréquemment en effet une partie perdre sa sensibilité, et conserver son mouvement, ou réciproquement perdre son mouvement, et conserver sa sensibilité. J*aî été assez heureux pour établir cette distinction par l'expérience , et il est généralement connu aujourd'hui, depuis mon travail, que les racines antérieures des nerfs spinaux sont les netfs qui appartiennent essentiellement au mouvement de toutes les parties du tronc et des membres.
Quant à la face , il résulte d'une très-belle expérience de M. Charles Bell , que le nerf de la septième paire est particulièrement Torgane qui sert aux mouvements des paupières, des joues, des lèvres. L'expérience a appris aussi que le nerf hy«» poglosse et le glosso-pharyngien sont plus particulièrement destinés aiix mouvements de la langue.
que la portion musculaire de la cinquième paire dirige ceux des mâchoires, et que les troisième, quatrième et sixième poires concourent plus spécialement au mouvement de l'iris et du globe de l'œil, INous reviendrons sut* ces nouveaux faits à Tarticle des mouvements partiels. J'ai donné ailleurs la preuve expérimentale que la huitième paire dirige les mouvements de la glotte, comme on le verra à l'article Foix.
MM, Prévôt et Dumas se sont occupés récem- suuctarc
des nerfs
ment de la structure des nerfs qui se rendent aux musculaires, muscles, et de la manière dont ils se comportent lorsqu'ils sont parvenus au milieu des fibres musculaires. Un grand nombre d'observations faites au microscope sur les nerfs du lapin , du cochond'Inde ^ delà grenouille, leur ont appris: i* qu'avec un grossissement de 10 à )5 fois le diamètre « les nerfs présentent à leur surfocedes bandes alternativement blanches et obscures, qui simulent d'une manière frappante les contours d'une spirale serrée qui serait placée sous l'enveloppe celluleuse» Maïs cette apparence est illusoire ^ elle dépend sîmple- -ment d'un petit plissement de l'enveloppe qui perd sa transparence dans certain point et la conserve dans d'autres. Et la preuve, c'est qu'en tirant légèrement sur le filet nerveUx placé sous la lentille ^ tout disparaît.
Lorsqu'on prend un neî'f , et qu'après l'avoir divisé longitudinalement on rétale sous l'eau, on voit *
368 PftÉCIS ÉUMETrrARE
qo^l est composé d*an graed nombre de petits filaments paraUèles, ^aux en grosseur. Ces filaments sont plats et composés de quatre fibres élémentaires , disposées à peu près sur le même plan. Ces fibres sont eUes-mêmes composées d'une série de globules. ( f^iTy^^Iai plancbe, tom. III, demonJocirnal de Physiologie). MH. PréTOt et Dumas tn>u?ent qu'y peut y avoir jusqu'à 16,000 de ces fibres dans un nerf cylindrique d'un millimètre de diamètre, tel que le crural d'une grenouille , par exemple.
Des moules.
On donne le nom de sysième musculaire a l'ensemble des muscles.
Umcin. La forme , la disposition, etc. , des muscles , Tarient à llnfini. Un muscle est formé par la réunion d'un certain nombre de faisceaux musculaires , qui sont composés de £ûsceaux plus petits; ceux-ci résultent de faisceaux d'un moindre Tolume ; enfin, de division en division on arrive à une fibre excessivement fine , qui ne peut plus être divisée , mais qui probablement pourrait l'être si nos sens et nos moyens de dirision étaient plus parfaits. Cette fibre.
Fibre pour uous iudirisiblc , est la fière musculaire ; elle est formée par une série de globules qui sont maintenus en lignes droite par une matière amorphe. Elle est plus ou moins longue , selon les muscles dont elle fait partie. Presque toujours droite , elle
DE PUYSIOLOGIEi 269
ne se bifurque point, et ne se confond point avec les autres fibres de la même espèce ; elle est enyeloppée d'un tissu cellulaire extrêmement fin : molle et peu extensible, elle se déchire aisément sur le cadavre ; elle présente , au contraire , sur le vivant une grande élasticité et une résistance étonnante , relativement à non volume ; elle est essentiellement composée de fibrine etd'osmazôme, reçoit beaucoup de sang , et au moins un filament nerveux. Quelques anatomistes ont prétendu expli- Terminaison
des vftîssc&iix
quer comment les vaisseaux et les nerfs se corn- et des neHs portent quand ils sont arrivés dans le tissu des muscles, fibres musculaires , mais ils n'ont rien dit de satisfaisante cetégard. Les recherches auxquelles on peut davantage se confier sur ce point , sont celles qui ont été faites il y a peu de temps par MM. Prévôt et Dumas; ces savants naturalistes ont suivi au microscope la distribution des fibres nerveuses, et ils assurent qu'elles ne se confondent ni ne s'épanouissent dans lesimuscles, mais qu'elles y forment une anse qui va d'un nerf à l'aïutre, de manière à remonter vers le cerveau après avoir traversé le muscle. Selon les mêmes auteurs , chaque filament nerveux aurait une extrémité à la partie antérieure de la moelle , descendrait vers un muscle , en faisant partie d'un tronc nerveux, puis* traverserait une ou plusieurs fibres musculaires , et enfin irait gagner la partie postérieure de la moelle en remontant un tronc nerveux.