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JO PRECIS ELEMENTAIRE

Chaque fibre musculaire est attachée par ses deux extrémités à des prolongements fibreux {tendons, aponévroses)^ qui sont les conducteurs de la force développée quand elle se contracté.

La contraction musculaire, telle quelle a lieu dans rétat ordinaire de la vie, suppose l'exercice libre et facile du cerveau , des nerfs qui aboutissent aux muscles > et enfin des muscles eux-mêmes. Cha* cun de ces organes doit recevoir du âang artériel, et le sang veineux ne doit pas avoir séjourne trop long-temps dans son tissu. Si l'une de ces condi* tions manque , la contraction musculaire est impossible, pervertie ou très-affaiblie.

de ta eontrattlan nuacuiatre.

Phénomènes Examinées avec un grossissement très^faible, les contnctioa fibres musculaires qui forment un muscle sont pamnscuiaue. y^^èJes et droitcs sî le muscle est en repos, mais très-disposées â changer de position. Si par une cause quelconque le muscle vient à se contracter, aussitôt il apparaît dans les fibres musculaires un phénomène des plus remarquables , et qui n'avait été que vaguement eqtrevu avant les recherches de MM. Prévôt et Dumas. Tout-à-coup les fibres se fléchUseni en zigzag et présentent en un instant un grand nombre d'ondulations anguleuses et régulièrement opposées. Si la cause qui avait amené la contraction vient i cesser, le parallélisme des fibres

se reproduit avec la même promptitude qu'il avait cessé.

En répétant cette expérience, on ne tarde pas à Phénomène»

de 1&

reconnaître que les flexions de chaque fibre ont contraction lieu dans certains points déterminés, et jamais ail- ™*^ leurs. Les plus fortes contractions ne vont point jusqu'à donner des angles qui soient de cinquante degrés ou au-dessous. Un fait fort digne d'intérêt, et qui a été observé par MM. Prévôt et Dumas, c'est que les fileta nerveux qui traversent les fibres musculaires passent justement par les points où se produisent les angles de flexion, et dans une direc-^ tîon perpendiculaire aux fibres.

Les mêmes auteurs ont constaté, par les observations les plus précises, que la fibre musculaire contractée, c'est-à-dire anguleuse , n'est pas raccourcîe, et qu'ainsi dans la contraction, les extrémités de la fibre se rapprochent, mais que la fibre ellc-mêiti^ n'a rien perdu de sa longueur; ils sont parvenus à ce résultat, soit en mesurant directement la fibre contractée, soit en calculant les angles produits.

Long-temps il a été incertain si le muscle considéré en masse, et qui se contracte, augmentait ou diminuait de volume; Borelli soutenait qu'il y Lesmusciea

. ^1. • \ • ' ne changent

avait augmentation ; Glisson soutenait le contraire, pasde volume et s'appuyait d'une expérience : il faisait plonger contracunt, dans un baquet rempli d'eau le bras d'un homme, et croyait apercevoir un abaissement du niveau du

delUrtoletU.

liquide nu moment où il recommandait à l'homme de contracter ses muscles. Cette expérience , répétée avec plus de précautions par M. Carlisle, a donné un effet opposé ; mais on a senti cpie le mode d'expérimenter était loin de présenter la précision nécessaire, puisqu'on n'y tient pas compte des changements qui doivent survenir, soit dans la peau, soit dans le tissu cellulaire.

Expéri«iic« M. Barzoletti a fait l'expérience d'une manière qui ne laisse rien à désirer : il suspend dans un flacon la moitié postérieure d'une grenouille, remplit celui-ci d'eau, et le ferme avec un bouchon traversé par un tube étroit et gradué ; il fait alors contracter le muscle au moyen du galvanisme, mais dans aucun cas il n'a vu le niveau du liquide changer dans le tube. Il est donc bien positif que le volume des muscles ne change pas par l'effet de leur contraction.

Quand un muscle se contracte, il se raeeoardt,

contoftptàcm ^ dufcit plus OU moins brusquement, et sans qa'Q y ait aucune oscillation ni hésitation préparalotre; il acquiert tout-i-coup une élasticité telle, qoll devient susceptible de vibrer et de produire des sons. La couleur du muscle ne parait pas changer dans le moment où il est contracté ; mais il a une certaine tendance à se déplacer, à laquelle résistent les aponévroses.

Tous les phénomènes sensibles de la contractioQ mu^^ulaire se passent dans les muscles ; mais il

d\M Mwcle.

DE PUYSIOLOGIE. 273 /

n'en est pas moins certain qu'ils ne peuvent se développer qu'autant que le cerveau et les nerfs y prennent part.

Comprimez le cerveau d*un animal ou d'un influence du

. iii.1»!/.. cerveau et de«

homme, aussitôt il perd la faculté de faire contrac- nerfs mr la

1 1 r • j- . •! ^ contraction.

ter ses muscles ; coupez les nerfs qui se distribuent à un membre, il est à jamais paralysé.

Quels changements arrivent dans le tissu musculaire durant l'état de contraction? On l'ignore complètement; et, sous ce rapport, la contraction musculaire ne se sépare point des actions vitales, dont on ug peut donner aucune explication.

Ce n'est pas qu'on n'ait plusieurs fois tenté d'expliquer non-seulement l'jaction des muscles, mais aussi celle des nerfs, et même du cerveau dans la contraction musculaire : aucune des hypothèses proposées ne peut être encore adoptée (i).

Au lieu de nous arrêter à de semblables spéculations^ toujours faciles à inventer et à réfuter, et qui doivent enfin être bannies de la physiologie, il fautétudier dans la contraction musculaire, i^l'intensité de la contraction , 2** sa durée, 3** sa vitesse, 4** son étendue.

(1) Je n'excepte même pas celle où le fluide électrique est considéré comme ayant une certaine influence sur 1a phénomène ; il résulte d'expériences aussi précises quMngénieuses de M. Person, qu^ aucune trace d* électricité ne se développe durant la contraction musculaire.

274 PRÉCIS ÉLÉMENTAIKE

inicnsiié L'întensité de la contraction musculaires c'est- * ^^% à-dite le degré de force avec lequel les fibres se

contractions. ^ ^

raccourcissent, est réglée par l'action du cerveau; elle est en général soumise à la volonté, dans des limites variables pour chaque individu. Une organisation particulière des muscles favorise l'intensité des contractions : ce sont des fibres volumineuses^* fermes, rouge foncé, présentant des stries trausver- ' sales. A puissance de volonté égale, elles produi-

ront des effets bien plus forts que des muscles dont les fibres sont fines, lisses et décolorées. Ce* pendant, si avec de semblables fibres se trouve jointe une influence cérébrale très-forte, ou une grande puissance de volonté, la contraction pourra acquérir une intensité remarquable : en sorte que Tinfluence cérébrale d'une part, et la disposition du tissu musculaire de lautre, sont les deux eléments de l'intensité de la contraction musculaire.

Il est rare qu'une action cérébrale très-énèrgique soit réunie chez le même individu- avec la disposi- * tion des fibres musculaires favorable à l'intensité des contractions; presque toujours ces deux éléments sont en sensinverée. Quand ils sont réunis, des effets étonnants sont produits. Cette réunion existait probablement chez les athlètes célèbres de l'antiquité, comme elle se fait remarquer de nos jours chez certains bateleurs.

Par la seule influence de l'action du cerveau, la • force musculaire peut être portée à un degré ex-

traordinaire : qui ne connaît la force d'un homme en.colère, celle des maniaques, celle des personnes qui éprouvent des convulsions, etc.

La durée de la contraction est soumise à la vo- ©urée de h

contrftctioo*

lonté : il ne faut pas cependant qu'elle se prolonge au-delà d'un temps variable selon les individus, ' car alors on éprouve un sentiment de lassitude d'abord peu marqué, qui va ensuite eu croissant jusqu'au point où le muscle refuse de se contracter.

. La promptitude avec laquelle se développe ce sentiment pénible est en raison de Tintensîté de la contraction et de la faiblesse de l'iridivMu.

Pour obvier à cet inconvénient , les divers mouvements du corps sont calculés de manière que les muscles agissent successivement , la contraction de chacun ne durant pas long-temps : ainsi s'explique pourquoi nous nepouvons rester long-temps dans la même position ; pourquoi une attitude qui nécessite la contraction forte et soutenue d'un petit nombre de muscles ne peut être conservée que peu d'instants.

te sentiment de fatigue qui suit la contraction Nécessité du

* repos^

musculaire se dissipe par l'inaction , et au bout de quelque temps les muscles récupèrent la faculté de se contracter avec une énergie nouvelle.

Jusqu'à un certain degré, la vitesse des contrac- vitesse des tions est soumise 'à l'influence cérébrale : on en a ^*'°*"*^''^°* la'preuve dans la manière dont nous exerçons nos mouvements ordinaires ; mais , passé ce degré, la

2rS rnÉCIS BLÉMENTAÏRE

vitesse des contractions dépend évidemment de riiabitude. Voyez quelle dififérence existe, sous le rapport de la rapidité des mouvements, entre un écolier qui met sa'main pour la première fois sur le clavier d'un piano, eï ce même écolier lorsqu'il aura quelques années d'exercice.

On observe des diCférences individuelles très-prononcées par rapport à la vitesse des contractions , soit pour les mouvements ordinaires, soitpourceux qui nécessitent un exercice approprié.

Étendue Quaut à l'étenduc des contractions, la volonté

contractions. 1^ dirige , mais éUe doit nécessairement varier avec la longueur des fibres, car des fibres longues ontune étendue de contraction plus considérable que de3 fibres plus courtes.

D'après ce qui précède, nous voyons qu'en général la volonté a une grande influence sur la contraction des muscles ; cependant elle n'y est pas indispensable : dans une foule de circonstances les mouvements s'exécutent non -seulement sans sa participation , mais aussi malgré elle ; on en trouve des exemples remarquables dans les effets dé l'habitude, des passions, et des maladies.

Ne confondons point la contraction musculaire, telle que nous venons de la décrire, avec les modifications qu'elle éprouve dans les maladies, telles que les convulsions , les spasmes , le tétanos , les blessures du cerveau, etc. ; gardons-nous de même - de confondre la contraction qui nous occupe, avec

les palpitements fribrillaires que présentent les muscles quelque temps après la mort. Sans doute ces phénomènes sont curieux à étudier, mais certes ils ne méritaient pas l'importance qu'y ont attachée Haller et ses disciples, et surtout il ne fallait pas les réunir, sous le nom d' irritabilité, avec les autres modes de contraction qui.se voient dans l'économie animale , et particulièrcineht avec la contraction musculaire.

Modifications de ta contraction musculaire par l'âge.

C'est seulement au commencement du second Muscles che* mois que l'on peut distinguer les muscles de la etTcn^^n" masse gélatiniforme qui constitue l'embryon ; encore à cette époque ne présentent-ils presque aucun des caractères qu'ils ont chez l'adulte. Ils sont d'un gris pâle , légèrement rosé ; ils ne reçoivent qu'une petite quantité de sang relativement à celle qu'ils recevront plus tard. Ils croiGsent et se développent par les progrès de la grossesse , mais ce développement est peu marqué, au point qu'à la naissance ils sont grêles et peu prononcés; exceptons-en cependant ceux qui doivent concourir à la digestion et à la respiration, qui devaient avoir, et quiopt en effet pris un accroissement beaucoup plus niarqué.-

Pendant l'enfance et la jeunesse la nutrition des Muscle» chez

1 , ,,x . ., . .. 1.^ l'adolescent

muscles s accélère, mais ils croissent particulière- et l'adulte, ment en longueur : aussi, chez l'enfant et le jeune

^7^ PRÉCIS £L£M£IITAIRE

liomme, les formes sont-elles arrondies , sveltes , agréables : elles sont à peu près semblables chez les jeunes filles. Quand ^Hrrive l'âge adulte, les formes changent de nouveau : les muscles croissent en épaisseur, ils se prononcent fortement sous la peau , augmentent beaucoup de volume; les intervalles qui les séparent n'étant plus remplis par la graisse, il en résulte des saillies et des enfoncements qui donnent au corps un aspect tout différent de celui de l'adolescent. A cet âge , le.tissu du muscle prend plus de consistance ; sa couleur rouge se fonce , sa nature chimique même se modifie : car une expérience journalière apprend que le bouillon fait avec la chair de jeunes animaux est d'une saveur, d'une couleur et d'une consistance tout autres que celui qui a été fait avec la chair d'animaux adultes. Il parait que les muscles de ces derniers contiennent plus de fibrine, d'osmazôme et de partie colorante du sang , par conséquent plus de fer. MoscicA La nutrition des muscles décroit sensiblement dans la vieillesse. Ces oiganes diminuent en volume, pâlissent, deviennent flasques et vaciUants, surtout aux membres; la contractilité du tissu est affaiblie, la Ûbre est devenue coriace et difficile à déchirer : aussi la préparation de la chair musculaire est-eUe bien différente dans nos cuisines , si l'animal est jeune, ou sll est déjà vienx.

La contraction musculaire subit i peu près les mêmes phases que la nutrition des muscles. Faible

do vieillard.

et à peine piarquée chez le fœtus^ elle augmente d'activité à la naissance, s'accroît rapidement dans l'enfance et la jeunesse, acquiert son plus haut dqgré de perfection dans l'âge adulte , et finit par se perdre presque entièrement chez le vieillard décrépit.

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