‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 14 sur 64 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

mulation des bois-

sons dans l'estomac diffère peu de celle des aliments;

l'estomac. Ile est en général plus prompte, plus égale et

plus facile, probablement par

ceque les liquides

se répartissent et distendent l'estomac plus unifor-

mément. De même que les aliments, ils occupent

plus particulièrement sa portion

gauche et moyen-

ne ; l'extrémité droite ou pylorique en contient

toujours beaucoup moins.

I ne faut pas cependant que la distension de

l’estomac soit portée trop promptement à un degré

considérable, car le liquide serait bientôt rejeté pan, le vomissement. Cet accident arrive fréquemment, aux personnes qui avalent coup sur coup une grande |

quantité de boisson. Quand on

missement chez une personne qui a pris un émé=. tique , un des meilleurs moyens est de faire boire |

qu | | l'éstomae produit.

les à ceux que nous |

brusquement plusieurs verres d La présence des boissons dans des phénomènes locaux semblab

veut exciter le vo-.

avons décrits à l’article de l’'Accumulation des alt-

ments :mèmes changements dans la forme et dans la position de l'organe , méme distension de l’abdo-,

men, même resserrement du pylore, et même con=,

traction de l’œsophage . ete.

” DE PHYSIOLOGEE. 199 Les phénomènes généraux sont différents de ceux qui sont produits par les aliments : ce qui tient à l’action des liquides sur les parois de l'estomac, et à la promptitude avec laquelle ils sont portés dans le sang. / Passant rapidement à travers la bouche et l’æsophage, les boissons conservent, plus que les aliments, la température qui leur est propre jusqu’au moment où elles arrivent dans l'estomac. Il en résulte que nous les préférons à ceux-ci quand nous voulons éprouver dans cet organe un sentiment de chaleur ou de froid : de là vient la préférence que nous donnons en hiver aux boissons chaudes, et en été à celles qui sont froides.

Chacun sait que les boissons restent bien moins Séjour des boissons dans long-temps dans l'estomac que les aliments ; mais l'estomac. la manière dont elles sortent de ce viscère est en- » core peu connue. On croit généralement qu’elles traversent le pylore et qu’elles passent dans l’in- testin grêle , où elles sont absorbées avec le chyle ; * cependant une ligature appliquée sur le pylore , de F3: façon qu’elles ne puissent pas pénétrer dans le duodénum , ne ralentit pas beaucoup leur disparition de la cavité de l’estomac. Nous reviendrons sur ce point important en parlant des agents de l’absorption des boissons.

Alteration des boissons dans l'estomac.

Boissons qui ne forment point de chyme.

140 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE Altération des boissons dans l'estomac.

Sous le rapport des altérations qu’elles éprouvent dans l'estomac , on peut distinguer les boissons en deux classes : les unes ne forment point de chyme, et les autres sont chymiliées en tout ou en partie.

A la première classe se rapportent l’eau pure, l'alcool assez faible pour qu'il puisse être considéré comme boisson , les acides végétaux , etc.

Pendant son séjour dans l'estomac, l'eau se met d’abord en équilibre de température avec les parois de ce viscère ; en même temps elle se mêle avec la mucosité , le sue gastrique et la salive qui sy trouvent ; elle devient trouble , et disparaît ensuite peu à peu sans subir d'autre transformation. Une partie passe dans l'intestin grêle, l’autre paraît absorbée directement. Après sa disparition, il reste une certaine quantité de mucosité, qui est bientôt réduite en chyme à la manière des aliments. |

On sait, par l’observation, que l’eau privée d’air atmosphérique , comme l’eau distillée, ou leau chargée d’une grande quantité de sel , comme l'eau de puits, restent long-temps dans l'estomac et y produisent un sentiment de pesanteur.

L'alcool a une tout autre manière d’agir. D'abord: | on connaît l'impression de chaleur brûlante qu'il

DE PHYSIOLOGDE. : . 141 cause en passant dans la bouche , le pharynx . l'æœsophage , et celle qi excite des qu'il est arrivé dans d'estomac : les elfets de cette action sont de déterminer le resserrement de cet organe, d’irriter la membrane muqueuse ; et d’augmenter beaucoup la sécrétion dont elle est le siége; en même temps il coagule toutes les parties albumineuses avec lesquelles il est en contact ; et comme les différents liquides qui se trouvent dans l’estomac contiennent -une assez grande proportion de cette matière, il en résulte que, peu de temps après qu'on à avalé de l'alcool, il y a dans ce viscère une certaine quantité d’albumine concrétée. Le mucus subit une modification analogue à celle de l’albumine ; il se durcit, forme des filaments irréguliers, élastiques , qui conservent une certaine transparend En produisant ces phénomènes , l'alcool se mêle avec l’eau que contiennent la salive et le suc gastrique ; il dissout probablement une partie des élé- … ments qui entrent dans leur composition , de sorte qu'il doit s’affaiblir beaucoup par son séjour dans l'estomac. Sa disparition est extrêmement prompte ; aussi ses ellets généraux sont-ils rapides , et l'ivresse ou la mort suivent-elles presque immédiatement l'introduction d’une trop grande quantité d’alcool dans l'estomac.

Les matières qui ont été coagulées par l’action

1/42 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE de l’alcool sont, après sa disparition , digérées comme des aliments solides: | Boissons qui. Parmi les boïssons qui sont réduites en chyme , ne Rte les unes le sont en partie et les autres en totalité. L'huile est dans ce dernier cas; elle est transformée, dans la partie pylorique , en une matière qui a de l’analogie , pour l'apparence , avec celle que l’on retire de la purification des huiles par l’acide sulfurique : cette matière paraît être le chyme de l’huile. À raison de cette transformation, l’huile est peut-être le liquide qui séjourne le plus longtemps dans l'estomac. +»

Boissons Personne n'’ignore que le lait se caille peu de qui forment du chyme. temps après qu'il a été avalé; ce caillot devient alors un aliment solide, qui est digéré à la manière ordinaire. Le petit-lait seul peut être considéré comme boisson.

Le plus grand nombre des boissons dont nous faisons usage sont formées d’eau ou d'alcool, dans … lesquels sont en suspension ou en dissolution des principes immédiats animaux ou végétaux, tels que la gélatine, l’albumine, l’osmazome, le sucre, la gomme, la fécule, les matières colorantes ou astringentes , etc. Ces boissons contiennent des sels de chaux , de soude, de potasse , etc.

RS Il résulte de plusieurs expériences que j'ai faites. formation du sur des animaux, et de quelques observations que

chyme Pa IR ! ta , des boissons. j'ai été à même de recueillir sur l’homme , quil se

fait dans l'estomac un départ de l’eau ou de l'alcool d'avec les matières que.

ces liquides tiennent en suspension ou dissolution. Celles-ci restent dans l'estomac , où elles sont transformées en chyme , | comme des aliments , tandis que le liquide avec lequel elles étaient unies est absorbé , ou passe dans l'intestin grêle ; enfin elles se comportent comme | nous l'avons dit tout à l’heure à l’occasion de l’eau et de l'alcool. |

Les sels qui sont en dissolution dans l’eau n’a- | bandonnent point ce liquide , et sont absorbés avec. lui. » £ | Le vin rouge, par exemple, se trouble d’abord par son mélange avec les sucs qui se forment ou qui sont apportés dans l’estomac ; bientôt il coa- |gule l’albumine de ces fluides et devient flocon- |neux ; énsuite sa matière colorante , peut-être en- | traînée par le mucus et l’albumine, se dépose sur la membrane muqueuse : on en voit du moins | une certaine quantité dans la portion pylorique ; la | partie aqueuse et alcoolique disparaît assez promp- | tement.

| Le bouillon de viande éprouve des changements analogues. L'eau qu’il contient est absorbée ; la | gélatine , l'albumine, la graisse, et probablement losmazome . restent dans l’estomac , où ils sont | réduits en chyme.

Action de l’intestin grêle sur les boissons.

A , BEUPR D’après ce qu’on vient de lire, il est clair que

de l'intestin grêle sur Jes boissons pénètrent sous deux formes dans l'in-

les boissons.

testin grêle : 1° sous celle de liquide ; 2° sous celie . dé chyme. |

À moins de circonstances particulières , les li-

quides qui passent de l'estomac dans l'intestin n'y séjournent que très peu ; ils ne paraissent point y éprouver d’autre altération que leur mélange avec de suc intestinal, le chyme , le liquide pancréatique et la bile. Ils ne donnent lieu à la formation d'aucune espèce de chyle ; ils sont ordinairement absorbés dans le duodénum et le commencement du jéjunum ; rarement en voit-on dans l’iléum, et plus rarement encore parviennent-ils jusqu'au gros intestin. [1 paraît que ce dernier cas n'arrive que! dans l’état de maladie, pendant l’action d'un pur-. gatif par exemple.

Le chyme qui provient des boissons suit la même? marche , et paraît éprouver les mêmes changements: que celui des aliments; par conséquent il sert à produire du chyle.

Tels sont les principaux phénomènes de la digestion des boissons : on voit combien il était im portant de les distinguer de ceux qui appartiennent à la digestion des aliments.

Mais on ne digère pas toujours isolément, ainsi

que nous l'avons supposé , les aliments et les boissons ; assez souvent les deux digestions se font en même temps. +

Lesboissons favorisent la digestion des aliments : il est probable qu’elles produisent cet effet de plusieurs manières. Celles qui sont aqueuses ramollissent , divisent, dissolvent même certains aliments ; elles aident de cette façon leur chymification et leur passage à travers le pylore. Le vin remplit des usages analogues , mais seulement pour les substances qu'il peut dissoudre ; en outre ilexcite , par

son contact, la membrane muqueuse de l'esto,

mac, et détermine une sécrétion plus grande de suc gastrique. La manière d'agir de l’alcool se rapproche beaucoup de ce dernier usage du vin, seulement elle est plus intense. C’est aussi en excitant l’action de l'estomac que sont utiles les jiqueurs dont on fait usage à la fin des repas. , Des liquides nourrissants, tels que des bouil-

lons, du lait, etc. , sont souvent , quand l’esto-

mac est malade, introduit dans le gros intestin , avec l'intention de soutenir les forces , et même de nourrir. Je ne connais aucun fait bien constaté qui établisse la possibilité d’atteindre ce but ,

mais Je ne vois rien non plus qui en écarte la ë L . Je m2 " . Q . 7 Aer possibilité; ce serait un sujet intéressant de re-

cherches. Il serait curieux de savoir ce qui arrive à un liquide nourrissant quand il est placé dans

Digestion simultanée

des aliments

et des boissons,

we

ba

Déglutition de l’air atmosphé-

rique.

Personnes qui avalent Pair aisément.

Personnes qui avalent Pair difficilement.

le gros intestin. Nous l’ignorons entièrement aujourd’'hui.

Remarques sur la déglutition de l'air atmosphérique.

Indépendamment de la faculté d'avaler des"aliments et des boissons , beaucoup de personnes peuvent, par la déglutition, introduire dans leur estomac assez d'air pour le distendre.

On a cru long-temps que cette faculté était très rare, et l’on citait M. Gosse, de Genève , comme l'ayant présentée à un degré remarquable ; mais j'ai fait voir, dans un travail particulier (1). qu'elle était beaucoup plus commune qu’on ne le croyait. Sur une centaine d'étudiants en médecine, j'en ai trouvé huit ou dix qui en étaient doués.

Dans le même travail, j'ai montré qu'on pouvait distinguer en deux classes les personnes qui avalent de l’air : pour les unes , c’est un acte trés facile , et les autres n’y réussissent qu'avec des efforts plus ou moins grands. Quand ces dernières veulent l'opérer , il faut, en premier lieu, qu’elles chassent l’air que contenait la poitrine ; après quoi, remplissant leur bouche d’air, de manière que les joues soient un peu distendues, elles exécutent la déglu-

“tition en rapprochant d’abord le menton de la poi-

(1) Mémoire sur la déglutition de l'air atmosphérique ,

lu à Pinstitut. 1519.

DE PHYSIOLOGIE. n17

trine, et en l’éloignant ensuite brusquement de cette partie. Cette déglutition pourrait être comparée à celle des personnes dont la gorge est enflammée ; et qui avalent des liquides avec douleur et difficulté.

Quant aux personnes qui ne peuvent point avaler , d'air, et c’est le plus grand nombre, je dirai, pour l'avoir observé sur moi-même et sur un assez grand nombre de jeunes étudiants, qu'avec un peu d’exercice on peut y parvenir sans trop de peine. Pour ma part, au bout de deux ou trois jours de tentatives, jy suis parvenu. Il est probable que si l’on trouvait en médecine une application utile de la déglutition de l'air, ce ne serait pas une chose très longue ni très difficile que d’apprendre aux malades à l’exécuter.

Dans l'estomac, l’air s’échauffe, se raréfie et distend l'organe. Il excite chez quelques personnes un sentiment de chaleur brûlante ; chez d’autres, il produit des envies de vomir ou des douleurs très vives. Il est probable que sa composition chimique s’altère, mais on ne sait rien encore de positif sur ce point.

Son séjour est plus ou moins long; ordinairement il remonte dans l’œsophage , et vient sortir par la bouche ou par les narines; d’autres fois il traverse le pylore , se répand dans toute l’étendue du canal intestinal, jusqu’au point de sortir par

Personnes qui ne peuvent point avaler d’air.

Changements

- qu’éprouve

l’air dans Pestomac.

Manières dont l’airsort de l'estomac.

sf

1/0 PRÉCGIS ÉLÉMENTAIRE

l'anus. Dans ce dernier cas, il distend toute la cavité abdominale, et simule la maladie nommée tympanite. 4

J'ai observé que, dans certaines affections morbides, les malades avalent quelquefois involontaïrement. et sans s’en apercevoir, des quantités considérables d’air ataosphérique.

Un jeune médecin de mes amis, dont la digestion est habituellement laborieuse , la rend moins pénible en avalant , à plusieurs reprises , deux ou trois gorgées d'air.

Remarques sur l’éructation , la régurgtitation, ” le vomissement , etc.

De Nous avons vu comment la contraction de l'œl'éructation. sophage empêche les matières contenues dans l’estomac, et comprimées par les paroïs abdominales, de remonter dans ce conduit. Ce retour se fait quelquefois ; et, suivant que ce sont des gaz ou des aliments qui s'engagent dans l’œsophage , et selon que les parois de l'abdomen y participent ou non, on désigne cette sorte de reflux par Îles mots éructation , rapport , régurgtlalion ; vomissement , etc.

Le retour des substances que contient l'estomac ne se fait pas avec une égale facilité. Les gaz sortent plus aisément que les liquides, et ceux-ci plus facilement que les aliments solides. En général, plus

DE PHYSIOLOGIE. 1/19 l'estomac est distendu, plus cette anti-déglutition se fait avec facilité.

Quand ce viscère contient des gaz, ceux-ci en occupent nécessairement la partie supérieure ; par conséquent ils sont habituellement en présence de l'ouverture cardiaque de l'œsophage. ® Pour peu que cette ouverture se relâche , ils s’y engagent ; et comme ils sont plus ou moins comprimés dans l'estomac, si l’œsophage ne les repousse point ense contractant, ils arriveront bientôt à sa partie supérieure , et ils s'échapperont dans le pharynx, eu faisant vibrer les bords de l’ouverture de ce conduit : c’est ce qu'on nomme éructation. Îlest présumable que l’œsophage, par un mouvement en sens opposé à celui qu’il exécute dans la déglutition, détermine en partie la sortie des gaz par le pharynx. | Lorsqu'une certaine quantité de vapeur ou de Rapport, liquide accompagne le gaz qui sort de l'estomac , l’éructation prend le nom de rapport.

IH n’est pas nécessaire, pour que l’éructation ait Éructation volontaire.

lieu , que les gaz viennent directement de l’estomac ; les personnes qui ont la faculté d’avaler de l'air peuvent, après lui avoir fait franchir le pharynx, le laisser remonter dans cette cavité. C’est ainsi qu'on peut ayoir une éructation volontaire : dans les cas ordinaires, elle n’est point soumise À la volonte.

+ À .. De la Si, au lieu de gaz, ce sont des liquides ou des

régurgitation

involontaire. parcelles d’aliments solides qui remontent de l'estomac dans la bouche, ce phénomène est appelé régurgilation. Il arrive souvent chez les enfants à la mamelle, où l’estomac est habituellement distendu par une grande quantité de lait; il se voit fréquemment chez ceux qui ontravalé desaliments et des boissons en abondance, surtout si estomac est fortement comprimé par la contractiondes muscles abdominaux; par exemple, si les personnes font des efforts pour aller à la selle.

Régurgitaæ Quoique la distension de l'estomac soit favopat rable à la régurgitation , elle arrive aussi l’estomac Moppléi. étant vide, ou à peu près : il n’est pas rare de rencontrer des individus qui rejettent le matin une ou deux gorgées de suc gastrique mêlé à de la bile. Ce phénomène est souvent précédé d’éructations

qui donnent issue aux gaz que contenait aussi l'estomac.

Quand ce viscère est très plein, sa contraction doit être pour peu de chose dans le passage des matières dans l’æœsophage ; lapression qu'exercent les parois de l'abdomen doit en être la cause principale. ù

Régurgita- Mais quand l'estomac est à peu . vide, ilest ere présumable que le mouvement du pylore doit être pate LRATCS qui pousse les fluides dans l’œsophage.

Cela est d'autant plus probable que les liquides

DE PHYSIOLOGIE. 191 qu'on rejette alors sont toujours plus ou moins mélangés avec de la bile, qui ne, peut guère arriver dans l'estomac sans un mouvement de contraction du duodénum et de la portion pylorique de l'estomac. On se rappelle que l’œsophage se contracte avec peu d'énergie quand l'estomac Mest vides ù + * Chez la plupart des individus, la régurgitation Régurgitaest tout-à-fait involontaire , et ne se montre que ne 0e dans des circonstances particulières ; mais il y à

des personnes qui la produisent à volonté, et qui

se débarrassent par ce moyen des matières s0-

lides ou liquides contenues dans leur estomac. En

les observant dans le moment où elles exécutent

cette régurgitation, on voit qu’elles font d’abord

une inspiration par laquelle le diaphragme s’a-

baisse ; elles contractent ensuite les muscles abdominaux, de manière à comprimer l'estomac ;

elles aident quelquefois leur action, en pressant fortement avec les mains la région épigastrique ;

elles restent un moment immobiles, et tout-à-coup . le liquide ou l'aliment arrive dans la bouche. On peut présumer que le temps où elles sont immobiles , en attendant l'apparition des matières dans la bouché , est en partie employé à déterminer le relichement de l'œsophage , afin que les matières que renferme l'estomac puissent s’y introduire. Si la contraction de l'estomac contribue à produire ,

Rumination.

Du vomissement.

Des nausses.

dans ce as, l’expulsion des matières, ce ne pourra être que d’une manière très accessoire.

Cette régurgitation volontaire est le phénomène que présentent les personnes qui passent pour vomir à volonté.

il y à des individus qui, après les repas, se complaisent à faire remonter les aliments dans EL 4 bouche, à les mâcher une seconde fois, pour les | avaler ensuite ; en un mot, ils: offrent une véri-. table rumination , analogue à celle de certains animaux herbivores. *

Le vomissement se rapproche sans doute des phénomènes que nous venons d'examiner, puisqu'il a pour effet l’expulsion par la bouche des matières que contient l'estomac; mais il en diffère sous plusieurs rapports importants, entre autres sous celui du sentiment particulier qui l’annonce, des efforts qui l’accompagnent, et de la

fatigue qui le suit presque toujours.

On nomme nausée la sensation interne qui précède le besoin de vomir; elle consiste en un malaise général, avec un sentiment de tournoie= ment, soit dans la tête, soit dans la région épigastrique : la lèvre inférieure devient tremblotante , et la salive coule en abondance. À cet état succédent bientôt, et involontairement, des contractions convulsives des muscles abdominaux, et simultanément du diaphragme ; les premières ne

sont pas très intenses, mais celles qui suivent le sont davantage; enfin elles déviennent telles, que les matières contenues dans l'estomac surmontent | la résistance du cardia, et sont, pour ainsi dire, | lancées dans l’œsophage et dans la bouche : le |même effet se reproduit plusieurs fois de suite; il ‘esse ensuite pour reparaître au bout d’un temps | plus ou moins long. J’ai observé sur les animaux | que, dans les efforts de vomissement, ils avalent | de l’air en quantité considérable : cet air paraît | destiné à favoriser la pression que les muscles | abdominaux exercent sur l'estomac. Il est proba- | ble que le même phénomène à lieu chez l’homme. Au moment où les matières chassées de l’esto- | mac traversent le pharynx et la bouche, la glotte | se ferme, le voile du palais s'élève et devient ho- | rizontal comme dans la déglutition ; cependant , | chaque fois que l’on vomit , il s’introduit presque toujours,une certaine quantité de liquide, soit dans | le larynx, soit dans les fosses nasales.

On ri Le temps que le vomissement dé- |'pendait

e la contraction brusque et convulsive | de l'estomac ; mais jai fait voir, par une se d’ex- | périences , que ce viscère y était à peu près passif, | et que les nn bles agents du vomissement étaient, d'une part, le diaphragme, et de l’autre , les mus- | cles larges de l'abdomen; je suis même parvenu à le produire en substituant à l'estomac, chez un

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