‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 15 sur 64 · LA · texte numérisé non relu

LA

Phénomènes du vomissement.

Influence des muscles abdominaux sur le vo-

missément.

chien , ne nsdie de cochon, que je remplissais ensuite d’un liquide coloré (1).

= Dans l’état ordinaire, le diaphragme et les muscles de l’abdomen coopérent au vomissement ; mais ils peuvent cependantle produire chacun séparément. Ainsi un animal vomit encore quoiqu’on ait rendu le diaphragme immobile en cou® pant les nerfs diaphragmatiques ; il vomit de même, quoiqu'on ait enlevé avec le bistouri tous les muscles abdominaux, avec la précaution de laisser intacts la ligne blanche et le péritoine.

Jamais je n'ai vu l'estomac se contracter dans l'instant du vomissement; on conçoit cependant qu’il n’est pas impossible que le mouvement du pylore ne se montre dans cet instant. Ce cas s’est présenté à Haller dans deux expériences; et c'est ce qui faisait penser à cet illustre physiologiste que la contraction de l'estomac était la cause essen-

telle du vomissement. .

Modifications de la digestion par l’âge.

Organes La plupart des auteurs représentent le$ organes digestifschez le fœtus et l’enfant naissant.

digestifs comme inactifs chez le fœtus , et comme

(1) Voyez les détails de ces expériences, et le Rapport des commissaires de lnstitut, dans mon Mémoire sur le vomissement. Paris, an 1813. Voyez aussi un mémoire inté-. ressant de M. Piédagnel , sur le même sujet, dans mon Journal de physiologie expérimentale , torn. 2, Paris; tr899.

* DE PHYSIOLOGIE. 199 ayant, à l’époque de la naissance, un développement proportionnel, considérable , nécessaire , dit-on, afin qu'ils puissent fournir les matériaux nécessaires à là nutrition et à l'accroissement du COrps. | Si l’on entend par énactifs que les organes diestifs du fœtus n’agissent point sur des aliments, nul doute qu’on ait raison ; mais si l'on entend par ce mot inaction absolue , Je crois qu’on a tort, car il est très probable que, même chez le fœtus : il se passe dans les organes digestifs quelque chose de très analogue à la digestion. Nous aurons occasion de nous en convaincre en faisant l’histoire des fonctions du fœtus.

Il en est de même pour le développement du systéme digestif à l’époque de la naissance.

Si l'on n'entend parler que des organes contenus dans l'abdomen , il est clair qu’ils sont proportionnellement plus volumineux que dans un âge plus avancé ; mais si l’on désigne collectivement tout l'appareil digestif, l'assertion sera fautive; car les organes de la préhension , de la mastication des aliments, et ceux de l’excrétion des matières fé-

cales, sont, à l’époque de la naissance. et même.

assez long-temps après, loin du développement qu'ils acquerront avec le progrès de l’âge. Qu'on ne croie pas que l'énergie des organes abdominaux remplace la faiblesse de ceux dont nous venons

Organes digestifs de lenfant naissant.

Organes di gestifs chez l’enfant.

frruption des dents.

190 PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE

de parler : bien loin de là, il faut à l’enfant une nourriture choisie, délicate et de très facile digestion : celle qui lui convient par excellence , c'est le lait de sa mère; quand il en est privé, on sait combien il est difficile de remplacer avec avantage ce premier aliment. Au lieu donc de considérer les organes digestifs de l’enfant naissant, ou même très jeune , comme doués d’un surcroît de force, il faut les considérer comme beaucoup plus faibles qu'ils ne le seront par la suite.

Si l'appareil digestif de l’enfant est comparativement moins bien disposé que celui de l'adulte, tout y est on ne peut mieux combiné pour le genre d'action qu’il est appelé à remplir.

La succion est le mode de préhension propre aux enfants ; les parties qui doivent l'exécuter ont chez lui un développement considérable.

La langue est très grosse, comparée au volume du corps; l'absence des dents donne aux lèvres la facilite de se prolonger beaucoup en avant, et d’embrasser plus exactement que ne pourraient le faire celles de l’adulte le mamelon dont le lait doit être extrait,

Pendant la première année, l’enfant manque d'organes masticatoires. Les mâchoires sont très petites, dépourvues de dents; l’inférieure n'est point courbée, et n'offre pas d'angle comme celle de l'adulte ; les muscles élévateurs, agents princi-

paux de la mastication, ne s’y insèrent que très obliquement. Un bourrelet assez dur, formé par le tissu des gencives, tient lieu de dents.

Sur la fin de la première année et dans le cours de la seconde, les premières dents , ou denis de lait, sortent de leurs alvéoles et viennent garnir les màchoires. Leur irruption se fait assez régulièrement par paire ; d’abord les deux incisives moyennes inférieures se montrent, puis les supérieures , viennent ensuite les incisives latérales inférieures , bientôt après les supérieures, et successivement et dans le même ordre les canines et petites molaires (1): la sortie de ces dernières n’arrive souvent que dans la troisième année. À l’âge de quatre ans, quatre nouvelles dents se manifestent : ce sont les premières grosses molaires ; elles complètent le nombre dgrst-quatre dents , que l'enfant conserve jusqu'à sept ans. Alors se fait l'irruption de la seconde dentition. Les dents de lait tombent, en général , dans l’ordre de leur sortie des mâchoires ; elles sont successivement remplacées par les dents qui sont destinées à rester toute la vie. À cette époque sortent en sus quatre autres grosses molaires. . Quand celles-ci ont paru , On à vingt-huit dents. Enfin, vers vingt ou vingt-cinq ans, quelquefois beaucoup plus tard, on voit pousser les quatre

(1) Assez souvent la première petite molaire sort avant la canine.

Seconde dentition.

Changements de la mâchoire inférieure.

dernières molaires, ou dents de sagesse , et le nombre de trente-deux dents propres à l’homme est complété. '

Ce renouvellement des dents à sept ans est nécessité par l'accroissement qu'ont éprouvé les mâchoires. Les dents de lait deviennent proportionnellement trop petites; celles qui leur succèdent sont.plus grosses et d’un tissu plus solide. Leurs racines sont plus longues et plus nombreuses; elles sont plus solidement fixées dans les alvéoles ; dispositions bien favorables aux fonctions qu’elles ont À remplir. |

En même.temps que les mâchoires augmentent en dimension , elles changent de forme ; l’inférieure se courbe , ses branches deviennent verticales, son corps prend une direction horizontale, et l’angle qui les réunit se prononce. |

À l’époque où elles sortent des os marée À les dents sont des instruments tout neufs. Les incisives sont tranchantes , les canines ont une pointe acérée , les molaires sont hérissées d’aspérités coniques ; mais ces dispositions avantageuses diminuent avec l’âge. Les dents , frottant continuellement les unes sur les autres dans les mouvements de mastication, ou bien se trouvant en contact avec des corps plus ou moins durs, s’usent et perdent peu à peu de leur forme. On pourrait donc juger de l’âge de l’homme par l'examen de ses

# DE PHYSIOLOGIE. 199 dents , et l'on y parvient jusqu'à un certain point ; mais il est si rare que les dents aient une disposition parfaitement Me et un égal degré de dureté, qu’on n'arrive par ce moyen qu'à des données peu approximatives. En ‘sénéral., l'usure des dents se manifeste d’abord dans les incisives inférieures ; elle se montre ensuite dans les molaires, et c'est beaucoup plus tard qu'on l’aperçoit dans les dents de la mâchoire supérieure. L

Mais l'usure des dents n’est pas le ur | le plus défavorable qu'amène l’âge ; dans les premiers temps de la vieillesse confirmée , elles sont, par les progrès de l’ossification des mâchoires , repoussées de leurs alvéoles ; elles deviennent vacil-

lantes et finissent par tomber. | Lé naniére dont cette chute s'opère est loin d’être régulière comme la scrtie des dents: il Ya, sous ce rapport, de nombreuses différences individuelles.

Les personnes qui ne perdent leurs dents qu'à l’époque dont je viens de parler doivent être considérées comme privilégiées : car le plus souvent les dents tombent de bien meilleure heure, soit par accidents, tels que des coups ou des chutes qui les fracturent ou les arrachent, soit parcequ'elles ne peuvent Supporter impunément le contact de l'air ou celui des substances qu’on introduit habituelle-

Altération des dents par Ï

’Age.

Organes de la mastication chez le vieillard.

Modifications de la digestion

par l’âge.

ment dans la bouche : alors leur tissu s’altère; il présente destaches, se ramollit, change de couleur, et finit par tomber en fragments. Ce sont ces altérations chimiques qu'on appelle assez improprement maladies des dents, puisqu'on les voit survenir dans les dents artificielles.

Après la chute totale des dents , les gencives se

durcissent, les ouvertures qu'elles présentaient se

ferment , les bords alvéolaires s’amincissent , deviennent tranchants ; et cette nouvelle disposition supplée en partie aux corps qui remplissaient les alvéoles.

Telles sont les modifications qu’entraînent les progrès de l’âge dans les organes de la mastication: celles qui arrivent aux autres organes digestifs ne sont point assez importantes pour que nous en fassions mention. ni |

Nous terminons cet article en faisant remarquer que beaucoup de muscles volontaires concourent à la digestion, et subissent , par l'effet de l’âge, les mêmes changements que nous avons indiqués en traitant des modifications qu'éprouvent par cette cause les organes de la contraction musculaire.

Nos connaissances sont assez bornées relativement aux modifications qu'éprouve la digestion | dans les différents âges ; ce qu’on en sait se rapporte | particulièrement à la manière dont s’exercent la || préhension des aliments, leur mastication , et l’ex-!|

DE Ne. EN E 161

crétion des matières fécales : les changements qu'éprouve probablement l’action des organes digestifs abdominaux sont à peu près inconnus.

La faim paraît être très vive chez les enfants et n'être pas soumise au retour périodique qui se voit chez l'adulte; elle se renouvelle à des intervalles si rapprochés, qu’elle semble continue : il est certain du moins qu’elle se manifeste quoique l’estomac soit loin d’être vide. La succion est le mode de préhension qui est propre aux enfants ; ils l’exécutent d'autant plus aisément, que les lèvres et la langue sont plus développées. Chez eux , cette action , au moins dans les premiers mois, paraît entièrement instinctive. Jusqu'à l’apparition des dents, et même pendant une partie du temps que dure le travail de la dentition, toute mastication est impossible. Si l'enfant comprime les substances introduites dans sa bouche , c’est plutôt pour en extraire le suc qu'elles contiennent ou pour favoriser leur dissolution , que pour exercer sur elles un véritable broiement. On peut présumer que l'abondance de la salive chez les enfants remplace, jusqu’à un certain point , la mastication.

Il faut passer à l’excrétion des matières fécales pour avoir quelque chose de positif sur la digestion des enfants très jeunes, comparée à celle de l’homme ; et l’on voit que cette excrétion se fait trés fréquemment ; que les excréments, pres-

Digestion chez les enfants.

Mastication chez les enfants.

É + + Li

cé

que liquides et de couleur jaunâtre , n’ont pas l'odeur qu'ils prendront quand l'enfant fera usage d'aliments autres que le lait : les muscles abdominaux, à cet âge, n'auraient pas probablement assez d'énergie pour expulser des matières fécales solides. |

La sortie des dents incisives, et même des canines, ne procure à l'enfant qu'une mastication très imparfaite ; il faut que les molaires aient fait irruption pour que cette action devienne plus efficace , encore ne peut-elle s'exercer sur des substances dont la résistance est un peu considérable , ear les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure sont trop faibles , et s’y insèrent trop obliquement pour que des substances d’une certaine dureté puissent être écrasées entre lés dents.

Ce n’est que passé la seconde dentition , et même quelque temps après, lorsque l'angle de la mâchoire est bien prononcé, que la mastication acquiert toute la perfection dont elle est susceptible. Elle se maintient dans cet état, sauf les modifications que cause l’usure ou la chute accidentelle des dents, jusqu’à la vieillesse , époque où elle s’altère constamment, soit parceque les dents sont très usées ou en grande partie tombées, soit que leur chute étant complète on ne mâche plus qu'avec le bord: alvéolaire.

À ces causes, qui, chez le vieillard, rendent

laborieuse la mastication, se joignent , 1° la trop Mastication r ; à chez les grande étendue des lèyres, qui, dès que les dents Séard. incisives sont tombées , ont plus de longueur qu’il ne faut pour aller d’une mâchoire à l’autre , et qui, se touchant par la face interne , au lieu de s’appliquer par les bords, ne peuvent plus retenir la … salive ; 2° Ia diminution de l'angle de la mâchoire , qui, sous ce rapport, se rapproche de celle des enfants, et la courbure du corps de cet os , qui obligent le vieillard à mâcher par la partie antérieure et moyenne du bord alvéolaire, seul endroit où ces bords puissent se rencontrer; 5° l'absence des dents, qui le met dans la nécessité de mâcher ayant constamment les lèvres en contact , ce qui donne encore un caractère particulier à sa mastication. | L'action des muscles qui concourent à la digés- Excrétion

des matières

tion éprouve les mêmes changements que NOUS fécaleschez avons indiqués en parlant de l'influence des âges A que sur la contraction musculaire.

D'abord faibles chez l'enfant, puis actifs et vigou- ! reux dans la jeunesse et l’âge adulte, ces muscles diminuent d'énergie dans la vieillesse, et finissent | pars’affaiblir beaucoup dansla caducité. Les actions | digestives qui dépendent de la contraction muscu- || laire parcourent les mêmes périodes , comme on pêut s'en assurer en examinant la maniere dont . Séxécutent la préhension des aliments , la mastica-

16/ PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE tion et l’excrétion des matières fécales aux differentes époques de la vie.

À cause de l'extrême faiblesse des muscles chez certains vieillards habituellement constipés , il peut y avoir impossibilité d'expulser les excréments, aC-. cumulés quelquefois en quantité énorme dans Île gros intestin. On est obligé, dans ces cas, d'avoir recours à une opération chirurgicale pour en procu: rer la sortie.

On n’a que des données très générales sur les modifications qu’éprouvent dans les différents âges l’action de l'estomac et celle des intestins : elles paraissent plus rapides et plus faciles pendant tout le temps que dure l'accroissement; elles semblent se ralentir ensuite : mais, de toutes les actions vitales , ce sont peut-être celles qui conservent le plus longtemps, et jusqu'aux derniers moments de la vie, une grande activité. |

Nous n’entrerons dans aucun détail relativement aux modifications qu'apportent les sexes, les cli-: mats , les habitudes , les tempéraments , la disposition individuelle. Ce genre de considération est sans doute très intéressant ; mais, comme il est plus particulièrement du ressort de l'hygiène, nous nous contenterons de dire que, sous bien des rapports , il existe presque autant de différentes manières de digérer qu'il y à d'individus, et que: che une même personne, il est rare que la digestion!

DE PHYSIOLOGIE. 165 n'éprouve pas quelques changements journaliers , à tel point qu'on digérera parfaitement aujourd'hui la substance qu'il avait été absolument impossible

de digérer hier.

Rapports de la digestion avec les fonctions de relation. EL

Une fonction aussi importante que la digestion , et à laquelle coopèrent un si grand nombre d’organes différents , devait être étroitement liée avec les autres fonctions , et particulièrement avec celles de relation. Cette liaison existe en effet ; elle est même tellement intime , que, dans la plupart des animaux , la connaissance d’un ou de plusieurs organes de la vie extérieure apprend de suite la disposition des organes digestifs, et, réciproquement, la simple inspection d’une partie de l’appareil digestif fait connaitre la disposition des organes des sens et des mouvements. de

Les sens nous avertissent de la présence des aliments, nous aident à les saisir, nous en font connaître les propriétés physiques et chimiques , ainsi que les qualités utiles ou malfaisantes; et comme c’est surtout sous ce dernier genre de rapport qu'il nous importe le plus d'apprécier les aliments, on considere l’odorat et le goût , qui sont chargés de cet examen, comme ayant avec la digestion des relations plus intimes que les autres

Rapports de la digestion avec les sens.

Iufluence

‘ dela digestion sur

les sens.

Rapports de la digestion avec la contraction musculaire.

100 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE sens. Quelques auteurs les ont classés parmi les actions digestives.

Souvent l'aspect ou l'odeur d’un mets excite l'appétit et dispose favorablement l'appareil de la digestion ; mais la même cause peut produire un effet entièrement opposé, c’est-à-dire faire cesser la faim. et même amener un sentiment de dégoût.

En général , un appétit modéré donne aux sens plus de finesse et d'activité ; mais si la faim se prolonge , nous avons vu plus haut que les sens perdent de leur action , se troublent au point de ne transmettre que des impressions inexactes. Pendant le travail de la chymification, ils ont aussi moins d'activité, surtout si l’estomac est distendu par une grande quantité d'aliments.

Les rapports de la contraction musculaire avec la digestion ne sont pas moins évidents. On à vu comment l’action des muscles sert dans la préhension des aliments, dans la mastication , la déglutition , et dans l’excrétion des matières fécales ; en outre, ces mouvements neus mettent à même de nous procurer les aliments ; ils excitent l'appétit , et nécessitent , quand ils sont souvent répétés , une nourriture plus abondante. A leur tour ils sont influencés par les phénomènes digestifs, la faim les rend plus faibles et plus difficiles ; et lorsque l’estomac est plein d'aliments , il y a, surtout dans les

DE PHYSIOLOGIE. 107 pays chauds et chez les personnes d’une santé délicate , disposition au repos et presque impossibilité de se mouvoir ; mais, dans les pays froids et chezles hommes robustes, la présence des aliments dans l'estomac est au contraire une cause d’ac- croissement, de force et d’agilité.

On se rend aisément raison de la difficulté que l’on éprouve à parler , et surtout à chanter , après un repas copieux ; le volume de l’estomac s'oppose à l'introduction de l’air dans la poitrine et aux mouvements du diaphragme , et met ainsi un obstacle très grand à la production de la voix.

C’est surtout entre les fonctions du cerveau et la digestion qu’il y a des rapports intimes. Dans certains cas, la faim donne une direction particulière aux idées, les porte vers les aliments ; dans d’autres, une forte contention d'esprit , un chagrin violent, une frayeur subite, font cesser la faim pour plusieurs jours , et même rendent toute digestion impossible, au point que les aliments qui précédemment avaient été introduits dans l'estomac n'y subissent aucune altération. Combien ne voiton pas de personnes dont les affections tristes ont perverti les facultés digestives ! La satisfaction morale , la gaieté , le rire, favorisent au contraire la digestion : les grands mangeurs sont ordinairement peu accessibles au chagrin.

Qui n’a pas fait la remarque de l'influence de la

Rapports de la digestion avec les fonctions cérébrales.

Influence du cerveau et de la moelle

épinière

sur la digestion.

Influence du

digestion sur l’état de l'esprit ? Combien de gens sont incapables d'application pendant la digestion ? Qui ne sait que l'accumulation des matières fecales a l'effet le plus marqué sur la disposition morale ?

Sous un point de vue purement physique, on à prétendu que la digestion était sous l'influence im médiate du cerveau , que si on enlevait les hémisphères , la digestion était abolie. Je n'ai Jamais vu ce phénomène; j'ai vu au contraire la digestion . continuer dans des animaux auxquels j'avais enlevé le cerveau presque en totalité. Des canards auxquels j'avais enlevé le cerveau et une grande partie du cervelet ont survécu huit ou dix jours, et leur digestion se faisait très bien. Mais ils avaient perdu l'instinct de chercher les aliments, et même plusieurs celui qui fait exécuter la déglutition ; j'étais obligé de les faire avaler artificiellement. Les blessures de la moelle alongée et de la moelle épiniere lèsent bien davantage la digestion ; mais, comme elles altèrent la respiration et la circulation , il est peu probable qu’elles influent directement sur la digestion, mais au contraire d’une manière indirecte, par l'intermédiaire des grandes fonctions indispensables à la vie.

I nfluence du grand sympathique sur la digestion.

» à AS .

L'organe mystérieux que Îles anatomistes nom-

DE PHYSIOLOGIE. 10) mentle nerf grand sympathique a son principal ganglion et son plexus le plus considérable derrière l’estomac etles intestins ;un grand nombre de sesfilets serendent dans les organesdigestifs : il estdonce probable que la digestion est influencée par le grand sympathique ; mais on n’est point encore sur la voie de l'espèce d’action que cet organe exerce sur cette fonction. Des suppositions , des hypothèses ,

grand sympathique sur la digestion.

des opinions , voilà tout ce que contiennent les

ouvrages sur une des questions les plus intéressantes de la physiologie (1).

J'ai tenté quelques expériences pour m'assurer si les filets du grand sympathique donnent de la sensibilité à l'estomac. Je coupe les deux huitièmes paires à un animal au-dessus du diaphragme , puis je lui fais avaler quelques grains d’émétique , et peu de temps après le vomissement a lieu. Le phénomène ne peut dépendre de labsorption , car il s'écoule à peine cinq minutes entre son dévéloppement et l'introduction de l’émétique dans l'estomac : il paraît probable qu'ici le grand sym-

(1) J’aurais bien désiré faire une honorable exception en faveur du magnifique ouvrage que vient de publier M. Lobstein ; mais le mérite de cette production importante s’arrête à la partie anatomique. La physiologie y est bornée à une collection d'opinions là où il faudrait des faits et des experiences. (Voyez De nervi sympathetici humani fabrica, usu CE morbis, auctore J. P. Lossrein, Parisiis , 1823.)

Expériences sur le grand sympathique.

Du chyle.

pathique à transmis au cerveau l'impression produite par le sel d’antimoine sur la membrane mu-

queuse de l'estomac.

Les intestins sont quelquefois, surtout dans l’état de maladie, d’une exquise sensibilité, et causent souvent des douleurs atroces. Comme ils ne recoivent point, pour ainsi dire , ‘de nerfs cérébraux , il est très probable qu'ils doivent leur sensibilité aux filets du grand sympathique : toutefois aucune expérience directe ne l’a prouvé jusqu'ici.

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