ADO UE M NAN ASPECT
TOR RS Se Et 100
La matière colorante est soluble dans l’eau et
d’un individu qui avait une hépatite aiguë, il a trouvé, sur cent grains de ce sérum,
Éautitiot ot Ne 30780 Albaniheu ect RE da dati CC CT HER re 2 UN Ce Re SR SRI eu 20 pel RO die + es Cr ANR
Ces sels étaient 9,7 de muriates et 0,2 de lactates; ce sérum était couleur d’eau de gruau ; et ressemblait à une émulsion.
dans le sérum du sang, desséchée et calcinée du ensuite au contact de l’air, elle se fond , se bour- ee soufle , brûle avec flamme, et donne un charbon is qu'on ne peut réduire en cendre qu'avec une ex-
trême difficulté. Ce charbon, pendant sa com bustion, laisse dégager du gaz ammoniaque, et ee fournit la centième partie de son poids d’une cen-
dre composée d’environ :
01210 CCC CR Ce Se RG F Phosphate de chaux et trace de phosphate dé mienésies PHONE, OUR SON ENT TS Ghañs purei Lors 7h FHTONSE AE AGidé carbonique: . Mu; PERS
Il est important de remarquer que dans aucune des parties du sang on ne trouve de gélatine ni de phosphate de fer, comme on l'avait cru
d’abord.
Les rapports respectifs de quantité du sérum et Composition |
k. dE chimique du caillot , Ceux de la matière colorante et de la du sang. fibrine, n’ont point encore été examinés avec tout
le soin désirable. D’après ce qu'on verra par la Li
suite , il est à présumer qu'ils sont variables s vant une infinité de circonstances.
La coagulation du sang a été tour à tour attribuée à son refroidissement, au contact de l’air, à l’état de repos, etc.; mais J. Hunter et Hewson ont démontré, par des expériences, qu’on ne
pouvait rapporter ce phénomène à aucune de ces
254 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE causes. Hewson prit du sang frais, et le fit geler en l’exposant à une basse température. ILle fit ensuite dégeler : le sang se montra d’abord fluide, et peu après il se coagula comme à l'ordinaire. J. Hunter a fait une expérience analogue, avec un semblable résultat. Ainsi ce n’est point parcequ'il se refroidit que le sang se coagule. Il paraît même qu’une température un peu élevée est favorable à sa coagulation. L'expérience a aussi constaté que le sang se prend en masse, privé du contact de l’air et agité; cependant , en général, le repos et le contact de l'air favorisent sa coagulation.
Mais, loin de rapporter la coagulation du sang à aucune influence physique, il faut au contraire la considérer comme essentiellement vitale, c’està-dire comme donnant une preuve démonstrative que le sang est doué de la vie. Nous verrons bientôt de quelle importance est, dans plusieurs phénomènes de nutrition, la propriété ‘qu'ont le sang et d’autres liquides de se coaguler. |
Phénomènes Pour prendre une idée plus précise de la coagu-
À ù a . e e e e ( D ation lation du sang veineux, j'ai placé au foyer d’un du sang D
à LL
microscope composé une goutte de ce fluide. Tant qu'il a été liquide, il s'est montré comme une masse rouge; mais dès quil à commencé à se coaguler , les bords sont devenus transparents et granuleux ; la partie solide, presque opaque, à
formé un nombre infini de petites mailles ou cellules, qui contenaient la partie liquide, beaucoup plustransparente : c'est cettedispositionqui donnait au bord de la goutte de sang l'aspect granuleux. Peu à peu les mailles se sont agrandies par la rétraction des parties solides ; dans plusieurs endroits elles ont disparu entièrement, et il n’est plus resté, entre la circonférence extérieure de la goutte de sang et le bord du caillot central, que des arborisations tout-à-fait analogues à celles que nous avons décrites dans la lymphe. Leurs divisions communiquaient entre elles à la manière des vaisseaux ou des nervures des feuilles, Ces observations doivent être faites à la lumière diffuse ou artificielle , car la lumière directe du soleil produit un dessèchement sans coagulation.
Dans beaucoup de circonstances le sang se COagule quoique contenu dans les vaisseaux qui lui sont propres; mais, en général, ce phénomène appartient à l’état de maladie.
Quelques auteurs avaient cru remarquer que le sang en se coagulant devenait plus chaud ; mai
J. Hunter, et tout récemment M. J. Davy , ont
prouvé qu'il n’y avait point élévation de température.
À l’époque où l’on s’occupait beaucoup en France du galvanisme , on à avancé qu’en prenant une portion de caillot récemment formé , et en le sou-
Expériences sur Ja fibrine du sang.
à is lists
“ " 230 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE mettant à un courant galvanique , on le voyait se contracter à la manière des fibres musculaires : j'ai plusieurs fois essayé de produire cet effet, en soumettant des portions de caillot, au moment même de leur formation , à l’action de la pile. Je n'ai jamais rien vu de semblable. J'ai varié ces essais de diverses manières , et je n’ai pas été plus heureux. Tout récemment, j'ai répété cette expérience avec M. Biot : le résultat a été le même.
L'analyse du sang veineux , telle que nous venons de l'indiquer, fait connaître les éléments propres de ce liquide ; mais, comme toutes les
matières observées dans le canal intestinal, les
membranes séreuses, le tissu cellulaire, etc., se mélent immédiatement au sang veineux , il en résulte que la composition de ce liquide doit varier à raison des matières absorbées. On y trouvera, dans diverses circonstances, de l’alcool , de l’éther, du camphre, des sels qu'il ne contient pas habituellement, etc. , lorsque ces substances auront été soumises à l'absorption dans une partie quelconque
du corps.
La plus ou moins grande promptitude avec laquelle le sang se prend en masse, la solidité du caillot, la séparation du sérum, la formation d'une couche albumineuse à sa surface , la température particulière de ce liquide , soit dans les vaisseaux, soit hors des vaisseaux, etc., sont autant de phé-
nomèenes que nous examinerons à l’article du sang artériel.
Appareil du cours du sang veineux.
Cet appareil se compose , 1° des veines; 2° de l'oreillette et du ventricule droits du cœur; 3° de l'artère pulmonaire.
Des veines.
La disposition des veines dans le tissu des organes échappe aux sens. Lorsque l’on commence à les apercevoir, elles se présentent sous la forme d’un nombre infini de petits canaux , d’une excessive ténuité, communiquant très fréquemment entre eux , et formant une sorte de lacet à mailles très fines ; bientôt les veines augmentent de volume, tout en conservant la disposition réticulaire. Elles arrivent de cette manière à former des vaisseaux , dont la capacité , la forme et la disposition varient suivant chaque tissu, et même suivant chaque organe.
Quelques organes paraissent presque entière-
ment formés par des radicules veineuses : tels sont la rate, les corps caverneux de la verge, le clitoris, le mamelon , l'iris, l’urètre , le gland, etc. Quand on pousse une injection dans l’une des veines qui sortent de ces divers tissus, ils se remplissent entièrement de la matière injectée ; ce qui
Des veines.
Origine des veines.
238 Précis ÉLÉMENTAIRE n'arrive point, ou rarement, quand l'injection est poussée par les artères. L'incision des mêmes parties sur l’homme ou sur les animaux vivants en fait sortir un sang qui a toutes les apparences du sang veineux (1).
Les racines des veines sont continues avec les ar-
‘tères et les vaisseaux lymphatiques , l’anatomie
ne laisse aucun doute à cet égard ; d’autres radicules, dont la disposition est moins connue, paraissent ouvertes aux différentes surfaces des membranes du tissu cellulaire, et même dans le parenchyme des organes.
M. Ribes ayant poussé du mercure dans l’une des branches de la veine-porte , à vu les villosités de la membrane muqueuse intestinale se remplir de ce métal, et celui-ci se répandre dans la cavité de l'intestin. En poussant de l’air dans les veines des troncs vers les racines , et en forçant la résistance des valvules (ce qui est très facile sur les cadavres qui ont éprouvé un commencement de putréfaction ) , le même anatomiste a toujours vu l'air s’'épancher avec la plus grande facilité dans le tissu cellulaire, quoique aucune rupture sensible des parois veineuses n’ait eu lieu. J’ai fait des remarques semblables en poussant de l’air ou d’autres
(x) La communication du tissu caverneux de la verge avec les veines se fait par des ouvertures de deux ou trois millimètres de diamètre. |
fluides dans les veines du cœur. Ces faits, qui sont postérieurs à mes expériences sur l'absorption des veines , dont je parlerai bientôt, s'accordent parfaitement avec elles.
Les veines du cerveau l’environnent de toutes parts, forment en grande partie la pie-mèére, pénètrent dans les ventricules, où elles contribuent à former les plexus choroïdes et la toile choroïdienne. Celles du testicule représentent un lacis très fin, qui recouvre les vaisseaux spermiféres; celles des reins sont courtes et volumineuses , etc. 4
En abandonnant les organes pour se porter vers le cœur, les veines affectent encore des dispositions très différentes. Au cerveau , elles sont logées entre les lames de la dure-mère, protégées par elles, et portent le nom de sinus. Au cordon spermatique , elles sont flexueuses, s’anastomosent fréquemment et forment le COrps pampiniforme. Autour du vagin, elles constituent le COTpS réttforme. À l'utérus , elles sont très volumineuses et offrent de fréquentes flexuosités. Dans les membres , à la tête et au cou , on peut les distinguer en profondes , qui accompagnent les artéres, et en superfictelles , qui sont placées immédiatement zudessous de la peau , au milieu des troncs lymphatiques qui s’y trouvent, |
À mesure que les veines s’éloignent des organes
Trajet des veines,
Anastomoses des veines.
Structure des veines.
Valvules des veines.
et se rapprochent du cœur, elles diminuent de nombre et augmentent de volume, dettelle manière que toutes les veines du corps , qui sont innombrables, se terminent à l'oreillette droite du cœur par trois troncs, la veine cave inférieure ; la supérieure , et la veine coronaire.
J'ai dit que les petites veines communiquent ensemble par des anastomoses fréquentes : cette disposition existe aussi dans les grosses veines et dans les troncs veineux. Les troncs superficiels des membres communiquent avec les veines profondes , les veines de l'extérieur de la tête avec celles de l’intérieur, les jugulaires externes avec les internes , la veine cave supérieure avec l’inferieure , etc. Ces anastomoses sont avantageuses au cours du sang dans ces vaisseaux.
Beaucoup de veines présentent dans leur cavité des replis de forme parabolique! nommés valvules. Elles ont deux faces libres et deux bords, dont l’un est adhérent aux parois de la veine, tandis que l’autre est flottant : le premier est plus éloigné du cœur , l’autre en est plus rapproché.
Le nombre des valvules n’est pas partout Île même. En général, elles sont plus multipliées'là où le sang marche contre sa propre pesanteur , où les veines sont très extensibles , et n’ont qu'une faible pression à supporter de la part des parties circonvoisines : elles manquent au contraire dans les
DE PHYSIOLOGIE. SR 241 parties où les veines sont exposées à une pression habituelle qui favorise la circulation du sang , et dans celles qui sont contenues dans des canaux non extensibles ; on en trouve rarement dans les veines qui ont moins d’une ligne de diamètre. Tantôt la largeur des valvules est assez grande pour oblitérer complètement le canal que la veine repré-
sente , et d’autres fois elles ont évidemment trop
peu d’étendue pour produire cet effet. Tous les anatomistes avaient pensé que cette disposition dépend de l’organisation primitive ; mais Bichat a cru reconnaître qu'elle tient uniquement à l’état de resserrement ou de dilatation des veines au moment de la mort.
J'ai voulu m'assurer par moi-même de l'exactitude de l’idée de Bichat, et j'avoue qu'il m'est impossible de la partager. Je n'ai point vu que la distension des veines influât sur la grandeur des valvules : il m'a semblé au contraire qu'elle reste toujours la même; mais la forme change par l'état de resserrement ou de dilatation , et c'est probablement ce qui en aura imposé à Bichat.
Trois membranes superposées forment les parois des veines. La plus extérieure est celluleuse , assez dense , et très difficile à rompre. Si l’on en croit les ouvrages d'anatomie , celle qui vient ensuite est formée de fibres disposées parallèlement
Structure des veines.
selon la longueur du vaisseau, et d'autant plus faciles à apercevoir, que la veiné est plus grofse et plus resserrée sur elle-même. J'ai cherché vainement à voir les fibres de la membrane moyenne des veines : j'y ai toujours observé des filaments excessivement nombreux , entrelacés dans toutes les directions, mais qui prennent l’apparence de fibres longitudinales quand la veine est plissée selon sa longueur , disposition qui se voit souvent dans les grosses veines.
Les veines sous-cutanées des membres dont les parois sont très épaisses sont celles où l’on peut le plus facilement étudier la dispositiongde cette membrane. à
On ignore la nature chimique de la couche fibreuse des veines : d’après quelques essais , je soupçonne qu’elle est fibrineuse. Elle est extensible , assez résistante ; elle ne présente d’ailléurs aucune propriété , sur l'animal vivant, qui puisse la faire rapprocher des fibres musculaires. Irritée avec la pointe d’un scalpel, soumise à un courant. galvanique , etc. , elle ne présente point de contraction sensible (à).
(1) Malgré ces faits, que chacun peut aisément vérifier certaines personnes soutiennent que les veines ne sont pas seulement élastiques, mais qu’elles sont encore contractiles d’une autre manière : cette dernière propriété des veines
me paraît une chimère, +
La troisième membrane des veines, ou la tunique interne , est extrêmement mince et fort lisse par la face qui est en contact avec le sang. Elle est très souple , très extensible , et cependant elle présente une résistance considérable ; elle supporte, par exemple, sans se rompre, la pression d’une ligature fortement serrée.
Quelques veines , telles que celles des sinus cérébraux, les canaux veineux des os, les veines sushépatiques, ont seulement leurs parois formées par cette membrane, et sont presque entièrement dépourvues des deux autres.
Les trois tuniques réunies forment un tissu très élastique. Quel que soit le sens selon lequel on alonge une veine , elle reprend promptement sa
forme première, et je ne sais sur quel fonde-
ment Bichat à avancé qu’elles étaient dépourvues d'élasticité : rien n’est plus aisé que de s'assurer qu'elles possèdent cette propriété physique à un degré éminent.
Üne autre propriété physique qu’offrent à un - haut degré les parois des veines, est celle de l’imbibition : elles se. comportent à cet égard, après la mort et durant la vie, comme des éponges à
cellules très fines , et se remplissent de tous les li
quides mis en contact avec elles.
Un assez grand nombre de petites artères, de velqules , et quelques filaments du grand sympa- <ERS 16.
Propriétés & physiques des veines.
Oreillette droite du cœur.
"4 204 © PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE thique , se répandent dans les veines ; aussi sontelles loin d’être toujours étrangères aux désordres maladifs qui surviennent dans l’économie animale. Quelquefois elles paraissent affectées d’inflammation.
Des cavités droites du cœur.
Le cœur est trop connu pour qu'il soit nécessaire d’insister sur sa forme et sur sa structure , j'en rappellerai seulement les circonstances principales. Dansl’homme, les mammifères et les oiseaux, il est formé de quatre cavités, deux supérieures ou oreillettes, et deux inférieures ou ventricules. L'oreillette et le ventricule gauches appartiennent
à l'appareil du cours du sang artériel ; l’oreillette
et le ventricule droits font partie de celui du sang veineux. a.
1 serait difficile de dire quelle est la formede l'oreillette droite : son plus grand diamètre est transversal ; sa cavité présente en arrière l’ouverture des deux veines caves et celle de la veine coronaire : en dedans, elle offre un petit enfon-. cement nommé fosse ovale, qui indique le lieu qu'occupait dans le fœtus le trou Botal. En bas, l'oreillette présente une large ouverture qui conduit dans le ventricule droit. La surface interne de l'oreillette présente ses colonnes charnues ; c'està-dire un nombre infini de prolongements arçon-
DE PHYSIOLOGIE. 245 dis ou aplatis , entre-croisés dans tous les sens de manière à présenter une sorte de tissu aréolaire ou spongieux , répandu à la face interne de loreillette , y formant une couche plus ou moins épaisse.
À l'endroit où la veine cave inférieure se joint à l'oreillette , on observe quelquefois un repli à la membrane interne , appelé valvule d’Eustache.
Le ventricule droit a une cavité plus spacieuse et des parois plus épaisses que l'oreillette ; il a la forme d’un prisme triangulaire , dont la base correspond à l'oreillette et à l’artère pulmonaire , et le sommet à la pointe du cœur ; toute sa surface est couverte de saillies alongées et arrondies , qui sont aussi nommées colonnes charnues : la disposition en est fort irrégulière. Comme celles de l'oreillette , elles forment un tissu réticulaire ou caverneux dans toute l'étendue du ventricule , et particulièrement vers la pointe.
Les colonnes du ventricule , étant généralement plus grosses que celles de l'oreillette, donnent aussi lieu à un réseau dont les mailles sont moins fines. Quelques unes, nées de la surface des ventricules , se terminent en formant un ou plusieurs tendons , qui vont s'attacher au bord libre de la valvule tricuspide ; placée à l’ouverture par laquelle l'oreillette et le ventricule communiquent ensemble.
Venticule droit,
Colonnes charnues du veutricule droit.
Artère pulmonaire.
À côté, et un peu à gauche de celle-ci, est l'orifice de l’artère pulmonaire.
Les parois de l'oreillette et du ventricule sont formées de trois couches : l’une, extérieure, de nature séreuse ; l’autre, interne, analogue à la membrane interne des veines; et la moyenne, de nature musculaire , essentiellement contractile. Gette couche, peu épaisse à l'oreillette, l’est bien davantage au ventricule.
Les fibres innombrables qui la composent ont un arrangement très difficile à démêler. Beaucoup d'auteurs très recommandables en ont fait lobjet de travaux assidus ; mais, malgré leur patience et leur adresse, la disposition de ces fibres est encore peu connue : heureusement qu'il n'est pas nécessaire d'en avoir une idée exacte pour comprendre l’action de l'oreillette et celle du ventricule. |
Le cœur a des artères, des veines et des vaisseaux lymphatiques ; ses nerfs viennent du grand sympathiquè, et se répandent, soit dans les parois des artères, soit dans le tissu musculaire.
De l'artère pulmonaire.
Elle nait du ventricule droit et se porte aux poumons. D'abord elle ne forme qu'un seul tronc : bientôt elle se partage en deux branches, dont l’une va au poumon droit, et l’auire au POutg |
DE PHYSIOLOGIE. 247 gauche. Chacune de ces branches se divise et se subdivise jusqu’au point de former une multitude infinie de petits vaisseaux, dont la ténuité est
telle, qu'ils sont à peu près inaccessibles aux sens.
Les divisions et subdivisions de chacune des branches de l'artère pulmonaire ont ceci de remarquable, qu’elles n’ont point de communication entre elles avant d’être devenues d’une petitesse excessive. Les dernières divisions sont continues immédiatement avec les radicules des veines pulmonaires ; elles commencent ce qu'on nomme les vaisseaux capillaires pulmonaires, qui sont complétés par les racines des veines qui du poumon vontse rendre au cœur. Le calibre de ces vaisseaux suffit à peine pour laisser passer les globules du sang, qui n'ont cependant qu'un cent-cinquantième de millimètre, et paraît dans un rapport intime avec la viscosité naturelle du sang, au point que si celle-ci augmente ou diminue, il en résulte des troubles graves dans le passage du sang à travers les capillaires du poumon.
L'artère pulmonaire est formée de trois tuniques : l’une , extérieure, fort résistante, de nature cellulaire ; l’autre, interne , très polie par sa face interne , et toujours lubrifiée par un fluide ténu ; et une moyenne, à fibres circulaires, tres élastique, que l’on à crue long-temps musculaire, mais qui n'a rien moins que ce caractère. Sa na-
Cours du sang dans les veines.
turt chimique vient d’être déterminée avec précision par M. Chevreul. Elle est formée par le tissu jaune élastique, principe immédiat distinct de tous les autres. C’est à ce tissu que l'artère doit principalement son élasticité; mais cette propriété ne s'y maintient qu'autant que le tissu est pénétré d’eau ; quand il en est privé pendant quelque temps, il devient friable. Il est donc très probable que la membrane jaune de l'artère pulmonaire s'imbibe continuellement de la partie aqueuse du sang qui la traverse, et qu'elle conserve ainsi la srande élasticité qui la caractérise.
Le tissu des parois de l'artère et des capillaires pulmonaires s’imbibe facilement de toutes les matières avec lesquelles il se trouve en contact. Comme toutes les membranes il se laisse aisément traverser par les gaz. |
Cours du sang veineur.
De l’aveu des physiologistes les plus estimés, le cours du sang veineux est encore peu connu. Nous n’en décrirons ici que les phénomènes les plus apparents, nous réservant d'entrer dans les questions délicates lorsqu'il sera question du rapport du cours du sang dans les veines avec celui du même liquide dans les artères. C’est alors que nous parlerons de la cause qui détermine l'entrée du sang dans les radicules veineuses.
DE PHYSIOLOGIE. 249 Pour prendre une idée générale, mais juste du cours du sang dans les veines , il faut se rappeler que la somme des petites veines forme une cavité de beaucoup supérieure à celle des veines plus grosses, mais moins nombreuses, dans lesquelles elles vont se rendre ; que celles-ci présentent le même rapport relativement aux troncs où elles se terminent : par conséquent, le sang qui coule dans les veines des racines vers les troncs passe tou- Jours d’une cavité plus spacieuse dans une qui l'est moins. Or le principe d’hydrodynamique suivant peut parfaitement s’appliquér ici : Lorsqu'un liquide coule à plein tuyau , la quantité de ce liquide qui, dans un instant donné , traverse les différentes sections du tuyau doit être partout la même : ainsi quand le tuyau va en s’élargissant, la vitesse diminue ; elle s’accroit quand le tuyau va en se rétrécissant. MATE L'expérience confirme parfaitement l’exactitude du principe et la justesse de son application au cours du sang veineux. Si l’on coupe en travers une trés petite veine, le sang n’en sort qu'avec une extrême lenteur; il sort plus vite d’une veine plus grosse , et enfin il s'échappe avec une certaine rapidité d’un trone veineux ouvert.
Plusieurs veines sont ordinairement chargées de transporter vers les gros troncs le sang qui à traversé un organe. À raison de leurs fréquentes
Cours du sang dans les veines.
290 PRÉCIS ÉLÉÈMENTAIRE anastomoses, la compression ou la ligature de l’une ou de plusieurs de ces veines n'empêche point et même ne diminue pas la quantité de sang qui retourne vers le cœur; seulement il acquiert une vitesse plus grande dans les veines qui restent libres.
C’est ce qui arrive quand une ligature est ap pliquée sur le bras pour l'opération de la saignée.
Dans l’état ordinaire, le sang qui est apporté à l'avant-bras et à la main revient vers le Cœur par quatre veines profondes, et au moins autant de superficielles ; une fois le lien serré , le sang ne passe plus par les veines sous-cutanées, et trés difficilement traverse-t-il les profondes. Si alors on ouvre une des veines du pli du bras, il s’echappe en formant un jet continu ; qui dure tant que la ligature reste serrée, et qui cesse dès qu'elle
est enlevée.
À moins de causes particulières , les veines sont très peu distendues par le sang; cependant celles où ce liquide a plus de vitesse le sont bien davantage : les très petites veines au contraire le sont à peine. Par une raison facile à saisir , toutes les circonstances qui accélèrent la vitesse du sang dans une veine causent aussi une augmentation dans la distension du vaisseau.
L'introduction du sang dans les veines ayant lieu d’une manière continue, toute cause qui met
| DE PHYSIOLOGIE. ail obstacle à son cours produit la distension de la . veine et la stagnation d’une quantité plus où moins considérable de sang au- dessous de l'obstacle dans | sa cavité.
Les parois des veines ne paraissent avoir qu’une ‘influence très faible sur le cours du sang; elles veines - cèdent très facilement quand la quantité de celui- P
ci augmente, et reviennent sur elles-mêmes quand elle diminue : mais ce resserrement est limité; il n’est point assez fort pour expulser entièrement le sang de la veine, aussi en contiennent -elles presque constamment dans les cadavres. J'ai plusieurs fois vu des veines vides, sur des animaux vivants, sans qu'elles fussent pour cela contractées; et d’autres fois j'ai observé que la colonne deliquide était loin de ren plix entièrement la cavité du Vaisseau. | Un grand nombre de veines , telles que celles des os, des sinus de la dure-mère, du testicule, du foie, etc., dont les parois sont adhérentes par leur superficie à un canal inflexible, ne peuvent avoir évidemment aucune influence sur le mouvement du sang qui parcourt leur cavité.
Toutefois, c’est à l'élasticité des parois des
veines, et non à une contraction qui aurait de l'analogie avec celle des muscles, qu'il faut attribuer la faculté qu'elles ont de revenir sur elles-mêmes quand la colonne de sang diminue :
aussi ce retour est-il beaucoup plus marqué dans celles où les parois sont plus épaisses , comme les superficielles.
Si les veines ont par elles-mêmes peu d'influence sur le cours du sang, plusieurs causes accessoires en exercent une des plus manifestes. Toute com-" pression continue ou alternative , portant sur une" veine, peut, lorsqu elle est assez forte pour aplatir la veine, empêcher le passage du sang; si elle est moins considérable , elle s’opposera à la dilatation de la veine par l'effort du sang , et favorisera ainsi le mouvement de celui-ci.
arr La pression habituelle que la peau des membres favorisent le exerce sur les veines qui rampent au - dessous “emeux, d'elle est une cause qui rend plus facile et plus prompt le cours du sang dans ces vaisseaux; on n'en peut douter, car toutes les circonstances qui diminuent la contractilité du tissu de la peau sont tôt ou tard suivies de la dilatation considérable des veines, et, dans certains cas, de la production des varices; on sait aussi qu'une Ccompression mécanique, exercée par un bandage approprié , rétablit les veines dans leurs dimensions ordinaires, ainsi que le cours du sang à leur in-
térieur.
Dans l'abdomen, les veines sont soumises à la pression alternative du diaphragme et des muscles abdominaux, et cetie cause est également favo-
rable à la marche if sang veineux de cette partie. Les veines du cerveau supportent aussi une
pression considérable, qui doit avoir le même
resultat. | |
Toutes les fois que le sang veineux coule dans
… le sens de sa pesanteur, sa marche est d'autant
plus facile; c’est l’opposé quand il marche contre sa pesanteur.
Ne négligeons pas de remarquer les rapports de ces causes accessoires avec la disposition des veines. Là où elles sont très marquées, les veines ne présentent point de valvules et leurs parois sont très minces, comme on le voit dans l’abdomen, la poitrine, la cavité du crâne, etc.; là où elles ont moins d'influence, les veines offrent des valvules, et ont des parois un peu plus épaisses ; enfin, là où elles sont très faibles, comme aux veines sous-cutanées, les valvules sont multipliées, et les parois ont une épaisseur considérable.
Si l’on veut prendre une idée comparative exacte dans ce genre, on n’a qu’à examiner la veine saphène interne, la crurale et le commencement de l’iliaque externe, au niveau de l'ouverture de l’'aponévrose fémorale, destinée au passage de la saphène : le contraste pour l’épaisseur.des parois sera frappant.
J'ai fait dernièrement cette comparaison sur le
Rapports de Pépaisseur des parois des veines avec les causes qui relardent le cours du sang.
Causes qui augmentent le volume du sang contenu
dans
sé + #
cadavre d’un supplicié très Fe : Les parois
de la saphène étaient aussi épaisses que celles de
l'artère carotide; la crurale, et surtout l'iliaque
externe, avaient des parois beaucoup plus minces. Prenons garde cependant de confondre parmi
les circonstances favorables au cours du sang dans les veines des causes qui agissent de toute autre manière. Par exemple, il est généralement connu que la contraction des muscles de Favant- bras ét de la main pendant la saignée CESSE l’accélération du mouvement du sang qui s échappe par l'ouverture de la veine; les physiologistes disent que les muscles, en se contractant, compriment les veines profondes et en expulsent le sang;squi passe alors dans les veines superficielles. S'il en était ainsi, l'accélération ne serait qu'instantanée ou tout au moins de courte durée, tandis qu'elle dure , en général, autant que la contraction. Nous verrons plus loin comment on doit se rendre raison de ce phénomène.
Quand les pieds sont plongés quelque temps dans l’eau chaude, les veines sous-cutanées se gonflent, ce qui est généralement attribué à la ra-
ledeine Téfaction du sang. La véritable cause me parait
être l'augmentation de la quantité du sang qui se porte aux pieds, mais surtout à la peau, augmentation qui doit naturellement accélérer la vitesse du mouvement du sang dans les veines, puisque ,
DE PHYSIOLOGIE. 299 dans un temps donné, elles sont traversées par une plus grande quantité de sang.
D’après ce qui précède , on conçoit sans peine . que le sang veineux doit être fréquemment arrêté ou gèné dans son cours, soit par une trop forte mpression qu'éprouvent les veines dans les potions diverses que prend le corps, soit par celle des corps étrangers qui appuient sur dui , ete. : de là lämécessité des anastomoses nombreuses que nous avons dit exister non seulement entre les petites veines , Mais entre les grosses et même entre les plus gros troncs. À raison de ces fréquentes communications, une ou plusieurs veines étant com-
primes de manière qu’elles ne puissent pas livrer passage au sang, ce fluide se détourne et arrive au cœur par d’autres routes : un des usages de la veine aZYLOS paraît être d'établir une communication facile entre la veine cave supérieure et l'inférieure. Peut être cependant que sa principale utilité est d’être l’aboutissant commun de la plupart des veines intercostales.
[n'y a rien d'obscur dans l’action des valvules des veines : ce sont de véritables soupapes qui
Modifications du
cours du sang
veineux.
Usage des valvules des veines,
s’opposent au retour du sang vers les radicules vei-
neuses, et quiremplissent d'autant mieux cet office qu'elles sont plus larges , c’est-à-dire plus favorablement disposées pour fermer entièrement la cavité de la veine.
Le
Modifica-
tions du cours du san
Veineux,
g neux doit faire pressentir qu'il éprouve de grandes ;
rente : ce qu'il y a de certain , c’est que les trois!
Ed + # . L
256 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE 2 : He ;
Le frottement du sang contre les parois des veines , son adhésion à ces mêmes parois. le défaut de fluidité, doivent modifier le mouvement du sang dans les veines’, et en général tendre à le ralentir; mais il est impossible , dans l’état présent
de la physiologie et de l'hydrodynamique, d’assi, oner aveç précision l'effet de chacune de ces cause en particulier. à . . »A J . Es L Ce qui vient d’être dit sur le cours du sang veË-
modifications , suivant une infinité détirconk!| stances; nous aurons OCCasion de nous en convaincre davantage par la suite lorsque nousenvisagerons | d'une manière générale le mouvement circulaire du sang , abstraction faite de ses qualités artérielles à ou veineuses. nu Quoi qu'il en soit, le sang veineux de toutes les: parties du corps arrive à l'oreillette droite par les trois troncs que nous avons déjà nommés : savoir, . deux très volumineux , les veines Caves ; etun fort! petit, la veine coronaire. ".
IL est très probable que le sang marche dans: chacune de ces veines avec une vitesse diffé-:
colonnes du liquide font effort pour pénétrer dans l'oreillette , et que cet effort, dans certains Cas, est très considérable.
DE PHYSIOLOGIE. Ph * Absorption exercée par les veines.
. Li LS L2 .
Non seulement les radicules veineuses reçoivent Absorption
veineuse.
immédiatement le sang des dernières ramifications
artérielles, mais elles présentent encore un phénomène bien remarquable. Toute espèce de gaz ou de liquide mis en contact avec les diverse parties du corps ( la peau exceptée) passe aussitôt dans
s pétites veines, et arrive bientôt au poumon avec le sang veineux. La même chose a lieu pour toutes les substances solides susceptibles de se laisser dissoudre par le sang ou par les fluides sé- . crétés. Au bout de très peu de temps , elles s’introduisent dans les veines, et sont transportées au cœur et au poumon. Cette introduction est nommée 6 veineuse.
Si l’on veut prendre une idée de cette Pate priété , commune à toutes les veines, on n’a qu'à introduire une dissolution aqueuse de camphre dans l’une des cavités séreuses ou muqueuses du corps , ou bien enfoncer dans le tissu d’un organe un morceau de camphre solide : peu d’instants après , l’air qui sort du poumon de l'animal à une odeur de camphre très prononcée. Cette observation est facile à faire sur l’homme après l’administration des lavements camphrés ; il est rare qu'après cinq ou six minutes l’haleine ne présente pas une odeur de camphre très forte.
Expériences sur l'absorption veineuse.
Presque toutes les substances odorantes qui ne
se combinent pas avec le sang produisent des effets
analogues.
Dans les expériences que j'ai faites sur l'absorption des veines, j'ai reconnu que la promptitude
de l’absorption varie suivant les divers tissus : elle.
est, par exemple, beaucoup plus rapide dans les.
membranes séreuses que dans les muqueuses, plus prompte dans les tissus abondants en vais seaux sanguins que dans ceux qui en contiennent moins , etc.
La qualité corrosive des liquides ou des solides soumis à l'absorption n'empêche pas celle-ci de s'effectuer ; elle semble , au contraire , être plus
prompte que celle des substances qui n'attaquent.
pas les tissus (1). |
Ce sont les villosités intestinales , formées en partie par les radicules veineuses , qui absorbent dans l'intestin grêle tous les liquides , à l'exception du chyle. Ilest facile de s'en convaincre, en intro-
(1) On parle beaucoup, dans les ouvrages modernes de physiologie, de la sensibilité propre aux bouches absorbantes ; elles sont douées, dit-on, d’un tact fin et sûr, pat lequel elles discernent les substances utiles et s’en emparent , tandis qu’elles repoussent Îles substances nuisibles. Ces snppositions ingénieuses, qui ont un charme particulier pour notre esprit avide d'images, sont détruites aussitôt qu’elles
sont soumises à l’expérience. !
duisant dans cet intestin des substances odorantes ou fortement sapides, susceptibles d’être absorbées. Dés que l’absorption commence , jusqu’à ce qu'elle soit achevée, les propriétés de ces substances se reconnaissent dans le sang des branches de la veine porte, tandis qu'on ne les distingue
dans la Iymphe qu’assez long-temps après que l’absorption en a commencé. Nous ferons voir ailleurs
“qu'elles arrivent au canal thoracique, non par la voie de l’absorption des vaisseaux chylifères , mais par les communications des artères avec les lymphatiques.
Uhacun sait que toutes les veines des organes digestifs se réunissent en un seul tronc $ lequel se divise et se subdivise dans le tissu du foie. Cette disposition mérite d’être remarquée.
À raison de l’étendue considérable de la surface* Expériences muqueuse , avec laquelle les boissons ou autres l'absorption liquides sont en contact, et de la rapidité de leur "°° absorption par les veines mésaraïques , une quan-
tité considérable de liquide étranger à l’économie traverse le système veineux abdominal dans un temps donné, et altère la composition du sang. Si ce liquide arrivait de cette manière au poumon , et de là à tous les organes , il pourrait en résulter des inconvénients graves, comme le démontrent les expériences suivantes.
: | + | Un gramme de bile poussé brusquement dans Usage
particulier de la veine porte.
Absorption veineuse de la peau.
la veine crurale fait ordinairement périr un animal en peu d’instants. Îl en est de même d’une certaine quantité d’air atmosphérique introduit rapidement dans la même veine. L'injection faite de la même manière dans l’une des branches de la veine porte n'aura auçun inconvénient appa-
rent. Pourquoi cette diversité de résultats? Le.
passage des liquides étrangers à l'économie à travers les innombrables petits vaisseaux du foie aurait-il pour effet de les mêler plus intimement avee le sang, et de les répartir sur une plus grande quantité de ce fluide, de maniere que sa
nature chimique en fùt peu altérée ? Cela devient
d'autant plus probable, que la même quantité de bile ou d'air injectée très lentement dans la veine crurale ne produit pas non plus d'accidents sensibles.
Il se pourrait donc que le passage des veines nées des organes digestifs, à travers le foie, fût nécessaire , afin de mêler intimement avec le sang les matières absorbées dans le canal intestinal. Soit que cet effet ait lieu ou non, il n'est point douteux que les médicaments absorbés dans lestomac et les intestins ne passent immédiatement à travers le foie, et qu'ils ne doivent avoir sur cel organe une influence ‘qui me paraît mériter l’attention des médecins (1).
(aÿ I serait curieux de savoir pourquoi, de tous les vais-
DE PHYSIOLOGEE. 261
Nous avons dit tout à l'heure que la peau faisait exception à cette loi générale , que les veines absorbent dans toutes les parties du corps. Cette proposition mérite un examen particulier.
Lorsque la peau est privée de l’épiderme , et que les vaisseaux sanguins qui revêtent la face externe du chorion sont à découvert, l'absorption s’y fait comme partout ailleurs. Après l’application d’un vésicatoire, si l’on couvre la surface dépourvue d’épiderme’ avee une substance dont les effets sur l'économie animale soient faciles à remarquer, quelques minutes suffisent souvent pour qu'ils se manifestent. Des caustiques appliqués sur des surfaces ulcérées ont souvent produit la mort. ÿ
Pour que l’inoculation de la petite-vérole ou de la vaccine ait un plein succès , il faut avoir soin de placer la substance au-dessous de l'épiderme , et par conséquent .de la mettre en contact avec les vaisseaux sanguins sous-jacents,
seaux du foie, les branches de la veine porte sont les seules qui, par la disposition de leur membrane extérieure (capsule de Glisson), puissent revenir sur elles-mêmes quand la quantité de sang qui les parcourt diminue. Peut-être cette - disposition est-elle favorable au cours du sang veineux, qui , dans cette portion de la veine porte, marche d’un en- - droit plus étroit dans un endroit plus large, tandis ue partout ailleurs il passe d’un lieu plus large dans un plus étroit.
Expériences sur Pabsorptuion dela peau.
Les choses se passent bien différemment quand la peau est revêtue de son épiderme. À moins que les substances en contact avec celui-ci ne soient de nature à attaquer sa composition chimique , ou a exciter une irritation dans les vaisseaux sanguins correspondants , il n’y a pas d'absorption sensible. Ce résultat, je le sais, est contraire aux idées généralement admises. On pense, par exemple, que le corps, étant plongé dans un bain, absorbe une partie du liquide qui l’environne : c’est même sur cette idée qu'est fondé l'usage des bains nourrissants de lait, de bouillon, etc.
Dans un travail publié récemment, M. Séguin vient de mettre hors de doute, par une série d'expériences rigoureuses, que la peau n’absorbe point l’eau au milieu de laquelle elle est placée.
Pour s'assurer s’il en serait de même pour d’autres ‘liquides, M. Séguin a fait des essais sur des per-
sonnes affectées de maladies vénériennes. Il leur a fait plonger les pieds et les jambes dans des bains composés de seize livres d’eau et de trois gros de sublimé; chaque bain durait une heure ou deux; et était répété deux fois par jour. Treize malades soumis à ce traitement pendant vingt-huit jours ne présentèrent aucun indice d'absorption; un quatorzième en présenta d’évidents dès le troisième bain, mais il avait des excoriations psoriques aux jambes : deux autres qui étaient dans le même cas
offrirent des phénomènes semblables. En général,
l'absorption ne s'est manifestée que chez les sujets
dont l’épiderme n'était pas entièrement intact ; cependant, à la température de dix-huit degrés , il y à eu quelquefois du sublimé d’absorbé , mais jamais d’eau.
Parmi les expériences de M. Séguin , il en est une qui me parait jeter un grand jour sur la faculté
absorbante de la peau.
Aprés avoir pesé séparément un gros de mercure doux, un gros de gomme gutte, un gros de scammonée, un gros de sel alembroth, et un gros
d’émétique, M. Séguin fit coucher un malade sur
le dos, lui lava avec soin la peau de l’abdomen, et appliqua avec précaution sur des endroits écartés les uns des autres les cinq substances désignées ; il les recouvrit chacune avec un verre de montre, et maintint fortement le tout avec une bande de
linge. La chaleur de la chambre fut entretenue à
quinze degrés ; M. Séguin ne quitta pas le patient, afin de l'empêcher de remuer : l'expérience dura dix heures un quart. Les verres furent alors retirés et les substances recueillies avec le plus grand soin; elles furent ensuite pesées. Le mercure doux était réduit à soixante-onze grains un tiers; la scammonée pesait soixante-onze grains trois quarts ; la gomme gutte, un peu plus de soixante-onze grains ; le sel alembroth était réduit à soixante-
Expériences sur
Pabsorption
de la peau.
Absorption de la peau.
264 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE deux grains (beaucoup de boutons s'étaient développés sur la place où il avait été appliqué ) ; l’émetique pesait soixante-sept grains. Il est évident que, dans cette expérience, les substances les plus irritantes et les plus disposées à se combiner avec l’épiderme furent en partie absorbées, tandis que les autres ne le furent pas sensiblement.
Mais ce qui n'arrive point par la simple application survient quand on fait des frictions sur la” peau avec certaines substances. On ne peut douter que le mercure , l'alcool , l’opium ; le camphre, les vomitifs, les purgatifs, etc. , ne pénètrent par ce moyen dans le système veineux. Il paraît que ces différents médicaments traversent l’épiderme, soit en passant par ses pores, soit en s'insinuant dans les ouvertures par lesquelles sortent les poils ou la transpiration insensible.
Ainsi, en résumant ce qui a rapport à l’absorption de la peau, on voit que cette membrane ne diffère des autres surfaces du corps qu'en ce qu’elle est revêtue par l’épiderme. Tant que cette couche reste intacte et qu’elle ne se laisse pas traverser par les substances mises en contact avec la peau, il n’y à point d'absorption; mais, dès l'instant qu’elle est altérée ou seulement qu'elle est traversée, l'absorption a lieu comme partout ailleurs.
Je n’ignore pas que beaucoup de personnes
4 L "Vi
seront étonnées en voyant que je n'hésite pas à attribuer aux veines la faculté absorbante, tandis que l’opinion générale est que toute espèce d’absorption se fait par les vaisseaux lymphatiques ; mais, d’après les faits rapportés à l’article de l’absorption de la lymphe, et quelques autres que je vais ajouter , il m'est impossible de penser autrement. D'ailleurs, l'opinion que je soutiens n’est pas nouvelle; Ruysch , Boerhaave , Meckel , Swammerdam, l’ont professée; et Haller l’a soutenue, quoique les travaux anatomiques de J. Hunter ne fussent pas ignorés de lui.
M. Delille et moi, nous séparâmes du corps la cuisse d’un chien assoupi précédemment par l'opium (afin de lui éviter les douleurs inséparables d’une expérience laborieuse }; nous laissâmes seulement intacts l'artère et la veine crurale, qui conservaient la communication entre la cuisse et le tronc. Ces deux vaisseaux furent disséqués avec le plus grand soin , c’est-à-dire qu'ils furent isolés dans l’étendue de quatre centimètres ; leur tunique cellulaire fut enlevée, dans la crainte qu'elle ne recélât quelques vaisseaux lymphatiques. Deux grains d’un poison très subtil (l’upas tieuté) furent alors enfoncés dans la patte : les effets de ce poison furent tout aussi prompts et aussi intenses que si la cuisse n'eût point été séparée du COTPS ; en sorte qu'ils se manifestérent avant la qua-
Expérience sur Pabsorption veineuse.
à Li trième minute, et que l'animal était mortavant la dixième.
On pouvait objecter que, malgré toutes les précautions prises, les parois de l'artère et de la veine crurale contenaient encore des lymphatiques, et que ces vaisseaux suffisaient pour donner passage au poison.
Pour lever cette difficulté, je répétai sur un autre chien l’expérience précédente, avec cette modification, que j'introduisis dans l'artère crurale un petit tuyau de plume, sur lequel je fixai ce vaisseau par deux ligatures; l'artère fut ensuite coupée circulairement entre les deux ligatures , j'en fis autant pour la veine crurale : par là il n’y eut plus de communication entre la cuisse et le reste du corps, si ce n’est par le sang artériel qui arrivait à la euisse, et le veineux qui re tournait au tronc. Le poison introduit ensuite dans la patte produisit ses effets dans le temps ordinaire, c’est-à-dire au bout d'environ quatre minutes.
Cette expérience ne laisse point douter que le poison n'ait passé de la patte au tronc à travers là ‘veine crurale. Pour rendre le phénomène encore plus évident, il faut presser cette veine entre les doigts au moment où les effets du poison commencent à se développer : ces effets cessent bien- 1ôt ; ils reparaissent dès qu’on laisse la veine libre,
DE PHYSIOLOGIE. 207 et cessent encore si on la comprime de nouveau. On peut ainsi les graduer à volonté.
Ajoutons à ces faits, qui me paraissent décisifs, des observations intéressantes faites par Flandrin.
Dans le cheval, les matières que contiennent le plus souvent l'intestin grêle et le gros intestin sont méêlées à une grande quantité de liquide, qui est d'autant moins considérable, que l’on s’avance davantage vers le rectum : il est donc absorbé à mesure qu'il parcourt le canal intestinal. Or Flandrin ayant recueilli le liquide contenu dans les vaisseaux chylifères, n’y reconnut aucune odeur analogue à celle du liquide de l’intestin : au contraire, le sang veineux de l'intestin grêle avait une saveur herbacée sensible ; celui du cœcum avait un goût piquant et une saveur urineuse légère; celui du colon avait les mêmes caractères, à un degré encore plus marqué. Le sang des autres parties du corps n’offrait rien de semblable.
Une demi-livre d’assa-fœtida dissous dans une égale quantité de miel fut donnée à un cheval : l'animal fut ensuite nourri comme À l'ordinaire à et tué seize heures après. L’odeur d’assa-fœtida fut distinguée dans les veines de l’estomac, de l’intestin grèle et du cœcum ; elle ne fut point remarquée dans le sang artériel, non plus que dans la lymphe.
Expérience sur absorption veineuse,
Expérience sur Pabsorption veineuse.
Expérience sur Pabsorption veineuse.
J'ai parlé, à l’article des Vaisseaux lymphaliques, des expériences que J. Hunter à faites pour prouver que ces vaisseaux sont les agents ex-
clusifs de l’absorption : cet auteur en a fait aussi
pour démontrer que ces veines n’absorbent point; mais ces dernières ne sont guère plus satisfaisantes ni plus exactes que celles dont il a déjà été fait mention.
«Je pris, dit J. Hunter, une portion de l’intestin d’un mouton, après lui avoir incisé les parois abdominales ; je la liai par les deux extrémités, et la remplis d’eau chaude : le sang qui revenait par la veine de cette partie ne parut nullement plus délayé ni plus léger que celui des autres veines ; alors je liai l'artère et toutes ses communications, et j'examinai l’état de la veine. Elle ne se gonflait point, son sang ne devenait pas plus aqueux ; elle ne donnait ainsi aucune indication de la présence de l’eau dans sa cavité. Donc les veines n’absorbent point (1).»
Combien d’objections se présentent pour quiconque veut de la précision dans les expériences! Comment J. Hunter at-il pu juger, sur le simple aspect, que, dans les premiers moments, l’eau n’a pas été absorbée et ne s’est point mêlée avec le sang de la veine ? Ensuite, comment cet auteur, d’ailleurs si recommandable, a-t-il pu croire que
(1) Medical commentaries , chap. V.
ia veine continuerait son action, l'artère étant liée? Il aurait dû déterminer d’abord l'effet de la ligature d’une artère sur le cours du sang dans la veine qui y correspond, et c'est ce qu'il n’a point fait.
Dans une autre expérience, le même physiologiste à injecté du lait chaud dans une portion d'intestin ; quelques instants ensuite, il à ouvert la veine mésentérique, recueilli le sang qui s’est écoulé ; et de ce qu'il n’y à pas reconnu de trace de lait, il en a conclu qu’il n’y à pas eu d’absorption de ce liquide par la veine. Mais, du temps de Hunter, on était loin de pouvoir s'assurer par aucun moyen de l'existence d’une petite quantité de lait dans une certaine quantité de sang ; à l’époque actuelle, où la chimie animale est bien plus avancée, on saurait à peine surmonter cette difficulté.
Ces deux expériences ne peuvent porter aucune atteinte à la doctrine de l’absorption veineuse. Les autres, au nombre de six, loin d’être concluantes, sont. au contraire, bien plus défectueuses.
Enfin, s'il était nécessaire de déduire du raisonnement de nouvelles preuves en faveur de la propriété absorbante des veines, je rappellerais que, dans beaucoup d’endroits du corps où l’anatomie la plus exacte n’a jamais pu découvrir que des vaisseaux sanguins et point de vaisseaux lym-
Expérience sur l'absorption veineuse,
Raisonnement en faveur de l'absorption veineuse,
phatiques, tels que l'œil, le cerveau, le placenta, etc. , l'absorption s’y fait avec autant de promptitude que partout ailleurs; j'ajouterais que tous les animaux non vertébrés qui ont du sang ne présentent point de Iymphatiques, et que cependant l'absorption y est manifeste. Je dirais, enfin, que le canal thoracique est beaucoup trop petit pour donner aussi promptement passage aux matières absorbées dans toutes les parties du corps, et particuliérement aux boissons (1). Tous ces phénoménes s'entendent sans difficulté, dès que l’absorption des veines est reconnue.
Les faits, les expériences et le raisonnement concourent donc en faveur de l’absorption veineuse (2).
Vel était l'état de la question lorsque j'ai publié la première édition de cet ouvrage ; mais depuis cette époque la science a fait un pas important, elle a
(1) Quelques personnes boivent jusqu’à douze litres et plus d’eau minérale en quelques heures, et les rejettent à peu près dans le même temps en urinant.
(2) Pour résumer tout ce qui a rapport aux organes de l'absorption, considérée en général, on peut dire, 1° qu’il est certain que les vaisseaux chylifères absorbent le chyle ; 2° qu'il est douteux qu'ils absorbent autre chose; 5° qu’il
n'est pas démontré que les vaisseaux lymphatiques soient
doués de la faculté absorbante, et qu’il est prouvé que les veines jouissent de cette propriété. (41° édit.)
DE PHYSJIOLOGIE. 271 perdu un préjugé et acquis un fait général d’un extrême intérêt.
On croyait (il à été un temps où la physiologie était tout entière composée de croyances), on croyait, dis-je , que les tissus vivants, et particuliérement les membranes, les parois des vaisseaux , etc., par cela seul qu'ils étaient vivants,
ne pouvaentpoints’imbiber des diverses substances par lesquelles ils s’imbibent aisément après la mort; et l’on partait de cette idée pour recourir à un phénomène vital, dès qu'il s'agissait d’expliquer l'absorption. On n'avait pas même songé à y chercher un phénomène physique , et moi-même
qui ai travaillé vingt ans sur ce sujet, l’idée ne m'en était pas venue (1).
(1) La répugnance extrême à convenir de notreignorance, et le penchant à créer des romans pour remplir les vides de la science, sont des phénomènes intellectuels aussi remarquables qu’ils sont nuisibles aux progrès de nos connaissances. On ignorait comment se fait l’absorption : au lieu d’en convenir tout simplement, ce qui aurait excité à faire des recherches, quelqu'un s’est avisé de dire que les ussus vivants ne se laissaient pas imbiber comme après la mort, qu'il y avait des bouches absorbantes qui prenaient avec discernermnent certaines substances, et repoussaient les autres. Cette petite histoire a beaucoup plu aux physiologistes, ils l'ont répétée, y ont cru fermement , et dès lors personne n’a Su que le mécanisme de labsorption n’était point connu ,
et par conséquent personne n’a même pensé à en faire un
Expériences sur limbibition des
tiscus vivants,
J'ai prouvé par une série d'expériences que tous les tissus vivants s’imbibent de toutes les matières liquides qui les touchent ; le même effet se produit avec Les substances solides, pourvu qu'elles soient: solubles dans nos humeurs et particulièrement dans le sérum du sang.
Ce fait général étant établi, l'absorption qui à tant occupé les physiologistes, qui à tant exercé" leur imagination, produit tant de disputes, devient un phénomène des plus simples et presque entièrement physique. On ne discutera plus si ce sont les veines ou les lymphatiques qui absorbent, puisque tous les tissus sont doués de cette propriété.
Voici toutefois quelques expériences qui mettent, je crois, la question hors de doute. Jde les extrais de mon mémoire sur le mécanisme de l'absorption (1).
Dans une lecon publique sur le mode d’action des médicaments , je montrais , sur l'animal vivant, quels sont les effets de l'introduction d’une certaine quantité d’eau à 4o° centigr. dans les veines. En faisant cette expérience , il me vint dans l’idée de
objet de recherche. Tel est le mal que font, sans s’en douter, ceux qui, dans les sciences, se livrent à leur imagination ; tel'est le mal que font à l’humanité les médecins qui tombent dans les mêmes erreurs.
(1) Voyez mon Journal de physiologie ; tom. I, cahier 1.
voir quelle serait l'influence de la pléthore artifi- hate cielle que je produisais, sur le phénomène de limbibition. l'absorption. En conséquence , après avoir injecté près d'un litre d’eau dans les veines d’un chien de taille moyenne, je mis dans sa plèvre une légère dose d’une substance dont les effets m'’étaient bien connus. Je fus frappé de voir ces effets ne se mon- “rer que plusieurs minutes après l’époque où ils se montrent ordinairement. Je refis aussitôt l'expérience sur un autre animal, et j'obtins un résultat emblable. | Dans plusieurs autres essais les effets se montrèrent bien à l’époque où ils devaient se développer ; mais ils furent sensiblement plus faibles que ne le comportait la dose de la substance soumise à l’absorption , et ils se prolongèrent de beaucoup au-delà de leur terme ordinaire.
Enfin, dans une autre expérience où j'avais in- Effet de la pléthore sur troduit autant d’eau (environ deux litres) que l’a- absorption. nimal pouvait en Supporter sans cesser de vivre, les effets ne se manifestérent plus du tout : l’ab- SOrption avait probablement été empéchée. Après avoir attendu près d’une demi-heure des effets qui ne demandent qu'environ deux minutes pour se développer, je fis le raisonnement suivant : si la distension des vaisseaux sanguins est ici la cause ‘du défaut d'absorption, la distension cessant , l'absorption doit avoir lieu. Aussitôt je lis faire une large sai-
EX périences sur limbibition.
gnée à la veine jugulaire de l’animal soumis à mon expérience, et je vis, avec la plus grande satisfaction, les effets se manifester à mesure que le sang s'écoulait.
Je pouvais d’ailleurs faire l'expérience opposée , c’est-à-dire diminuer la quantité du sang et voir si l’absorption serait plus prompte : c'est ce qui arriva exactement comme je l’avais prévu. Un animal fab saigné , et privé ainsi d’une demi-livre de sang en-
viron : des effets qui n'auraient dù arriver qu'aprés la deuxième minute se montrèrent avant la trentième seconde. |
Cependant on pouvait encore soupçonner que c’était moins la distension des vaisseaux sanguins que le changement de nature du sang qui s'était opposé à l'absorption. Pour lever cette difficulté je fis l’expérience suivante : une grande et large saignée fut pratiquée à un chien ; on remplaça Île sang qu'il venait de perdre par de l’eau à 40° cent. ; et on introduisit dans sa plèvre une quantité déterminée de dissolution de noix vomique : Îles suites en furent aussi promptes et aussi intenses que si la nature du sang n'avait point été changée. C'était donc à la distension des vaisseaux qu'il fallait attribuer le défaut ou la diminution de l'absOrption.
Dès lors je devins , pour ainsi dire, maitre d’ur phénomène qui jusque-là avait été pour moi ut
mystère impénétrable. Pouvant m’opposer à son Expériences développement, le produire, le rendre prompt, A tardif, intense, faible, il était difficile que sa nature échappât entièrement à mon investigation. En réfléchissant sur la constance et la régularité du phénomène, il n'était guère possible de le rapporter à ce que les physiologistes nomment ac- Mtion vitale ; telle que l’action des nerfs, la contraction des muscles, la sécrétion des glandes, etc. Il était beaucoup plus raisonnable de le rapprocher ide quelque phénomène physique ; ; et, parmi les conjectures que l’on pouvait se permettre à cet égard, celle qui ferait dépendre l’absorption de l'attraction capillaire des parois vasculaires , pour les matiéres absorbées, était sans doute la plus probable : elle réunissait en effet tous les faits observés. Car, en supposant que cette cause préside à l’absorption , les substances solides , non solubles dans nos humeurs, ne pouvant pas traverser les parois des petits vaisseaux, devaient résister à l’absorption; ce qui est exact. Les solides capables , au contraire, de se combiner avec nos tissus, ou seulement de se dissoudre dans le sang, devaient être aptes à être absorbés ; ce qui est encore conforme aux faits. La plupart des liquides pouvant mouiller où imbiber avec promptitude les parois vasculaires, quelle que fût d’ailleurs leur nature
chimique . devaient éprouver une absorption ra- 18. +
Expériences sur limbibition.
276 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE pide ; ce que donne l'expérience, même pour les liquides caustiques. Dans la même hypothèse, plus les vaisseaux seraient distendus, et moins leur pouvoir absorbant serait marqué, et il pouvait arriver un moment où ce pouvoir ne serait plus sensible. Plus les vaisseaux seraient nombreux, plus ils seraient ténus , plus l'absorption serait rapide, puisque les surfaces absorbantes seraient plus étendues.
Cette action des parois une fois reconnue , rien
n'était plus facile que de comprendre comment
les substances absorbées sont transportées vers le cœur, puisque dès qu’elles sont parvenues à la surface intérieure des parois, elles doivent être aussitôtentraînées par le courant sanguin qui existe dans les plus petits vaisseaux.
J'étais d'autant moins éloigné de repousser cette supposition, que je me rappelais clairement qu'en empoisonnant un animal en lui enfonçant une flèche de Java dans l'épaisseur de la cuisse , toutes les parties molles qui environnent la blessure se colorent en jaune brunâtre à plusieurs lignes d'épaisseur, et prennent la saveur amère du poison. |
Mais une supposition qui lie le mieux un certain nombre de phénomènes connus n'est au fond qu'une manière plus commode de les exprimer ; elle ne prend le caractère de théorie qu’autant qu'elle
r DE PHYSIOLOGIE. 2
est confirmée par des expériences suffisamment Expériences variées. Viribibitiont
Je dus par conséquent faire de nouvelles recherches pour voir à quel moment ma supposition ne serait plus admissible. à à
L’affinité des parois vasculaires pour les matières . absorbées étant supposée la cause, où, si l'on veut, l’une des causes de l'absorption, cet effet devait se produire aussi bien après la mort que durant la vie. Ce fait pouvait être facilement constaté pour les vaisseaux d’un certain calibre 5 Mais en tenant compte de leur diamètre , de l'épaisseur et de la moindre étendue de leurs parois, relativement à la capacité du canal , l'expérience devait donner une absorption faible à la vérité » Mais appréciable. |
Je pris donc un bout de la veine jugulaire externe d’un chien (cette portion de vaisseau, dans une étendue de plus de trois centimètres , ne recevait aucune branche). Je la dépouillai du tissu cellulaire environnant , j’attachai à chacune de ses extrémités un tube de verre * au moyen duquel j'établissun courant d’eau tiède dans son intérieur. Je plongeai alôrs la veine dans une liqueur légèrement acide, et je recueillis avec soin le liquide du courant intérieur.
On voit, par la disposition de l'appareil , qu'il ne pouvait y avoir auçune Communication entre le +
270 PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE
Expériences courant intérieur d’eau tiède et le liquide acide l'imbibition. Extérieur.
Les premières minutes, la liqueur que je recueillais ne, changea pas de nature; mais après cinq ou
“%ix minutes l’eau devint sensiblement acide. L'absorption avait eu lieu.
Je répétai cette expérience avec des veines prises sur des cadavres humains ; l'effet fut le même.
Le phénomènesse montrant sur des veines . rien ne s’opposait à ce qu'il ne se manifestât sur des artères. Je fis donc l’expérience avec une artère carotide d’un petit chien mort la veille, et j'obtins un résultat absolument semblable : en outre je remarquai que plus l'acidité de la liqueur extérieure était grande , plus la température était élevée , et plus le phénomène se produisait promptement (1).
Si l'absorption capillaire était produite sur de gros vaisseaux morts, pourquoi n'aurait-elle pas lieu sur les mêmes vaisseaux vivants?
Si l'expérience ne donnait pas ce résultat , tous nes raisonnements allaient être confondus et ma supposition détruite. d’ étais d'autant moins rassuré sur la réussite de l expérience que j'avais présent
nt ) Ce résultat n’est exact cependant que dans certaines
limites ; car si la température est voisine de celle de l’eau
bouillante, si l'acidité devient un peu forte, le vaisseau se racornit, et l'absorption est beaucoup plus lente.
HR
DE PHYSIOLOGIE. 279 à l'esprit ce qu'on entend dire chaque jour sur les Expériences changements que la vie apporte dans les propriétés liraBibition. physiques de nos organes. | Cependant, comme je me suis souvent bien trouvé dans mes recherches de douter Mstidées généralement reçues , je ne me décourageai point, et fis l'expérience que je vais dire.
Je pris un jeune chien d’environ six semaines ; à cet âge, les parois vasculaires sont minces , et par suite plus propres à la réussite de l'expérience. Je mis à découvert l’une des veines jugulaires , je l'isolai parfaitement dans toute sa longueur ; je la dépouillai avec soin de ce qui la revêtait, et surtout du tissu cellulaire et de quelques petits vaisseaux qui $ y ramifiaient : je la plaçai sur une carte, afin quelle n’eût aucun contact avec les parties environnantes. Alors je laissai tomber à sa surface , et vis-à-vis le milieu de la carte, une dissolution aqueuse, épaisse, d'extrait alcoholique de noix vomique , substance dont l’action est très énergique sur les chiens ; j’eus soin qu'aucune parcelle de poison ne pût toucher autre chose que la veine et la carte , et que le cours du sang fût libre à l'intérieur du vaisseau. Avant la quatrième minute les effets que j'attendais se déveleppèrent , d’abord faibles , mais ensuite avec assez d'activité pour que Je dusse m'opposer à la mort de l'animal par l’insufflation pulmonaire.
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Éxpéenps. aule devais répéter cette expérience ; mais je ne
l'imbibition. pus me procurer qu'un animal adulte , beaucoup plus gros que le précédent, et dont, par conséquent, les parois des veines étaient plus épaisses. .Les mêmes effets se montrèrent ; mais, comme on devait le Us ils furent plus tardifs, et ne se développèrent qu'après la dixième minute.
Satisfait de ce résultat pour les veines, je dus m'assurer que les artères présentaient des propriétés analogues. Cependant les artères ne sont pas sur l’animal vivant dans les mêmes conditions physiques que les veines. Leur tissu est moins spongieux , il est plus consistant ; les parois sont beaucoup plus épaisses à diamètre égal, et, de plus, elles sont incessamment distendues par l'effort du sang poussé par le cœur. Il était donc facile de prévoir que si le phénomène de l'absorption se montrait, il serait plus lent à se développer que dans les veines. C’est ce que l'expérience confrma dans deux gros lapins, dont je dépouillai , avec le plus grand soin , l’une des artères carotides. Il fallut plus d’un quart d'heure avant que la dissolution de noix vomique pût traverser les parois de l'artère. Hi,
Bien que j'aie cessé de mouiller le vaisseau aussitôt que je vis les effets se manifester, un des lapins mourut. Alors, pour m'assurer que le poison avait réellement traversé les parois artérielles, et
DE PHYSIOLOGIE. | 281 qu'il n'avait point été absorbé par de petites veines qui auraient pu se soustraire à ma dissection , je détachaï avec soin le vaisseau qui avait servi à l'expérience , je le fendis dans toute sa longueur, et je fis goûter aux personnes qui m'assistaient fe de sang qui était resté adhérent à la surface intérieure : elles y reconnurent toutes, et j'y reconnus moi-
même, l'extrême amertume de l'extrait de noix vomique. |
Il'était done bien positif que les parois des gros vaisseaux absorbent, soit pendant la vie, soit après la mort. Il ne s’agissait plus que de donner des preuves directes que les petits vaisseaux jouissent de la même propriété : leur extrême ténuité . leur multiplicité, le peu d'épaisseur et l'étendue considérable de leurs parois, étaient autant de conditions propres à favoriser la production du phénomène.
Pour le développer après la mort, il fallait trouver une membrane dans les vaisseaux de laquelle on püût établir un Courant intérieur qui simulât le cours du sang. J'avais d’abord choisi une portion d’intestin ; mais je fus obligé de renoncer à cette entreprise , parcequ'il se faisait une extravasion
considérable dans le tissu cellulaire , et que le liquide ne passait que très difficilement de l'artère dans la veine. Je pris le cœur d’un chien mort depuis la veille ; je poussai dans une des artères co-
Expériences sur Pimbibition.
202 PRÉCGIS ÉLÉMENTAIRE Expériences ronaires de l’eau à 5o° centigrades. Cette eau l'imbibition. revint facilement , par la veine coronaire , jusque dans l'oreillette droite, d’où elle s’écoulait dans un vase. Je fis verser dans le péricarde une demi- once "d'eau légèrement acide. D'abord l'eau injectée ne donna aucun signe d’acidité ; mais il suffit de cinq à six minutes pour qu’elle en présentât des traces non équivoques. Le fait était donc évident pour les petits vaisseaux morts ; quant aux petits vaisseaux vivants, je n'avais pas besoin de recourir à de nouveaux essais , ni de sacriler de nouveaux animaux. Les expériences que j'ai consignées dans mon Mémoire sur les organes de l'absorption dans les mammiferes ne laissent aucun doute à cet égard , d’après le jugement de l’académie elle-même.
Une seule objection pouvait encore être offerte : c’est que les membranes, qui sont perméables après la mort, ne paraissent pas l'être durant la vie. Sur le cadavre, la bile transsude dans le péritoine , colore en jaune les parties qui environnent la vésicule du fiel; ce qui ne paraît point avoir lieu sur le vivant. Le fait de la perméabilité des meinbranes sur le cadavre est vrai, je l'ai trop Souvent vu pour le nier; mais en conclure que les membranes sont imperméables durant la vie ne meparait point indispensable ; car, en supposant que Îles parois de la vésicule vivante se laissent traverser
DE PHYSIOLOGIE. 285 par la bile, le courant sanguin qui existe dans les Bxpériepnes petits vaisseaux qui forment en grande partie ces l'imbibition.
parois doit entraîner la bile à mesure qu’elle les +
REA Ve
imprègne; ce qui n'a pas lieu après la mort, puis- + © kc +
que la circulation ne se fait plus, et que rien ne
peut enlever la matière qui imbibe les vaisseaux. Si ie < 7 r ne A
D'ailleurs j'ai souvent observé que , même sur les
animaux vivants, les membranes se pénètrent et se colorent des matières avec lesquelles elles sont en contact. Par exemple, si l’on introduit dans la plèvre d’un jeune chien une certaine quantité d'encre , il faut à peine une heure pour que la plèvre , le péricarde , les muscles intercostaux et la surface du cœur elle-même , soient sensiblement colorés en noir (1).
… Il me paraît donc hors de doute que tous les vaisseaux sanguins, artériels et veineux, morts ou vivants, gros ou petits, présentent, dans leurs parois, une propriété physique propre à rendre parfaitement raison des principaux phénomènes de l'absorption. Affirmer que cette propriété est la seule qui les produise, ce serait aller au-delà dé ce que «commande une saine logique 3 mais du
PA
a) Co.
moins, dans l’état présent des faits, je n’en con- |
hais point qui infirme cette explication : ils vien- | (1) On voit encore mieux ce phénomène sur des animaux
plus petits, tels que lapins, cochons-d’inde, souris, ete.
Le
Le Gi nent tous, au contraire, se ranger d'eux-mêmes l'imbibition. autour de ce fait principal.
* Par exemple, Lavoisier et M. Séguin ont prouvé, par une suite d'expériences intéressantes, que la peau n absorbe point l’eau, ni aucune autre substance, tant qu’elle est revêtue de son épiderme. Mais l’épiderme n’est point de la même nature que les parois vasculaires ; c’est une sorte de vernis qui ne se laisse point imbiber, ce que chacun peut
voir sur lui-même quand il prend un bain : mais
aussitôt que l’épiderme est enlevé, la peau absorbe comme toutes les autres parties du corps, parceque les parois de ses vaisseaux sont en contact immédiat avec les matières destinées à être absorbées. De là la nécessité de placer sous l’épiderme les
substances que l’on veut faire absorber, dans l’ino:
culation et la. vaccine; de là aussi la nécessité de longues frictions , et souvent l'emploi des corps: gras, pour faire absorber certains médicaments par la peau revêtue de son épiderme; de là encore la préférence que l’on donne pour faire des frictions
aux parties de la peau ‘où l’épiderme a le moins d'épaisseur (1).
(1) Cependant avec le temps l’épiderme peut aussi s’imbiber ; cela se voit tous les jours après l'application d’un cata plasme, il devient blanc, opaque, et s’épaissit beaucoup ; limbibition s’y fait même assez facilement de la face externe à l’interne. Si vous prenez l’épiderme d’un doigt, et que vous
Je citerai encore pour exemple l'absorption qui se fait dans toutes les parties du corps sur les substances les plus irritantes, et même sur les substances capables d’altérer chimiquement nos tissus. Ce fait est entièrement contraire à l'idée que l’absorp- | Hion à une action purement vitale , et qu'il y a une | sorte de choix exercé par les orifices absorbants ; | mais il n’a plus rien de particulier dès l'instant que | l'on rapproche l'absorption d’une propriété phy- | sique.
| Celle-ci aurait besoin d’être étudiée d'une ma- | nière spéciale , d’être suivie dans chaque tissu pen- | dant la vie et après la mort, d’être examinée sous | le rapport des diverses matières qui s’imbibent. | Jusqu'ici les membranes séreuses et le tissu cel- | lulaire m’ont paru , surtout durant la vie, probablement à cause de la température élevée, être les | meilleurs agents d’imbibition. Une goutte d'encre, par exemple, mise sur le péritoine, s’y imbibe aussitôt, s'étend en une large plaque arrondie, | qui n'occupe, en profondeur, que la membrane
| le retourniez de manière à ce que la face externe devienne
Expériences sur Pimbibition.
| interne, si vous remplissez d’eau la cavité, et que vous fer-
| miez avec un fil l’ouverture, l’eau transsudera promptement |à la surface, et s’évaporera en quelques heures; si, au | contraire, vous laissez la face externe en dehors, l’eau ne