‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 23 sur 64 · TRANSFORMATION DU SANG VEINEUX EN SANG ARTÉRIEL · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DU SANG VEINEUX EN SANG ARTÉRIEL

L'une des conditions indispensables à notr existence, c’est que le sang soit sans cesse contact avec l'air par une surface équivalente, pou l'étendue, à la superficie du corps. Dans ce conk tact l'air enlève au sang quelques uns des élémen qui le compose, et réciproquement le sang s’en} pare des éléments de l'air. L'échange chimique q} s'établit ainsi entre le sang et l'air, constitue la ré

piralion où la éransformation Le sang veineux en sang artériel.

Des auteurs estimés en ont une autre idée; plusieurs la définissent l'entrée et la sortie de l’air du poumon, mais ce double mouvement peut s’effectuer sans qu'il y ait pour cela respiration. D’autres croient qu'elle consiste dans le passage du sang à travers le poumon ; mais il arrive souvent que ce passage se fait quoiqu'il n'y ait pas respiration.

Pour étudier avec fruit cette fonction , il faut avoir une connaissance exacte de la structure du poumon, des notions précises sur les propriétés physiques et chimiques de l’air atmosphérique ; il faut savoir par quel mécanisme cet air peut pénétrer dans la poitrine ou en sortir. Quand nous aurons fait connaître chacun de ces points, nous décrirons le phénomène de la transformation du sang veineux en sang artériel. L

Des poumons.

Dans la structure des poumons , la nature a résolu un problème mécanique d’une extrême difficulté : il s'agissait d'établir une immense surface de contact entre le sang et l’air, dans l’espace peu considérable qu'occupent les poumons. L’artifice admirable employé consiste en ce que chacun des petits vaisseaux qui terminent l’artère pul-

Idée générale du poumon,

Disposition physique du poumon.

Tous les petits vaisseaux sont aptes à Ja respiration.

monaire et commencent les veines du même nom est environné de tous côtés par l'air. Or, en additionnant les parois de tous les capillaires du poumon , On aura une surface extrêmement étendue, où le sang n’est séparé de l'air que par la paroi mince des vaisseaux qui le contiennent. SE cette paroi était imperméable, comme le serait ,

par exemple, une lame métallique, ce serait en vain que l’air se trouverait si près du sang, iln Y aurait aucune réaction chimique des deux corps l’un sur l’autre ; mais toutes les membranes de l'économie , particulièrement celles qui sont minces, sont facilement perméables aux gaz , et même aux liquides peu visqueux , en sorte que les parois des capillaires pulmonaires, suffisamment épaisses pour retenir toute la partie visqueuse du sang, ne mettent que fort peu d’obstacle au passage des gaz et à celui de la sérosité du sang; elles se laissent également traverser par les liquides ou vapeurs qui sont accidentellement introduites dans

les poumons.

Il ne faudrait pas cependant supposer que le poumon à, relativement à la respiration , des propriétés tout-à-fait spéciales à l'exclusion des autres organes; car tous les petits vaisseaux qui contiennent du sang veineux, et qui se trouvent accidentellement en contact avec l’air, deviennent le siége du phénomène de la respiration. Le pou-

pi est seulement beaucoup mieux disposé qu’aucun autre organe pour la production du phénomêne.

Sous le rapport anatomique, les poumons sont deux giganes vasculaires, d’un volume considérable,, situés dans lés parties latérales de la poi-

trine. Leur parenchyme est divisé et subdivisé en

S € en lobules, dont le nombre, la forme et les dimensions sont difficiles à déterminer.

L'examen attentif d’un lobule pulmonaire apprend qu'il est formé par un tissu spongieux , dont les aréoles sont si petites qu’il faut une forte loupe pour les voir distinctement ; ces aréoles communiquent toutes entre elles, et sont ensemble enveloppées par une couche mince de tissu cellulaire , qui les sépare des lobules voisins.

Dans chaque lobule viennent se rendre une des divisions des bronches et une de l'artère pul-

monaire ; cette dernière se distribue dans l'épais-

seur du lobule ; elle s’y transforme en un nombre infini de radicules des veines pulmonaires. Ge sont ces nombreux petits vaisseaux par lesquels se termine l'artère et commencent les veines pulmonaires , qui, en .s'entre-croisant et s’anastomosant de diverses manières , forment les aréoles du tissu des lobules MPa petite division

(1) Cette disposition existe d’une manière on ne peut plus évidente dans les poumons des reptiles.

Structure des lobules pulmonaires.

Structure des lobules

bronchique qui aboutit au lobe ne pénètre pas

pulmonaires. dans SONMLTEEUTSVÈT finit brusquement aussitôt

Glandes des poumons.

qu’elle est arrivée au parenchyme.

Cette dernière circonstance me parait remarquable; car, puisque la bronche ne pénètre pas dans le tissu spongieux du poumon, il est peu probable que la surface des cellules avec lesquelles l'air se trouve en contact soit revêtue par la membrane muqueuse. L’anatomie la plus exacte ne pourrait du moins en démontrer l'existence dans cet endroit.

Une partie du nerf de la huitième paire et des filets du sympathique se répandent dans le poumon, mais sans qu'on sache comment ils s'y comportent. La surface de l'organe est recouverte par la plèvre, membrane séreuse , analogue au péritoine pour la structure et les fonctions. |

Autour des bronches , et près du lieu où elles s’enfoncent dans le tissu du poumon, existent un certain nombre de glandes lymphatiques dont la couleur est à peu près noire, et auxquelles viennent se rendre les vaisseaux Iymphatiques peu nombreux qui naissent de la surface et de la profondeur du tissu pulmonaire.

L'art des injections fines nous fournit, relativement au poumon, quelques renseignements qu'il ne faut pas laisser échapper.

Si l’on pousse une injection d’eau colorée dans

l'artère pulmonaire , la matière injectée passe aussitôt dans les veines pulmonaires ; mais en même temps une petite partie pénètre dans les bronches. Si l'injection est faite par une veine pulmonaire , le liquide passe de même en partie dans l'artère,

Expériences sur le poumon.

et en partie dans les bronches. Enfin, si l’on in-

bronchique.

Les poumons remplissent en grande partie la cavité de la poitrine , s’agrandissent et se resserrent avec elle ; formés presque en totalité par des vaisseaux sanguins ou aériens très élastiques, ils sont eux-mêmes doués d’une très grande élasticité ; et comme ils communiquent avec l’air extérieur par Ja trachée-artère et le larynx, chaque fois que la poitrine s'agrandit, ils sont distendus par l'air, qui est expulsé quand la poitrine reprend ses dimensions premières. Il est donc nécessaire que nous nous arrétions un instant à l'examen de cette cavité.

La poitrine , ou le thorax , à la forme d’un conoide , dont le sommet est en haut, la base en bas; en arrière, la poitrine est formée par les vertèbres dorsales , en avant par le sternum , et latéralement par les côtes; ces derniers os sont au nombre de douze de chaque côté : on distingue

Du thorax.

Des côtes.

les côtes en vertébro-sternales , et en vertébrales. Il y en a sept dés premières et cinq des secondes. Les vertébro -sternales , ou les vrates côtes, sont les plus supérieures ; elles s’articulent en arrière avec les vertébres , comme les vertébrales ; en avant, elles s’articulent avec le sternum , au moyen d’un prolongement appelé cartilage des côtes.

C’est la longueur, la disposition , et les mouvements des côtes sur les vertébres , qui déterminent la forme et les dimensions apparentes de la poitrine.

Le même muscle que nous avons vu former la paroi supérieure de l'abdomen, forme aussi la paroi inférieure du thorax ; il s'attache , par sa circonférence, au contour de la base de la poitrine ; mais son centre s'élève dans la cavité pectorale, et forme, lorsqu'il est relâché, une voûte dont la partie moyenne est de niveau avec l'extrémité inférieure du sternum : en sorte que la cavité du thorax se trouve partagée en deux portions , l’une supérieure pectorale, et l’autre inférieure ou abdominale. En effet, c’est dans la première seulement que sont logés les organes pectoraux , tels que les poumons, le cœur , etc. La seconde contient le foie , la rate, l'estomac, etc.

Des muscles nombreux s’attachent aux os qui forment la charpente du thorax : de ces museles,

les uns sont destinés à rendre les côtes moins obliques sur la colonne vertébrale ou à agrandir la capacité de la poitrine ; les autres abaissent les côtes, les rendent plus obliques sur les vertèbres , et diminuent ainsi la capacité du thorax.

Il importe que nous prenions connaissance du mécanisme par lequel la poitrine s'agrandit ou se resserre , plusieurs phénomènes de la respiration étant liés intimement avec ses variations de capacité.

La poitrine peut se dilater verticalement, transversalement et d'avant en arrière, c’est-à-dire sui-

vant ses principaux diamètres.

Le principal, et pour ainsi dire le seul agent Agrandisse-

ment du de la dilatation verticale, c’est le diaphragme, thorax par la Ê ; contraction qui, en se contractant, tend à perdre sa forme . ne | 1ap ra

voûtée et à devenir plane , mouvement qui ne peut s'effectuer sans que la portion pectorale du thorax s’accroisse , et sans que la portion abdominale diminue. Les côtés de ce musele , qui sont charnus ét correspondent aux poumons, descendent davantage « que le centre, qui , étant aponévrotique, ne peut faire aucun effort par lui-même, et qui d’ailleurs est retenu par ses attaches au sternum et son union avec le péricarde. Dans la plupart des cas, cet abaissement du diaphragme suffit pour la dilatation de la poitrine ; mais il arrive

souvent que Île sternum et les côtes, en changeant

Mécanisme du

| mouvement

| des côtes.

de rapport entre eux et la colonne vertébrale , produisent une augmentation sensible de la cavité pectorale.

Rien n’est plus simple à concevoir que le mécanisme de ce mouvement, dès que la disposition physique des parties est bien connue; et cependant il a été l’objet de discussions très vives entre des auteurs estimables, qui ont donné à cette

. question une importance que peut-être elle ne mé-

Idées de Haller sur le mouvement

des côtes.

ritait pas.

Si de semblables disputes conduisaient à la vérité, on regretterait moins le temps que les savants y consacrent; mais il est fort rare qu'elles aient ce résultat : c’est du moins ce qui n’est pas arrivé relativement au mécanisme de la dilatation du thorax.

/Après un grand nombre de raisonnements , d'expé-

riences en apparence exactes, Haller est parvenu à faire prévaloir ses idées , qui ne me paraissent rien moins que satisfaisantes.

Je vais m'expliquer sur ce point avec toute la

franchise que commande une autorité aussi respectable. ee

Son explication de la dilatation du thorax, généralement adoptée en ce moment, repose sur des bases que je crois fausses. Il pose en fait que la première côte*est presque immobile (1), et que le

(1) Primum par (costarum) /trmissimum est, indè ut quæque inferiori loco ponitur, ità faciliùs emovetur , donec

{ thorax ne peut faire aucun mouvement de totalité, | soit en bas, soit en haut (1). Ilest difficile de con- {cevoir comment un observateur aussi habile que | Haller a pu avancer et soutenir une pareille idée ; A car il suffit d'examiner sur soi-même les mouve- | ments de la respiration, pour avoir aussitôt la 1 preuve que le sternum et la première côte s'élèvent ! dans l'inspiration , et s’abaissent dans l'expiration. ÀL'examen du thorax sur le cadavre donne le À même résultat : on n’a qu'à tirer en haut le sternum ; il cède, et toutes les côtes sternales, y à compris la première , se redressent sur la colonne À vertébrale , et le thorax s'agrandit sensiblement. Après avoir établi que la première côte est pres- { que immobile , il dit que la seconde présente une N mobilité cinq ou six fois plus considérable ; que la À troisième en offre une encore plus grande, et que {la mobilité va croissant jusqu'aux côtes les plus { inférieures. |

En n'ayant égard qu'aux vraies côtes, les seules N importantes à considérer ici, je crois que l'ob- | servation est directement opposée à ce qu'a avancé | Haller, c’est-à-dire que la première côte est plus mobile que la seconde , celle-ci plus que

À infima mobilissima fluctuet. HarLer, Ælementa physiologie ,

{ tom. III, pag. 59, lib. var.

* (1) Totum tamen pectus, ut nunquam elevari vidi, ità | nunquam deprimi. Hazrer, loc. cit.

mobilité des côtes.

916 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE la troisième, et ainsi de suite, jusqu’à la septième.

Mais pour juger sainement du degré de mobilité des côtes, il ne faut pas se borner à observer le mouvement qu’elles exécutent à leur extrémité ; car, comme elles sont d’une longueur très inégale, un léger mouvement dans l’articulation , quand la côte est longue, paraîtra très étendu à l'extrémité; de même un mouvement assez étendu dans l'articulation d’une côte courte pourra paraître peu de chose, examiné à son extrémité. Il faut, au contraire , considérer le mouvement des côtes en leur supposant à toutes une longueur égale , et alors il devient de toute évidence que la mobilité va décroissant depuis la première jusqu'à la septième; cette dernière est même presque. immobile (1).

(x) Mobilité des côtes est une expression qui peut être entendue différemment, et qui par conséquent est obscure :" je l’applique seulement ici aux vraies côtes, en leur suppo=. sant une longueur égale à la première. Je mesure l’are de cercle que peut décrire de bas en haut et de“haut en bas l'extrémité libre des côtes ainsi coupées. Jexamine ensuite le mouvement de rotation qu’elles peuvent exercer sur elles-mêmes, et je vois que la première côte est beaucoup plus mobile que la septième: la première côte jouit même. ‘d’une espèce de mouvement qui ne se rencontre dans aucune autre côte ; elle peut être élevée en totalité en haut, dans

une étendue de près d’un centimètre , à raison du défaut de

La disposition anatomique des articulations pos-

térieures donne la raison de cette différence de mobilité.

La première côte n’a qu’une seule facette articu-

Raisons laire à sa tête, et ne s'articule qu'avec une seule atomiques

pour

vertébre; elle n’a point de ligament interne, ni de lesquelles la première

| ligament costo-transversaire. Le ligament posté- côte est plus mobile 1 rieur de l’articulation avec l’apophyse transverse est que les autres | horizontal, et ne peut empêcher ni l'élévation ni "°°" l’abaissement de la côte.

Aucune de ces dispositions favorables au mouvement n'existe dans les autres vraies côtes ;: elles | ont deux facettes articulaires à leur tête, et s’ar- |ticulent avec deux vertèbres. 11 y a un ligament {interne dans l'articulation , qui ne permet qu'un glissement très limité; un ligament costo-transver- {saire , fixé à l’apophyse transverse supérieure , em- {pêche la côte de descendré; un ligament postérieur, dirigé de bas en haut, se voit derrière l’articulation de la tubérosité, etempêche la côte de mon- (ter. Cependant des nuances particulières dans {la disposition de ces divers ligaments permettent

ligament interne dans son articulation vertébrale. Maintenant , si l’on voulait appeler mobilité des côtes le léger mouvement qui peut avoir lieu dans leur articulation ster- Inale, ou bien celui que permet l’élasticité de leur cartilage , (il est évident que la première côte serait moins mobile que

Rapport de

Ja mobilité des côtes avec leur longueur.

Jeu des deux pièces

du sternum.

318 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE les divers degrés de mobilité dont nous avons parle.

Du reste , ilest évident que la mobilité moindre se trouvant dans les côtes les plus longues, il y a. compensation, et, par cette raison, elles peuvent, exécuter des mouvements aussi étendus que la pre-: mière, quoique moins mobiles; par la même cause, | il serait possible qu'elles offrissent un mouvement | plus étendu.

Cette compensation présente des avantages; Car! les vraies côtes, leurs cartilages , ie sternum, ne! se meuvent guère qu'ensemble, et le mouvement, de l’une de ces pièces entraîne presque toujours! celui de toutes les autres ; il s'ensuit donc que, si les côtes inférieures étaient plus mobiles, elles ne pourraient faire un mouvement plus étendu que! celui dont elles sont susceptibles, et la solidité dui thorax se trouverait diminuée , sans que sa mobilité y gagnât.

Dans la plupart des sujets, et souvent jusqu ai l’âge le plus avancé, le sternum est composé de deux pièces (1) articulées par symphise mobile au niveau du cartilage de la deuxième côte. Cette disposition, permettant à l'extrémité supérieure de la pièce inférieure de se porter un peu en avant, concourt à l'agrandissement de la poitrine d'une

(1} Ce fait anatomique est indiqué dans l’anatomie dd M. H. Cloquet.

DE PHYSIOLOGIE. 319 manière qui, je crois, n'avait pas encore été remarquée.

Mais quels sont les muscles qui élèvent le sternum et les côtes, et qui par conséquent dilatent la poitrine? Si l’on en croit Haller, les inter-costaux sont les principaux agents de cette élévation. Les premiers inter-costaux, dit-il, trouvent un point fixe sur la première côte qui est immobile, et élévent la seconde côte; et successivement tous les autres inter-costaux prennent leur point fixe sur la côte supérieure et élèvent l’inférieure.

Nous venons de voir tout à l’heure que la première côte est loin d’être immobile; l'explication de Haller tombe donc par cela même, et je ne pense pas que les inter-costaux internes ou externes puissent seuls, quoi qu'on en ait dit, produire l'élévation des côtes. Les muscles qui me paraissent destinés à cet usage sont ceux qui,ayant une extrérhité fixée médiatement ou immédiatement sur la colonne vertébrale, la tête ou les membres supérieurs, peuvent agir par l’autre directement ou in-

directement sur le thorax, de manière à l’élever. |

Parmi ces muscles, je citerai les scalènes antérieurs et les postérieurs , les sur-costaux, les muscles du cou qui s’attachent au sternum, etc. J'y ajouterai un muscle auquel on n’a point jusqu'ici attribué cet usage ; Je veux dire le diaphragme. En effet, ce muscle s'attache par sa circonférence à l'extrémité

Muscles qui clèvent les côtes et le sternum,

Usage du diaphragme pour l’élévation du thorax.

Influence . dela pression atmosphérique sur la dilatation du thorax.

. ns

inférieure du sternum, à la septième vraie côte et à toutes les fausses ; quandilse contracte, il refoule en bas les viscères; mais, pour cela, le sternum et les côtes doivent présenter une résistance suflisante à l'effort qu'il fait pour les tirer en haut. Or, la résistance ne peut être qu'imparfaite, puisque toutes ces parties sont mobiles; c’est pourquoi chaque fois que le diaphragme se contracte, il doit toujoursélever plus ou moins le thorax. En général, l'étendue de l'élévation sera en raison directe de la résistance des viscères abdominaux et de la mobilité des côtes. |

Il est une autre cause de la dilatation du thorax à laquelle on a donné jusqu'ici peu d’atten-. tion , et qui me paraît cependant très importante, je veux parler de la pression atmosphérique qui s'exerce dans toute la surface intérieure de la cavité par l'intermédiaire des poumons. Cette pression a une telle influence , que , si par une cause quelconque elle cesse d’avoir lieu, la poitrine ne se dilate plus : en vain les muscles élévateurs des côtes agissent sur ces os, en vain le diaphragme se contracte; la partie du thorax qui n’est pas pressée intérieurement par l'air atmosphérique ne se dilate pas. Ce phénomène est très marqué dans les affections de la poitrine , les pneumonies, les œdèmes, les emphysèmes des poumons, et les divers épanchements; tantôt il se voit dans

per DE PHYSIOLOGIE. YJ21

tout un côte du thorax et dans une partie du côté

Dilatation partielle

opposé , d’autres fois il ne s’observe que dans.uné du thorax.

étendue de trois ou quatre côtes d’un seul côté, les autres côtes du même côté continuant à se mouvoir. Î est si vrai que la pression atmosphérique est pour beaucoup dans la dilatation du thorax. que si elle cesse d'agir pendant un certain temps, le côté qui en est privé se resserre, et finit par s’oblitérer, non sans qu’il en résulte un grand changement dans la taille et dans la conformation générale du thorax. Une autre preuve que l’on peut ajouter se voit dans la facilité avec laquelle en dilate la poitrine d’un cadavre en soufllant par la trachée , et dans la difficulté qu'on éprouve en cherchant à la dilater en soulevant les côtes et le sternum.

IL n'est pas indispensable que cette pression s exerce par l'intermédiaire des poumons, comme le prouve l'expérience suivante : fermez par une ligature la trachée-artère à un animal, aussitôt il se Consumera en efforts impuissants pour dilater la cavité de la poitrine; faites une ouverture dans un espace intercostal, aussitôt l'air se précipitera dans le côté de la poitrine ouvert, et ce côté s’agrandira facilement à chaque inspiration ; faites une ouverture du côté opposé, et vous oberverez le même effet. On peut même remarquer que l’é- lévation des côtes est plus complète et plus facile % 21

Changements de forme du thorax lors de son

élévation.

329 PRÉÈCGIS ÉLÉMENTAIRE

que dans la respiration ordinaire ; on en conçoit aisément la raison.

Dans l'élévation générale du thorax, la forme de cette cavité change nécessairement, ainsi que les rapports des os qui la composent; c'est particulièrement pour se prêter à ces changements que paraissent destinés les cartilages des côtes : dès qu'ils sont ossifiés, et qu'ils perdent par conséquent leur souplesse, la poitrine devient presque immobile.

Pendant que le sternum est porté en haut, son extrémité inférieure est dirigée un peu en avant; il éprouve ainsi un léger mouvement de bascule ; les côtes deviennent moins obliques sur la colonne vertébrale ; elles s’écartent tant soit peu l’une de l’autre, et leur bord inférieur est dirigé en dehors, en raison d'une petite torsion qu'éprouve le cartilage. Tous ces phénomènes ne sont bien apparents que dans les côtes supérieures, ils le sont à peine dans les inférieures,

Pour bien juger du mécanisme de l'inspiration, il faut l’étudier sur un individu maigre , et âgé de moins de trente ans ; tous les phénomènes que je viens de décrire seront visibles, mais ils deviendront bien plus apparents si l'individu est atteint d’une difficulté de respirer. C’est alors que paraîtra dans tout son jour le jeu des puissances qui élèvent le thorax, que les scalènes se gonfleront à chaque

inspiration (1), et se relâcheront à chaque expiration ; quant aux muscles intercostaux, dans les respirations laborieuses , tantôt ils se contractent dans l'instant de l'inspiration Jetitantot, ‘aoû contraire, ils se relâchent, et alors il se produit un enfoncement remarquable-dans chaque espace intercostal.

1 résulte de l'élévation du thorax un agrandissement général de cette cavité, soit d'avant en arrière. soit transversalement, soit même de haut en bas.

Cet agrandissement est nommé inspiration ; il offre trois degrés bien marqués : 1° l'inspiration ordinaire, qui se fait par l’abaissement du diaphragme et une élévation presque insensible du thorax ; 2° l'inspiration grande , dane laquelle il À a élévation évidente du thorax, en même temps qu'il y a abaissement du diaphragme ; 3° enfin.

l'inspiration forcée, dans laquelle les dimensions

du thorax sont augmentées dans tous les sens. autant que le permet la disposition physique de cette cavité. |

À la dilatation du thorax succède l'expiration , c'est-à-dire le retour du thorax en sa position et à ses dimensions ordinaires. Le mécanisme de ce mouvement est Justement l'inverse de celui que

(1) J’appelle cette contraction des scalènes Le pouls respiratotre ; et en effet , le doigt appliqué sur l’un des scalènes donne une idée de l’effort que fait le malade pour respirer.

q P P DER

Trois degrés de:

inspiration.

Puaissances expiratrices.

Trois degrés de l'expiration.

nous venons de décrire. I est produit par lélasticité des cartilages et des ligaments des côtes, qui tendent à revenir sur eux-mêmes , par le relâchement des muscles qui avaient élevé le thorax, et enfin par la contraction d'un grand nombre de muscles disposés de façon qu'ils abaissent le thorax,et le rétrécissent. Parmi ces muscles, qui sont très nombreux et très forts, il faut distinguer les muscles larges de l'abdomen, le dentelé posterieur et inférieur, le grand dorsal, le sacro-lombaire , etc.

Le resserrement du thorax, ou l’expiration, presente aussi trois degrés : 1° l'expiration ordinaire ; 2° l'expiration grande; 5° et l'expiration forcée.

Dans l'expiration ordinaire, le relâchement du diaphragme, refoulé par les viscères abdominaux, pressés eux-mêmes par les muscles antérieurs de cette cavité, produit la diminution du diametre vertical. Le relâchement des muscles. inspirateurs et une contraction légère des expirateurs ; permettant aux côtes et au siernum de reprendre leurs rapports ordinaires avec la colonne. vertébrale, produisent l'expiration grande.

Mais le rétrécissement de la poitrine peut aller au-delà. Si les muscles abdominaux et les autres muscles expirateurs se contractent avec force, il en résulte un refoulement plus marqué du dia-

phragme, un abaissement plus grand des côtes

DE PHYSIOLOGIE. 925 et un rétrécissement de la base de la poitrine , et par conséquent une diminution plus considérable de la capacité thoracique. C’est ce qu'on pomme expiration forcée. Pour faire comprendre comment le Poumon $C Comment le dilate et se resserre avec le thorax, Mayow com- Pire

se dilate ou se resserre

parait le poumon à une vessie placée à l'intérieur * 15%

d’un soufflet , et qui communiquerait avec Pair ex- le thorax. térieur par le tuyau de l'instrument. Cette comparaison , juste sous plusieurs rapports , est inexacte sous un point de vue très important : la vessie est une membrane inerte qui se laisse distendre par la pression de l’air, et qui ne revient sur elle-même que par la compression des parois du soufflet. Le poumon est dans une condition bien différente: il tend continuellement à revenir sur lui-même , A OCCUper un espace moindre que la capacité de la cavité qu'il remplit; ilexerce donc une traction surtousles points des parois thoraciques. Cette traction a peu d'effet sur les côtes, qui ne peuvent céder, mais elle 4 une grande influence sur le diaphragme ; par elle ce muscle est toujours tendu , et tiré en haut de manière à prendre la forme de voüte; quand le muscle s'abaisse en se contractant , il est oblige d'entraîner les poumons vers la base de la poitrine ;, es organes se trouvent aussi de plus en plus distendus, et, en vertu de leur élasticité , ils tendent avec d'autant plus d'énergie à revenir sur eux-

620), PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE mêmes, et à ramener le diaphragme enhaut. Le diaphragme serait en effet brusquement rétabli dans

la forme voñtée dès qu'il cesse de se contracter,

Expérience sur le jeu du

diaphragme.

par un mouvement particulier de la glotte, dont nous parlerons plus bas, et qui oppose quelques difficultés à la sortie de l'air de la poitrine. L’ascension du diaphragme , dans l’expiration, est en outre favorisée par l’élasticité, ou même la contraction des muscles de l’abdômen, qui ont été distendus par le refoulement des viscéres au moment de la contraction du diaphragme.

Pour juger de cette action réciproque du diaphragme et du poumon, ilfaut, sur un jeune animal, mettre à découvert les muscles intercostaux d’un des côtés de la poitrine ,*et alors on voit à travers ces muscles le poumon et le diaphragme montéret descendre de concert,etsans qu’il existe aucun intervalle entre ces deux organes ; on voit aussi que: . le poumon est toujours appliqué contre les parois du thorax , et qu'il glisse sur ces parois dans ses divers mouvements. Il est encore facile de remarquer que, durant l’expiration, une assez grande étendue de la face supérieure du diaphragme s'applique contre les parois du thorax, et occupe l’espace que le poumon remplissait pendant l'inspiration.

{ci se présente une question importante : nous voyons bien que le diaphragme, en s’abaissant , tire en bas le poumon, maïsil le tire encore apres

DE PHYSIOLOGIE. 27 l'expiration; car si, à cet instant, les parois du thorax sont ouvertes, et que. l’air extérieur ait accès direct sur le poumon, celui-ci s’affaisse beaucoup. Le diaphragme s’opposait donc à cet affaissement avant l'ouverture ; en effet, le relâchement du diaphragme n’est jamais complet durant la vie, et je le prouve par l'expérience que voici: rendez visibles les mouvements du poumon sur un Jeune lapin; remarquez le point où s'arrête l’ascension du diaphragme dans les expirations les plus complètes ; dans l'instant d’une expiration de ce genre, coupez la moelle épinière au cou $au moment de la section, vous verrez le diaphragme remonter d’un ou même deux intervalles intercostaux. Il y a donc, durant la vie, dans le moment où le diaphragme semble relâché autant que possible, une certaine force qui ne lui permet pas de céder à la tendance qu'ont les poumons à revenir sur eux-mêmes , et cette force parait souwise à l'influence nerveuse.

Expérience sur le jeu du diaphragme.

Mais la question n’est qu'en partie résolue : gntaconisme Antago

après la mort même, l’antagonisme du diaphragme et du poumon est loin d'être détruit; le diaphragme est voûté, le poumon est distendu, et la preuve est à la portée de chacun: une ouverture faite aux parois ihoraciques a pour effet d’affaisser les poumons, et deles confiner (quand ils sont sains) sur les côtés de la colonne verté-

du poumon et du

diaphragme

après La mort

Propriétés physiques de

l'air.

brale , et de rendre le diaphragme flasque et flottant, dès qu'il n’est plus soutenu par les viscères abdominaux. Voilà ce qui existe chez l'individu qui a respiré, voilà ce qui n'existe pas chez Île fœtus qui n’a point exécuté la respiration. Comment le double effort du diaphragme sur le poumon et du poumon sur le diaphragme s'est-il établi? J'avoue que je l’ignore. Ce serait un sujet de recherches curieuses.

De l'air.

De toutes parts, et jusqu’à 15 ou 16 lieues de hauteur, la terre est environnée d’un fluide rare et transparent que l’on nomme air, et dont la masse totale forme l’aimosphere.

L'air est un fluide élastique, c’est-à-dire qui par lui-même a la propriété d'exercer une pression sur les corps qu'il entoure et sur les parois des vases qui le contiennent. Cette propriété suppose dans les particules dont l'air se compose une tendance continuelle à se repousser les unes les autres.

Une autre propriété de l'air est la compresstbilité, c'est-à-dire que son volume change avec la pression qu’il supporte. L'expérience apprend qu’une même masse d'air, soumise successivement à des pressions différentes, occupe des espaces ou des volumes qui sont en raison inverse des pres-

DE PHYSIOLOGIE: 529 {sions ; en sorte que la pression devenant double, triple , quadruple , ce volume se réduit à la moitié, jau tiers, au quart. |

| Dans l'atmosphère, la pression que supporte une masse quelconque d’air provient du poids des couches qui sont au-dessus d’elle ; le poids dimiinuant à mesure “qu’on s'élève, l'air doit être de Iplus en plus dilaté, ou, en d’autres termes, sa densité doit diminuer à mesure que l'élévation jaugmente. À la surface de la terre, la pression de l'air est le résultat du poids total de l’atmosphère. | Gette pression est capable de soutenir une colonne de mercure de 28 pouces on 36 centimètres de hauteur : l'instrument employé pour fournir cette |mesure se nomme baromètre.

Différentes circonstances physiques font légèrement varier la pression atmosphérique ; elle est, |par exemple, moins forte sur le sommet des mon- {tagnes que dans les vallées; plus forte quand Pair Lest sec que quand il est chargé d'humidité. Ces {variations sont exactement appréciées au moyen du baromètre.

| Comme tous les autres corps, l'air se dilate par | la chaleur; son volume augmente de 1/266 pour {un échauffement d’un degré du thermomètre cen- {tigrade.

L'air est pesant; c’est ce dont on s’est assuré en

|pesant d'abord un ballon plein d’air, et en pesant

Propriétés physiques de

Pair.

ensuite le même ballon, dans lequel on à fait le vide au moyen de la machine pneumatique. On à trouvé ainsi qu’à la température o, et lorsque le baromètre est élevé de 76 centimètres, un litre d’air, c’est-à-dire un décimètre cube d'air, pese 1 gramme et 3/10; un même volume d’eau pèser rait 1 kilogramme. L'eau est done 970 fois plus pesante que l'air.

Rroprées à iAUSESt plus ou moins chargé d'humidité. Cette ! physiques de pes :

Pair. humidité provient de l’évaporation continuelle des:

eaux qui recouvrent la surface de la terre. En effet, l'expérience nous prouve qu'à toutes les: températures l’eau forme des vapeurs d’autant plus abondantes que la température est plus ele-: vée. De plus, pour chaque température, l'air ne peut contenir qu’une certaine quantité de vapeur. Lorsqu'il en est saturé, l'humidité est extrême. Plus il approche de l'être, plus l'humidité est srande. C’est là ce qu’indiquent les hygromètres. Enfin, quand, par l'effet d’un refroidissement ou de toute autre cause, l’air se trouve contenir plus de vapeur qu'il n’en peut renfermer à la température où il se trouve, l’excédant de cette vapeurse rassemble d’abord sous forme de brouillards et de. nuages , et se précipite ensuite à l’état de pluie, de neige, etc.

La vapeur d’eau étant plus légère que l'air, eti l’obligeant d’ailleurs à se dilater quand elle se

DE PHYSIOLOGIE. 351 | mêle à lui, il en résulte que l'air humide est plus | léger que l’air sec. :

Malgré sa rareté et sa transparence, l’air réfracte, intercepte et réfléchit la lumière. En petite masse, | il nous renvoie trop peu de rayons pour que sa | couleur produise sur nos yeux une impression sen- | sible; en grande masse , cette couleur est d'un | bleu trés visible. Aussi l’interposition de l’air co- | lore-t-elle d’une teinte bieuâtre les objets éloignés. | L'air joue un grand rôle dans les phénomènes chimiques ; regardé long-temps comme un élément , sa composition , soupconnée par Jean Rey dans le 17° siècle , fut clairement établie par LavOIsIer.

| L'air est composé de deux gaz très différents par leurs propriétés.

1° L’oxigène : gaz un peu plus pesant que l'air | dans le rapport de 11 à 10, se combinant avec tous | les corps simples ; élément de l’eau , des matières | végétales et animales, et du plus grand nombre | des corps connus; nécessaire à la combustion et à | la respiration.

| 2° L’azote : gaz un peu plus léger que l’air ; élé- | ment de l’ammoniaque et des substances animales ; éteignant les corps en combustion.

Les proportions d’oxigène et d'azote qui entrent | dans la composition de l'air se déterminent à Vaide d’instraments qu'on nomme eudiomitres.

Composition chimique de Pair,

Entrée de Pair dans les poumons.

Dans ces instruments, on produit la combinaison de l’oxigène avec quelque corps combustible , tel que lhydrogène ou le phosphore, et le résultat de cette combinaison fait connaître la quantité d’oxigène que l'air renfermait. On a trouvé ainsi que 100 parties d’air, en poids, contenaient 21 parties d’oxigène et 59 d’azote. Ces proportions sont les mêmes dans tous les lieux et à toutes les hauteurs, et n’ont point changé sensiblement depuis, environ quinze ans, que la chimie est parvenue à les établir d’une maniere positive.

L'air contient, outre l’oxigène et l'azote, de la vapeur d’eau en quantité variable, comme nous l'avons déjà dit, et une trés petite quantité d’acide carbonique , dont la proportion varie suivant diverses circonstances.

Presque tous les corps combustibles décomposent l'air à une température particulière pour chacun d'eux. Dans cette décomposition ils se com binent avec l’oxigène, et laissent l'azote libre.

I nspiration et expiralion.

Les poumons sont toujours remplis par l'air, mais ce fluide s’y altère promptement par l'acte même de la respiration; il est donc nécessaire qu'il s'y renouvelle à des époques assez rapprochées. Ce renouvellement s'effectue par les deux

DE PHYSIOLOGIE. 535 phénomènes de l'inspiration et de l'expiration : dans le premier l'air arrive dans les poumons, les distend , et pénètre jusqu'aux cellules aériennes ; durant le second , une partie de l’air contenu dans le poumon est chassée au dehors.

Dans ces deux actes physiques la pression atmosphérique et la contraction musculaire jouent des principaux rôles.

» Si nous examinons la poitrine aprés une expiration ordinaire , nous voyons que l'air qui presse sur la surface extérieure de cette cavité fait exactement équilibre à celui qui presse sur la surface intérieure du poumon. La pression de ce dernier s'exerce par l'intermédiaire de la colonne qui se trouve dans la cavité de la bouche ou du nez, du pharynx, du larynx de la trachée et des bronches. Le moindre effort des puissances qui dilatent le thorax, ou de celles qui le resserrent, suffit pour faire pénétrer l'air dans le poumon ou pour l’en faire sortir. [lest donc bien facile de comprendre le mécanisme de l'inspiration: dès que les museies dilatateurs du thorax agissent, aussitôt l'air extérieur se précipite dans la glotte, la trachée et les poumons, va remplir les vésicules pulmonaires, où le vide tendait à se produire par le fait de l’a- grandissement du thorax.

Nous pouvons ici nous rendre raison de la dureté et de l'élasticité des parois du canal que

3954 PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE

Avantages de l'air parcourt pour arriver jusqu'au poumon : sup-

lP’élasticité des parois des conduits aériens.

posons pour un moment que la trachée ou le la rynx eussent eu des parois membraneuses au lieu des cartilages qui les forment, alors, dans le moment de la dilatation du thorax, l'air, qui presse! également sur tous les points à la surface du corps. aurait affaissé les conduits aériens au cou, et l’air n'aurait pu pénétrer dans la poitrine. Rien de cela ne peut arriver dans la réalité; les anneaux de k trachée, les parois du larynx, celles du nez et de la bouche, résistent à la pression de l’air, qui n’agit que sur la face intérieure de ces canaux.

Il existe un tel rapport entre la pression de l’atmosphère et les cartilages des conduits aériens, que là où la pression ne peut s'exercer, les carti lages ne se rencontrent plus, comme on le voit à! la face postérieure de la trachée, et dans les petites divisions bronchiques.

Si l’on se rappelle la disposition des lobules pul monaires , l’extensibilité de leur tissu, leur communication avec l’air extérieur par le moyen des bronches, de la trachée-artère et du larynx , on! concevra aisément que, chaque fois que la poitrine se dilate, l’air se précipite aussitôt dans ce tissu pulmonaire , en quantité proportionnée au degré: de dilatation. Quand la poitrine se resserre ; une partie de l'air qu’elle contient est expulsée et ressort par la glotte.

Pour arriver à la glotte dans l'inspiration , ou {pour se porter au dehors dans l'expiration , l'air ftraverse tantôt les fosses nasales et tantôt la bou- {che : la position que prend le voile du palais dans lces deux cas mérite d’être connue. Quand l'air traverse les fosses nasades et le pharynx pour fentrer dans le larynx ou pour en sortir, le voile

et toute communication est interdite entre la partie

inférieure du pharynx et la partie supérieure de ce banal, ainsi qu'avec les fosses nasales. De là la hécessité de faire respirer les malades par la bouche , si l’on veut faire l'inspection des tonsilles et

fait par la bouche quand les fosses nasales soni Pbstruées par du mucus, un léger gonflement le la pituitaire ou toute autre cause.

x. glotte est loin d’être inactive dans les mou-

Position du voile du palais dans inspiration

et Pexpiration.

Mouvements de la glotte dans la respiration.

556 PRÉGIS ÉLÉMENTAIRE

vements d'expiration et d'inspiration, elle s’ouvri et se ferme alternativement. Sa dilatation, qu coïncide avec l'inspiration, favorise l'entrée dl l'air dans les organes respiratoires ; le mouvemer par lequel elle se ferme arrive dès que l'expiration commence, de sorte qu'elle met toujours un cer tain obstacle à la sortie de l'air des poumons ,te que ses bords sont toujours plus ou moins agité par la colonne expirée. Nous pouvons même,

la fermant complètement, empêcher tonte issul de l’air, quels que soient les efforts des puissance expiratrices. Dans ce cas, les petits muscles cor stricteurs de la glotte luttent seuls avec avantag contre les immenses puissances qui servent à l’ex piration :().

(1) Il ÿ à des maladies qui semblent principalement coi sister dans le défaut de dilatation de la ylotte durant l’insp ration ; il en résulte une gêne extrême dans la respiration) et des efforts inouïs pour attirer l’air dans les poumons. Fe ai eu la preuve dans un enfant sur lequel j’ai fait l’opératid de la laryngotomie. Je croyais que la suffocation qu’il épro: vait tenait à une fausse membrane qui bouchait la glotta l'opération faite, l’air arriva au poumon par la plaie, et suffocation cessa aussitôt; ce qui prouve que l’obstacle éta bien à la glotte, cependant celle-ci était parfaitement libr J’essayai ue fermer la plaie, et de faire respirer l’enfant p{ le larynx, la suffocation reprit aussitôt, et je fus oblige « faire tenir les bords de l’incision ouverts pendant vingtqua heures par un aide. |

EN

DE PUYSIOLOGIE. 557

M parait que le nombre d’inspirations faites dans un temps donné diffère beaucoup d’un homme à un autre. Hales les croit de 20 dans l’espace d’une minute. Un homme sur lequel Menziés fit des expériences ne respirait que 14 fois dans une migute. M. H. Davy nous apprend que dans le même temps il respire 26 à 27 iois ; M. Thomson dit qu’il respire ordinairement 19 fois; je ne res-

mpire que 15 fois. En prenant 20 fois pour moyenne dans une minute, on aurait 28,800 inspirations

dans 24 heures. Mais il est probable que ce nom-

d " beaucoup suivant une foule de eirconstances , telles que l’état de sommeil ,

vement , la distension de l'estomac par les ali= ments , la capacité de la poitrine, les affections morales , etc. #. d

Nombre d’inspirations dans 24 heures.

ji

é & ” Re |

ME He mo À +

Quelle quantité d’air entre dans la poitrine à

chaque inspiration ? quelle quantité en sort à chaque expiration ? et combien y en séjourne-t-il habituellement ?

D'après le docteur Menziès, la quantité moyenne d'air qui entre dans les poumons , à chaque inspiration , est de six cents cinquante-cinq centimètres cubes. Goodwin pense qu'après une expiration complète le poumon contient encore mille sept cent quatre-vingt-six centimètres cubes ; Men- |” que cette quantité ést plus forte, et

De 22

“muelle s'élève à 2923 €. c.

Volume d’air inspiré,

ce

Quantité d’ air Fo hab lemen uit "le poumon.

LA

338 P RÉGIS ÉLÉMENTAIRE . Suivant Davy, après une expiration forcée "> poumons retiennent encore 672 c. c.,et,

* * : | Après une expiration naturelle. . . + 1933C.c. Après une inspiration naturelle, : +. .; 2212 4

Après une inspiration Drotee ef 2e tt D ;

Après une expiration forcée après une in- Li spiration forcée, il sortit des poumons. .. B119

Après une inspiration naturelle. ‘: 7. 1286

Après une expiration naturelle. . + . 1106 L)

M. Thomson croit qu'on ne s’éloignerait pos beaucoup de la vérité , en supposant que la quans tité ordinaire d'air contenu dans les poumon: de 1588 centimètres c., et qu'il en entre et qu ni

a£n sort à éhaque: inspiration ou expiration, 655 c. c.

Quantité d’air qui saut à la

en en 24 heur ci

Ainsi , en supposant 20 inspirations par miaute on aura, pour la quantité d'air entré ou sorti des poumons dans cetintervalle de temps, 15100 c. c. 5

ce qui, pour une heure; fait 786 décimètres c. , et

pour les 24 heures environ 19 mètres C., ou à peu près 24 kilogrammes.

Les chimistes ont fait un grand nombre d'expériences pour déterminer si le volume de l’air diminue par son séjour dans le poumon. En tenant compte des expériences les plus récentes, par MM. Dulong et Despretz, cette diminution est aser

sez considérable ; M. Despretz ayant fait res six petits lapins dans quarante-neuf litres d'ail

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