‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 27 sur 64 · COURS DU SANG ARTÉRIEL · texte numérisé non relu

COURS DU SANG ARTÉRIEL

Cette fonction à pour but de transporter le sang artériel du poumon à toutes les parties du Corps.

Du sang artériel.

Le sang artériel est le liquide le plus essentiel à

l'entretien des fonctions. Un physiologiste célèbre y attachait une telle importance, qu’il avait défini

ae PRE TUE

M cUunc pe

la vie , le contact du sang artériel avec les organes, et particulièrement avec le cerveau. |

Nous n'avons rien à ajouter ici à ce que nous avons dit du sang artériel à l’article respiration. Je citerai seulement plusieurs faits importants relatifs au sang en général, et qui complèteront l'histoire de ce liquide.

Notre savant professeur Vauquelin a trouvé récemment dans ce fluide une assez grande quantité d'une matière grasse d’une consistance molle , et qui d'abord a été regardée comme de la graisse ; mais M. Chevreul, par une suite d’expériences très ingénieuses, vient de faire l’importante découverte que cette matière est celle du cerveau et des nerfs. Sa composition chimique est très remarquable, c'est un corps gras azoté, opposé en cela à tous les autres corps de cette espèce qui ne renferment point d'azote.

MM. Prevost et Dumas viennent aussi de démontrer, dans le sang des animaux auxquels les reins sont soustraits, la présence de l’urée.

Ainsi , à mesure que les analyses du sang se multiplient, à mesure que les procédés d'examen se perfectionnent , on arrive à trouver dans le sang tous les éléments des organes, aujourd’hui on y peut signaler avec confiance la fibrine comme la même matière que la fibre musculaire; l’albumine, qui forme un si grand nombre de membranes

et de tissus ; la matière grasse dont je viens de parler, et qui, réunie à l’osmazome et à l’albumine , forme le système nerveux: les phosphates de chaux et de magnésie , qui constituent une grande partie des os; l’urée, l’un des éléments excrémentitiels de l’urine les plus remarquables , la matière jaune de la bile et dé l'urine , la même qui s'étend par imbibition dans le tissu cellulaire , autour des contusions, etc. d

Quand, à l’aide d'une forte loupe ou d’un microscope , on observe les parties transparentes des animaux à sang froid , on voit dans les vaisseaux sanguins une multitude innombrable de petites molécules arrondies qui nagent dans le sérum, etroulent les unes sur les autres, en parcourant les artères et les veines. Ce sont les globules du sang.

La découverte inattendue de ces globules doit être rapportée à Malpighi, qui le premier en a si- | gnalé l'existence. Leewenhoeck vint peu de temps | après à s’en occuper de son côté, et très probablement il les reconnut sans avoir fait grande attention à la notion vague que Malpighi en avait | publiée. Il en décrivit un grand nombre , Qt laissa | des travaux très précis sur ce sujet. Depuis lors june foule d'auteurs ont entrepris leur examen ; | mais il n'existe que trois écrits détaillés et com- | parables par le soin avec lequel ils ont été exé- | Cutés, et l'habitude connue de leurs auteurs

Globules de

sang.

Découverte des globules du sang.

Les globules existent dans tous les animaux.

Se PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

relativement à l'emploi du microscope. Ce sont d’abord les observations de Leewenhoeck lui-même, celles de Hewson , et celles que viennent de publier MM. Prevost et Dumas. Comme elles s'accordent dans les faits principaux, etque les derniers ont pu faire usage des faits indiqués par les autres , nous nous bornerons à offrir leurs résultats.

lis ont trouvé des globules dans le sang de tous les animaux. Pour s’en assurer il suffit de placer une petite gouttelette de sang sur unelame de verre, en ayantsoin de l’étendre légèrementsans l’écraser. Sur les bords on trouvera toujours des globules isolés , faciles à voir et à mesurer.

Avec les lentilles faibles on n’aperçoit d’abord que des points noirs; ceux-ci prennent ensuite l'apparence d’un cercle bianc, au milieu duquel on voit une tache noire, lorsqu'on augmente encore le pouvoir amplifiant; enfin, cette dermière prend d'elle-même l’aspect d’une tache lamineuse, lorsqu'on atteint trois à quatre cents fois le dia mètre. Quand l'œil s’est familiarisé avec cetteimage, il en conserve la perception avec des grossissements plus faibles. Ainsi le sang humain , vu de prime abord avec le n° 175 , offre l'apparence (voyez la planche 1), tandis qu’en l’examinant avec des verres supérieurs, et descendant graduellement à celui-ci, on conserve sans difficulté la possibilité de saisir la tache lumineuse centrale n° 2; ce fait

|donne la clef de la plupart des opinions émises à : ce sujet, et sert à les concilier.

Lorsque le sang circule dans les vaisseaux, les État | . > ». » des globules particules qu'il renferme n’ont d’autre mouvement re

la circulation

que celui qui leur est imprimé par le liquide ; mais Qu sang.

idées qu’on vient à en ouvrir un. elles s’agitent viveq ;

iment , et la gouttelette présente alors un frémisseiment particulier qui cesse au bout de quelques secondes. M. E. Home à émis sur ce point une lopinion particulière : il suppose que le sang con- | tient des globules qui sont renfermés à l’état sain % idans une couche de matière colorante dont ils se-

|raient comme le noyau ; au bout detrente secondes

là dater de sa sortie du vaisseau , cette matière ex-

térieure se rassemble, et forme une espèce de colle-

rette autour du globe central. MM. Prevost et Du-

Imas diffèrent essentiellement de lui sur ce point, en

|ce qu'ils considèrent comme l’état habituel ce qu’il

la envisagé comme un effet de la mort. Leurs

preuves semblent irréfragables , puisqu'elles repo-

sent sur l'observation de la circulation dans l'aile

de la chauve-souris , la patte de la grenouille, le

imésentère de quelques poissons, la queue du têtard,

et le poumon de la salamandre.

| Ils ont pu s’assurer par de nombreuses observa- Apparence

Hions que l'apparence et le diamètre des globules te étaient lesmêmes au dedans et au dehors des vais- « de

seaux. Ils ont vu qu'ils n'étaient pas doués d'un ‘"°"#

Passage du sang des artères dans les veines.

LPS

mouvement de rotation sur leur centre, comme l’avaient pensé quelques auteurs, mais qu'ils suivaient tout simplement la direction du sang.On aperçoit , avec une grande facilité, dans la patte de la grenouille et la queue du têtard, les diverses phases des globules , et il est facile de s'assurer ainsi de leur aplatissement. Tantôt on les voit de champ , tantôt d'une manière plus ou moins oblique, tantôt enfin c’est leur tranchant qui se présente à l’observateur; ils se balancent dans le liquide qui les charrie, et quelquefois on peut les voir tourner lentement sur eux-mêmes, ce qui permet d'apprécier leur forme avec exactitude.

Bien plus, on peut voir le passage des artères aux veines s'effectuer sans aucun intermédiaire quelconque ; et le sang arrive d’un côté et retourne de l’autre, après avoir parcouru quelques anses vasculaires. C’est ce que MM. Prevost et Dumas ont essayé d'exprimer dans la figure (planche 1) quireprésente la circulation dans la queue du têtard. On voit dans cette figure en même temps toutes ces vas riétés de positions qui rendent si claire la véritable forme des globules du sang. Cette disposition des

vaisseaux permet de concevoir cette alternative

qu'on remarque quelquefois dans le cours du sang , et ce mouvement rétrogradede la circulation mou-} rante sur lequel Spallanzani et Haller ont tant, insisté.

Ces diverses observations suffisent pour démontrer que les globules du sang sont les mêmes pendant la vie et quelques instants après la sortie du vaisseau, elles établissent aussi qu'ils sont aplatis dans l’un et l’autre cas ; mais elles laissent encore en doute s'ils sont doués d’élasticité, et s'ils consistent, comme le croyait Hewson, et comme l'avaientétabli MM. Prevost et Dumas, en un globule renfermé dans un sac membraneux.

Depuis la publication de leur mémoire, ces derniers ont examiné le poumon de la salamandre avec un grossissement de trois cents diamètres, et le spectacle qui s’est offert à leurs yeux peut difficilement être compris du lecteur, même avec le secours du dessin dans lequel ils ont essayé d'en donner une idée (planche 1). Les globules sanguins se meuvent avec une vélocité telle, lorsqu'on commence l’expérience, que l’observateuren éprouve d’abord une espèce de vertige: mais bientôt la circulation se ralentit, les vaisseaux | capillaires n’offrent plus qu’un cours tranquille, et l'on voit les globules se traîner avec effort dans le liquide qui les charrie ; ils rampent dans les petites ramifications vasculaires, s’alongent si l’essace est trop étroit pour eux, et restent souvent sr à dans ces couloirs, jusqu’au moment où les efforts successifs de ceux qui les suivent soient parvenus à Jeur faire franchir l'obstacle. Quelquefois

Mouvement du sang dans le poumon de la salamandre vu au microscope.

Mouvement du sang dans le poumon de la salamandre vu au microscope,

il leur arrive de rencontrer une arête vive de l’espace compacte qui sépare deux vaisseaux ; on croi-

rait voir alors une outre flottante très flexible, qui

vient heurter par son centre de gravité un obstacle quelconque qui s'oppose à son cours. Comme elle, le globule s'arrête et se moule sur le corps qui lui ferme le passage; le courant du liquide continue à le pousser dans le même sens, mais il oscille pendant long-temps, incertain s’il se dirigera dans le vaisseau qui est à sa droite ou dans celui qui se trouve à sa gauche. On le voit souvent rester dans cette situation pendant plusieurs minutes ; et il est probable que son séjour se prolongerait da vantage encore si de nouveaux globules, qui suivent le même chemin, ne faisaient pencher la balance en faveur de l’une ou l’autre des issues. Ces mouvements variés ne peuvent laisser aucun doute sur la vraie conformation des globules du sang : ce sont des sacs, comme ils l'avaient avancé; et, quoique à l'époque où ils avaient écrit leur me sur ce sujet, ils fussent bien éloignés d’avoir à cet égard des preuves aussi décisives que celles-ci, nous voyons avec plaisir qu’il n'y a rien à changer dans les conclusions auxquelles ils avaient été conduits.

Nous sommes donc persuadés maintenant qu'en prenant du sang extrait fraîchement d’un animal quelconque, et l’étendant par couches minces; on peut procéder à des déterminations applicables

Le

à l’état de ce même sang pendant la vie. C'est précisément la méthode employée par MM. Prevost et Dumas ; ils ont décrit dans leur mémoire la manière dont ils ont procédé à la mesure des globules : elle offre quelque difficulté, sans doute ; cependant il est permis d'espérer qu'un long usage du microscope les a mis en mesure de l’exécuter avec une certaine précision. On peut voir dans Haller ses propres tentatives et celles des auteurs qui l'avaient précédé (1). Voici quelques unés de celles que nous connaissons relativement au sang hu-

main.

D. se 2 7 de pouce anglais——- de millimètre.

Id. d’après de nou-

velles expériences ,

qui furent revues et

approuvées par Lee-

Ménhoeck) &2. 505 FN LIN. LOS en du FER sie be MORE. es de. morsndlepiren eee rs plan tds: pilis fai Ducs Mrollaiston. .:. . . . Fate ess ste à AR. 2 de a CRT St pee: Re Mie ts Men Memo 10H if, GRR à LRU Fu, PAU A ss id... es = de ie. nya ti tles

MM. Prevostet Dumas ont constamment trouvé un cent cinquantième de millimètre. [ls ont examiné une vingtaine de sangs sains et une quantité bien plus considérable de sangs malades. Jusqu’à présent il leur à été impossible de percevoir quelque dif-

(1) Élém. physiolog., t, IL, p. 55.

Diamètre

des globules

du

sang humain.

LT E SA 2e

Diamètre

des globules .

du sang humain dans l’état de maladie.

férence due à l’âge, au sexe, ou à l’état morbide; il est probable qu'il en existe, et les dernières recherches de M. Bawer peuvent mettre sur la voie pour la découvrir. Toutes les personnes qui ont eu la curiosité de s’assurer de leurs principaux résultats n'ont pas hésité à donner deux millimètres de diamètre aux globules du sang humain, dans les circonstances où ils les avaient mesurés. L'erreur ne pourrait donc provenir que de la valeur adoptée

pour exprimer le pouvoir amplifiant de leur mi-

croscope. Quant à l'inégalité des particules dans le même sang, ils ne peuvent pas croire qu’elle soit réelle, au moins dans celui qu'on tire des parties du corps très excentriques. Rien n’est plus régulier que le sang humain sous ce point de vue: il faut chercher avec beaucoup de soin pour rencontrer des molécules qui s’écartent du diamètre ordinaire ; et ils ont presque toujours trouvé en définitive qu'une illusion d'optique, une différence dans le foyer, ou une altération mécanique du globule, causaient cette variation.

On voit donc quelaméthode adoptée par MM. Prevostet Dumas nous offre des résultats au moins très comparables, si l’on veut se refuser à les envisager comme absolus. C'est là tout ce que rlaett pour le moment les besoins de la science, et sous ce rapport il est utile de présenter ici le tableau qu'ils ont tracé d’après leurs expériences.

ne

O1 (es ©

Animaux à globules circulaires.

DIAMÈTRE DIAMÈTRE DIAMÈTRE appar. avec un réel en frac. réel en fractions NOM DE L'ANIMAL. . : 500 * tions vulgai- décimales. ois le diamèt. . res,

HE ; . JE mm mm | Callitriche d’Afrique. 2,5 __ 0,00833. Animaux Homme, chien, lapin, qui ont

cochon , hérisson, ca- 2 — 0,00666. les globules biais, muscardin.. . du sang Ane. Qu atle ae ei 6 51-00 1,85 T7 0,00617. circulaires. Chat, souris grise et 5 : 83 blanche , surmulot. . 7 273 0,00583.

Mouton , oreillard , 5 Fe cheval, mulet, bœuf, ÿ 1° 300 000500:

Ghamois, GE ie 1,97 — 0,00456.

Chèvre. » ee + a . + 1 Fr 0,00386.

à % ÿ 4 Animaux à globules alongés.

DIAMÈTRES DIAMÈTRES DIAMÈTRES : appar. avec un réels en frac- réels en fractions NOM DE L'ANIMAL. gros. de 300 tions vulgai- décimales. fois le diamèt. res.

grand. petit. grand. petit. grand. petit.

mm mm mm mm mm mm . . 9 ! ° Orfraie, pigeon. . . . 4,00 2,0 75 155 0:01933 0,00666 Animaux Dinde, canard. . .. 3,84 id. SN HET 2 0,02266 — qui ont Poulet . . ..:... 3,67 — Er No prenais — les globules Daon. .…. . .. ..,,1 3,92 + REA: TT VOS ONE 73 — Oie, chardonneret } :

? = 7 C} — —— — O0 1 RE corbeau , moineau. , 3,47 A 61186 fMesange. . .. . . . 3,00! "4 Ton. | ONU 123 dé Tortue terrestre. . . . 6,15 3,85 25 57 0,0205 0,0128 Vipère. 2.8 6. 0. pe c'e 4,97 9,00 Er Co 0,0165 0,0100 Mirels, 5/4... bo: 4,60: 2e ele 0,0150 0,0866 Couleuvre de Razo- 1 î MOUSLDL: . "1° } 580 00: An id 0:019$ 0,010 bérard Es so... 4,55; 2,71 3 + 0,0191 0,0090 Salamandre ceintu- RUN PONT f5,50 SEP DE D AN 6 MA crète, Li. F “ Crapaud commun, Grenouille commune, ?6,80 4,» = 0,0228 0,0133 Id. à tempes rousses.

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éd

Veines pulmonaires.

F 370 PRÊGIS ÉLÉMENTAIRE

Test à remarquer que MM. Prevostet Dumas sont parvenus à déterminer avec assez de précision la nature de la courbe dans ces derniers, et qu'ils ont pu s'assurer qu’elle devait être rapportée à l’ellipse.

Leurs observations comprennent aussi quelques mollusques et quelques insectes. Ils se proposent de les publier, et ils ont toujours rencontré dans ces classes des globules circulaires, mais quelquefois très irréguliers.

D'ailleurs les résultats que nous venons de pareourir parlent d'eux-mêmes, et montrent que les globules du sang sont très nettement dessinés et circulaires dans les mammiferes , elliptiques au contraire dans les oiseaux et les animaux à sang froid. On voit aussi qu'ils sont aplatis dans tous les animaux, et composés d’un noyau central renfermé

dans un sac membraneux.

Appareil du cours du sang artériel.

Il se compose, 1° des veines pulmonaires , 2° des cavités gauches du cœur, 3° des artères.

P'eines pulmonaires.

Elles naissent, à la manière des veines proprement dites, dans le tissu du poumon, c’est-à-dire qu’elles forment d’abord un nombre infini de radicules qui sont la continuation immédiate de

l'artère pulmonaire. Ces radicules se réunissent pour former des racines plus grosses, puis plus grosses encore; enfin, elles se terminent toutes en quatre vaisseaux, lesquels viennent, après un trajet très court, s'ouvrir dans l'oreillette gauche. Les veines pulmonaires différent des autres veines en ce qu'elles ne s’anastomosent plus entre elles dés qu'elles ont acquis une certaine grosseur : on a vu une disposition analogue dans les divisions de l’artère qui se distribue au poumon. Les veines pulmonaires n'ont point de valvules, et leur strueture est semblable à celle des autres veines ; leur membrane moyenne est cependant un peu plus épaisse,et paraît jouir d’une élasticité plus marquée

Cavités gauches du cœur.

La forme, la grandeur de l’oreillette gauche différent peu de la droite; séulement sa surface est lisse et ne présente aucune colonne charnue, si ce n’est dans l’appendice nommé oricule. Elle communique par une ouverture ovalaire avec le ven tricule gauche, que l'épaisseur plus grande de ses parois, le nombre, le volume et 1a disposition de ses colonnes charnues, distinguent du droit : l’ouveïture par laquelle l'oreillette et le ventricule communiquent est garnie d’une valvule nommée nitrale, très analogue à la tricuspide. Le ventricule donne naissance à l'artère sorte, dont l’orifice pré-

Oreillette et ventricule gauches.

De l’aorte et de 5es di- VISIONS,

Passage

El

27e PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE

sente trois valvules semblables aux sygmoïdes de l'artère pulmonaire.

Des arteres.

L'aorte est au. ventricule gauche ce que l'artère pulmonaire est au ventricule droit, maïs elle en diffère sous plusieurs rapports importants : capacité et son étendue sont de beaucoup “ considérables; presque toutes ses divisions sont considérées comme des artères, et ont reçu des noms particuliers; ses branches s’anastomosent entre elles de diverses manières, plusieurs présentent des flexuosités nombreuses et très prononcées ; elle se distribue à toutes les parties du corps, et affecte dans chacune une disposition particuliere ; enfin, elle se termine en communiquant avec. les veines et les vaisseaux lymphatiques. Du reste, la structure de l'aorte est fort analogue à celle de l'artère pulmonaire, seulement sa membrane moyrane est beaucoup plus épaisse et élastique. Dans presque toute son étendue, l'aorte est accompagnée par des filaments provenants des ganglions du grand sympathique : ces filaments pa-

O raissent se répandre dans ses parois.

Cours du sang artériel dans les veines pulmonaires.

Nous avons fait voir, en traitant du cours du

DE PHYSIOLOGIE. cr

sang dans l'artère pulmonaire, comment ce liquide arrive jusqu'aux dernières divisions de ce vaisseau ; le sang ne s'arrête pas là, il passe dans les radicules des veines pulmonaires, et bientôt parvient jusqu’au tronc de ces veines elles-mêmes ; dans ce trajet, il présente un mouvement graduellement accéléré, à mesure qu’il passe des petites veines dans les plus grosses; du reste son cours n'est point saccadé, et paraît à peu près également rapide dans les quatre veines pulmonaires.

Mais quelle cause détermine la progression du sang dans ces veines ? Celle qui se présente naturellement à l'esprit est la contraction du ventricule droit et le resserrement des parois de l'artère pulmonaire; en effet, après avoir poussé le sang jusqu'aux dernières divisions de l'artère du poumon, on ne voit pas pourquoi ces deux causes ne continueraient pas à le faire mouvoir jusque dans les veines pulmonaires.

Telle était l'opinion d’Harvey qui, le premier, démontra le véritable cours du sang; mais les physiologistes plus modernes l'ont, à ce qu'il paraît, trouvée trop simple; et il est généralement admis aujourd’hui qu'une fois arrivé dans les der-

nières divisions de l'artère pulmonaire et dans les

du sang à traversles ca.

pillaires du poumon.

premières radicules des veines, ou, selon le lan-

gage adopté, dans les capillaires du poumon, le sang ne se meut plus sous l'influence du cœur ,

Passage du sang à

travers les ca-

pillaires

du poumon.

37/4 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE mais bien par l’action propre aux petits vaisseaux qu'il traverse.

Cette idée de l’action des vaisseaux capillaires sur le sang est capitale dans la physiologie actuelle; elle fascine assez l'esprit pour qu’à son aide les phénomènes les plus obscurs et les plus inexplicables paraissent s'expliquer facilement.

Examinons-la donc avec attention; et d’abord, cette action des capillaires a-t-elle été vue par quelques observateurs? tombe-t-elle sous les sens? Non, personne ne l’a jamais vue; on la suppose 1).

Mais admettons pour un instant cette action des capillaires : en quoi la fait-on consister? Est-ce une contraction plus ou moins forte, par laquelle ils chassent le sang qui les remplit? En se resserrant, ils chasseront, je veux le croire, le sang; mais il n’y à aucune raison pour qu'ils le dirigent plutôt du côté des artères que du côté des veines. Ensuite, une fois le petit vaisseau vidé, comment se remplira-t-il de nouveau? Ce ne peut être qu'au-

(1) Cette action des vaisseaux est même directement contraire à l’observation. Dans le poumon des reptiles , à laide d’une simple loupe, on voit le sang passer des artères dans les veines sans jamais apercevoir aucun mouvement des vaisseaux. Cependant le moindre changement de dimension serait très apparent ; il en est de même dans les animaux à sang chaud, où l’on peut voir le sang traverser les capillaires.

tant que le cœur y poussera de nouveau sang, ou bien qu’en se dilatant il attirera le liquide placé dans les vaisseaux voisins : dans cette supposition, il aitirera tout aussi bien celui des veines que ce

des artères. Ainsi, en admettant, ce qui assuré-

ment est une supposition bien gratuite, que les

vaisseaux capillaires se contractent et se ressérrént aliéMnativement, On n'aurait pas encore une explication de la fonction qu'on leur attribue: Pour qu'ils puissent avoir cet usage, il faudrait que chaque capillaire fût disposé d’une manière analogue au cœur ; qu’il fût composé de deux parties, dont l’une se dilaterait tandis que l’autre se contracterait, et qu'entre elles il y eût une valvule

pareille ou analogue à la mitrale; encore, avec

cette disposition, ne pourrait-on pas se rendre raison du cours uniforme qu’a le sang dans ces vaisseaux et dans les veines D étinsiSa ie Il en est de même d’un prétendu mouvement péristaltique que l'on s’est plu à supposer.

De quelque côté qu’on envisage cette action des capillaires, on n’y voit que vague et contradiction ; d’ailleurs, dans les reptiles, où, à l’aide du mi-

croscope, il est facile de voir le sang de l'artère

pulmonaire passer dans les veines, on n’apercoit

aucun mouvement dans le lieu où l'artère se transforme em veine; et cependant le cours dt sang y est trés manifeste et même assez rapide.

Passage du sang à

travers les ça- Ne !

du poumon.

der

Influence de la huitième paire sur le cours du sang dans les poumons.

Concluons donc que l’action des capillaires pul-

‘monaires sur le mouvement du sang dans les veines

pulmonaires est une supposition gratuite, un jeu

d'esprit , en un mot une chimere , et que la véri-

table cause du passage du sang de l'artère dans les veines pulmonaires est la contraction du ventricule droit.

Je suis loin de penser que les petits vaisseaux se prêtent toujours également bien au PES Fer du sang ; nous avons la preuve du contraire à chaque inspiration ou expiration. Quand le poumon est distendu par l'air, le passage est facile; la poitrine est-elle resserrée, le poumon contient-il peu d’air, il devient plus difficile. Il est en outre extrêmement probable qu’ils sont dilatés ou resserrés suivant la quantité de sang qui traverse le poumon, et probablement par plusieurs autres circonstances. J’admets très volontiers que, suivant qu'ils sont distendus ou contractés, ils doivent influencer la marche du liquide qui les traverse; mais il y a loin de les croire susceptibles de modifier le cours du sang, à les considérer comme les seuls agents de son mouvement.

Toutefois la huitième paire paraît avoir une grande influence sur le passage du sang à travers les poumons. Il est très probable qu’elle modifie la disposition des capillaires de ces organes.

Sur les cadavres, lorsqu'on pousse une injection

d'eau dans l'artère pulmonaire, elle passe aussitôt dans les veines; il s’en échappe cependant une partie qui passe dans les cellules bronchiques, où elle se mêle à l’air, et forme avec ce fluide une mousse peu considérable; et si l'injection est répétée un certain nombre de fois, une autre portion s’épanche et s'infiltre dans Je tissu cellulaire

du poumon. | n *. bout d’un certain temps, quand cette infiltration est devenue un peu considérable, il devient impossible de faire passer l'injection dans les veines pulmonaires; des effets analogues arrivent quand, au lieu d’eau, c’est du sang qui est injecté dans l'artère pulmonaire. Ces phénoménes, comme on voit, ont beaucoup d’analogie avec ceux que produit la section de la huitième paire sur les animaux vivants (1). fs C’est en ayant égard à l’extrême étroitesse du

(1) Dans les maladies où il y a altération du tissu pul- Pris

monaire, les pneumonies, les hépatisations grises , etc. , je me

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