partie la plus reculée de la base de la langue , en
sorte que toute communication est interceptée entre la bouche et le pharynx.
(1) Dans les animaux carnassiers, où ce mode de préhension est fréquemment mis en usage, les trois espèces de dents y participent, mais surtout les canines ?
Fluides qui sont versés dans la bouche.
De la salive,
A6 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE Mastication et insalivation des aliments.
Indépendamment de ce que nous venons de dire
sur la bouche, à l’occasion de la préhension des aliments, pour concevoir les usages qu’elle remplit
dans la mastication et l'insalivation, il est utile
de remarquer que des ‘fluides provenants de diverses sources abondent dans la bouche. D’abord la membrane muqueuse qui en tapisse les parois sécrète une mucosité abondante; de nombreux follicules isolés ou agglomérés, qu'on observe à l'intérieur des joues ; à la jonction des lèvres avec les gencives, sur le dos de la langue, à la face antérieure du voile du palais et de la luette, versent continuellement le liquide qu'ils forment à la surface interne de la bouche. Il en.est de même des glandes muqueuses qui existent en grand nombre dans lPépaisseur du palais et des joues. | |
Enfin c'est dans la bouche:qu’est versée la salive sécrétée par six glandes , trois de chaque côte, et qui portent les noms de parotides, de sousmaætillaires, et de sublinguales. Les premières, placées entre l'oreille externe et la mâchoire, ont chacune un canal excréteur qui s'ouvre au niveau de la seconde petite molaire supérieure; chaque glande maxillaire en à un qui se termine sur les
côtés du filet de la langue; près de là s'ouvrent ceux des glandes sublinguales.
Il est probable que ces fluides varient de propriétés physiques et chimiques selon l'organe qui les forme; mais la chimie n’a pas encore pu en établir la distinction d’après des expériences directes : le mélange seul, sous le nom de salive , a été analysé d’une manière exacte (1).
Parmi les substances alimentaires déposées dans Changements
la bouche, les unes ne font que traverser cette cavité, et n’y éprouvent aucun changement ; les autres , au contraire, y font un séjour assez prolongé et y éprouvent plusieurs modifications importantes. Les premières sont les aliments mous ou presque liquides, dont la température s'éloigne peu de celle du corps; les secondes sont les aliments durs, secs , fibreux , et ceux dont la température est plus ou moins éloignée de celle qui est propre à l'économie animale. Les uns et les autres ont cependant ceci de commun, qu’en traversant la bouche ils sont appréciés par les organes du goût.
On peut rapporter à trois modifications principales les changements que les aliments éprouvent dans la bouche : 1° changement de température; 2° mélange avec les fluides qui sont versés dans la bouche, et quelquefois dissolution dans ces fluides;
(1) Voyez Sécrétion de la salive.
que les aliments éprouvent dans la bouche.
Changement de température,
5° pression plus ou moins forte, et tres souvent division, broiement qui détruit la cohésion de leurs parties. En outre, cleggpni facilement et fréquemment transportées d’un point de cette cavité dans un autre. Ces trois modes d’altération ne s’eflectuent pas successivement, mais simultanément et en se favorisant réciproquement.
Le changement de température des aliments retenus dans la bouche est évident; la. sensation qu’ils y excitent pourrait seule en fournir la preuve. S'ils ont une température basse, ils produisent une impression vive de froid, qui.se prolonge jusqu’à ce qu'ils aient absorbé le calorique nécessaire pour approcher de la température des parois de la bouche; le contraire a lieu sileur température est plus élevée que celle de ces parois.
Il en est des jugements que nous portons dati cette occasion, comme de ceux qüi ont rapport à la température des corps qui touchent la peau : nous y méêlons, à notre insu, une comparaison avec la température de l'atmosphère et avec celle des corps qui ont été antérieurement en contact avec la bouche; de manière qu'un corps, conservant le même degré de chaleur, pourra nous pas raître alternativement froid ou chaud, suivant la température des corps avec lesquels la bouche aura été précédemment en rapport.
Le changement de température ag les AU
DE PHYSIOLOGIF. *: 10
éprouvent dans la bouche n’est qu’un phénomène accessoire; leur trituration et leur mélange plus où moins intimes avec les fluides versés dans cette cavité, sont ceux qui méritent une attention particuliere.
Aussitôt qu'un aliment est introduit dans la
bouche , la langue le presse en l’appliquant contre le palais ou contre telle autre partie des parois buccales. Si l'aliment a peu de consistance , si ses parties ont peu de cohésion , cette simple pression suffit pour l’écraser ; la substance alimentaire estelle composée d’une partie liquide et d’une partie solide; par l'effet de cette pression le liquide est exprimé , la partie solide seule reste dans la bouche. La langue détermine d'autant mieux l'effet dont nous parlons, que son tissu est musculaire, et qu’un grand nombre de muscles sont destinés à la faire mouvoir.
On pourrait s'étonner qu’un organe aussi mou que la langue puisse exercer une action assez forte pour écraser un corps même peu résistant; mais, d’une part, elle durcit en se contractant comme tous les muscles, et, en outre, elle présente audessous de la membrane muqueuse qui revêt sa : face supérieure, une couche fibreuse , dense et ppaisse.
Tels sont les phénomènes qui se passent si les aliments ont peu de résistance ; mais s’ils en pré-
% na DAT.
Ve
Pression que la langue exerce sur les aliments.
Organes de la
mastication.
Remarques
sur les dents.
sentent davantage, ils sont alors soumis à l'action des organes masticatoires.
Les agents essentiels de la mastication sont les muscles qui meuvent les mâchoires, la langue, les joues, et les lèvres : les os maxillaires et les dents y servent comme de simples instruments.
Quoique les mouvements des deux mâchoires puissent concourir à la mastication, presque toujours ce sont ceux de l’inférieure qui la produisent. Cet os peut être abaissé , élevé et pressé très fortement contre la mâchoire supérieure , porté en avant , en arrière, et même être dirigé un peu sur les côtés. Ces divers mouvements sont produits par les muscles nombreux qui s’attachent à la màchoire.
Mais les mâchoires n'auraient jamais pu remplir l'usage qui leur est confié dans la mastication, si elles n'avaient été garnies de dents, dont les propriétés physiques sont appropriées particulièrement à cette action digestive.
Quelques remarques sur ces corps sont nécessaires pour l'intelligence de ce qui suit.
Les dents molaires sont celles qui servent.le plus À broyer les aliments; elles sont au nombre de vingt, dix à chaque mâchoire, cinq à droite, ct cinq à gauche. La forme de leur couronne est celle d’un cube irrégulier; la face , par laquelle elles se correspondent est hérissée d’aspérités pyrami-
dales, en nombre variable, selon qu'on les examine dans les molaires antérieures ou petites, ou bien dans les postérieures ou grosses. Ces aspérités sont disposées de façon que celles des dents supérieures s'engrènent aisément entre celles des inférieures , et réciproquement.
À la partie inférieure et au centre de la couronne , il existe une cavité remplie par l'organe qui, dans le jeune âge, a sécrété la dent. La racine est creusée d’un canal que traversent une artère, un filet de nerf, une veine, destinés au bulbe de la dent.
La substance qui forme les dents est d’une dureté excessive, particulièrement la couche extérieure, ou émail (1); et cette disposition était bien nécessaire. D'abord , destinées à écraser des corps dont la résistance est quelquefois très grande, il fallait qu'elles présentassent une dureté proportionnée ; de plus, comme elles exercent cet office pendant toute la durée de la vie, ou à peu prés, il fallait qu’elles ne s’usassent qu'avec beaucoup de lenteur. Sous ce dernier rapport, leur éxtrême dureté était indispensable ; car aucun corps , quelque dur qu'il soit, n'échappe à l’usure causée par des frottements répétés ; à plus forte raison, les
(1) Cette couche est tellement dure, qu'elle fait feu au briquet.
Composition chimique des dents, Arcades dentaires,
Da PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE
corps dont la dureté est moindre, à frottement égal, doivent-ils s'user plus promptement.
La matière qui forme le corps et la racine des dents paraît homogène dans toutes ses parties ; l'émail qui revêt la couronne , au contraire, présente des fibres disposées en général perpendiculairement à la surface de la dent et très adhérentes entre elles. Le phosphate et le carbonate de chaux forment presque entièrement la dent de l’homme: sur 100 parties on en trouve 095 de ces sels ; le surplus est de la matière animale (1). L’émail en est presque entièrement dépourvu : c’est à cette cause qu'on doit attribuer sa blancheur et sa dureté plus grandes.
Nous avons déjà fait voir combien est solide l’articulation des dents avec les mâchoires; les dents molaires, en raison de leur usage, devaient en présenter une plus solide encore : aussi ont-elles plusieurs racines, ou, si elles n'en ont qu'une, elle est plus grosse. Du reste, soit qu’elles soient simples ou multiples, leur forme est conique , et elles sont reçues dans des alvéoles de forme semblable.
(1) Des expériences m'ont appris que la proportion de la matière animale est beaucoup plus grande dans les animaux herbivores, et plus grande encore dans les carnassiers. La quantité proportionnelle de carbonate de chaux est plus grande dans les herbivores que dans les carnassiers et dans l’homme.
DE PHYSIOLOGIE. | 23 Chaque racine représente un coin qui serait enfoncé dans les mâchoires.
L'ensemble des dents propres à chaque mâchoire forme ce qu'on appelle, en anatomie, les arcades dentaires.
La forme de ces arcades est demi-parabolique ; l'inférieure est un peu plus grande que la supérieure ; la face inférieure de celle-ci est un peu inclinée en dehors ytandis que la face supérieure de l'inférieure l’est en dedans. Ces faces présentent , dans la partie formée par les dents molaires, un sillon central, bordé par deux rangées d'éminences. Lorsque les mâchoires sont rapprochées , les dents incisives et canines inférieures sont placées en partie derrière les supérieures ; le bord saillant externe de l’arcade dentaire inférieure s'enfonce dans le sillon de l’arcade supérieure. Dans les circonstances où les incisives se rencontrent par leur bord ; il reste un intervalle entre les molaires.
Pour ajouter à la solidité de Ia jonction des dents avec les mâchoires , la nature les a disposées de façon qu'elles se touchent presque toutes par leurs côtés, qui présentent à cet effet une facette particulière.
Il résulte de cette disposition que quand une dent supporte un effort quelconque , une partie de cet effort est supportée par toute l’arcade dont elle fait partie. ;
Mécanisme de la
mastication.
Ces faits étant connus, l'explication du mécanisme de la mastication ne présente plus de difficulté.
Mécanisme de la mastication.
Pour que la mastication commence, il faut que la mâchoire inférieure s’abaisse , effet qui est produit par le relâchement de ses muscles élévateurs et par la contraction des abaisse rs. Les aliments doivent être ensuite poussés entre les arcades dentaires, soit par la langue, soit par toute autre cause : alors la mâchoire inférieure est élevée par les muscles masséters, ptérygoidiens internes et temporaux , dont l'intensité de contraction est mesurée sur la résistance que présentent les aliments. Ceux-ci, pressés entre deux surfaces inégales, dont les aspérités s'engrènent ; sont divisés en petites portions, dont le nombre esten raison de la facilité avec laquelle ils ont cédé.
Mais un seul mouvement de ce genre n’atteint qu'une partie des aliments contenus dans la bouche, et il faut qu’ils y soient tous également divisés. C'est ce qui arrive par la succession des mouvements de la mâchoire inférieure , et par la contraction des muscles des joues, de ceux de la langue et des lèvres, qui portent successivement et avec promptitude les aliments entre les dents, pendant
DE PHYSIOLOGIE. sh l'écartement des mâchoires, afin qu'ils soient écrasés lorsqu'elles se rapprocheront.
Quand les substances alimentaires sont molles et faciles à écraser, deux ou trois mouvéments de mastication suffisent pour diviser tout ce qui est contenu dans la bouche ; les trois espèces de dents y prennent part. Îl faut une mastication plus prolongée quand les substances sont résistantes , fibreuses, coriaces : dans ce cas, on ne mâche
qu'avec les dents molaires , et souvent que d'un
seul côté à la fois $ ‘comme pour permettre à l’autre de se reposer. En employant les dents molaires , on a l'avantage de raccourcir le bras de levier que représente la mâchoire, et de le rendre ainsi moins désavantageux pour la puissance qui le fait mouvoir. hé
Dans la mastication , les dents ont à supporter des efforts quelquefois très considérables, qui les auraient inévitablement ébranlées ou même déplacées sans l'extrême solidité de leur articulation avec les mâchoires. Chaque racine agit comme un coin , et transmet aux parois des alvéoles la force avec laquelle elle est pressée.
L'avantage de la forme conique des racines n’est point douteux. En raison de cette forme , la force qui presse la dent, et qui tend à l’enfoncer dans la mâchoire , est décomposée; une partie fait effort pour écarter les parois alvéolaires , l’autre pour
Mastication des aliments.
Transmission aux mâchoires des efforts que supportent les dents.
Usage du voile du palais dans la mastication.
56 PRÉCGIS ÉLÉMENTAIRE
les abaisser ; et la transmission , au lieu de se faire à l'extrémité de la racine, ce qui n'aurait pas manqué d’arriver si elle eût été cylindrique, se fait sur toute la surface de l’alvéole. Les dents molaires , qui avaient des efforts plus considérables à soutenir, ont plusieurs racines , ou au moins une racine très grosse. Les dents incisives et canines, qui n’ont qu'une seule racine assez grêle, n’ont jamais de pression très forte à supporter.
Si les gencives n'avaient point offert une surface lisse et un tissu dense, placées comme elles le sont autour du collet des dents, et remplissant leurs intervalles , à chaque instant elles auraient été déchirées ; car, dans la mastication des substances dures et de forme irrégulière , elles sont à tout moment exposées à être pressées fortement par les bords et les angles de ces substances. Cet inconvénient survient en effet chaque fois que leur tissu se ramollit, comme on ie voit dans les affections scorbutiques.
Pendant tout le temps que dure la mastication , la bouche est close en arrière par le voile du palais, dont la face antérieure est appliquée contre la base de la langue ; en avant, les aliments sont retenus par les dents et les lèvres.
Insalivation des aliments.
Lorsqu'on éprouve l'appétit, la vue des aliments
DE PHYSIOLOGIE. 27 détermine un afflux plus considérable de salive dans la bouche ; chez quelques personnes il est assez fort pour que la salive soit lancée à plusieurs pieds de distance. J'ai actuellement sous les yeux un exemple de ce genre. La présence desaliments dans la bouche entretient, excite encore cette abondante sécrétion.
Tandis que les aliments sont broyés et triturés par les organes masticateurs , ils sont imbibés, pénétrés de toutes parts par les fluides qui sont continuellement versés dans la bouche, et particulièrement par la salive. On conçoit que la division des aliments et les nombreux déplacements qu'ils éprouvent durant la mastication , favorisent singulièrement leur mélange avec les sucs salivaires et muqueux. À leur tour, ces sucs facilitent la mastication en ramollissant les aliments. au
La plupart des substances alimentaires soumises à l’action de la bouche se dissolvent ou se suspendent , en tout ou en partie, dans la salive; et dès ce moment elles deviennent propres à être introduites dans l'estomac, et ne tardent pas à être avalées.
À raison de sa viscosité, la salive absorbe de l'air, avec lequel elle est en quelque manière battue dans les divers mouvements qu'exige la mastication ; mais la quantité d’air absorbé dans cette circonstance est peu Sonsiiérible et a été en général exagérée.
{nsalivation
des aliments.
Utilité de a De quelle utilité est la trituration des aliments
dde ä jt mélange avec la Fee » Est-ce une simple
desaliments. division ou un mélange qui les rendra plus propres aux altérations qu’ils doivent subir dans l'estomac, ou bien éprouvent-ils dans la bouche un premier degré d’animalisation? On ne sait rien de positif sur ce point, mais la première supposition paraît la plus vraisemblable.
Remarquons que la mastication et l’insalivation changent la saveur et l'odeur des aliments ; qu’une mastication suffisamment prolongée rend, en général, la digestion plus prompte et plus facile ; qu'au contraire, les personnes qui ne mâchent point leurs aliments ont souvent, par cette seule cause, des digestions lentes et peé-
nibles.
De quelle Nous sommes avertis que la mastication et manière On y». % à , ÿ
reconnait l'insalivation sont poussées assez loin, par le de-
De | makicaton gré de résistance que présentent les aliments et la et Je e e 2 ës
Pinlivarson Saveur qu'ils excitent ; d’ailleurs les parois de la
pue bouche étant douées du tact, et la langue d’un
véritable toucher, peuvent très bien apprécier
les changements physiques qui surviennent aux aliments. |
Quelques auteurs attribuent cet usage à la
luette (1); je doute que leur opinion soit fondée.
(1) C’est, disent-ils, une sentinelle vigilante, qui juge de l'instant où le bol alimentaire peut être avalé sans incon-
DE PHYSIOLOGIE. 59 car la luette, par sa situation, n’a aucun rapport avec les aliments pendant la mastication. J'ai observé plusieurs fois des personnes qui avaient perdu entièrement la luette, soit par un ulcère vénérien , soit par une excision, et je n'ai jamais remarqué que leur mastication éprouvât le moindre dérangement, ni qu’elles avalassent hors de propos. #8
De la déglutition des aliments.
On entend par déglutition le passage d’une substance solide , liquide ou gazeuse, de la bouche dans l'estomac. La déglutition des aliments s0lides est la seule qui doive nous occuper en ce moment. dj
Fort simple en apparence, la déglutition est cependant la plus compliquée de toutes les actions musculaires qui servent à la digestion. Elle est produite par la contraction d’un grand nombre de muscles , et exige le concours de plusieurs organes importants. ci Tous les muscles de la langue , ceux du voile du palais, du pharynx , du larynx , et la couche musculaire de l’œsophage, prennent part à la déglutition. On doit en avoirune connaissance exacte vénient; elle tient en éveil les organes de la déglutition et
l’estomac, qui, selon l’impression qu’il en à reçue, se dispose à les bien recevoir ou à les rejeter.
Déglutition.
Appareil de la déglutition.
Du voile du palais.
et détaillée , si l’on veut se faire une juste idée de cet acte. La nature de cet ouvrage ne nous permet
pas d'exposer des détails anatomiques de ce genre;
nous nous contenterons de présenter quelques observations sur le voile du palais, le pharynx, et l’œsophage.
Le voile du palais est une sorte de soupape attachée au bord postérieur de la voûte palatine ;. sa forme est à peu près quadrilatère ; son bord, libre ou inférieur, se prolonge en pointe, et forme la luette. Semblable aux autres valvules du canal intestinal, le voile du palais est essentiellement formé par une duplicature de la membrane muqueuse digestive ; il entre dans sa composition beaucoup de follicules muqueux, surtout à la luette. Huit muscles le meuvent : les deux ptérygoïdiens internes l'élèvent; les deux ptérygoïdiens externes le tendent transversalement ; les deux pharyngo-staphylins et les deux glosso-staphylins le portent en bas. Ces quatre derniers s’aperçoivent au fond de la gorge, où ils soulèvent la membrane muqueuse, et forment les piliers du voile du palais, entre lesquels sont situées les tonsilles ou amygdales, amas de follicules muqueux. L’ouverture comprise entre Ja base de la langue en. bas, le voile du palais en haut, et les piliers latéralemert, s'appelle tsthme du gosier. | |
Au moyen de cet appareil musculaire, le voile
du palais peut éprouver plusieurs changements dé position. Dans l'état le plus ordinaire, il est placé
verticalement, l’une de ses faces est antérieure
et l’autre postérieure ; dans certains cas, il devient horizontal : il a alors une face supérieure et une
inférieure, et son bord libre correspond à la con-
cavité du pharynx. Cette dernière position est déterminée par la contraction des muscles élévateurs. |
Bichat dit que l'élévation du voile peut aller au point qu'il s’applique contre l'ouverture des narines postérieures : ce mouvement paraît impossible ; aucun muscle n’est disposé de manière à pouvoir le produire, et la disposition des piliers s'y oppose évidemment. L’abaissement du voile se fait par la contraction des muscles qui forment les piliers. Nous avons déjà dit que ces mouvements n'étaient pas, chez le plus grand nombre des individus, soumis à la volonté. |
Le pharynz est une cavité dans laquelle vien s'ouvrir les fosses nasales, les trompes d’Eu ache, la bouche, le larynx et l'œsophage, et qui remplit des fonctions importantes dans la production de la voix, dans la respiration, l’audition et la di-
gestion.
Le pharynx s'étend, de haut en bas, depuis l'apophyse basilaire de l’occipital, à laquelle il s’attache, jusqu'au niveau de la partie moyenne du
Du pharynx,
Le
lPœsophage.
cou. Ses dimensions transversales sont déterminées par l'os hyoïde, le larynx et l’aponévrose ptérygo-maxillaire, où il est fixé. La membrane muqueuse, qui le revêt intérieurement, est remarquable par le développement de ses veines, qui forment un réseau très apparent. Autour de cette membrane est la couche musculeuse, dont les fibres circulaires forment les trois muscles constricteurs du pharynx, et dont les fibres longitudinales sont représentées par les muscles stylo-pharyngiens et pharyngo-staphylins. Les contractions que présentent ces différents muscles ne sont pas, en général , soumises à la volonté.
L'œsophage fait suite immédiate au pharynx.
et se prolonge jusqu’à l'estomac , où il se termine. Sa forme est cylindrique ; il est uni aux parties environnantes par du tissu cellulaire lâche et extensible, qui se prête à sa dilatation et à ses mouvements. Pour pénétrer dans l’abdomen, l’æsophage passe entre les piliers du diaphragme, avec lesquels il est intimement uni.
La membrane muqueuse de. lo phése est.
blanche, mince et lisse ; elle forme des plis longitudinaux, propres à favoriser la dilatation du canal. En haut, elle se confond avec celle du pharynx. M. le docteur Rullier a dernièrement rappelé à l'attention des anatomistes qu’en bas elle forme plusieurs dentelures, terminées par
QC
DE PHYSIOLOGIE. | :16 un bord frangé, libre dans la cavité de l’estomac (1).
On rencontre dans son épaisseur un assez grand nombre de follicules muqueux, et l’on aperçoit à sa surface l’orifice de plusieurs canaux excréteurs de glandes muqueuses.
La couche musculeuse de l'œsophage est assez épaisse , son tissu est plus dense que celui du pharynx ; les fibres longitudinales sont les plus externes et les moins nombreuses ; les circulaires sont placées à l’intérieur, et sont très multipliées. *
Autour de la portion pectorale et inférieure de l'æœsophage , les deux nerfs de la huitième paire forment un plexus qui embrasse le canal et y envoie beaucoup de filets.
La contraction de l’œsophage se fait sans la participation de la volonté ; mais elle est susceptible d'acquérir une grande énergie.
Mécanisme de la déglutition.
Pour en faciliter l'étude , divisons la déglutition piision
en trois temps. Dans le premier, les aliments pas- dci
(1) Il y a entre la muqueuse de l’œsophage et celle de l'estomac, chez l’homme, une différence aussi frappante : que celle qui existe pour cette même membrane, entre la moitié splénique et la moitié pylorique de l’estomac du cheval.
en trois temps.
Premier temps de la déglutition,
sent de la bouche dans le pharynx; dans le second, ils franchissent l'ouverture de la glotte, celle des fosses nasales, et arrivent jusqu'à l'œsophage ; dans le troisième , ils parcourent ce conduit et pénétrent dans l'estomac (1).
Supposons le cas le plus ordinaire, celui où nous avalons en plusieurs fois les aliments qui sont dans la bouche, et à mesure que la mastication s'effectue.
Aussitôt qu'il y a une certaine quantité d’aliments suffisamment mâchés, ils sont, par l'effet même des mouvements de mastication, placés en partie sur la face supérieure de la langue, sans qu'il soit nécessaire, comme quelques uns le croient, que la pointe de cet organe parcoure les différents recoins de la bouche pour les rassembler. Alors la mastication s'arrête ; la langue est élevée et appliquée à la voûte du palais, successivement de la pointe vers la base. La portion d’aliments placée sur sa face supérieure, ou le bol alimentaire, n'ayant pas d’autre voie pour échapper à la force qui le presse, est dirigé vers le pharynx ; il rencontre bientôt le voile du palais appliqué sur la base de la langue, et en détermine l'ascension ; le voile devient horizontal, de manière à faire suite au palais. La langue, continuant
(1) Voyez, pour la division de la desittré os par temps, ma Thèse soutenue à l’École de Médecine de Paris, en 1808.
de presser les aliments, les porterait vers les fosses nasales, si le voile ne s’y opposait par la tension qu'il reçoit des muscles péristaphylins externes, et surtout par la contraction de ses pi- liers : il devient ainsi capable de résister à l’action de la langue, et de contribuer à diriger les aliments vers le pharynx.
Les muscles qui déterminent plus particulièrement l’application de la langue à la voûte palatine et au voile du palais, sont les muscles propres de l'organe , aidés par les milo-hyoïdiens.
Ici se termine le premier temps de la déglutition. Les mouvements y sont volontaires, à l’exception de ceux du voile du palais. Les phénomènes y arrivent successivement et avec peu de promptitude ; ils sont en petit nombre et faciles à saisir.»
I n'en est pas de même du second temps : là, les phénomènes sont simultanés, multipliés, et se produisent avec une promptitude telle que Boërrhaave les considérait comme une sorte de convulsion.
L'espace que le bol alimentaire doit parcourir dans ce second temps est très court, car il doit seulement passer de la partie moyenne du pharynx à sa partie inférieure; mais il devait éviter l'ouverture de la glotte et celle des fosses nasales , où sa présence serait nuisible. En outre , son pas-