‹ Précis élémentaire de physiologie (volume 5)Chapitre 5 sur 64 · DA D · texte numérisé non relu

DA D

Second temps de la déglutition.

Second temps de la déglutition.

sage devait être assez prompt pour que la libre communication entre le larynx et l'air extérieur ne fût que momentanément interrompue.

Voyons comment la nature est parvenue à ce résultat important.

Le bol alimentaire n’a pas plus tôt touché le pharynx , que tout entre en mouvement. D'abord le pharynx se contracte, embrasse et serre le bol ; le voile du palais, tiré en bas par ses piliers, agit de même. D'un autre côté, et toujours dans le même instant, la base de la langue , l'os hyoïde, le larynx, sont élevés et portés en avant, et vont à la rencontre du bol, afin de rendre plus rapide son passage sur l'ouverture de la glotte. En même temps que l'os hyoiïde et le larynx s'élèvent, ils se rapprochent l’un de l'autre, c’est-à-dire que le bord supérieur du cartilage thyroïde s'engage dermère le corps de l’os hyoïde ; la glande épiglottique est poussée en arrière ; l’épiglotte s’abaisse, s'incline en arrière et en bas, de manière à couvrir l'entrée du larynx. Le cartilage cricoïde fait un mouvement de rotation sur les cornes inférieures du thyroïde, d’où il résulte que l'entrée du larynx devient oblique de haut en bas, et d'avant en arrière. Le boi glisse à sa surface, êt, toujours pressé par la contraction du pharynx et du voile du palais, il parvient à l'œsophäge.

H n'y a pas encore long-temps que l’on conside-

DE PHYSIOLOGIE. 67 rait la position que prend dans ce cas l’épiglotte comme le seul obstacle qui s’opposât à l'entrée des aliments dans le larynx au moment de la déglutition; mais j'ai fait voir, par une série d’expériences, que cette cause ne devait être considérée que comme accessoire. On peut en effet enlever en totalité l’'épiglotte à un animal, et la déglutition n'en souffre aucun dommage.

Quelle est done la raison pour laquelle aucune parcelle d’aliment ne s’introduit dans le larynx au moment où l’on avale? La voici : dans l'instant où le larynx s'élève et s'engage derrière l'os hyoïde, la glotte se ferme avec la plus grande exactitude (1). Ce mouvement est produit par les mêmes muscles qui resserrent la glotte dans la production de la voix ; en sorte que si l’on coupe à un animal les nerfs laryngés et récurrents, en lui laissant l’épi-

glotte intacte, on rend sa déglutition très difficile,

parcequ'on a éloigné la cause principale qui s’oppose à l'introduction des aliments dans la glotte.

Immédiatement après que le bol alimentaire a franchi la glotte, le larynx descend, l’épiglotte se relève, et la glotte s'ouvre pour donner passage à l'air (2).

(1) Voyez mon Mémoire sur l’épiglotte, lu à l’Institut ; Paris, 1814.

(2) J’ai deux observations d'individus qui manquaient entièrement d’épiglotte, et chez qui la déglutition se faisait

Second temps de la déglutition.

Troisième temps de la déglutition,

D'après ce qui vient d’être dit, il est facile de

concevoir pourquoi les aliménts avalés arrivent à

l’œsophage sans pénétrer dans aucune des ouvertures qui aboutissent au pharynx. Le voile du palais, qu'embrasse en se contractant le pharynx ;, protège les narines postérieures et les orifices des trompes d’Eustache ; l'épiglotte , et surtout le mouvement par lequel la glotte se ferme, garantit le larynx. |

Ainsi s’accomplit le deuxième temps de la déelutition, par l'effet duquel le bol alimentaire parcourt le pharynx et s'engage dans la partie supérieure de l’œsophage. Tous les phénomènes qui y coopérent se passent simultanément et avec une grande promptitude : ils ne sont pas soumis à la volonté ; ils diffèrent donc, sous plusieurs rapports, des phénomènes qui appartiennent au premier temps.

Le troisième temps de la déglutition est celui qui a été étudié avec le moins de soin, probablement à cause de la situation de l’œsophage, qui n’est facile à observer que dans sa portion cervicale.

sans aucune difficulté. Si dans les phthisies laryngées, avec destruction de l’épiglotte, la déglutition est laborieuse et imparfaite, c’est que les cartilages arythénoïdes sont cariés, et les bords de la glotte ulcérés, au point de ne plus pouvoir

fermer exactement l'ouverture de la glotte.

Les phénomènes qui s’y rapportent n’ont rien de compliqué. En se contractant, le pharynx pousse le bol alimentaire dans l’œsophage avec assez de force pour dilater convenablement la partie supérieure de cet organe. Bientôt ses fibres circulaires supérieures , excitées par la présence du bol, se contractent , et poussent l'aliment vers l'estomac, en détruisant la distension de celles qui sont plus inférieures. Celles-ci se contractent à leur tour , et la même chose se répète jusqu’à ce que le bol parvienne à l'estomac.

Dans les deux tiers supérieurs de l’œsophage , le relâchement des fibres circulaires suit immédiatement la contraction par laquelle elles ont déplacé le bol alimentaire. Il n’en est pas de même pour le tiers inférieur ; celui- ci reste quelques instants contracté après. l'introduction de l’aliment dans l'estomac.

On s’abuserait si l’on croyait rapide la marche du bol alimentaire dans l’œsophage ; j'ai été frappé, dans mes expériences , de la lenteur de sa progression. Quelquefois il met deux ou trois minutes avant d'arriver dans l'estomac ; d’autres fois il s’arrête à diverses reprises , et fait un séjour assez long à chaque station. Je l’ai vu, dans d’autres circonstances, remonter de l’extrémité inférieure de l’œsophage vers le col, pour redescendre ensuite. Lorsqu'un obstacle s'oppose à son entrée dans

Troisième temps de la déglutition.

La mucosité favorise la déglutition.

l'estomac, ce mouvement se répète un grand nombre de fois avant que l'aliment soit rejeté par la bouche. N’est-il pas arrivé à tout le monde de sentir distinctement les aliments s'arrêter dans l'œsophage, et d’être obligé de boire pour les faire descendre dans l'estomac? |

Quand te bol alimentaire est très volumineux . sa progression est encore plus lente et plus difficile. Elle est accompagnée d’une douleur vive, produite par la distension des filets nerveux qui entourent la portion pectorale du canal. Quelquefois Île bol s'arrête et peut donner lieu à des accidents graves.

M. le professeur Hallé a observé sur une femme atteinte d’une maladie qui permettait de voir l’intérieur de l’estomac , que l’arrivée d’une portion. d'aliment dans ce viscère était immédiatement suivie de la formation d’une’ sorte de bourrelet à l’orifice cardiaque. Ce bourrelet était produit par le déplacement de la membrane muqueuse de l'æœsophage, que poussait dans l’estomac la contraction des fibres circulaires de ce conduit.

Toute l'étendue de la surface muqueuse que le bol alimentaire doit parcourir dans les trois temps de la déglutition , est lubrifiée par une mucosité abondante. Chemin faisanr le bol presse plus ou moins les follicules qu'il rencontre sur sa route; il les vide du fluide qu'ils pouvaient contenir, et glisse d'autant plus facilement sur la membrane mu-

DE PHYSIOLOGIE. 7h queuse. Remarquons qu'aux endroits où le bol doit passer rapidement et être pressé avec plus de force , les organes sécréteurs de la mucosité sont beaucoup plus abondants. Par exemple ,; dans l’étroit espace où le second temps de la déglutition à lieu, on trouve les tonsilles, les papilles fongueuses de la langue , les follicules du voile du palais et de la lunette, ceux de l’épiglotte , et les glandes arythénoïdes. Dans ce cas, la salive et la mucosité remplissent des usages analogues à ceux de la synoOvie.

Le mécanisme par lequel nous avalons les autres bouchées d'aliments ne diffère point de celui que nous venons d'exposer.

Rien de plus aisé que d'exécuter la déglutition, et cependant presque tous les actes qui la composent sont hors de l'influence de la volonté et du domaine de l'instinct. Îl nous est impossible de faire à vide un mouvement de déglutition. Si la substance contenue dans la bouche n'est pas suffisamnent mâchée, si elle n’a point la forme, la consistance et les dimensions du bol alimentaire , et si l'on n'a point fait les mouvements de mastica= tion qui précèdent immédiatement la déglutition. quelque effort que nous fassions , il nous sera souvent impossible de l’avaler. Combien ne rencontret-on pas de personnes qui ne peuvent avaler une pilule ou un bol médicamenteux, et qui sont obli-

de la volonté sur la déglutition.

Influence de la volonté sur la déglutition.

De l’abdomen.

gées de recourir à divers moyens pour parvenir à

les introduire dans l’æœsophage ?

Pour prendre une idée de la part que peut avoir la volonté dans la déglutition, on peut faire sur soi-même l'expérience suivante. Cherchez à exécuter de suite cinq ou six mouvements de déglutition . dans lesquels on avalera la salive contenue dans la bouche : le premier et même le second se feront facilement ; le troisième sera plus difficile , earil ne restera que très peu de salive à avaler ; le quatrième ne pourra être exécuté qu’au bout d’un certain temps, quand il sera arrivé de nouvelle salive dans la bouche ; enfin le cinquième et le sixième seront impossibles, parcequ'’il n’y aura point de salive à avaler. On peut se rappeler d’ailleurs combien la déglutition est difficile toutes les fois que la bouche et le pharynx sont peu ou point humectés.

De l'abdomen.

Les actions digestives qui nous restent à examiner se passent dans la cavité de l'abdomen, dont la disposition mérite d’être étudiée avec attention.

L’abdomen est la plus spacieuse des cavités du corps , et elle peut, plus qu'aucune autre, augmenter ses dimensions. Elle loge un grand nombre d'organes destinés à des fonctions importantes,

DE PHYSIOLOGIE. 75 elles que la génération , la digestion, la sécrétion de l'urine, etc. Ses parois sont en grande partie musculaires, et ont une action très marquée sur les organes qu'elle contient.

La forme de la cavité abdominale est irrégulierement ovoide. À cause de ses dimensions considérables , et afin de donner de la précision au lan-

gage, on la partage en plusieurs régions, qui ont.

recu chacune un nom particulier.

Pour comprendre cette division purement artificielle , il faut supposer deux plans horizontaux , dont l’un couperait l'abdomen au niveau de la crête des os des îles, et l’autre à la hauteur du rebord des fausses côtes. La partie de l’abdomen placée audessous du premier plan se nomme région hypogastrique , celle qui se trouve au-dessus du second est appelée région épigastrique, et celle qui est comprise entre les deux plans se nomme la région ombilicale.

Supposons maintenant deux autres plans qui, au lieu d’être horizontaux , comme les premiers , seraient verticaux, et qui, partant des deux côtés

de la tête , viendraient tomber vers les épines an,

térieures et inférieures des os des îles, en partageant l'abdomen d’avant en arrière: il est clair que chacune des trois régions abdominales dont nous venons de parler se trouverait partagée en trois compartiments de dimensions à peu près

Divisions de l'abdomen.

Épigastre.

Hypochondres.

Ombilic.

Flancs.

Hypogastre.

Régions iliaques.

Parois abdominales,

égales , dont un serait moyen, et les deux autres latéraux. On est convenu de désigner ces subdivisions par les noms suivants. On nomme épigastre la partie moyenne de la région épigastrique, et hypochondres ses parties latérales ; on appelle ombilic la partie moyenne de la région ombilicale , et flancs les divisions latérales; enfin, on donne le nom d’hypogastre à la division moyenne de là région hypogastrique, tandis qu'on appelle ses côtés régions tlaques.

Au moyen de ces divisions artificielles, on peut fixer avec exactitude la position et les rapports respectifs des organes contenus dans l'abdomen ; et ce résultat, utile en physiologie, l’est bien davantage en médecine.

En haut, l'abdomen est séparé de la poitrine par le diaphragme, muscle disposé en forme de voûte, et dont la contraction a une influence tres grande sur la position et même sur l’action des organes contenus dans labdomen. La circonférence du diaphragme est attachée au rebord des fausses côtes et à la colonne vertébrale. Dans l'état de relâchement, son centre s'élève jusqu'au niveau de la sixième ou septième vraie côte : il en résulte que, dans l'instant où ce muscle se contracte avec énergie, il peut opérer une diminution très considérable de la cavité abdominale, comprimer tous les organes qu'elle contient, et

DE PHYSIOLOGIE. ui distendre les parties molles qui en forment ailleurs les parois.

La partie inférieure de l’abdomen est formée par le bassin, dont les os immobiles supportent le poids d’une partie des viscères, servent d'insertion aux muscles, et ne se prêtent que dans des circonstances extrêmement rares à des variations de capacité de l’abdomen. [1 faut remarquer que l’espace compris entre le coceyx, les tubérosités de l’ischion et l’arcade du pubis, n'est rempli que par des parties molles, et particulièrement par les muscles ischio - coccygiens, releveur de l'anus , et sphincter externe. |

En avant et latéralement, les parois abdominales sont formées par les muscles abdominaux. Ces muscles, que nous avons déjà vus concourir puissamment aux diverses attitudes et aux mouvements du tronc, ont aussi une action efficace dans la digestion , la génération , ete.

: Parmi ces muscles, ceux qui sont larges et situés sur les côtés sont destinés à resserrer l’abdomen et à comprimer les viscères qui y sont renfermés.

-Les muscles longs, situés antérieurement, sont le plus souvent les antagonistes des premiers. Ils résistent à leur action, et peuvent, dans certains cas, augmenter les dimensions de l'abdomen et diminuer la pression que supportent les visceres.

Parois abdominales,

Parois abdominales,

De l'estomac.

Depuis l’appendice sternal jusqu’au pubis, ïl existe un cordon fibreux, formé par l’entre-croisement des aponévroses des muscles abdominaux : cest la ligne blanche des anatomistes ; ses usages seront exposés ailleurs.

Le plus souvent, les muscles qui entrent dans la composition des parois abdominales sont dirigés par la volonté ; mais il y a aussi des circonstances où ils entrent instinctivement en contraction , et alors ils ont une énergie supérieure à celle qu'ils développent dans les cas ordinaires.

Action de l'estomac sur les aliments.

Jusqu'ici nous n'avons vu que des actions physiques de la part des organes digestifs sur les aliments ; maintenant ce sont des altérations chiniques qui s'offriront presque toujours à notre examen.

Dans l'estomac, les aliments sont transformés en une matière propre aux animaux, qui est le chyme ; mais, avant de traiter des phénomènes que présente sa formation, disons quelques mots de l'estomac lui-même.

De l'estomac.

L'estomac est intermédiaire à l’œsophage et au duodénum; il occupe, dans l'abdomen, l'épigastre et une partie de l’hypochondre gauche ; sa

DE PHYSIOLOGIE. Lg,

forme, quoique variable , est en général celle d’un conoide recourbé sur lui-même. La moitié gauche de l'estomac a toujours des dimensions beaucoup plus grandes que la moitié droite; et comme la part que prennent ces deux moitiés dans la formation du chyme est différente, je crois utile de nommer l’une la partie splénique , parcequ'elle est appuyée sur la rate, et l’autre partie pylorique, parcequ'elle correspond au pylore. Ces deux parties sont le plus souvent séparées l’une de l’autre par un rétrécissement particulier.

L'estomac étant destiné à laisser accumuler les aliments dans sa cavité, il est évident que ses dimensions, sa situation dans l'abdomen, et ses rapports avec les organes voisins, doivent éprouver de grandes variations.

Cet organe à deux orifices : l’un correspond à l’'œsophage ; c’est l’ortfice cardiaque ou æsophagien : l’autre communique avec l'intestin grêle ; il se nomme orifice intestinal, ou pylore.

Les trois membranes ou tuniques qui composent l'estomac présentent les dispositions les plus favorables aux variations de volume de l'organe La plus extérieure, ou la péritonéale , est formée de deux lames peu adhérentes au viscère , qui se prolongent sans s'unir le long de ses bords, où elles forment les épiploons, dont l'étendue est

Orifices de estomac,

Structure de l'estomac,

Valvule

pylorique.

Muscle

pylorique.

par conséquent en raison inverse -du volume de l'estomac.

La membrane muqueuse de l'estomac est d’un rouge blanchâtre et marbré ; elle présente un

‘grand nombre de plis irréguliers , situés particu-

lièrement le long des bords inférieurs et supé-

rieurs de l'organe; on en voit aussi à son extré-

mité splénique : ils sont d’autant plus nombreux et marqués, que l'estomac est plus resserré sur lui-même.

Aucune partie de la membrane muqueuse digestive ne présente des villosités aussi abondantes ei aussi fines que celle de l'estomac. Elle est habituellement recouverte , surtout dans la partie splénique, d’une mucosité adhérente à sa surface. On rencontre beaucoup de follicules dans son épaisseur; mais il est important de remarquer qu'ils sont très abondants dans la portion pylorique ; on en voit un certain nombre au voisinage de l’orifice cardiaque, ils sont très,rares dans le reste de la membrane.

Au pylore, la membrane muqueuse forme un repli circulaire, nommé valvule pylorique. Entre ses deux lames, on trouve un tissu assez dense, fibreux , désigné par quelques auteurs par le nom de muscle pylorique.

Quant à la couche musculaire de l'estomac, elle est très mince. Ses fibres circulaires et lon-

gitudinales sont écartées les unes des autres, surtout dans la partie splénique. Cet écartement

augmente ou diminue avec le volume de l’es-

tomac.

Il est peu d'organes qui reçoivent autant de sang que l'estomac; quatre artères, dont trois considérables, y sont presque exclusivement destinées. Ses nerfs ne sont pas moins nombreux ; ils se composent des deux huitièmes paires , et d'un grand nombre de filets provenants du plexus soléaire du grand sympathique.

Accumulation des aliments dans l’estomac.

rs

Avant d'exposer les changements que les aliments éprouvent dans l'estomac, il est nécessaire de connaître les phénomènes de leur accumulation dans ce viscère, ainsi que les effets locaux et généraux qui en résultent. |

Les premières bouchées d'aliments avalées se logent facilement dans l'estomac. Cet organe est peu comprimé par les viscères environnants ; ses parois s'écartent aisément, et cèdent à la force qui pousse le bol alimentaire : mais, à mesure que de nouvelles portions d’aliments arrivent, sa distension devient plus difficile, car elle doit être accompagnée du refoulement des viscères abdominaux et de l'extension des parois abdominales. est surtout vers l'extrémité droite et la partie

Vaisseaux et nerfs de l'estomac.

Phénomènes de l’accurnulation des aliments dans l'estomac.

Accumulation des aliments dans lestomac.

S0 PRÉCIS ÉLÉMENTAIRE moyenne que se fait l'accumulation : la moitié prlones s'y prête plus difficilement.

En même temps que l'estomac se laisse dis-

re. sa forme, ses rapports, sa position même,

subissent des modifications. Au lieu d’être aplati sur ses faces, de n occuper que l’épigastre et une partie de l’hypochondre gauche, il prend une forme arrondie ; son grand cul-de-sac s'enfonce dans cet hypochondre, et le remplit presque en totalité ; la grande courbure descend vers l’ombilic, surtout du côté gauche; le pylore seul, fixé par un repli du péritoine, conserve sa position et ses rapports avec les parties environnantes.

À cause de la résistance qu'offre en arrière la colonne vertébrale , la face postérieure de l’estomac ne peut se dilater de ce côté : il en résulte que ce viscère, en totalité, est porté en avant; et comme le pylore et l'œsophage ne peuvent être déplacés dans ce sens, il fait un mouvement de rotation, par lequel sa grande courbure est dirigée un peu en avant; sa face postérieure s'incline en bas, et la supérieure en haut.

Tout en éprouvant ces changements de rapports et de position, il conserve cependant la forme conoïde recourbée qui lui est propre. Get effet dépend de la manière dont les trois tuniques contribuent à sa dilatation. Les deux lames de la séreuse s’écartent et font place à l'estomac. La

DE PHYSIOLOGIE. ke 1

musculeuse éprouve une véritable distension ; ses . ee \ à! * fibres s’alongent, mais de manière à conserver la NU

forme particulière à l’estomac. Enfin, la me = brane muqueuse cède , surtout dans les pointsoù les rides sont multipliéess On se rappelle que celles-ci se rencontrent particulièrement le long de la grande courbure, ainsi qu’à l'extrémité splénique. | 3 La seule dilatation de l'estomac produit dans Changel'abdomen des changements importants. Le vo- 2 dus

| nn l’abd lume total de cette cavité augmente ; le ventre ue

distension de

devient saillant ; les viscères abdominaux sont "Féiomac,

comprimés avec plus de force; souvent le besoin de rendre l’urine ou les matières fécales se fait sentir. Le diaphragme est refoulé vers la poitrine. il s'abaisse avec quelque difficulté; de là plus de gêne dans les mouvements de la respiration et dans les phénomènes qui en dépendent, comme la parole , le chant, etc.

Dans certains cas, la dilatation de l'estomac peut être portée au point que les parois abdominales soient douloureusement distendues et que la respiration devienne réellement difficile.

Pour produire de pareils effets , il faut que la us contraction de l’œsophage, qui pousse les aliments contraction dans l'estomac, soit très énergique. Nous avons Hp à fait remarquer plus haut l'épaisseur considérable ose de la couche musculeuse de ce canal , et la grande

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