‹ Précis élémentaire de physiologieChapitre 15 sur 69 · AUDITION · texte numérisé non relu

AUDITION

L’audition est une fonction destinée à nous faire connaître le mouvement vibratoire des corps. '

Le son est à l’ouïe ce c{ue la lumière est à la vue. Le son est le résultat de l’impresslon que produit sur l’oreille un mouvement vibratoire imprimé aux molécules d’un corps, parla percussion ou toute autre cause. Ce mot désigne quelquefois le mouvement vibratoire liii-méme. Quand les molécules d’un corps ont été ainsi mises en mouvement, elles le communiquent, suivant certaines lois , aux corps élastiques qui les environnent : ceux-ci se comportent de même, et de proche en proche le mouvement vibratoire se propage quelquefois très-loin. Les corps élastiques en général peuvent seuls produire et propager îe son ; mais ordinairement les corps solides le produisent, tandis que l’air est le plus souvent le véhicule qui le transmet à notre oreille.

On distingue dans le son V intensité , le ton et le timbre, intensité du son dépend de l’étendue des vibrations .

Le ton dépend du nombre des vibrations qui se produisent dans un temps donné;

(l) La plupart des physiologistes et des physiciens regardent l’affaiblissement de la teinte de noir de la choroïde et la disparition de la couche coloriée de l’iris comme des circonstances défavorables à la vue du vieillard ; mais, d’après les recherches de mon collaborateur Desmoulins, dont la science déplore la perte, il semblerait c|ue cette idée n’est pas fondée. En effet, un grand nombre d’animaux à tapis , c’est-à-dire dont la choroïde est en totalité ou en partie de couleur éclatante et nacrée , ont cependant la vue remarquable par sa bonté ; ces animaux ont, en général, la pupille en forme de fente cpiancl elle est contractée ; tels sont les chats , les chevaux, les renards, etc. Si chez ces animaux l’éclat et le rellctde la choroïde concourent à la perfection de la vue , il serait présumable que chez le vieillard la disparition de la couleur noire de la choroïde protège sa vue au lieu d’y nuire, comme on le pense généralement. ( Vii. Desmoulins, sur l’usage des couleurs de la choroïde chez les animaux vertébrés, Journal de Physiologie , t. IV, p. 89; vid. Anim, Æcon, de Hunter, p. 242 et 253.)

et , sous ce rapport , le son est distingué en aigu et en grave. Le son grave naît de vibrations peu nombreuses , le son aigu est formé de vibrations très-multipliées.

Le sonie plus grave que l’oreille puisse percevoir y est, dit-on, formé de trente vibrations par seconde ; la plupart des physiciens ont avancé que le son le plus aigu est formé de douze mille vibrations ; mais M. Savait vient de prouver, par une série d’expériences et par des instrumens aussi ingénieux que précis, que l’oreille perçoit des sons de 48,000 vibrations (i). Entre ces deux limites sont renfermés les sons comparables ou appréciables , c’est-à-dire des sons dont l’oreille compte instinctivement les vibrations. Le bruit diffère du son appréciable, en ce que l’oreille ne distingue pas le nombre des vibrations dont il est formé.

Un son comparable, composé du double de vibrations d’un autre son, est dit à l’octave de celui-ci. Entre ces deux sons [iit] il en est d’intermédiaires, cjui sont au nombre de six, et qui constituent l’échelle diatonique, ou la gamme; on les désigne par les noms ré ^ mi , fa, sol, la , si.

Quand on met en mouvement un corps sonore par un moyen c{uelconque d’ébranlement, on entend d’abord un son très -distinct , plus ou moins intense, plus ou, moins aigu , etc. , suivant les cas: c’est le fondamental ; avec un peu d’attention on reconnaît qu’il se produit en meme temps d’autres sons. On nomme ceux-ci harmoniques. Cette remarque se fait facilement en pinçant la corde d’un instrument.

Il paraît que le timbre du son dépend de la nature du corps sonore , ainsi que du plus ou moins grand nombre d’harmoniques qui se produisent en même temps que le son principal.

Le son se propage à travers tous les corps élastiques. La vitesse de sa marche est variable suivant le corps qui sert à le propager. Le son parcourt dans l’air mille quarante-deux pieds par seconde. Sa transmission est encore plus rapide à travers l’eau, la pierre, le bois, etc. { 2). En se propageant, le son perd en général de sa force en raison directe du carré de la distance ; c’est au moins ce qui a lieu pour l’air. 11 peut aussi, dans quelques cas , et dans certaines limites , acquérir de l’intensité en se propageant; c’est lorsqu’il marche au travers de corps très-élastiques, comme les métaux , le bois , l’air condensé, etc.

Les sons aigus, graves, intenses, faibles, etc., se propagent avec une égale rapidité, et sans se confondre.

On pense généralement que le son se propage en ligne droite , en formant des cônes analogues à ceux que forme la lumière , avec cette différence essentielle cependant que, pour les cônes sonores, les molécules n’ont qu’un mouvement d’oscillation , tandis que pour les cônes lumineux elles ont un mouvement de transport.

Quand une corde est à l’unisson d’une autre corde, c’est-à-dire quand elle produit le même son , mise en vibration de la même manière , elle offre une propriété remarquable : elle vibre et produit le son qui lui est propre, si ce son est produit dans son voisinage. Cette propriété des cordes à l’unisson était connue depuis longtemps, mais on ne savait pas aussi bien que tous les corps sont susceptibles de vibrer, et d’offrir un phénomène analogue à celui que présentent les cordes.

M. Savart a montré, par une série d’expériences ingénieuses, que toutes les membranes élastiques , sèches ou humides , vibrent et transmettent le son si des vibrations sonores se faisaient entendre auprès de ces membranes, et sans qu’elles fussent à l’unisson avec les corps qui produisent les vibrations. M. Savart a aussi prouvé que les divers degrés de tension des membranes, leur épaisseur, leur homogénéité, l’humidité plus ou moins grande , avaient une influence remarquable sur la facilité

(1) Voyez Ann. de Physique, et de Chimie , octobre 1830,

(2) Voyez les Mémoires d’ Areveil , tom. II.

qu’elles ont à vibrer par communieation ; mais que, quel que fût leur état , elles vibraient toujours à l’unisson avec le son produit; cette loi est d’ailleurs commune à tous les corps.

Ces expériences sont d’autant plus importantes qu’une grande partie des organes de l’ouïe se composent de membranes et de lames élastiques, ainsi que l’on va le voir

Lorsque le son rencontre un corps qui lui fait obstacle, on présume qu’il se réflécliit de la même manière que la lumière , c’est-à-dire en faisant un angle d’incidence égal à l’angle de réflexion. La forme du corps qui réfléchit le son a sur lui la même influence. La lenteur avec laquelle le son se propage produit certains phénomènes dont l’explication n’est pas encore très-satisfaisante : tel est le phénomène de l’écho , celui de la chambre mystérieuse , etc.

Appareil de V audition.

L’appareil auditif est très-compliqué ; nous n’insisterons pas sur les détails anatomiques : il n’en résulterait aucun avantage , car on est encore très-peu instruit sur les usages des diverses parties qui constituent ce sens.

De même que dans l’appareil de la vision , on trouve dans celui de l’ouïe un ensemble d’organes qui paraissent concourir à la fonction par leurs propriétés physiques , et derrière ceux-ci un nerf destiné à recevoir et à transmettre les impressions.

, L’appareil auditif se compose de l’oreille externe, de l’oreille moyenne, de l’oreille interne, et du nerf acoustique.

Oreille externe.

On comprend sous cette dénomination le pavillon et le conduit auditif externe.

Le pavillon est plus ou moins grand, suivant les individus. Sa face externe, qui , dans une oreille bien conformée , est un peu antérieure , présente cinq éminences qui sont X hélix., Yanthélix , \e tragus , V antitragus , le lobule, et trois cavités, savoir, celle hélix, fosse naviculaire el\^ conque. Le pavillon est formé d’un fibrocartilage souple et élastique; la peau qui le recouvre est mince, sèche; elle est adhérente au fibro-cartilage par un tissu cellulaire serré qui contient très-peu de graisse: le lobule seul en contient une assez grande quantité. Au-dessous de la peau se voit un grand nombre de follicules sébacés , qui fournissent une matière blanche et micacée, qui donne à la peau son poli et une partie de sa souplesse. On voit aussi sur les diverses saillies du pavillon quelques fibres musculaires auxquelles on donne le nom de muscles, mais qui ne sont pour ainsi dire que des vestiges (i). Le pavillon reçoit beaucoup de nerfs et de vaisseaux; aussi est-il très-sensible, et devient- il facilement rouge. Il est attaché à la tête par des ligamens du tissu cellulaire et des muscles qu’on a appelés, d’après leur position, antérieur, supérieur et postérieur. Ces muscles sont très-développés chez beaucoup d’animaux ; chez l’homme , on peut les considérer aussi comme de simples vestiges.

Conduit auditif.

Ce conduit s etend de la conque a la membrane du tympan; sa longueur, variable suivant l’âge , est de dix à douze lignes chez l’adulte ; il est plus étroit dans son mi-

(l) On appelle vestiges, en anatomie, des parties sans usages chez les animaux où on les observe , et qui ne font qu’indiquer le plan uniforme que la nature semble avoir suivi dans la construction des animaux vertébrés.

lieu qu’à ses extrémités; il présente une légère courbure en haut et en avant. Son orifice externe est ordinairement garni de poils , à l’instar de l’entrée des autres cavités. Il est composé d’une partie osseuse , d’un fibro-cartilage qui se confond avec celui du pavillon, d’une partie fibreuse qui le complète en haut. La peau s’y enfonce en s’amincissant , et se termine en recouvrant la face externe de la membrane du tympan. Au-dessous de cette peau existent un grand nombre de follicules sébacés , qui fournissent le cérumen, matière jaune, amère, etc., qui a des usages que nous indiquerons plus tard.

Oreille moyenne.

L’oreille moyenne comprend la caisse du tympan, les osselets qui sont contenus dans cette caisse, les cellules mastoïdiennes, le conduit guttural, etc.

Caisse du tympan.

La caisse du tympan est une cavité qui sépare l’oreille externe de l’oreille interne. Sa forme est celle d’une portion de cylindre un peu irrégulier. Sa paroi interne présente en haut le trou ovale, qui communique avec le vestibule, et qui est fermé par une membrane; immédiatement au-dessous , une saillie qu’on appelle promontoire; au-dessous de cette saillie, une petite rainure qui loge un filet de nerf; plus bas encore une ouverture , nommée trou rond, qui correspond à la rampe externe du limaçon , et qui est aussi fermée par une membrane. Le côté externe présente la membrane du tympan. Cette membrane est dirigée obliquement en bas et en dedans ; elle est tendue, très-mince et transparente , recouverte en dehors par un prolongement delà peau, en dedans par la membrane muqueuse, qui revêt la caisse; elle est aussi recouverte de ce côté par le nerf nommé corde du tympan : son centre donne attache à l’extrémité du manche du marteau; sa circonférence est fixée à l’extrémité osseuse du conduit auditif; elle y adhère également dans tous les points, et ne présente d’ailleurs aucune ouverture qui fasse communiquer l’oreille externe avec Forcille moyenne. Son tissu est sec , fragile, et n’a point d’analogue dans l’économie animale; on n’y reconnaît point de fibres , de vaisseaux , ni de nerfs.

La circonférence de la caisse présente en avant : l’ouverture du conduit guttu¬

ral , par lequel la caisse communique avec la partie supérieure du pharynx ; 2“ l’ouverture par laquelle entre le tendon du muscle interne du marteau. En arrière , on voit: I® l’ouverture des cellules mastoïdiennes , cavités anfractueuses, pratiquées dans l’épaisseur de l’apophyse masîoïde, qui sont toujours remplies d’air; 2^ la pyramide, petite saillie creuse qui loge le muscle de l’étrier; 3^ l’ouverture par laquelle entre daipis la caisse la corde du tympan. En bas , la caisse offre une fente , nommée glénoïdale , par laquelle entre le tendon du muscle antérieur du marteau, et sort la corde du tympan pour aller s’anastomoser avec le nerf lingual de la cinquième paire. En haut , la circonférence n’offre que quelques petites ouvertures , par lesquelles passent des vaisseaux sanguins. La caisse du tympan et tous les conduits qui y aboutissent , sont tapissés d’une membrane muqueuse très-mince : cette cavité , qui est toujours remplie d’air, contient en outre quatre osselets (le marteau, l’ enclume , le lenticulaire et l’étrier^, qui forment une chaîne depuis la membrane du tympan jusqu’à la fenêtre ovale, où est fixée la base de l’étrier. De petits muscles sont destinés à mouvoir cette chaîne, à tendre et à relâcher les membranes auxquelles elle aboutit : ainsi, le muscle interne du marteau la tire en avant, courbe la chaîne dans ce sens, et tend les membranes ; le muscle antérieur produit l’effet opposé. On conçoit aussi que le petit muscle qui est logé dans la pyramide, et qui s’attache au col de l’éîrier j, peut imprimer une légère tension à la chaîne , en la tirant de son côté.

niÉCIS ÉLÉMENTAIRE

Oreille interne , ou labyrinthe.

Elle se compose du limaçon, des canaux demi-circulaires et du vestibule.

Le limaçon est une cavité osseuse, contournée en spirale, disposition qui lui a mérité le nom qu’elle porte. Cette cavité est partagée en deux autres qu’on appelle les du limaçon, et qu’on distingue en interne et en externe. La cloison qui

les sépare est une lame placée de champ, et qui , dans toute sa longueur, est en partie osseuse et en partie membraneuse. La rampe externe communique, par la fenêtre ronde, avec la caisse du tympan; la rampe interne aboutit dans le vestibule.

Canaux demi-circulaires.

On appelle ainsi trois^cavités cylindroïdes , courbées en demi-cercle, dont deux sont disposées horizontalement, tandis que la troisième est verticale. Ces canaux se terminent au vestibule par leurs extrémités. Ils contiennent des corps de couleur grisâtre , qui se terminent à leurs extrémités par des renflemens.

Vestibule,

Cavité centrale, point de réunion de toutes les autres. Elle communique avec la caisse par la fenêtre ovale , avec la rampe interne du limaçon, avec les canaux demicirculaires, et avec le conduit auditif interne par un grand nombre de petites ouvertures.

Toutes les cavités de l’oreille interne sont creusées dans la partie la plus dure du rocher : elles sont tapissées d’une membrane extrêmement mince , et sont remplies par un liquide ténu, limpide, nommé liquide de Cotimni , lequel peut refluer par deux pertuis connus sous le nom à’ acqiiediics du limaçon et du vestibule. Ce liquide est très-voisin du liquide céphalo-spinal, à l’orifice du conduit auditif interne; il ne paraît pas que ces deux liquides communiquent entre eux : du moins les recherches que j’ai faites sur ce point ne m’ont point conduit à ce résultat. Ces cavités contiennent en outre le nerf acoustique.

Du nerf acoustique.

Ce nerf naît du quatrième ventricule; il entre dans le labyrinthe par les trous que présente à son fond le conduit auditif interne. Arrivé dans le vestibule , il se partage en plusieurs branches, dont l’une reste dans le vestibule , une autre entre dans le limaçon, et deux sont destinées pour les canaux demi-circulaires. I^a manière dont ces diverses branches se comportent dans les cavités de l’oreille interne , a été décrite avec soin par Scarpa; il serait superflu d’insister ici sur ces détails.

En terminant cet exposé succinct, nous ferons remarquer que l’oreille interne et l’oreille moyenne sont traversées par plusieurs filets nerveux , dont la présence , dans cet endroit , n’est probablement point inutile à l’audition : on sait que le nerf facial marche long-temps au milieu d’un canal spiroïde creusé dans l’épaisseur du rocher. Dans ce canal il reçoit un filet du nerf vidien ; il fournit la corde du tympan qui vient s’appliquer sur cette membrane. Plusieurs autres anastomoses se voient encore dans l’oreille ou dans son voisinage; elles ont été l’objet des reeherches persévérantes de MM. Jacobson et Breschet.

Des expériences récentes m’ont appris que l’oreille présente, sous le rapport du siège de la sensibilité, des circonstances physiologiques analogues à celles qu’offre l’œil.

La membrane qui revêt le conduit auditif est d’une extrême sensibilité : elle est déjà très -apparente à l’entrée de ce conduit ; au fond , le moindre contact d’un

corps étranger excite une vive douleur , et les médecins ont de tout temps remarqué les souffrances Horribles qui accompagnent les inflammations de cette partie. D’après cela , il était fort présumable que la sensibilité serait encore plus exquise dans la caisse , et surtout qu’elle serait pour ainsi dire au maximum si on arrivait jusque dans les cavités du labyrintlie. Il en est tout autrement : de meme qu’à l’œil la grande sensibilité est à la partie extérieure de l’appareil, cette propriété est déjà fort obtuse dans la caisse, et le nerf acoustique, touché, piqué, déchiré même sur les animaux , ne m’a pas donné d’indice apparent de sensibilité ; et , sous ce rapport , il est dans une opposition bien remarquable avec le nerf de la cinquième, qui , pour ainsi dire en contact avec l’acoustique à son origine, ne peut être touché, même trèslégèrement , sans qu’il n’en résulte une douleur des plus aiguës. Sous ce rapport , le nerf de l’ouïe ressemble donc au nerf optique.

Mécanisme de V audition.

Usages du ‘pavillon.

11 rassemble les rayons sonores et les dirige vers le conduit auditif, d’autant mieux qu’il est plus grand, plus élastique, plus détaché de la tête, et plus dirigé en avant. Boerhaave prétendait avoir prouvé, par le calcul, que tous les rayons sonores qui tombent sur la face externe du pavillon sont, en dernier résultat , dirigés vers le conduit auditif. Cette assertion est évidemment inexacte, au moins pour certains pavillons dont l’anthélix est plus saillant que l’hélix. Comment arriveraient à la conque les rayons qui viendraient tomber sur la face postérieure de l’anthélix ?

Il est beaucoup plus probable que le pavillon est lui-même, à raison de sa grande élasticité, qui peut être modifiée légèrement parles muscles intrinsèques, susceptible d’entrer en vibration sous l’influence des ondulations sonores imprimées à l’air. Et , quant aux inégalités de sa surface, il parait ,. suivant M. Savart, qu’elles auraient pour utilité de présenter toujours une égale surface de pentes dont la direction serait normale à celle du mouvement vibratoire Imprimé à l’air. L’expérience apprend en effet que selon qu’une membrane est ou n’est pas parallèle aux surfaces des corps qui vibrent près d’elle, ses oscillations sont plus ou moins prononcées. Le parallélisme est le cas le plus favorable.

Le pavillon n’est pas indispensable à l’audition , car chez l’homme et chez les animaux il peut être enlevé sans que l’ouïe en souffre, si ce n’est au-delà de quelques jours.

Usages du conduit auditif.

Ce conduit transmet le son à la manière de tout autre conduit, en partie par l’air qu’il contient, en partie par ses parois, jusqu’à la membrane du tympan. — Les poils qu’il présente, surtout à son entrée , et le cérumen, ont pour usage de s’opposer à l’introduction des corps étrangers, tels que grains de sable, de poussière, insectes, etc.

Usages de la memhrane du tympan.

Cette membrane forme la séparation du conduit auditif et de la caisse ; elle est tendue , mince et élastique , et partout d’égale épaisseur, A ces divers titres elle doit entrer en vibration sous l’influence des ondes sonores que lui apporte le conduit , soit par l’air , soit par ses parois.

Mais , d’après une expérience très-simple de M. Savart , il paraît que c’est surtout le son transmis par Fair qui la met en vibration.

Ce savant physicien plaça au sommet tronqué d’uii cône fait avec une feuille de carton , une petite membrane tendue qui en fermait l’ouverture à peu près comme la y membrane du tympan ferme le conduit auditif; il produisait ensuite des sons près des parois , à l’extérieur du cône; la membrane vibra peu ; mais s’il produisait les memes sons à la base du cône, de manière qu’ils fussent transmis à la membrane par l’air intérieur, les vibrations étaient très-prononcées, meme à une distance de vingt-cinq à trente mètres.

La manière dont les muscles du marteau s’insèrent à cet osselet, et la manière dont il est lui même fixé à la membrane, indiquent clairement qu’il doit y avoir des degrés dans sa tension. On ne pourrait , sans absurdité , supposer que celte petite membrane se mît à Funisson des innombrables sons que notre oreille perçoit , mais il est plus que probable que dans certains cas elle est tendue par le muscle interne, et dans d’autres relâché par le muscle antérieur du marteau.

On n’avait eu jusqu’ici que des conjectures à faire sur cette question curieuse, mais quelques essais de M . Savart semblent avoir dévoilé la vérité.

Quand une membrane mince est très-tendue, elle vibre avec difficulté , c’est-à-dire que les excursions de ses parties vibrantes sont très-petites ; c’est le contraire quand la même membrane est relâchée; et comme il est prouvé directement , par l’expérience, que la membrane du tympan en place, vibre par l’effet des ondes sonores qui parviennent à sa surface, il n’est pas douteux non plus , que plus elle est tendue et moins les amplitudes de ses excursions sont grandes. H y a donc une forte probabilité qu’elle se relâche pour les sons faibles ou agréables , et qu’elle se tend pour les sons trop intenses ou désagréables.

Comme la membrane du tympan est sèche et élastique, elle doit très-bien transmettre le son, d’une part à l’air contenu dans la caisse, de l’autre à la chaîne des osselets (i). La corde du tympan ne peut manquer de participer aux vibrations de la membrane, et de transmettre au cerveau quelques impressions. On sait que le contact d’un corps étranger sur la membrane est excessivement douloureux , et qu’un bruit violent occasionne aussi une vive douleur, et même son déchirement; toutefois ce dernier accident n’a pas la gravité qu’on pourrait craindre, car la membrane peut être rompue et même rester perforée sans que l’audition soit sensiblement dérangée.

Usages de la caisse du tympan.

Son usage principal est de transmettre à l’oreille interne les sons qu’elle a reçus de l’oreille externe. Cette transmission du son par la caisse a lieu, par la chaîne des osselets , qui agit particulièrement sur la membrane de la fenêtre ovale (2); par l’air qui la remplit, et qui agit sur toute la portion pierreuse, mais surtout sur la membrane de la fenêtre ronde; 3^ par ses parois.

(1) Pour les diverses opinions émises sur les usages de celte membrane, Halleu ,

tom.V, pag. 198, 199 et suivantes.

(2) On sait fort peu de chose sur Futilité des mouvemens qui peuvent être imprimés à la chaîne. Cependant , puisque tous les osselets sont unis entre eux , que le premier et le dernier touehent, Fun au tympan , l’autre à la fenêtre ovale, que d’ailleurs le marteau peut se mouvoir, il me semble qu’il était indispensable, pour qu’il n’y eût pas de déchirement, que la chaîne fût composée de plusieurs pièces mobiles les unes sur les autres. Ensuite il me semble encore que quand le marteau est tiré en dedans, ce mouvement se portejusqu’à l’étrier, qui comprime le fluide contenu dans le labyrinthe, et que de là il doit résulter que les amplitudes des oscillations de la membrane de la fenêtre ronde deviennent moindres. Au reste , je crois que la chaîne des osselets est dans l’oreille ce qu’est l’âme dans un violon. (Savart.)

La perte des osselets, l’étrier excepté , n’entraîne pas nécessairement celle de l’ouïe : cependant j’ai cru remarquer que les individus qui se trouvent dans ce cas, ne conservent pas ce sens au-delà de deux ou trois ans.

Il ne paraît guère douteux que la caisse du tambour a encore pour usage d’entre tenir, au-devant de la fenêtre ronde , une espèce d’atmosphère 2)articulière , dont les proj^riétés sont à très-j^eu près constantes , attendu que cette j)etitc masse d’air est maintenue continuellement à la meme température par les vaisseaux sanguins environnans ; sans cette précaution , la membrane de la fenêtre ronde se détériorerait bientôt , et c’est ce qui doit arriver quand le tympan est largement jDerforé,

Usages de la tromfo cV Eustacho.

La tromjDC sert à renouveler l’air de la caisse ; son oblitération est, dit-on , une cause de surdité.

C’est à tort qu’on a dit qu’elle pouvait conduire les sons à l’oreille interne : rien ne le fait supposer; elle donne issue à l’air dans les cas où des sons violens viennent frapj)er le tympan , et permet le renouvellement de celui qui remj)lit la caisse elles cellules mastoïdiennes. L’air contenu dans la caisse , étant très-raréfié , est propre à diminuer l’intensité des sons qu’il transmet, et par conséquent à protéger les j)arties délicates et fragiles qui entrent dans la structure de l’oreille interne.

Usages des cellules 'mastoïdiennes.

L’usage des cellules mastoïdiennes n ’est pas bien connu; on soupçonne qu’elles concourent à augmenter l’intensité du son qui arrive dans la caisse. Si elles produisent cet effet, ce doit être plutôt par les vibrations des lames qui séparent les cellules , que par celles de l’air qu’elles contiennent.

Le son peut arriver à la caisse autrement que par le conduit auditif , les chocs produits sur les os de la tête sont dirigés vers le temporal, et perçus par l’oreille. Tout le monde sait qu’on entend distinctement le bruit du mouvement d’une montre lorsqu’on la met en contact avec les dents.

Usagés de l’orêille interne.

On est très-peu instruit des fonctions de l’oreille interne ; on conçoit seulement que les vibrations sonores y sont propagées de plusieurs manières , mais principalement par la membrane de la fenêtre ovale , par celle de la fenêtre ronde, et par la paroi interne de la caisse; que le liquide de Cotunni doit éprouver des vibrations qui se transmettent au nerf acoustique. On conçoit aussi combien il est important que ce liquide puisse céder à des vibrations trop intenses , qui pourraient endommager ce nerf. Il est possible, en ce cas, qu’il reflue dans les aqueducs du limaçon et du vestibule, qui , sous ce rapport, auraient, comme on voit, beaucoup d’analogie avec la trompe d’Eustache.

La rampe externe du limaçon doit recevoir principalement les vibrations par la membrane de la fenêtre ronde; le vestibule , par l’extrémité de la chaîne des osselets ; les canaux demi-circulaires , par les j^arois de la caisse , et y)eut-être par les cellules mastoïdiennes , qui souvent se prolongent jusqu’au-delà des canaux. Mais on ignore absolument la part que j^rend à l’audition chacune des parties de l’oreille interne (i).

(1) Le célèbre Th. Joung, secrétaire de la Société royale de Londres, cet homme d’un si prodigieux savoir, et d’une si haute capacité intellectuelle, a proposé plusieurs idées relatives aux usages de l’oreille interne; selon lui, les canaux demhcirculaircs servent à juger àeV acuité

La cloison osso-membraneuse qui sépare le limaçon en deux rampes , a donné lieu à une hypothèse que personne n’admettrait aujourd’hui.

Action dxi nerf acoustique.

Le nerf acoustique reçoit les impressions , et les transmet au cerveau; celui-ci les perçoit avec plus ou moins de promptitude , de justesse, suivant les individus ; mais cette action elle-même est soumise à l’influence de la cinquième paire. Quand ce dernier nerf est coupé ou malade , l’ouïe est faible et souvent abolie.

Beaucoup de personnes ont l’ouïe fausse, c’est-à-dire ne distinguent pas exactement les sons.

On n’explique point l’action du nerf acoustique ni celle du cerveau dans l’audition , mais on a fait à cet égard quelques observations.

Les sons, pour être perçus, ont besoin d’être dans de certaines limites d’intensité. Un son trop fort nous blesse, un son trop faible ne produit pas de sensation. Nous pouvons percevoir un grand nombre de sons à la fois. Les sons, et surtout les sons appréciables, combinés et se succédant d’une certaine manière, sont une source de sensations des plus agréables. Un art, la musique, dispose et combine les sons. Pour les oreilles organisées de manière à le sentir , la musique est sans doute le premier des arts, car aucun autre ne fait naître des sensations plus vives et plus délicieuses , n’excite plus facilement l’enthousiasme porté jusqu’au délire, ne laisse des traces plus profondes et un plus doux souvenir.

D’autres combinaisons de sons produisent, au contraire, une impression désagréable : les sons très-aigus blessent l’oreille; les sons très-intenses et très-graves déchirent la membrane du tympan. Lorsqu’un son a été très-prolongé , nous croyons encore l’entendre , quoiqu’il ait déjà cessé depuis long-temps.

De même que des aveugles nés ont été rendus à la lumière à un âge où ils pouvaient tenir compte de leurs sensations, de même des sourds de naissance ont acquis l’ouïe à une époque assez avancée de leur vie pour comprendre l’immense avantage de l’acquisition d’un nouveau sens. La science possède aujourd’hui plusieurs exemples de cette nature ; ils ne sont pas moins intéressans sous le rapport physiologique que sous le point de vue philosophique.

Tel est l’histoire suivante , dont l’authenticité a été constatée par l’Académie des Sciences de Paris : Louis-Iionoré Trésel , âgé de dix ans , né à Paris de parens pauvres , était de cette classe de sourds qui n’entendent pas même les bruits les plus violens, les explosions les plus fortes. Sa physionomie, image de son intelligence , avait peu d’expression. Il traînait les pieds à chaque pas ; sa démarche était chancelante; il ne savait pas se moucher. L’ouïe lui fut donnée au moyen d’une opération inventée par un sourd, qui, fatigué de sa position et de l’inutilité des tentatives des médecins , parvint à se guérir lui-même.

ou de la gravité des sons ; ils reçoivent les ébranîemens en même temps par leurs deux extrémités, ce qui occasionne une récurrence d’effets semhlahles à différens points de leur longueur , selon le caractère du son. L’étrier presse plus ou moins le fluide du vestibule, qui transmet les impressions sonores. Le limaçon paraît être un micromètre du son. {Med. lit. , p. 98, Let. 5.) Mais que sont les suppositions les plus ingénieuses quand elles ne sont pas appuyées de faits ou vérifiées par des expériences?

M. Deîeau a reconnu chez un enfant sourd-muet de naissance , et complètement insensible à toute espèce de son, absence de Pétrier et de la fenêtre ovale. Des faits de cette nature, en se multipliant , pourront un jour éclairer les usages de Poreille interne.

Voyez pour cette question difficile et obscure un mémoire de M. Esser , sur les Fonctions des diverses parties de V organe auditif , traduit et annoté par M. G. Breschet , Archives générales de Médecine. 1831. Voyez aussi un mémoire de Muncke, dans les Archives de Meckel , t.YIQp.l.

Cette opération consiste en des injections d’air ou de divers liquides dans la caisse du tympan par le conduit guttural de cette caisse.

Les premiers jours qui suivirent le développement de son ouïe, furent pour Honoré des jours de ravissement. Tous les sons, les bruits meme, lui causaient un plaisir ineffable , et il les recliercbait avec avidité; il était particulièrement dans une sorte d’extase en écoutant une tabatière harmonique ; mais il lui fallut un certain temps avant qu’il s’aperçût que la parole était un moyen de communication ; encore s’attacha-t-il d’abord, non aux sons qui la forment, mais aux mouvemens des lèvres qui l’accompagnent , et auxquels jusque-là il n’avait donné aucune attention : aussi crut -il pendant quelques jours qu’un enfant de sept mois parlait, parce qu’il lui voyait remuer les lèvres. On lui fit bientôt reconnaître son erreur, et il sut dès lors que c’était aux sons qu’il fallait attacher de l’importance, et non aux mouvemens des lèvres qui les accompagnent.

Mais le malheur voulut qu’il entendît une pie prononcer quelques mots ; généralisant aussitôt ce fait particulier, il en conclut que tous les animaux étaient doués de la parole, et voulut absolument faire parler un chien qu’il affectionnait. Il recourut à la violence pour lui faire dire papa, du pain, seuls mots qu’il put lui-méme prononcer. Les cris aigus de l’animal finirent par l’effrayer, et il renonça à sa singulière entreprise.

Un mois s’écoula, et cependant Honoré restait à peu près au meme point. Absorbé par ses sensations et ses remarques nouvelles, il ne pouvait pas saisir les syllabes qui forment les mots. Il lui fallut près de trois mois avant c|u’il distinguât et comprît quelques mots composés , et le sens de quelques phrases simples et courtes.

Il lui fallut aussi beaucoup de temps pour reconnaître la direction du son. Une personne s’étant cachée dans une chambre où se trouvait l’enfant , l’appela à diverses reprises; ce ne fut qu’avec grand’peine qu’il découvrit le lieu d’où partait la voix; encore fut-ce plutôt par les yeux et le raisonnement qu’il y parvint que par son oreille, (V oir la fin de cette observation à V article des rapports de V ouïe et de la voisc»)

Action simidtanée des deux appareils de Pouïe.

Nous recevons deux impressions, et cependant nous n’en percevons qu’une. On a dit que nous ne nous servions jamais que d’une oreille à la fois, ce qui est inexact. A la vérité, quand le son arrive directement à une oreille, il est saisi bien plus facilement par celle-là, et bien plus difficilement par l’autre : aussi, dans ces cas, n’employons-nous qu’une oreille; et lorsque nous écoutons attentivement un son que nous craignons de ne pas entendre, faisons-nous en sorte c[ue les rayons entrent directement dans la conque. Mais quand il s’agit de juger de la direction du son , c’est-à-dire de décider du point d’où il part, nous sommes obligés de nous servir de nos deux oreilles , car ce n’est qu’en comparant l’iiitensité des deux impressions, que nous parvenons à reconnaître le lieu d’où part le son. Si, par exemple, on se bouche exactement une oreille, et que l’on fasse produire, à quelque distance de soi, un bruit léger dans un lieu obscur, il sera impossible de juger de la direction du son ; on pourra y réussir en se servant des deux oreilles. La vue est d’un grand secours pour ces sortes de jugemens,car souvent, dans l’obscurité , meme en se servant des deux oreilles , il est impossible de décider d’où part le bruit qui nous frappe.

Le son peut aussinous faire juger de la distance qui nous sépare du corps qui le produit; mais, pour porter des jugemens justes à cet égard , il faut que la nature du son soit familière, car, sans cette condition, nous tombons dans des erreurs inévitables. Nous jugeons, dans ce cas, d’après ce principe, cpihin son très-intense part d’un corps voisin , tandis cpdun son faible part d’un corps éloigné : s’il arrive qu’un son intense vienne d’un corps éloigné , si un son faible part d’un corps voisin,, il y

a alors ce qu’on nomme erreurs (V acoustique. En général, nous sommes facilement trompés sur le point d’où part le son; la vue, le raisonnement, sont d’un grand secours pour asseoir un certain jugement à cet égard.

Les divers degrés de divergence ou de convergence des rayons sonores ne paraissent pas influer sur l’audition; aussi l’art ne modifie-t-il la marche des rayons sonores que pour en faire entrer à la fois un plus grand nombre dans l’oreille : c’est à quoi servent les cornets acoustiques mis en usage quand l’ouïe est dure. Il est quelquefois nécessaire de diminuer l’intensité des sons : nous plaçons alors instinctivement un corps mou et peu élastique dans le conduit auditif.

Modifications de V audition par Vâge.

L’oreille est formée de très-bonne heure chez le fœtus. A la naissance , tout ce qui appartient à l’oreille interne, aux osselets , est à peu près tel c[u’il restera par la suite; mais les autres parties de l’oreille moyenne et de l’oreille externe ne sont point encore en état d’agir , ce qui établit une différence très-grande entre l’œil et l’oreille. Le pavillon est relativement très-petit , mou et par conséquent peu élastique ; il est tout-à-fait impropre à remplir les fonctions cj[ui lui sont attribuées. Les parois du conduit auditif participent de la structure du pavillon ; la membrane du tympan est très-oblique , et fait en cfuelque sorte suite à la paroi supérieure du conduit ; elle est , en consécpience, mal disposée pour recevoir les rayons sonores. Toute l’oreille externe est recouverte d’une matière blanchâtre, molle, et qui s’oppose encore à ce qu’elle puisse remplir ses fonctions. La caisse du tympan est un peu plus petite , proportionnellement ; au lieu d’air, elle contient un mucus épais. Les cellules mastoïdiennes n’existent point. Par les progrès de l’âge , l’appareil auditif acquiert assez promptement la disposition que nous avons indiquée pour l’adulte. Dans la vieillesse, les changemens qu’il éprouve , sous les rapports physiques, loin d’être défavorables, comme cela arrive pour l’œil , semblent au contraire le perfectionner : toutes les parties deviennent plus dures, plus élastiques; les cellules mastoïdiennes s’étendent jusqu’au sommet du rocher , enveloppent ainsi de tous côtés les cavités de l’oreille interne.

Les bruits les plus forts n’affectent pas sensiblement l’enfant qui vient de naître : après quelque temps , il paraît reconnaître les sons aigus ; aussi est-ce le genre de sons que les nourrices choisissent pour attirer son attention. Il se passe fort longtemps avant que l’enfant juge sainement de l’intensité, de la direction du son, et surtout avant qu’il attache un sens aux différens sons articulés. De même qu’il affectionne la lumière vive , de meme les sons les plus aigus , les plus intenses , sont ceux qu’il préfère pendant long-temps.

Quoique l’appareil auditif se perfectionne physiquement avec l’âge, il est certain cependant que l’ouïe devient dure avec la première vieillesse , et qu’il est très-peu de vieillards qui ne soient plus ou moins sourds. Cette circonstance paraît tenir , d’une part , à la diminution de l’humeur de Cotunni , et de l’autre, à la diminution progressive de la sensibilité du nerf acoustique.

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