‹ Précis élémentaire de physiologieChapitre 29 sur 69 · C. Matière albumineuse I). Principe biliaire · texte numérisé non relu

C. Matière albumineuse I). Principe biliaire

JE. Gluten végétal? , .

F. Sels .

G. Résidu insoluble. . .

Total . 100,00

Sur un second sujet, âgé de vingt-trois ans, qui avait mangé des mêmes aîimens à la même heure , et dont le supplice avait eu lieu en même temps , nous avons rencontré :

Oxigène . 0,00

Acide carbonique . 40,00

Hydrogène pur . 51,15

Azote . 8,85

Total* . . 100,00

Dans une troisième expérience faite sur un jeune homme de vingt-huit ans, qui , €juatre heures avant d’être exécuté , avait mangé du pain, du boeuf, des lentilles , et bu du vin rouge, nous avons trouvé dans le même intestin:

Oxigène. . .

Acide carbonique

Hydrogène pur.

Azote. . . .

Total . . . 100,00

ISfous n’avons jamais observé d’autres gaz dans l’intestin grêle.

Ces gaz pourraient avoir diverses origines. Il serait possible qu’ils vinssent de l’estomac avec le chyme, il serait possible qu’ils fussent sécrétés par la membrane muqueuse intestinale , enfin ils pourraient naître de la réaction réciproque des matières contenues dans Tintestin : cette dernière source est sans doute la plus probable; car, d’après des expériences de M. Chevillot ( mon Journal de Physiologie)y quand on recueille des matières de l’intestin grêle , et qu’on les laisse fermenter quelque temps dans une étuve à la température du corps, on obtient exactement les mêmes gaz que ceux qui se trouvent dans l’intestin.

D’ailleurs, si l’on voulait que les gaz intestinaux vinssent de l’estomac, il faudrait remarquer que cet organe contient de l’oxigène et très-peu d’hydrogène , tandis que nous avons presque toujours rencontré beaucoup d’hydrogène dans l’intestin grêle, et jamais d’oxigène. Il est en outre d’observation journalière que, pour peu que l’estomac renferme des gaz , ils sont rendus par la bouche , vers la fin de la chymification , probablement parce qu’à cet instant ils peuvent plus aisément s’engager dans l’œsophage.

La probabilité de la formation des gaz par la sécrétion de la membrane muqueuse ne serait tout au plus admissible que pour Tacide carbonique et l’azote , qui semblent être formés de cette manière dans la respiration.

Quant à l’action réciproque des matières renfermées dans l’intestin , je dirai que j’ai vu plusieurs fois la matière chymeuse laisser échapper assez rapidement des bulles de gaz. Ce phénomène avait lieu depuis l’orifice du canal cholédoque jusque vers le commencement de l’iléon ; on n’en apercevait aucune trace dans ce dernier intestin, ni dans la partie supérieure du duodénum, ni dans l’estomac. J’ai fait de nouveau cette observation sur le cadavre d’un supplicié quatre heures après sa mort : il ne présentait aucune trace de putréfaction.

Le mode d’altération qu’éprouve le chyme dans l’intestin grêle est inconnu; on voit bien qu’elle résulte de l’action de la bile (i) , du suc pancréatique, et du fluide

(1) Le célèbre chirurgien anglais M. Brodie a fait des recherches sur l’usage de la bile dans la digestion. Il a lié à cet effet le canal cholédoque sur des chats nouveau-nés, et il a remarqué que cette ligature s’opposait à toute formation du chyle. Le chyme passait dans l’intestin grêle sans y laisser déposer ce que j’ai nommé le chyle brut.

Les vaisseaux lactés ne contenaient point de chyle, mais seulement un fluide transparent, que M. Brodie suppose composé partie de la lymphe et partie de la portion la plus liquide du chyme.

J’ai répété cette expérience , qui est déjè ancienne , sur des animaux adultes ; la plupart sont

Il sécrété par la membrane muqueuse sur le chyme. Mais quel est le jeu des affinités j dans cette véritable opération chimique , et pourquoi le chyle vient-il se précipiter j! à la surface des valvules conniventes , tandis que le surplus reste dans l’intestin pour i être ultérieurement expulsé ? Voilà ce que nous ignorons encore malgré les irapori( tantes et nombreuses recherches de MM. Tiedemann et Gmelin. (Voyez Recherches I expérimentales sur la DigestioHy etc. , traduites de l’allemand par M. Jourdan. )

I On est un peu plus instruit sur le temps nécessaire pour que le chyme soit suffisamment altéré. Ce phénomène ne se fait pas très-prornptement ; sur les animaux ,

I trois ou quatre heures après le repas , il arrive souvent qu’on ne rencontre point encore de chyle formé.

D’après ce qui vient d’étre dit , on voit que dans l’intestin grêle le chyme est parj tagé en deux parties : l’une, qui s’attache aux parois , et qui est le chyle encore impur; l’autre, véritable résidu, est destinée à être poussée dans le gros intestin, et I ensuite rejetée tout-à-fait au dehors.

Ainsi s’accomplit le phénomène le plus important de la digestion, la production du chyle : ceux qui nous restent à examiner n’en sont que le complément.

Action du gros intestin.

Le gros intestin a une étendue considérable; il forme un long circuit pour parvenir à la fosse iliaque droite , où il commence, jusqu’à l’anus , où il se termine.

On le divise en cæcum, en colon et en rectum. Le cæcum est situé dans la région iliaque droite; il est abouché avec la fin de l’intestin grêle. Le colon est subdivisé

portion ascendante , qui s’étend du cæcum à l’hypochondre droit; en portion transversale, qui se porte horizontalement de l’hypochondre droit au gauche; et en portion descendante, qui se prolonge jusqu’à l’excavation du bassin. Le rectum est très-coùrt ; il commence où finit le colon , et se termine en formant l’anus.

Dans ce trajet , le gros intestin est fixé par des replis du péritoine , disposés de façon à permettre aisément les variations de volume. Sa couche musculeuse a une disposition toute particulière. Les fibres longitudinales forment trois faisceaux étroits, fort éloignés les uns des autres quand l’intestin est dilaté. Ses fibres circulaires forment aussi des faisceaux , beaucoup plus nombreux , mais tout aussi écartés. Il résulte de là que , dans un grand nombre de points , l’intestin n’est formé que par le péritoine et la membrane muqueuse. Ces endroits sont disposés ordinairement en cavités distinctes où s’accumulent les matières fécales. Le rectum seul ne présenta pas cette disposition ; la couche musculeuse y est très-épaisse , uniformément répandue, et jouit d’une contraction plus énergique que celle du colon.

La membrane muqueuse du gros intestin n’est point recouverte de villosités comme celle de l’intestin grêle et de l’estomac ; elle est au contraire lisse. Sa couleur est d’un rouge pâle ; on n’y remarque qu’un petit nombre de follicules. A l’endroit de sa jonction avec l’intestin grêle , il existe dans le cæcum une valvule évidemment disposée pour permettre aux matières de pénétrer dans cet intestin , mais pour s’opposer à leur retour dans l’intestin grêle.

Beaucoup moins d’artères et de veines se rendent au gros intestin qu'au grêle : il en est de même pour les nerfs et les vaisseaux lymphatiques.

morts des suites de l’ouverture de l’abdomen et de la manœuvre nécessaire pour lier le canal cholédoque. Mais dans deux cas où les animaux ont survécu quelques jours , j’ai pu m’assurer que la digestion avait continué , que du chyle blanc avait été formé , et des matières stercorales produites; ces dernières n’étaient pas colorées comme à l’ordinaire , et cela n’a rien de surprenant, puisqu’elles ne contenaient point de bile : du reste, les animaux n’offraienl aucuns teinte jaune.

Accumulation et trajet des matières jécales clans le gros intestin.

C'est la contraction de la portion inférieure de l’iléon qui détermine la matière qu’il contient à pénétrer dans le cæcum. Ce mouvement , fort irrégulier , revient à des intervalles éloignés : il est rare qu’on l’aperçoive sur les animaux vivans ; on le voit plus fréquemment sur les animaux qui viennent d’être tués. Il ne coïncide en aucune manière avec celui que présente le pylore.

A mesure que ce mouvement se répète , la matière qui vient de l’iléum s’accumule dans le cæcum : elle ne peut refluer dans l’intestin grêle , car la valvule iléo-cæcale y met obstacle ; elle n’a d’issue que par l’ouverture qui communique avec le colon. Une fois introduite dans le cæcum , elle prend les noms de matière fécale ou stercorale ,

fèces , éè excrémens , etc.

Au bout d’un certain temps de séjour dans le cæcum , les matières fécales passent dans le colon , dont elles parcourent successivement les diverses portions , tantôt en y formant une masse continue , et tantôt y formant des masses isolées qui remplissent une ou plusieurs des loges que présente l’intestin dans toute sa longueur.

Cette progression , qui presque toujours est très-lente , se fait sous l’influence de la contraction des fibres musculaires et de la pression que supporte l’intestin , comme organe contenu dans l’abdomen : elle est favorisée par la sécrétion muqueuse et folliculaire de la membrane interne.

Arrivée au rectum, la matière s’y accumule, distend uniformément les parois, et y forme quelquefois une masse de plusieurs livres. Elle ne peut aller au-delà, car l’anus est habituellement fermé par la contraction des deux muscles sphincters.

La consistance des fèces dans le gros intestin est très-variable; cependant, chez un homme en bonne santé, elle est toujours plus considérable que celle de la matière qui sort de l’intestin grêle. Ordinairement sa consistance s’accroît à mesure qu’elle approche du rectum; mais elle s’y ramollit en absorbant les fluides que sécrète la membrane muqueuse:

Altérations des matières fécales dans le gros intestin.

Avant de pénétrer dans le gros intestin, la matière excrémentitielle n’a aucune odeur fétide propre aux excrémens humains; elle contracte cette odeur pour peu qu’elle y ait séjourné. Sa couleur brune-jaunâtre prend aussi une teinte plus foncée; mais, sous le rapport de la consistance, de l’odeur, de la couleur, etc., il y a des variétés nombreuses, qui tiennent à la nature des alimens digérés, à la manière dont se sont faites la chymification et la chylification , et à la disposition habituelle, ou seulement à celle qui existait pendant le travail des digestions précédentes.

On retrouve dans les excrémens toutes les matières qui n’ont point été altérées par l’action de l’estomac : aussi y voit-on souvent des noyaux , des graines , et d’autres substances végétales.

Plusieurs chimistes célèbres se sont occupés de l’analyse des excrémens humains ; M. Berzélius les a trouvés composés de :

Eau. •• *73.3

Débris de végétaux et d’animaux. . . •«•*%.. 7,0

Rile. • • 0,9

Albumine . . . 0,9

Matière extractive particulière. . . 2,7

Matière formée de bile altérée de résine, de matière animale, etc . 14,0

Sels. . . 1,2

Total.

Suite de V expérience comparative du docteur Prout (l).

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