CHAPITRE VI
Sur la Résonnance des corps .
Ex rassemblant et généralisant les faits que nous avons exposés dans les chapitres qui précèdent , on doit concevoir que tous les corps , quelle que soit leur nature , s’ils sont convenablement ébranlés , peuvent prendre des mouvemens de vibrations dont la rapidité , la force et la permanence
SUR IA RESONNANCE
dépendront du mode d’agrégation qui unit les particules du corps vibrant , de son élasticité plus ou moins parfaite , et enfin de sa forme , qui établit des relations mécaniques entre les mouvemens possibles de ses diverses parties. Aussi, en examinant les instrumens de musique des diverses nations du monde , on voit que presque toutes les matières connues ont été employées à leur construction.
Non-seulement cet état vibratoire , qui produit dans l’air des ondes sonores , peut être imprimé à' tous les corps par l’elTet d’un ébranlement immédiat , mais on peut encore l’y exciter par communication , en les mettant en contact avec des corps vibrans qui leur fassent partager leurs oscillations. C’est ainsi que la boîte de bois sec et élastique qui forme le corps du violon , du piano, de la harpe , de la basse , frémit et résonne sous l’influence harmonique des cordes de ces instrumens ; et, selon que sa contexture la rend plus ou moins docile à cette influence, elle renforce avec plus ou moins d’énergie , de plénitude et de justesse , le faible son que les cordes seules avaient primitivement excité. Pour rendre ce phénomène bien sensible , il faut prendre un diapason de fer , tel que celui qui est représentée^. 21, et qui sert à fixer le ton sur lequel les pianos doivent être accordés; puis , après l’avoir fait vibrer plusieurs fois isolément , et avoir reconnu le degré d’mtensité du son qu’il excite , posez-le , en l’appuyant, sur la caisse du piano dans laquelle toutes les cordes métalliques sont renfermées. Aussitôt le son éclatera , dans le même ton juste , mais avec une force qu’il était loin d’avoir. Si vous voulez rendre l’augmentation plus frappante encore , ne posez le diapason sur la lame qu’après que sa résonnance propre s’est affaiblie presque jusqu’à n’être plus sensible isolément; aussitôt vous l’entendrez de nouveau , et plus fort qu’il n’avait jamais été. 11 est évident qu’alors le mouvement vibratoire du diapason se communique , par l’air et par la matière solide de la caisse , à toutes celles des cordes métalliques qui peuvent l’admettre dans leur longueur totale ou dans leurs divisions; comme aussi il doit se transmettre aux cordes ou fibres