‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 127 sur 181 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des lois que suivent les Attractions et les Répulsions apparentes des corps électrisés.

Après avoir reconnu le phénomène des attractions et des répulsions électriques , la première chose qu’il faut faire c’est de déterminer les lois suivant lesquelles elles s’exercent à diverses distances. On y réussit aisément au moyen de la balance de torsion que nous avons décrite page 307 j et cette découverte , due à Coulomb , est une des plus belles applications qu’il ait faites de son ingénieux instrument.

Nous avons yu alors que cet instrument est essentiellement formé d’un fil métallique vertical dont le bout supérieur est attaché à un point fixe , et dont l’inférieur porte une aiguille horizontale. Quand on veut apprécier de très-petites forces , on les fait agir sur l’extrémité de cette aiguille , et l’on mesure leur intensité par l’angle dont elles l’écartent de son point de repos. En un mot , on balance ces forces par la force de torsion, qui est toujours proportionnelle à l’angle de torsion , ainsi que nous l’avons annoncé page 3o3, d’après l’expérience.

Pour appliquer cet appareil à la mesure des attractions et des répulsions électriques , on fait l’aiguille en gomme laque , qui est une substance très-isolante , et l’on fixe à l’une de ses extrémités une petite boule de moelle de sureau b , fig. 5. Puis, ayant placé l’index du micromètre de torsion M sur le zéro de sa division , on tourne le tambour entier qui le porte jusqu’à ce que la petite boule Z; vienne aussi se placer devant le zéro de la division tracée sur les parois de l’appareil (i).

(1) On trace cette division sur une bande de papier que l’on colle

ÉLECTRIQUES. 4lQ

On s’aperçoit que cette condition est remplie , lorsqu’en regardant du côté opposé de la cage de verre , dans le plan vertical qui contient le fil de suspension et l’aiguille , on voit celle-ci dirigée vers le point de zéro.

Cela fait , on fixe une seconde boule a , à l’extrémité d’un cylindre très-mince de gomme laque , dont la longueur soit telle, qu’étant introduit verticalement dans l’intérieur de la cage de verre , il descende cette boule au niveau de la précédente; et on le place de manière que cette seconde boule réponde aussi au zéro de la division^iatéraîe ; ce que l’on vérifie comme précédemment. Alors la première boule se trouve écartée de ce point d’un arc égal à la somme des rayons des deux boules , et la petite torsion qui en résulte la maintient en contact avec l’autre.

Maintenant il est clair que , si l’on touche un instant ces boules, ou seulement une d’entre elles , avec un corps déjà électrisé et isolé , elles s’électriseront aussi par communication , et toutes deux de la même manière ; elles devront donc se repousser mutuellement : mais comme la première seule est mobile , l’aiguille qui la porte tournera d’une certaine quantité ; et , après quelques oscillations , elle s’arrêtera à un certain point d’équilibre que l’on pourra reconnaître sur la division latérale. Alors le degré de torsion qui existera dans le fil fera équilibre à la force répulsive des deux boules et pourra servir à la mesurer.

dans une direction horizontale toul autour de la cage de verre. Si celle-ci est circulaire , on fait la division en degrés. Mais quand on veut introduire dans h T balance des corps d’un volume un peu considérable, on ne trouve plus de cylindres de verre assez grands pour former les parois de l’appareil, et on les construit avec quatre glaces verticales, dont l’assemblage forme un carré. Alors une bande de papier collée horizontalement sur ces glaces , à la hauteur de l’aiguille , devient tangente au cercle qu’elle décrit. On marque donc le zéro de la division sur le point où la direction de l’aiguille est perpendiculaire à chaque face , et on porte, de part et d’autre de ce point, des divisions inégales 5 qui représentent les tangentes de» arcs de 2° , 3° , etc.

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