‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 128 sur 181 · LOIS DES ATTRACTIONS ET REPULSIONS · texte numérisé non relu

LOIS DES ATTRACTIONS ET REPULSIONS

C’est en effet ainsi que Ton opère ; n/àis comme il ne faut qu’une extrêmement petite force pour tordre un fil de métal d’un grand angle , on conçoit qu’il 11e faut communiquer aux boules que de très-petites charges d’électricité. Pour y parvenir, on les touche seulement avec une grosse tête d’épingle dont la tige est cachée dans un bâton de cire d’Espagne ) on électrise cette tête d’épingle par communication, soit en la mettant un instant en contact avec le premier conducteur d’une machine électrique, soit en la touchant avec un tube de verre ou de résine frotté. On l’introduit dans la cage de verre par une petite ouverture convenablement pratiquée pour cet objet , en la tenant par le bâton de cire qui l’isole • et , quand elle a touché la boule fixe on la retire aussitôt.

En opérant de cette manière , Coulomb , dans une de ses expériences, trouva qu’après le contact l’aiguille avait décrit un angle de 36°. Alors il tordit le fil de suspension en sens contraire de cette répulsion , de manière à rapprocher l’aiguille jusqu’à i8° de la boule fixe, et il fallut pour cela tourner l’index du micromètre de 126°.

Enfin il rapprocha l’aiguille jusqu’à ce que son écart ne frit plus que de 8° - ; lorsqu’il y fut parvenu , la marche totale de l’index du micromètre , compté depuis le zéro de la division , se trouva être de 567°.

Pendant ces expériences les boules ne perdirent pas sensiblement d’électricité. Car, par des essais préliminaires, Coulomb s’était assuré que, ce jour-là , les balles électrisées , repoussées à 3o° de distance l’une de l’autre , se rapprochaient seulement d’un degré en trois minutes • et, comme il n’avait employé que deux minutes à faire les trois expériences que nous avons rapportées , il s’ensuit que l’on pouvait bien négliger , comme insensible , la diminution qu’éprouvait l’électricité des boules , tant par le contact de l’air que par la déperdition le long des sujDports. Cela tenait , comme on le verra par la suite , à la sécheresse de l’air le jour de cette expérience , et à Pexcellent choix des supports isolans.

ELECTRIQUES. . ^21

Pour découvrir les conséquences de ces expériences , représentons par a b d , jig. 6 , la circonférence décrite par la boule mobile b ; soit c le centre de cette circonférence , et prenons d’abord l’arc a b de 36° , comme on J’a trouvé après la première répulsion. Il s’ensuit qu’ alors la force répulsive des deux boules était contre-balancée par une torsion de 36° exercée dans le sens a b ; car, par les dispositions prises en commençant l’expérience , la torsion est nulle quand l’aiguille se trouve au point a.

Dans le second essai on tord le fil de 126° suivant le sens ha. Si l’aiguille était libre, "cette torsion l’amenerait en d\ à 126° au-delà du jmint a * mais , au contraire , la force répulsive la retient en b1 à 180 en-deçà de ce point. Donc, à cette distance , la force répulsive des deux boules faisait équilibre à une torsion de i26°-j-i8° ou i44°-

Enfin , dans la troisième épreuve , la torsion indiquée par le micromètre a été de 667° , toujours dans le sens b a • mais au lieu d’aller à 567° au-delà du point a , l’aiguille est restée à 8° 7 en deçà de ce point ; ainsi la force répulsive qui la maintenait à cette distance faisait alors équilibre à une torsion de 567° + 8° 4? ou 575°

Nous avons donc ce tableau comparatif, entre les torsions et les distances.

Arc de distance des deux boules.

Mesure de la force répulsive par la torsion»

Déjà on y découvre une loi remarquable. Les arcs de distance contenus dans la première colonne sont , à très-peu près entre eux , comme les nombres 1 , 4 ? \ , tandis que les torsions correspondantes , qui mesurent les effets des forces répulsives sur l’aiguille , sont entre elles comme les nombres 1 , 4 j 16 j c’est-à-dire inversement proportionnelles aux

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