LOIS DES ATTRACTIONS ET RÉPULSIONS
carres des précédons. Ces rapports prouvent donc que les forces électriques suivent , comme l’attraction céleste , la raison inverse du carré des distances.
A la vérité , la distance rectiligne des deux boules est mesurée par la corde qui les joint , et non par l’arc circulaire que sous-tend cette corde. Secondement, la force répulsive qu’elles exercent l’une sur l’autre agit obliquement sur l’aiguille , et par conséquent ne contribue pas toute entière à la faire tourner. Mais cette obliquité est fort petite dans nos expériences , à cause du peu d’étendue des arcs ; et la même raison fait aussi qu’il y a très-peu de différence entre eux et leurs cordes. Ces circonstances légitiment donc la conséquence que nous avons tirée de nos observations. Mais on peut achever de la mettre tout-à-fait hors de doute en effectuant le calcul d’une manière rigoureuse. Car on trouve ainsi que, lorsque les arcs de répulsion n’excèdent pas 36°, les rapports conclus des arcs , et ceux qu’on déduit des distances ne diffèrent pas dans des quantités sensibles aux observations. En nous tenant donc en dedans de ces limites, nous pourrons appliquer la loi du carré des distances aux arcs mêmes , ce qui simplifiera beaucoup les calculs.
Le fil employé par Coulomb dans ces expériences était d’argent 5 et, par sa finesse , il avait une extrême sensibilité de torsion. Coulomb imagina des appareils plus sensibles encore, destinés à indiquer les plus petites quantités d’électricité, fig- 7- Ces appareils , que nous nommerons des électro scopes , sont de véritables balances électriques dans lesquelles le fil de métal est remplacé par un simple fil de soie , tel qu’il sort du cocon , et de 4 pouces de longueur. L’aiguille est un petit fil de gomme-laque long de 12. lignes, terminé à une de ses extrémités par un petit cercle de clinquant trèsléger (i). Dans un de ces appareils dont Coulomb a fait
(1) On forme aisément ces fils, en chauffant à la flamme d une bougie le milieu d’un petit bâton de gomme-l^que , que l’on tient par ses deux extrémités. Lorsque celle résine commence à se foudre on écarte rapidement les deux extrémités, et la matière fondue
ELECTRIQUES.
usage , l’aiguille et le clinquant pesaient ensemble ^de grain. Le fil de soie a , sous cette longueur , une flexibilité telle qu’en agissant sur lui ayec un bras de levier d’un pouce , il ne faut qu’un poids d’un soixante millième de grain pour le tordre de 36o°. Pour communiquer l’électricité au clinquant , on fait passer, à travers un bâton de cire d’Espagne, un fil de cuivre terminé d’une part par une petite balle de sureau dorée , et de l’autre par une boule métallique « ou par un crochet dont la pointe rentre dans la cire. On introduit ce bâton ainsi armé dans l’intérieur de la cage de verre , le crochet en dehors, et on le fixe de manière que le centre de la boule dorée , vue par le fil de suspension , réponde au zéro de la division sur les parois de la cage. Quand l’aiguille est en repos , on tourne doucement l’index du micromètre de torsion jusqu’à ce que le clinquant vienne
s’appliquer contre la boule dorée ; alors l’appareil est prêt
à agir. Si l’on communique de l’électricité au crochet de cuivre par un moyen quelconque , elle se propage dans la boule et dans le clinquant qui est repoussé aussitôt. La sensibilité de ces électroscopes est telle que si , après avoir électrisé par frottement un bâton de cire d’Espagne , on le présente au crochet extérieur , r^ême de loin , et en le tenant à trois pieds de distance , l’aiguille est chassée à plus de 90°. Nous verrons plus loin comment l’électricité peut se développer ainsi à distance , et sans aucun contact. Pour le moment , nous ne donnons ce résultat que comme une preuve de l’extrême sensibilité de l’appareil. Au moyen de cet élec— troscope , il est bien facile de répéter toutes les expériences indiquées dans le précédent chapitre sur la nature de l’électricité excitée dans différens corps par leur frottement mutuel.
se tire communément en un fil très-fin qui adhère , de part et (Pau Ire , aux deux bouts solides. On lire de la même manière des fils de cire d’Espagne , et même des fils de verre ; mais, pour ces derniers, à moins d’employer un tube déjà très-fin , la chaleur d’une bougie ne suffit pas, et il faut y employer la lampe d’émaiîleur.