‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 147 sur 181 · Tome I, 3o m · texte numérisé non relu

Tome I, 3o m

466 DÉVELOPPEMENT DE l’ÉLECTRICTÉ

définition précise de plusieurs élémens de l’action électrique que l’on confond très-souvent.

La première chose a considérer dans des expériences d’électricité , c’est la nature de celle qui réside à la surface des corps soumis aux expériences , et en chacun des points de tette surface; on la détermine en touchant avec le plan d’épreuve , et présentant celui-ci à l’aiguille de l’électroscope déjà chargée d’une électricité connue.

La seconde chose est la quantité de cette électricité accumulée en chaque point , ou , ce qui revient au même , l’épaisseur de la couche électrique. On la mesure encore , en touchant a^ 3C le plan d’épreuve , et présentant ce plan à l’aiguille de la balance préalablement chargée d’une électricité de même nature. Là force de torsion nécessaire pour balancer la réaction électrique du plan , est , à distances égales, proportionnelle à la quantité d’électricité qu’il possède , ou, ce qui revient au même , à l’épaisseur de la couche électrique sur l’élément qu’il a touché.

La troisième chose que l’on peut considérer théoriquement, c’est l’influence exercée par chaque élément de la couche électrique sur une molécule de fluide située à sa surface extérieure ou hors de cette surface. L’attraction ou la répulsion ainsi considérée , est directement proportionnelle à l’épaisseur de la couche électrique sur l'élément superficiel qui attire ou qui repousse , et elle est inversement proportionnelle au carré de la distance qui sépare cet élément du point attiré ou repoussé.

Enfin , la dernière chose qu’il faut considérer , c’est la pression que l’électricité exerce contre l’air extérieur en chaque point de la surface du corps électrisé. L’intensité de cette pression est proportionnelle au carré de l’épaisseur de la couche électrique.

En restant fidèle à cés dénominations , on ne risquera point de s’égarer par des considérations vagues ; et si l’on y joint le souvenir du développement de l’électricité par influence à distance , on n’aura aucune peine à se rendre compte de presque tous les phénomènes électriques.

PAR INFLUENCE

La plupart de ces phénomènes , quand on se borne à leurs circonstances les plus générales , peuvent se représenter en supposant l’existence d’un seul fluide électrique dont une certaine quantité est répandue dans tous les corps , et forme leur état naturel. C’est ainsi que Franklin , et après lui Æpinus , les ont envisagés. L’excès de ce fluide dans les corps produit ce que nous avons appelé l’électricité vitrée , et le défaut, ce que nous avons appelé l’électricité rési-

neuse ; d’où résultent deux états des corps, que les partisans de ce système désignent par les dénominations de positif et de négatif. Ils admettent aussi que les molécules du fluide électrique se repoussent mutuellement. Mais de plus , comme l’expérience montre que les corps dans l’état naturel n’exercent aucune action électrique les uns sur les autres , ils sont contraints de supposer que les molécules électriques sont attirées par la matière propre des corps , supposition que dément l’égalité avec laquelle l’électricité se partage par contact , entre des sphères de même volume et de nature quelconque. Enfin , une discussion ajDprofondie et calculée prouve que cette supposition ne suffirait pas pour l’équilibre, et qu’il faut encore admettre que les molécules des corps exercent les unes sur les autres une action répulsive sensible à de grandes distances , comme les influences électriques elles-mêmes. Cette multiplicité d’hypothèses contraires aux analogies les plus vraisemblables , a fait aujourd’hui abandonner ces idées; mais elles ont été cependant utiles par l’usage ingénieux que leurs auteurs en ont fait pour réunir en un seul corps les phénomènes qui étaient jusqu’alors épars.

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