CHAPITRE XIV
Du développement de V Électricité par le simple
contact.
Nous allons maintenant nous occuper du développement de l’électricité par le simple contact. Cette partie de la physique , créée depuis peu d’années , nous offrira le contraste d’une grande découverte due au hasard , et d’une découverte plus grande encore obtenue directement , et conduite à son dernier terme par les expériences et les inductions les plus rigoureuses.
Ce fut vers 1789 que les premières observations de ce genre se présentèrent. Galvam, professeur de physique à Bologne, faisait des recherches sur l’excitabilité des organes musculaires par l’électricité. Il employait à ces épreuves des grenouilles tuées et écorchées , dont il ayait mis à nu les nerfs lombaires ,
DE ï/ÉLECTRICITÉ DEVELOPPEE, ETC. $2()
domine le représente la fig. 4$. En outre , pour pouvoir les manier facilement , il avait passé dans la portion restante E de la colonne dorsale , un lil de cuivre recourbé en crocheL Il arriva par hasard qu’un jour il suspendit plusieurs cadavres de grenouilles , par ces crochets de cuivre , au balcon de fer d’une terrasse ; à l’instant leurs pieds et leurs jambes, qui posaient aussi en partie sur ce fer , entrèrent en convulsion spontanée et le phénomène se répéta autant de fois qu’on réitéra le contact. Galvani saisit habilement l’importance de ce phénomène , et s’attacha à en déterminer les circonstances essentielles. Il vit d’abord qu’au lieu de tenir la grenouille à la main, on pouvait la poser sur une plaque de fer , et qu’en appliquant sur ce fer le crochet de cuivre , les convulsions se manifestaient encore. 11 reconnut ensuite que tout se réduisait à établir entre les muscles et les nerfs de la grenouille une communication par un arc métallique. Il observa que les convulsions s’excitaient encore quand cet arc était d’un seul métal , mais qu’elles étaient alors très-rares et très-faibles • et que , pour les rendre fortes et durables , il fallait employer le contact de deux métaux différens. Cette condition remplie, on pouvait compléter la communication par des substances quelconques , pourvu qu’elles fussent conductrices de rélectricité. Il fit entrer dans la chaîne de communication d’autres parties animales , et meme des personnes vivantes qui se tenaient par la main $ les convulsions se manifestèrent encore. Galvani crut voir dans ces faits le développement de ce qu’il appelait une électricité animale existante dans les muscles et dans les nerfs , et dont la circulation s’opérait quand on mettait ces parties en communication par un arc métallique , ou en général par de bons conducteurs de l’électricité.
Lorsque ces nouveaux phénomènes furent connusen Italie, ils y excitèrent une admiration générale , et tous les esprits se portèrent vers les vues de Galvani. Mais Volta ne les eut pas plus tôt répétés , qu’il y reconnut des indications toutes differentes. Voyant que les convulsions ne s’obtenaient que très-rarement avec un arc composé d’un seul métal i et seu-