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lement lorsque l’irritabilité était encore très-vive , tandis qu’on les reproduisait à coup sur , et beaucoup plus longtemps, avec un arc composé de métaux hétérogènes, il en conclut que le principe d’excitation résidait dans les métaux • et , comme ce principe devait être nécessairement de nature électrique , puisque sa transmission était arrêtée par toutes les substances isolantes, il en vint à penser que le seul contact des métaux hétérogènes devait produire une électricité faible, qui , se transmettant à travers les organes de la grenouille , lorsqu’on complétait la chaîne , déterminait dans ces organes éminemment irritables les convulsions que Galvani avait observées.
En essayant l’application de divers métaux , Yolta reconnut que le meilleur excitateur était le zinc mis en contact avec l’argent ou le cuivre , quoiqu’on put produire aussi les phénomènes avec un arc hétérogène composé de deux métaux quelconques.
D’après l’ensemble de ces observations, la meilleure préparation pour répéter l’expérience de Galvani , est la suivante : prenez une grenouille, et après avoir coupé son corps transversalement au-dessous des bras , dépouillez ses jambes et ses cuisses de la peau qui les recouvre ; retranchez ensuite toutes les chairs et toutes les parties qui recouvrent les nerfs lombaires désignés par N N dans la fig. 46, puis, coupez la colonne dorsale de manière que les jambes et les cuisses restent suspendues uniquement par ces nerfs. Alors enveloppez-les d’une petite feuille de cuivre ou de zinc ) posez la grenouille ainsi préparée sur un support isolant , par exemple , sur une plaque de verre • et , prenarît un morceau de tout autre métal recourbé en forme d’arc , posez une des extrémités sur l’armature des nerfs , et l’autre extrémité sur les muscles des cuisses j aussitôt vous verrez les convulsions se manifester , non-seulement dans la cuisse et la jambe que vous aurez touchée, mais encore dans l’autre. Ces convulsions cessent quelque temps après la mort , et elles cessent d’autant plus vite , qu’elles ont été plus excitées. Mais, dans le premier moment de leur affaiblissement , on peut les ranimer par
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F application de tous les excitans qui exaltent l’irritabilité animale. Il en est cle même , au reste , des convulsions que Ton produit sur les organes des grenouilles par Finfluence à distance de Félectricité ordinaire ; et il en résulte seulement que ces organes , lorsque leur irritabilité subsiste encore , sont des indicateurs sensibles au plus petit degré d’élect ricité.
Voltafit revivre aussi une autre expérience que Fon trouve dans un ancien ouvrage intitulé Théorie du plaisir , et qui est extrêmement propre à montrer Finfluence du contact des métaux hétérogènes sur les organes animaux. On prend deux pièces de métaux différens ; le mieux est que l’une soit d’argent ou de cuivre , et l’autre de zinc. On pose une de ces pièces au-dessus , l’autre au-dessous de la langue, de manière qu’elles la débordent un peu en avant. Tant que les pièces ne se touchent point , on n’en reçoit aucune sensation par-
ticulière. Mais lorsqu’on les met en contact, il s’excite une saveur tout-à-fait analogue à celle du sulfate de fer. Ici , d’après Volta, Félectricité est développée par le contact des deux pièces; et c’est la surface de la langue , couverte de papilles nerveuses extraordinairement sensibles , qui lui sert de conducteur. Quelquefois encore l’excitation se transmet à d’autres nerfs; et, si Fon est dans l’obscurité, Fon voit une sorte d’éclair passer subitement dans les yeux.
Galvani chercha à soutenir son opinion d’une électricité animale contre le professeur de Pavie; il lui objecta les convulsions excitées par un arc d’un seul métal , et il s’attacha k en varier les circonstances. Par exemple , après avoir promptement préparé une grenouille , comme nous l’avons dit tout— à-l’heure , si on la jette aussitôt sur un bain de mercure
ff
bien nettoyé, de manière qu’elle le touche par ses nerfs et par ses muscles, il se manifeste ordinairement des convulsions Volta répondit que , dans cette circonstance même , il pouvait y avoir quelque hétérogénéité entre les diverses parties de l’arC conducteur , soit sur la surface du mercure même , soit par le contact des métaux dont on s’est servi pour préparer l’aniraab En effet ? les plus petites différences dans les
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substances employées pour former la chaîne suffisent pour exciter des convulsions, qui ayant ne se produisaient pas. Par exemple , si l’on arme les nerfs de la grenouille avec une lame de plomb impur , tel que celui dont les vitriers se servent , et que Ton achève la communication par un arc du même métal pris dans la même feuille , et par conséquent d’une nature exactement pareille , on produit rarement des effets. Mais si on l’établit avec du plomb purifié , tel que celui dont les essayeurs se servent , l’armature restant la même , les convulsions se manifestent aussitôt • et même il suffit de frotter l’arc d’un seul métal contre un autre métal pour lui donner une hétérogénéité suffisante, comme M* Hallé l’a fait voir. Néanmoins Galvani ne se rendit pas encore à ces remarques; il poussa la précaution jusqu’à préparer les organes de la grenouille avec des lames de verre effilées en couteau. Il obtint encore des convulsions par un arc d’un seul métal ; mais seulement dans les cas que nous avons signalés , c’est-à-dire ou l’irritabilité est extrêmement vive. Enfin , après avoir préparé la grenouille avec toutes ces précautions, il réussit à produire les contractions par le seul contact des muscles et des nerfs de l’animal même, sans avoir besoin d’employer aucune autreTsubstance quelconque pour compléter Farc conducteur. Mais si, comme le dit Volta, et comme nous le prouverons tout-à-Fheure , il se développe del’électricité par le seul contact mutuel de deux métaux , il est également possible qu’il s’en développe par le contact de deux substances hétérogènes quelconque , comme les muscles et les nerfs. Seulement , si cette action est beaucoup plus faible que celle d’un métal sur un métal , il faudra, pour la manifester, employer un électroscope d’une susceptibilité encore plus vive, et tel que les organes de la grenouille paraissent l’être dans les premiers instans qui suivent la mort. Le nouveau fait observé par Galvani , quoiqu’extrêmemenl remarquable , ne conduit donc qu’à une généralisation de l’idée de Volta, bien loin de la renverser.
Il s’agit maintenant d’établir cette idée par l’expérience. Pour cela , Volta emploie deux disques métalliques , l’un
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de zinc , Fautre de cuivre , de cinq ou six centimètres de largeur , bien plans , non vernis , et ayant à leur centre des tiges isolantes perpendiculaires à leurs surfaces , par le moyen desquelles on peut les mettre en contact sans les toucher immédiatement. On approche ainsi ces disques Fun de Fautre , jusqu’à ce qu’ils se touchent , jig. 4 7 ) puis, on les sépare , en les retirant parallèlement. Mais , comme l’électricité qui s’y développe par un seul contact est toujours extrêmement faible , on ne l’essaie pas immédiatement à l’électroscope • on arme celui-ci de son petit condensateur , dans lequel on accumule l’électricité de plusieurs contacts , en faisant communiquer son plateau supérieur avec le sol , et touchant le plateau inférieur qui communique aux pailles , avec le disque métallique dont on veut éprouver Félectricité. Cela fait , on retire ce disque j on le touche ainsi que l’autre pour les remettre tous deux dans l’état naturel* on les replace de nouveau isolés et en contact * on les sépare , et Fon reporte au condensateur celui que l’on veut éprouver. Après sept ou huit contacts de ce genre , si Fon enlève le plateau supérieur du condensateur , les pailles divergent très-fortement en vertu de Félectricité déposée dans le plateau inférieur par les contacts successifs du disque métallique * on peut ainsi éprouver et reconnaître la nature de cette électricité.
Par exemple , supposons les deux disques de cuivre et dé zinc. Si c’est le disque de cuivre qui a touché le plateau inférieur de Félectroscope , Félectricité qui fait diverger les pailles est résineuse • si Fon a touché avec le zinc , elle est vitrée. Ainsi ces deux métaux , isolés et dans Fétat naturel , se mettent, par leur simple contact, dans des états électriques différées : le zinc acquiert un excès d’électricité vitrée , et le cuivre l’excès complémentaire d’électricité résineuse.
On peut encore répéter l’expérience d’une autre manière. Ne faites communiquer aucun des plateaux du condensateur avec le sol ; laissez-les isolés sur Félectroscope * mais chaque fois que vous séparez les deux disques du contact
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touchez en meme temps chacun des plateaux avec un des disques , et toujours avec le même. Comme les électricités libres qu’ils possèdent sont de nature contraire , elles s’attireront mutuellement et se fixeront sur les surfaces contiguës des plateaux. Après quelques contacts de ce genre , séparez les plateaux, et chacun d’eux se trouvera chargé de l’espèce d’électricité qui convient au disque par lequel on Fa touché.
On pourrait croire que Félectricité qui se développe dans cette circonstance tient à une sorte de compression des plateaux l’un contre 1 autre , comme celle qui se développe lorsqu’on presse des taffetas gommés avec un disque métallique , ainsi que M. Libes Fa observé. Mais il est facile de prouver que Faction développée au contact des métaux est d’une toute autre espèce , et est excitée par une influence réciproque qui décompose leurs électricités naturelles. Pour établir ce fait capital , Yolta fait l’expérience suivante. Il forme une lame métallique avec deux morceaux C, Z, fig. 48 , Fun de zinc , Fautre de cuivre , soudés bout à bout. Puis , prenant entre les doigts l’extrémité de la lame qui est de zinc , il touche , avec Fautre extrémité qui est de Cuivre , le plateau supérieur d’un condensateur qui est aussi de cuivre et dont le plateau inférieur communique avec le sol. Après le contact , si Fon enlève le plateau touché, on le trouve électrisé résineusement. Ceci n’a rien que de conforme aux expériences précédentes ’ seulement Fon n’a plus «à craindre 1 eflet d’une pression ou d’une séparation entre les molécules du zinc et celles du cuivre , puisque leur juxtaposition est établie d’une manière permanente , et que le contact sur le condensateur s’opère entre cuivre et cuivre * ce qui ne peut développer aucune nouvelle électricité. Pour que Félectricité , ainsi produite par un seul contact, soit très-marquée , il faut que le condensateur soit beaucoup plus large que celui de Féiectroscope , et que sa force condensante soit considérable.
On obtient encore des effets pareils , sans toucher la lame de zinc avec les doigts ?<,et en la tenant seulement par des
PAU LE CONTACT
tiges de verre ou d’autre substance isolante. Mais alors , comme cette lame ne communique plus au sol , il faut la mettre en contact avec quelque corps d’une grande capacité , dont elle puisse tirer l’électricité qu’elle doit fournir au plateau collecteur du condensateur. C’est à quoi l’on parvient, soit en donnant beaucoup de surface à la lame de zinc , soit , ce qui vaut mieux encore , en lui faisant toucher l’intérieur d’une grande bouteille de Leyde armée en dedans par une feuille de zinc , et dont la surface extérieure , armée aussi d’un métal quelconque , est mise en communication avec le sol.
Cette épreuve faite , on la répète en sens inverse. On prend entre les doigts l’extrémité de la lame qui est de cuivre , et l’on touche avec l’autre extrémité qui est de zinc , le plateau supérieur du condensateur qui est aussi de cuivre 49- Lorsqu’on détruit le contact et qu’on
enlève le plateau touché , il n’a point acquis d’électricité , quoique le plateau inférieur communique au réservoir commun. Pourtant, dans cette expérience, le cuivre et le zinc communiquent encore ensemble et se touchent encore comme dans la première. La seule différence , c’est qu’aiors les deux morceaux de cuivre qui communiquaient au zinc étaient situés bout à bout , tandis que , dans la seconde expérience , ils sont situés des deux côtés du zinc. La cause , quelle qu’elle soit , qui développe l’électricité , agit donc comme une force attractive ou répulsive qui s’exercerait du zinc sur le cuivre , et du cuivre sur le zinc. Dans la première expérience où les deux pièces de cuivre sont d’un même côté du zinc , cette force peut s’exercer , et l’électricité qu’elle développe se répand sur le plateau de cuivre du condensateur. Mais , dans la seconde expérience où le zinc se trouve entre deux cuivres , Faction électromotrice , quelle que soit sa nature , s’exerce également des deux côtés du zinc j il ne doit donc pas se développer d’électricité.
Les métaux et un grand nombre de substances non métalliques agissent ainsi sur leurs électricités naturelles, quand on les met en contact les unes avec les autres, et il
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est extrêmement vraisemblable que cette propriété s’étend avec des degrés divers à tous les corps de la nature. Parmi toutes les combinaisons que Ton en peut faire , il y en aura donc où le développement de l’électricité sera le plus énergique , et d’autres où il sera plus faible , ou même insensible. Dans la première classe sont les métaux hétérogènes , lorsqu’on les met en contact les uns avec les autres; dans la dernière , se trouvent l’eau pure , les dissolutions salines , et même les liqueurs acides mises en contact , soit entre elles , soit avec des métaux.
Four vérifier cette propriété , prenons un tube de verre ouvert à ses deux extrémités , fermons l’une d’elles avec un bouchon de cuivre terminé inférieurement par une tige de même métal qui se prolonge au dehors , comme le représente Xafig. 5o. Puis, remplissons le tube avec un des liquides dont nous venons de parler, par exemple , avec de l’eau ou des dissolutions salines , ou même un acide ; nous aurons ainsi un assemblage exactement pareil à celui des lames de zinc et de cuivre soudées au bout l’une de l’autre. Mais la propriété électromotrice sera incomparablement plus faible. Car, si nous l’éprouvons de la même manière , en touchant avec le doigt le liquide du tube , et portant la tige de cuivre sur le plateau du condensateur , ce qui est précisément le même mode que dans la première expérience , nous aurons beau répéter le contact , le plateau touché ne prendra jamais une quantité appréciable d’électricité ; et cela arrivera ainsi même quand le liquide contenu dans le tube agirait chimiquement sur le bouchon de cuivre avec une grande énergie , à moins que l’on n’employât de très-grandes masses de liquide et de métal agissant violemment l’une sur l’autre. Car alors on sait que la combinaison chimique de deux substances développe de l’électricité , comme MM. Lavoisier et Lapîace l’ont observé en faisant dissoudre quelques kilogrammes de limaille de fer dans l’acide sulfurique. Mais il est évident que l’électricité développée dans cette circonstance est totalement différente du phénomène produit par le contact des métaux , ou en général des substances hété-
PAR LE CONTACT
rogènes , puisqu’âlors îes plus petites quantités de ces substancessoudées ensemble , et qui ne produisent Fune sur l’autre aucune altération sensible , exercent autant de pouvoir que les plus grandes masses. Enfin, ce qui détermine une distinction bien décisive, si Ton répète la meme expérience avec des masses du meme ordre, au moyen du petit appareil que nous venons de décrire, on trouvera que le contact immédiat des métaux et des liquides conducteurs n’exerce qu’une force électromotrice absolument inappréciable.
Mais, par cela même, ces liquides peuvent servir pour transmettre l’action réciproque du cuivre et du zinc, sans l’affaiblir par leur contact. Ainsi , par exemple , en reprenant la seconde expérience , fig. 49, où le zinc était entre deux cuivres , nous avons vu qu’alors les forces électromotrices exercées sur le zinc étant égales et contraires , le développement de l’électricité était nul et le condensateur ne se chargeait point. Mais il se chargera si , entre le zinc et le plateau collecteur , qui est de cuivre , on interpose une couche d’un Kq uide conducteur, tel , par exemple , qu’une goutte d’eau ou un papier humecté de quelque dissolution saline. Ce corps intermédiaire suffit alors pour empêcher l’action éîec— tromotrice du plateau sur le zinc , qui ne se manifeste que dans le contact ; en outre , il ne peut pas remplacer cette action , parce que sa propre force élec tromotrice est trèsfaible et insensible; mais en vertu de sa faculté conductrice , il peut transmettre l’électricité du zinc si celui-ci en acquiert au-delà de sa quantité naturelle. Or le zinc se trouve ici dans une condition éminemment propre à ce développement; car il se trouve interposé entre deux corps qui le touchent, et dont l’un, qui est le cuivre, exerce sur lui une action électromotrice sensible , tandis que l’autre, qui est le liquide , n’en exerce qu’une infiniment faible. Le développement d’électricité pourra donc s’opérer aussi bien que si le zinc était isolé dans l’air; et de plus, par le moyen du conducteur humide , il faudra que ce conducteur et le plateau du condensateur auquel il communique, partagent tous deux l’excès d’électricité du zinc, jusqu’à ce qu ils