DAN S LES MACHINES SIMPLES
que AB soit sa base et’ BD sa hauteur. Supposez qu?on ait placé dessus un corps solide abcd , qui , reposant ainsi sur sa base ab , puisse encore glisser librement le long du plan par l’effet de sa pesanteur. Si vous voulez calculer la force nécessaire pour le retenir , menez , par son centre de gravité G , une ligne verticale G R , pour représenter tout l’effort de la pesanteur , qui peut être considéré comme appliqué à cepoint. Puis, au moyen du parallélogramme des forces, décomposez cette résultante en deux composantes , l’une GF, perpendiculaire au plan fixe , l’autre GFf parallèle à sa surface. Il est visible que la première sera entièrement détruite par la résistance que cette surface lui oppose. Le corps ne tendra donc à glisser, qu’en vertu de la force GFf, et conséquemment , il suffira de faire équilibre à cette force , pour le retenir. Ainsi la puissance qu’il faudra appliquer , sera au poids total du corps, comme le coté GF' , est à la diagonale G R., ou comme la hauteur du plan est à sa longueur • elle sera donc d’autant moindre, que la pente du plan sera plus douce.
Ceci fournit un moyen d’élever un poids à une hauteur quelconque , à l’aide d’une force moindre que lui , en le faisant monter jusqu’à cette hauteur, le long d’un plan incliné • et pour que , dans ce mouvement , le poids ne s’écarte pas horisontalement , à une distance considérable, il n’y a qu’à faire tourner le plan autour d’un axe vertical , comme les chemins qui s’élèvent en serpentant sur les montagnes. Telle est précisément la construction de la vis , qui n’est c^u’implan incliné, taillé dans un cylindre vertical , fig. 24. Pour s’en servir, on construit un conduit EE, que l’on nomme un écrou , lequel est exactemeut taillé sur les dimensions de la vis, avec cette différence qu’il a en creux tout cequ’elle porte en saillie. On adapte cet écrou à un obstacle fixe ; et , en tournant la vis , au moyen d’un levier qui la traverse perpendiculairement à son axe , on produit dans le sens longitudinal de cet axe , de très-grands effets. On peut ainsi pousser ou tirer avec beaucoup de force. On emploie encore cet appareil pour serrer ensemble très-fortement des
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pièces séparées, fig. s5. Alors on fait dans l’une des pièce-s AB un trou assez large, pour que le corps de la vis y passe librement, mais trop petit pour y laisser passer sa tète, que l’on a élargie à dessein. L’autre pièce A' B' est percée d’un écrou, dans lequel on fait marcher la vis. Lorsque sa tête a atteint la première pièce , elle la pousse devant elle, et la serre contre l’écrou avec toute la force que l’on emploie à la faire tourner. 11 semble que ce serrage ne devrait subsister qu’autant que l’on continue à presser sur la vis • mais si l’écrou est très-juste, ce que Ton a toujours soin de faire, le contact de ses surfaces intérieures avec celles des blets de la vis, établit un frottement et une adhérence qui ne permettent plus le retour de la vis sur elle-même, même quand on la renverse , et qui empêchent ainsi les pièces réunies de se relâcher.
En général toutes les conditions d’équilibre que nous venons d’établir, sont calculées dans la supposition mathématique , que la transmission de la force se fait librement à travers toutes les pièces dont chaque machine est composée , sans avoir à vaincre aucune autre résistance, que celle que nous avons considérée spécialement. Mais quand on envient à vouloir appliquer pratiquement ces résultats, on rencontre divers obstacles qui tiennent à la constitution physique des corps dont on fait usage , et qui introduisent dans les conditions du mouvement et de l’équilibre des élémens nouveaux. Ainsi les cordes que nous supposions parfaitement flexibles, acquièrent de la raideur, et ne se plient plus avec une parfaite liberté’ les verges que nous avons supposées parfaitement rigides fléchissent plus ou moins; les surfaces qui se touchent, et que nous supposions glisser sans obstacle les unes sur les autres, contractent une certaine adhérence , qu’il faut vaincre avant qu’elles se désunissent , et lorsque le mouvement est établi , il se développe entre elles un frottement plus ou moins énergique, qui le rallentit ou même l’éteint. Alors les leviers ne tournent plus tout-à-fait librement autour de leur point d’appui, ni les cordes dans les gorges des poulies , tyi les vis dans leurs écrous ; et pour obtenir les conditions
réelles du mouvement ou de l’équilibre, il faut avoir égard à toutes ces causes. Mais comme elles tiennent à la; constitution physique des corps , et non pas à la mécanique abstraite , c’est à l’expérience à les étudier , et à fournir l’évaluation de leur influence, pour qu’on puisse les faire entrer en considération dans le calcul. Ce sont donc là autant de points qui devront occuper nos recherches dans le cours de cet ouvrage.