‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 172 sur 181 · EFFETS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS CHIMIQUES

l’on remarque aussi dans les expériences faites avec l’électricité ordinaire, où Foxigène de Fair se porte toujours vers les surfaces électrisées vitreusement. Même , lorsque les corps se sont trouvés composés de plusieurs principes, dont quelques-uns avaient de fortes affinités pour Foxigène , celui-ci leur a communiqué sa disposition résineuse , et les a entraînés vers le pôle vitré , tandis qu’au contraire les autres principes ont alors pris Fétat vitré , et se sont portés vers le pôle résineux. En vertu de cette loi , tous les oxides et tous les acides qui contiennent de Foxigène ont été décomposés par l'appareil électromoteur, et le principe qui était uni à Foxigène a été transportéaupôle résineux* tandis que Foxigène suivant sa disposition constante est venu se rendre au pôle vitré. Ces belles observations ont été d’abord faites par MM. Hisenger et Berzeîius. M. Humphry Davy , en les variant , en les étendant, fut conduit à essayer Faction de l’appareil électromoteur sur les alcalis, que l’on avait jusque-là regardés comme des corps simples. Il vit alors , et ce fut depuis l’étonnement de l’Europe savante , il vit des bulles d’oxigène se dégager au pôle vitré j tandis qu’au pôle résineux s’assemblaient des substances brillantes d’un aspect métallique et pourtant très-légères , brûlant dans l’air avec énergie , et même jouissant de la singulière propriété de s’enflammer dans l’eau. C’étaient donc les bases métalliques de la soude et de la potasse , appelées depuis sodium et potassium. Mais ces propriétés mêmes faisaient qu’on ne pouvait extraire que des atomes de ces substances, qui se détruisaient dans l’air à mesure qu’ils étaient formés. Il fallut donc chercher un moyen de les préserver du contact de Fair qui les dévorait. Le docteur Seebeck imagina pour cela un procédé fort simple , qui consiste à combiner le sodium ou le potassium avec le mercure à mesure qu’il se dégage. On creuse dans un petit fragment de soude ou de potasse, une cavité que l’on remplit de mercure j on pose ce fragment sur une plaque métallique, et l’on plonge dans le mercure le fil résineux d’un appareil électromoteur , qui doit contenir au moins deux

de l'appareil ÉLECTROMOTEUR, 555

cents couples de plaques. On fait communiquer l’autre fil avec le support de métal • alors, la soude ou la potasse est décomposée , ainsi que l’eau qu’elle contient. L/oxigène de l’un et de l’autre se rendent au pôle vitré , où leur état électrique les entraîne. L’hydrogène et le sodium ou le potassium qu’ils abandonnent , se rendent , au contraire , au pôle résineux. Là , l’hydrogène se dégage sous forme de gaz , et le potassium ou le sodium se combinent avec le mercure , qui les préserve du contact de l’air. De temps en temps , on verse l’amalgame dans de l’huile de naphte , et on renouvelle le mercure. Lorsqu’on a recueilli une certaine quantité d’amalgame , on le distille dans une cornue , avec le moins d’air possible. L’huile se vaporise d’abord , ensuite le mercure ; et enfin le sodium ou le potassium reste libre. Pour que la décomposition de la potasse ou de la soude s’opère par le procédé que nous venons de décrire, il faut que ces alcalis contiennent assez d’eau pour transmettre l’électricité de la pile , mais non pas cependant une quantité assez grande pour que la décomposition de cette eau exige tout l’emploi de l’électricité transmise , car alors la potasse et la soude ne se décomposeraient pas. M. Davy et M. Seebeck , par des procédés de ce genre , sont parvenus à reconnaître dans les autres alcalis des signes non douteux de décomposition. Mais plus de détails sur cet objet 11e conviendraient pas à un traité tel que celui-ci* J’ajouterai seulement qu’en partant de la première découverte de M. Davy sur la composition de la potasse et de îa soude , MM. Gay-Lussac et Thénard ont réussi à enlever Poxigène à ces substances , par le seul effort des affinités chimiques.

Jusqu’ici nous n’avons considéré que l’action de la pile pour décomposer les corps • elle a encore d’autres effets trèsremarquables. Par exemple, si l’on établit la communication des deux pôles par des fils métalliques très-fins , et qu’on les approche doucement l’un de l’autre jusqu’au contact, il s’établit entre eux une attraction qui les retient unis malgré la force de leur ressort 7 si ces fils sont de fer , il s’excite entre eux une étincelle visible qui , comme nous le verrons

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