‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 41 sur 181 · A MESURER L’ÉTENDUE · texte numérisé non relu

A MESURER L’ÉTENDUE

lui substitue la seconde règle B'; le petit bras b poussé par un ressort r , vient de nouveau s’appliquer exactement contre elle. Alors on lit la division où le vernier s’arrête. Si les longueurs des deux règles sont exactement égales^ cette division sera la même que dans l’opération précédente j mais si ëlles sont inégales, elle sera différente , et le déplacement de l’index indiquera de combien l’une surpasse l’autre.

Cette expérience, pour être exacte , exige une précaution indispensable , et à laquelle on nepeut donner trop d’attention à cause des erreurs graves auxquelles on s’exposerait , en la négligeant. Tout le monde sait que les dimensions des corps, varient avec les divers degrés de froid et de chaud qu’ils éprouvent. Nous chercherons bientôt la cause et la mesure de ce phénomène ÿ mais ici nous l’admettonsseulement comme un fait dont les preuves .sont à chaque instant sous nos yeux. D’après cela, une même barre métallique, par exemple , n’apas tout-à-fait la même longueur dans les différentes saisons de l’année , ni dans les diverses alternatives de froid et de chaud , où on l’a placée. Ainsi,, quand on veut la comparer aune autre, il faut fixer avec soin les circonstances particulières où elle se trouve dans le moment de l’observation ; car ces circonstances déterminent sa longueur actuelle. Nous découvri— ronsbientôt les procédés nécessaires pour cette fixation $ mais en attendant, je puis dire que l’on doit prendre toutes les précautions possibles afin de rendre ces circonstances égales pour les deux règles comparées. C’est pourquoi il convient d’opérer dans une chambre assez vaste pour que la présence de l’observateur ne la réchauffe pas sensiblement. Il faut que cette chambre ne soit pas exposée à la chaleur immédiate des rayons solaires, ou du moins qu’elle en soit abritée par des volets 'y il faut laisser les règles pendant plusieurs heures avant de commencer à les comparer , afin qu’elles se mettent au ton général des corps environnans et du comparateur luimême. Erffin il faut à chaque comparaison laisser quelque temps sur le comparateur la règle que l’on y a placée , pour qu’elle perde l’excès de chaleur qu’on a pu lui communiquer en la touchant. Avec ces précautions on peut être assuré que

lia DE LA BALANCE

les circonstances sensibles de chaleur et de froid sont les mêmes pour les deux règles que Ton compare ; il ne reste donc plus qu’à fixer exactement l’indication de ces circonstances , et de leur état commun; c’est à quoi sert un instrument appelé le thermomètre , et que nous expliquerons plus tard. Le comparateur ne peut s’appliquer qu’à des règles terminées ; mais on peut aussi avoir besoin de comparer des longueurs comprises entre deux traits tracés sur une surface plane. On y parvient par un procédé que nous expliquerons quand nous aurons fait connaître les instrumens d’optique que Ton appelle microscopes .

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