‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 42 sur 181 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la balance et de la manière de syen servir .

Après la mesure des dimensions des corps, ce qui est 1« plus nécessaire au physicien , c’est de savoir déterminer les rapports de leurs masses; car il faut qu’il en tienne compte pour apprécier les intensités des forces, par lesquelles les phénomènes sont produits. Nous ayons découvert rpage 62, commentées rapports peuvent se conclure de la comparaison des poids; enfin nous avons vu que l’égalité de deux poids se constate aisément , en les suspendant aux deux extrémités d’un levier dont le centre est fixe et les bras égaux. Telle est la disposition générale des instrumens appelés balances. Je ne parlerai ici que de ceux dont la disposition et la construction sont assez parfaites pour servir aux physiciens et aux chimistes.

Le levier de ces balances , ou ce qu’on appelle communément 1 c fléau , est une barre d’acier trempé L U ,fig. 1 1 , à laquelle on donne une grande force , afin qu’elle n’éprouve point de flexion sensible j>ar les poids qu’on veut lui faire supporter. Soit G son centre de gravité : on s’efforce de faire en sorte cjue les deux parties GL GI/ du fléau, situées de part et d’autre de ce point ? aient dçs longueurs et des figures

D'E LA BALANCE’* Tl J

pareilles; on les nomme les bras de la balance- Aux deux extrémités LL/ de ces bras , on attache des cordons égaux en longueur et en poids , destinés à soutenir des plateaux AAf , qui sont aussi égaux entre eux. Pour rendre sensibles les moindres mouvemens du fléau , on y adapte une aiguille SO perpendiculaire à LL'“ , et dirigée dans la verticale du. centre de gravité G , au-dessus ou au-dessous de ce point» Tout l’appareil est soutenu en un point C , situé aussi dans cette même verticale. Pour que sa mobilité soit plus parfaite, et qu’il ne soit soutenu , pour ainsi dire , que dans ce seul point, on donne i à la pièce de suspension C , la forme d’un couteau que l’on fait en acier très-dur , et dont le tranchant \if pose sur un plan horizontal d’acier poli*

Maintenant il est clair que si l’on avait réussi à établir unè égalité parfaite entre toutes les parties de l’appareil situées des deux cotés du point G , l’équilibre aurait lieu naturellement lorsque la barre LLr se tiendrait dans une situation horizontale ; car le centre de gravité du système serait alors situé dans la verticale du point G ; par conséquent pour connaître quand deux poids seraient égaux, il suffirait de les placer dans les deux plateaux de la balance , et de voir si l’équilibre ne serait point troublé, c’est-à-dire, si le fléau LL? revient à une situation horizontale comme auparavant.

Mais pour que cette observation soit possible, il y a dans la construction de la balance , une condition «Essentielle à observer ; c’est que le point de suspension G se trouve un peu au-dessus du centre de gravité G. Car , si cette condition est remplie , lorsque le fléau aura été tant soit peu écarté de l’horizontalité , il tendra à y revenir par une suite d’os— cillations ; mais si le contraire avait lieu , et si le centre de gravité G se trouvait au-dessus du point de suspension , une fois qu’il serait dérangé le moins du monde de la verticale du point C , rien ne pourrait plus l’y ramener , et le fléau tomberait indéfiniment du coté oh l’emporterait la pesanteur. Or, cette mobilité indéfinie empêcherait d’obtenir lamais l’équilibre; car on ne peut espérer d’établir l’égalité des poids d’une manière tout-à-fait rigoureuse , mais seule- Tome I, 8

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