‹ Précis élémentaire de physique expérimentaleChapitre 43 sur 181 · DE LA BALANCE · texte numérisé non relu

DE LA BALANCE

ment approchée , et telle que les erreurs qui peuvent y rester soient assez petites pour pouvoir être considérées comme nulles dans la comparaison des poids qu’on veut établir , et dans les conséquences qu’on en peut tirer.

En s’astreignant donc à la condition précédente , et supposant d’ailleurs une égalité parfaite entre toutes les parties de la balance situées de part et d’autre du centre de suspension , on aurait une balance parfaite. Mais cette égalité est une chimère. Quelque soin que l’on prenne pour l’établir dans la construction de la balance, on ne l’obtiendra jamais : il faut donc savoir s’en passer , et heureusement on peut , sans nuire en rien à l’exactitude , y suppléer par la méthode que nous allons exposer.

Peser un corps , c’est déterminer combien de fois le poids de ce corps contient une autre espèce de poids connue , par exemple , de grammes et de fractions de grammes. Pour le savoir, commencez par placer ce corps que j’appellerai M , dans un des plateaux de la balance , par exemple , dans le plateau A , puis faites-lui équilibre , en plaçant dans l’autre plateau A' des corps pesans quelconques , par exemple , des morceaux de cuivre , des grains de plomb , et enfin des petites feuilles de cuivre battu ou de petits morceaux de papier que vous ajouterez par parcelles, jusqu’à ce que l’aiguille SO soit parfaitement verticale, et vous indique ainsi l’horizontalité du fléau LL'. Cela fait , otez doucement le poids M , et substituez à sa place des^grammes et des fractions de grammes, jusqu’à ce que l’aiguille SO soit redevenue verticale : la quantité qu’il faudra mettre de ces poids exprimera précisément le poids du corps M j puisque ces nouveaux poids, étant placés dans les mêmes circonstances que le corps M , font de même que lui, équilibre au plateau A' , chargé des corps que vous y avez placés.

On voit que cette méthode est indépendante de la longueur des bras de levier , CL, CL', ainsi que de l’inégalité de poids qui peut exister entre eux. Pour être parfaitement exacte , elle exige seulement deux conditions.

Xa première , c’est que les points de suspension LL' soient

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bien rigoureusement les mêmes dans les deux opérations. En effet , la puissance d’un même poids , pour faire tourner le fléau , est inégale suivant qu’on le place à des distances diverses du centre de suspension ; si donc le point de suspension du plateau A pouvait varier dans les deux pesées consécutives , il s’ensuit que , dans la seconde , il faudra employer réellement un poids différent de celui du corps M, pour faire équilibre au plateau A' , et aux poids dont on l’a chargé ) et comme aucun indice ne vous avertirait de cette inégalité , il s’ensuivrait que l’on pourrait ainsi tomber dans de graves erreurs. Aussi l’artiste doit-il employer tous ses soins pour établir et assurer la constance des points de suspension LL/. Le meilleur moyen d’y parvenir , c’est que cette suspension se fasse aussi par des couteaux d’acier croisés , à tranchant vif , comme ^représente la fig. 12 j car alors les points LL? étant déterminés par le croisement de deux de ces couteaux suspendus l’un à l’autre sur leur tranchant , ils sont aussi fixes, aussi invariables que l’on puisse le désirer , surtout quand on ramène toujours le fléau à la position horizontale y c’est ainsi que sont disposées les excellentes balancés de Fortin.

La seconde condition à remplir , c’est que la balance soit très-sensible , c’est-à-dire, que lorsqu’elle est en équilibre et chargée , le moindre petit poids mis dans un des plateaux ou dans l’autre suffise pour déranger cet équilibre et faire mouvoir l’aiguille SO. Cette sensibilité dépend uniquement de la suspension C } elle sera d’autant plus parfaite , qu’il y aura moins de frottement dans ce point, entre le couteau C et le plan qui le porte : car le frottement qui résulte de la superposition de deux corps est une force qui s’exerce dans la direction de leurs surfaces , et qui s’oppose aux autres forces qui tendraient à détacher ces surfaces l’une de l’autre j ainsi le frottement du couteau C , sur son support , doit s’opposer à ce que le fléau LL' tourne autour du point C. En effet 9 cette rotation ne peut avoir lieu sans détacher l’une de l’autre les parties du couteau et du support qui se touchent^ 11 faut une force pour détruire leur adhésion , et par censé**

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