RAPPORTS DU BAROMÈTRE
prévu. Si nous avons marqué par le nombre 100 , îe terme de l’eau bouillante à la surface de la terre , dans un moment où le baromètre marquait 0^,76, ce qui est la pression moyenne de l’atmosphère au niveau des mers , lorsqu’ensuite nous nous serons assez élevés pour que le baromètre ne marque plus que y 5 centimètres, l’eau commencera à bouillir quand le thermomètre marquera moins de 100 degrés, et généralement il y aura une correspondance constante entre l’abaissement de ce degré et l’indication du baromètre. On peut déterminer le rapport de ces deux phénomènes , par des expériences faites ainsi à diverses hauteurs; et alors on prédit le degré de l’eau bouillante d’après l’élévation du baromètre, ou réciproquement l’élévation du baromètre d’après le degré où se fait l’ébullition de l’eau. On arrive à des résultats plus précis encore , et beaucoup plus généraux, par un autre procédé que j’indiquerai bientôt, et qui n’exige aucun déplacement. Pour le moment , je me bornerai à donner un résultat , que l’on peut regarder comme fondé uniquement sur l’expérience , et que l’on peut vérifier par elle, mais qui suffit pour régler complètement tous les thermomètres dans les lieux qui ne sont pas élevés de plus de quatre cents mètres (200 toises) au-dessus du niveau de la mer. Ce résultat consiste en ce que, quand la pression barométrique ne diffère pas beaucoup de 28 pouces de l’ancienne division, ou de om, 76 de la division métrique, une augmentation ou une diminution d’un pouce dans cette pression, répond exactement à i° de la division centésimale dans la température de l’ébullition de l’eau; c’est-à-dire , par exemple, que si la pression , au lieu d’être de 28 pouces, est de 27, le terme de l’ébullition , au lieu d’être à ioo°, répondra à 99°; de manière que si l’on veut régler un thermomètre dans cette circonstance , et qu’on y ait marqué le point de l’ébullition, ainsi cpie celui de la glace fondante, il faudra diviser l’intervalle en 99 parties pour avoir des degrés centésimaux , ou pour que le thermomètre marque 1 oo° dans l’eau bouillante , quand ldbaromètre sera à 28 pouces. Le contraire arriverait si le baromètre était à 29 pouces; alors le terme de l’ébullition serait à ioi°; il faudrait donc diviser en loi partie
ET EU THERMOMÈTRE
l'intervalle compris entre ce point et le ternie de la glace fondante.
On ne peut trop rappeler que-, pour faire ces expériences avec exactitude , il faut se servir d’eau distillée ou d’eau de pluie, ou d’eau de neige, parfaitement pures 5 car presque toutes les eaux de rivière ou de fontaine contiennent en disso« îution des sels qui , par leur combinaison avec elles , retardent leur ébullition.
Quand on fait bouillir de l’eau sur les montagnes , il sè passe encore un autre phénomène dont il est bon d’ètre prévenu* c’est que, à mesure que l’on s’élève , il devient plus difficile de faire bouillir l’eau, quoiqu’elle bouille cependant à des degrés du thermomètre plus bas qu’à la surface de la terre : cela tient à la difficulté qn’il y a d’entretenir le feu qui sert à la faire bouillir. L’air , à mesure qu’on s’élève , devient plus rare , c’est-à-dire , qu’il a moins de masse sous le même volume. Or, un des principes constituans de Fair que Fon nomme Y oxygène , est l’aliment unique et essentiel de la com* bustion , ou plutôt le phénomène que nous appelons combustion , n’est autre chose que la combinaison qui se fait de ce principe avec les corps combustibles 5 c’est ce que les chimistes prouvent d’une manière non douteuse. Lorsque nous soufflons le feu, nous ne faisons autre chose que diriger, sur les corpâ combustibles, une plus grande masse de cet oxygène contenu dans Fair. Venons maintenant à l’application : puisqu’en s’élevant dans l’atmosphère , Fair devient de plus en plus rare , il faut en souffler , en amener un plus grand volume sur le même point, pour qu’il y ait réellement la même masse d’oxygène * par conséquent , à volume égal , il doit fournir au feu un aliment moins actif, et la difficulté de l’entretenir doit augmenter avec la hauteur.
D’après ce que nous venons de dire sur la variabilité de la température nécessaire à l’ébullition de l’eau , on pourrait , par analogie, penser que le terme de la glace fondante, qui forme l’autre extrémité de l’échelle , doit pareillement changer avec la pression barométrique ; mais les expériences les plus précises n’y font pas apercevoir la plus légère variation , même Tome I. ia