VERS SAINS VERS MA LADES
AZOTB. CARBONE. AZOTE. CARBONE, poor 100. pour lOO. poor 100. poor 100.
Racesina 1.62 10.97 0.94 11.20
Espagnole! jaune 1.07 9.33 0.85 10.07
Roquemaure 1.04 « 0.79 t
Tnnn. 1.68 « 0.92 »
M. Pasteur a toujours remarqué que les races à
I UALADIES. 173
trois mues étaient moins exposées à prendre la pébrine que les races ordinaires à quatre mues, circonstance qu'il croit pouvoir attribuer à la moindre durée de la vie des vers. Mais, en revanche, elles paraissent plus prédisposées à la grasserie.
§ 7. — La plachsrie.
La flacherie, où maladie des morts-blancs, des morts-flats, maladie des tripes. L'épidémie actuelle n'est pas due à la pébrine seulement, mais aussi à la flacberie*, indépendante de la pébrine, mais non moins redoutable.
La flacberie n'apparaît guère qu'après la quatrième mue ; mais, à partir de ce moment, la mortalité devient considérable : la litière est couverte de vers ayant toute la grosseur qui convient à leur âge, ayant gardé leur aspect extérieur, mais morts ou mourants ; ce n'est souvent qu'en les touchant qu'on s'aperçoit qu'ils ont cessé de vivre; les autres sont languissants et leurs mouvements sont à peine sensibles. Si quelques-uns ont déjà monté sur la bruyère, ils s'allongent sur les brindilles et y restent sans mouvement jusqu'à leur mort, ou bien ils tombent pendus et retenus seulement par quelques-unes de leurs fausses pattes. Dans ces dispositions, ils de-
viennent mous en un temps plus ou moins long, qui est quelquefois très-court, puis ils pourrissent en prenant une couleur noire dans l'intervalle de vingtquatre à quarante-buit-heures, Leur corps n'est plu$
alors qu'une bouillie» une sanie d'un brnn noirâtre.
A Texamen microscopique, aùcujti d'eux ne présentera des corpuscules; mais les matières qui remplissent leur canal intestinal renferment des productions organisées diverses : P des vibrions, souvent très-agiles , avec ou sans noyaux brillants dans leur intérieur; ces vibrions, trouvés pour la première fois en 1858 par M, Joly, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, qui les a nommés vibrio aglaiœ, sont faciles à distinguer des corpuscules de la pébrine ; 2^ une nomade à mouvements rapides ; S^le Bactertutn^termo^ ou un vibrionien très-ténu qui lui ressemble; 4^ enfin un ferment en chapelet, caractéristique de la flacherie. Ces productions sont réunies dans le même ver, le plus souvent; d'autres fois plus ou moins séparées. Ces ferments animaux ou végétaux ne se rencontrent jamais dans les vers sains.
Ce ferment, qui se multiplie à l'infini dans les tissus de l'animal et le fait périr, est constitué par de très-petites cellules ovoïdes, analogues à celles de la levure de bière , mais de moitié plus petites encore , se multipliant rapidement par germination, et que, par suite, on trouve disposées en chapelets ou séries de cellules; on ne trouve ce ferment en chapelets que dans la poche stomacale du ver ou de la chrysalide* Le diamètre des cellules est d'environ un millième de millimètre. Le point de départ du fer-, ment paraît résider dans la fermentation des matières contenues dans le canal intestinal; pendant cette fermentation, se formjsnf et se dégagent des aci^e?
gras volatils, qui répandent dans la chambrée infectée (fig. 30) une odeur aigre et désagréable. On ne peut douter que la présence de ces ferments animaux et végétaux n'altère profondément les fonctions digestives de Tinsecte. Lorsque les vibrions abondent dans les matières du canal intestinal » les parois de celui-ci ne tardent pas à s'altérer, à se détruire, perforées qu'elles sont par les vibrions qui se répandent dans tout le corps. C'est alors que le ver devient noir et tombe en putréfaction. Les vi-
Fig. 30. Vér mort de la flacherie.
brions se trouvent plus rarement et moins nombreux dans les chrysalides , et surtout dans les papillons , peu de vers vivant assez longtemps , après le début de la maladie, pour subir ces métamorphoses.
Le flacherie est très-souvent accidentelle ou sporadique; elle peut résulter, dans ce cas, de l'encombrement des chambrées, d'une température trop élevée au moment des mues , d'une aération insuffisante, d'un arrêt de transpiration produit par une touffe sèche, d'une mauvaise alimentation (feuille échauffée, mal aérée, mouillée par le brouillard). M. Pasteur regarde comme prédisposante la feuille des mûriers greffés et taillés chaque année , et conseille l'emploi des feuilles de sauvageons ou de mûriers taillés à de longs intervalles seulement.
La flacherie est héréditaire et éminemment contagieuse : héréditaire, en suite de la conséquence d*un afiaiblissement de la graine ou des vers; contagieuse , tant par le contact direct de vers infectés avec des vers sains que par la poussière des magnaneries où ont précédemment séjourné des vers morts flats. Mais les corpuscules de la pébrine deviennent inoffeiisifs dans un temps relativement très-court, tandis que ceux de la flacherie conservent leur activité pendant des années. D'où résulte la nécessité de la sélection parmi les reproducteurs et de la: désinfection des magnaneries précédemment infectées. Les éducations précoces fournissent, d'ailleurs, un précieux moyen de contrôler les graines achetées.
§ 8. — Autres ualadiss.
M. Pasteur ne reconnaît que quatre maladies bien caractérisées chez le ver à soie ; ce sont : la grasserie, la muscardine , la flacherie et la pébrine. Toutes les autres lui paraissent rentrer dans celles-ci : Tapoplexie, Vhydropisie, Tatrophie , Tétisie , la negrone, les passis , les arpions, peut-être même les lucettes, ne seraient que des formes de la flacherie ou de la pébrine. Il remarque, ce qui d'ailleurs s'observe dans la plupart des épidémies , que les autres maladies, comme la muscardine et la grasserie, ont paru diminuer de fréquence et d'intensité depuis l'apparition de l'épidémie actuelle. La maladie, dite autre-
fois lienteriej qui consiste dans une irritation des intestins , à la suite de laquelle le ver rend la feuille mal digérée y et qui est ordinairement mortelle, nous parait également pouvoir être rapportée à la flacherie.