‹ Précis élémentaire de sériculture pratique. Mûriers et vers à soie; production, industrie, commerce de la soieChapitre 6 sur 38 · ANATOHIE ET PHYSIOLOGIE DU VER A SOIE · texte numérisé non relu

ANATOHIE ET PHYSIOLOGIE DU VER A SOIE

Nous avons va que le ver à soie est un insecte appartenant à Tordre des Lépidoptères, à la famille des Lépidoptères nocturnes, à la tribu des Bombycites , à Tancien genre Bombyx , au nouveau genre Séricaire , et que son nom zoologîque est Sericaria Mori.

Comme tous les Lépidoptères , il passe par les quatre états d'œuf, de larve ou chenille, de chrysalide ou nymphe et de papillon , ou insecte parfait. Ce sont ces diverses phases que nous allons successivement étudier.

§ 1«. — OEuFs.

Les œufs, vulgairement nommés ^raiW^ sont de petits corps ronds , lenticulaires , déprimés au centre, aplatis sur les deux faces. Au moment de leur ponte, ils sont recouverts d*une sorte de vernis agglutinatif qui, en se desséchant, détermine leur adhérence au corps sur lequel ils reposent. Ils n'ont pas pourtant exactement la même forme dans toutes les races ; ils sont tantôt ronds , d'autres fois ellipsoïdes , le plus souvent ovales , c'est-à-dire plus petits à l'un de leurs bouts. Les œufs de la race jaune

de soufre ont une forme ovoïde ou ovale, ceux des autres races sont ronds ou lenticulaires. Au moment de leur ponte, les deux faces supérieure et inférieure sont légèrement convexes; bientôt elles s'aplatissent et finissent plus tard par devenir concaves , ce qui est dû à une dessiccation successive de Fœuf ; lorsqu'il est devenu complètement plat, que les deux faces se touchent presque, la dessiccation a été poussée trop loin , le germe est mort.

Les œufs non altérés sont plus lourds que Teau ; mais leur poids comme leur volume varient , suivant les races, dans des limites très-étendues. On a trouvé, dans des expériences répétées, que le nombre d'œufs nécessaires pour peser un gramme , cinq mois environ après leur ponte, était le suivant :

Race de Brianza ou de Dandolo 1.200 œufs,

Bace de Loudun 1.250 —

Race de Boquemaure 1.250 à 1.273 —

RaceCora. 1.300 —

Race Espagoelet \. . . . . . 1.350 —

Race Turin 1.350àl.400 —

RaceSina 1.330àl.550 —

Ce poids varie dans certaines limites avec Tâge de Fœuf. La perte totale de la ponte à Fîncubation est d'environ un dixième, mais elle se fait pour la plus forte part (5 pour 100, de la ponte au 1*' février), de la ponte jusqu'aux premiers froids; s'arrête pendant l'hiver et se complète de février dans le Midi , ou mars dans le Nord, jusqu'au moment de l'éclosion (i pour 100 du l*' février à la mise en incubation, 4 pour 100 pendant les six à huit jours de

l*incobation soos une températare moyenne de 24 à SS"" c). Ainsi, si 1400 œufs pèsent un gramme lors de la ponte, il en faudra 1540 pour peser le même poids avant Téclosion.

La couleur des œufs n'est pas moins variable que leur poids, a An moment de la ponte, Tœuf est jaune jonquille; dans l'espace de huit à dix jours, la couleur prend de. l'intensité et devient brun rougeâtre ; puis elle passe peu à peu au gris roussâtre ; enfin, elle devient gris d'ardoise. Cette teinte persiste pendant l'automne, l'hiver et une grande partie du printemps ; mais alors , à mesure que la température s'élève, naturellement ou artificiellement, la couleur des œufs passe successivement par les tons suivants : bleuâtre, violet, cendré, jaunâtre. Enfin, ils blanchissent de plus en plus. Ce phénomène indique une prochaine éclosion. Ces divers changements sont indépendants de la coquille, car elle reste blanche. Us résultent donc des modifications successives de la matière contenue dans l'œuf, et que la demi -transparence de la coquille laisse apercevoir en partie, n Les œufs qui conservent la couleur jaune jonquille qu'ils avaient lors de la ponte sont inféconds. La coloration blanche des œufs féconds, quelque temps avant l'éclosion, est due à la disparition du liquide dans l'œuf alors exclusivement occupé par le ver, que ses poils empêchent de toucher la coquille ; celle-ci seule alors donne sa couleur à l'œuf. Enfin, nous avons vu qu'au printemps les œufs de races blanches prenaient un gris ardoisé bleuâtre, et les races jaunes une teinte jaune verdâtre.

ÂNATOMIE ET PHYSIOLOGIE. 37

Si» peu de temps après la ponte, on écrase un œuf fécondé , on verra qu'il est rempli par un liquide visqueux et incolore, dans lequel nage un point légèrement coloré, le germe. Ce liquide, nous venons de le voir, diminue par évaporation; le germe, qui ne commence à se développer qu'avec les premières chaleurs du printemps ou sons Faction d*une chaleur artificielle, et dont le bec est noir et dépourvu de poils , le corps recouvert de poils noirs , finit par devenir en partie visible à travers la coquille, sous forme d'un point noir (la tète), et d'un croissait brunâtre (le corps). L^éclosion alors est proche.

Ces œufs pondus en juin ou juillet n'écloront, quoi qu'on fasse, pour la plupart qu'aux mois de mars ou avril suivants. Cependant, même en France et dans toutes les races, un certain nombre d'œufs éclosent peu après la ponte. Cette précocité est devenue héréditaire et caractéristique dans ce que l'on a nommé la race Trevoltini. Les œufs des races ordinaires doivent être conservés durant les neuf mois qui séparent la ponte de l'éclosion, dans un local où ils soient à l'abri de l'humidité, des variations extrêmes de la température, des ravages des rats et souris, etc.

Ce n'est, dans le centre de la France, que vers le 15 février, et vers le 20 janvier, dans le Midi, que commence dans les œufs le travail d'organisation du germe. L'éclosion n'a lieu qu'après que les œufs ont reçu, depuis l'une ou l'autre de ces époques, une somme de 1,100 à 1,150** c. de chaleur. De sorte

que, pour des œufs laissés à Pair libre, réclosion naturelle aurait lieu vers le 4 ou 10 mai dans le Midi, vers le 1" juin dans le centre de la France, année commune. Les éducateurs en grand, cherchant à obtenir réclosion des œufs à Tépoque où la. feuille de mûrier sera suffisamment développée sans être devenue trop dure , placent les œufs au printemps dans une glacière ou une cave et leur font subir, le moment opportun arrivé, F incubation artificielle dans une sorte d*étuve où pendant 6 à 12 jours, on élève successivement la température de 10 à 25* c.

§ 2. — LiRVB ou Ghbnillb.

Le germe suffisamment développé dans Fœuf en sort par ses propres forces, a Pour y parvenir, il ronge la coquille sur le côté, jamais «^r le plat. Quand Touverture lui paraît assez grande , il s'efforce de la franchir; quelquefois, elle est insuffisante pour donner passage à la tète : alors le ver se retourne et sort à reculons, pair la queue; mais la tète ne pouvant se dégager, il s'agite vainement, coiffé pour ainsi de sa coquille , jusqu'à ce qu'il périsse de fatigue et de faim. Souvent aussi , quand les œufs ont été détachés du corps (papier ou toile) auquel ils adhéraient, la coquille ne se sépare pas facilement du corps du ver; il la traîne partout avec lui.* Il grossit rapidement et meurt coupé en deux par ce lien fatal, dont il n'a pu se débarrasser... Dès que le ver a sorti sa tète de la coquille , il attache un fil de

ÀArÂTOUtE ET PfitSlOLOGIÉ. dd

soie au corps qu^il peut atteindre, sans doute pour éiriter de tomber ou d'être emporté par le vent, n (Robinet.)

L*éclosion de notre insecte nocturne n'a pas lieu îndiiTéremment à toutes les heures, mais seulement pendant six surtout de la journée ; elle commence vers trois heures du matin, mais en petit nombre, elle est dans toute sa force vers six heures et cesse presque complètement vers neuf. Lorsqu'on met à Tincubation 100 grammes d'œufs pesés au dernier jour, Téclosion terminée et complète , on retrouvera 20 grammes ou un cinquième environ de coquilles vides.

Le ver, au moment de son éclosion, n'a. qu'une longueur de 0",002 environ; il est si grêle et si petit que , pour former le poids d'un gramme , il en faut réunir en moyenne 1,700« Il est alors d'un brun foncé , presque noir, mais cette coloration provient , non de sa peau (sauf les moricauds) qui est blanche, mais bien des nombreux poils noirs qui la recouvrent. A mesure que la chenille grossit, les poils deviennent relativement plas rares, bien qu'ils ne tombent ni ne se multiplient, leur nombre restant le même pour une surface qui se multipliera jusqu'à 72,000 fois. La peau ne tardera pas à paraître presque nue.

Aussitôt née , la jeune chenille cherche à manger et est douée d'un actif appétit. Pendant les quatre premiers jours, le ver mange et grossit; le matin du cinquième , il cesse de manger, voûte son corps vers le milieu du thorax , la té(e repliée vers le sol ; il

40 LEVERASaiB.

jette çà et là quelques fils de soie sous lesquels il se glisse en laissant dégagée toute sa partie antérieure ; il reste de douze à vingt-quatre heures dans cette position : c*est le sommeil qui précède toute mue. Après ce temps de repos , il s*agite de côté et d'autre comme cherchant à sortir d*un trou. Dans ces efTôrts, son épiderme qui constituait Tancienne peau se rompt bientôt autour de la tête, puis se fend, suivant la ligne médiane sur le renflement dorsal de la partie thoracique; il sort de son ancienne peau devenue trop étroite et se trouve revêtu complètement d*ttn derme approprié à sa taille ; il reprend sa position horizontale et sort peu à peu de sa prison qu'il abandonne à ses côtés: c'est sa première mue, il va entrer dans son second à^e.

Son accroissement va continuer, mais trois fois encore il devra dormir et muer, les 9% 15% 21* jours après sa naissance ; de sorte que sa vie comprend quatre mues et se compose de cinq âges , savoir :

1«' âge. De la naissance au 5« jour 4 jours.

Première mue.

â" âge. Du 5« au ^ jour 4 jours.

Seconde mue.

Z^ âge. Du 9« au 15« jour 6 jours.

Troisième mue.

4« âge. Du 15«au 2i«jour : . 6 jours.

Quatrième mue.

5« âge. Du 21« au aO« jour 9 joure.

Montée et coconnage.

Le second âge est le plus court et le cinquième

AVATOUIE ET PHYSIOLOGIE. 41

le plus long; la vie de la chenille dure donc en moyenne trente jours sous cette forme.

Mais il faut revenir sur la crise qu'on appelle mue. Le ver s'y est préparé par la diète et par Texpulsion des excréments, afin de réduire le diamètre de son corps. 11 fait d'énergiques efforts, produit de violentes confractions musculaires pour se gonfler et rompre sa prison , tandis que Fépiderme nouveau laisse suinter un liquide particulier qui s'interpose entre la nouvelle et l'ancienne peau pour faciliter leur séparation. La tète délivrée, le ver met en liberté ses deux premières pattes, et à force de mou* vements vermiculaires, il se débarrasse de son fourreau préalablement amarré par lui à l'aide de fils de soie. La nouvelle peau, après chaque mue, apparaît couverte d'une poussière farineuse, entièrement composée de cristaux d'acides urique et hippurique, résultant de la cristallisation du liquide interposé entre l'ancien et le nouvel épiderme en vue de faciliter le glissement de ces deux enveloppes l'une sur l'autre. Le ver qui vient de subir la mue, apparaît revêtu d'une peau humide et molle sur le corps; celle de la tête, qui fait corps à part, s'est détachée la première. Avant la mue , la tète paraissait trop petite pour le corps ; après la mue elle parait trop grosse. Après ce changement de peau, le ver ne tarde pas à reprendre sa couleur naturelle, d'un gris plus ou moins foncé, durant les trois premiers âges, blanc, gris très-clair pendant les deux derniers, à moins qu'il ne soit à peau noire (moricaud). Le nouveau museau qui, lors de son apparition , est d'un

blanc verdâtre , ne tarde pas non plus à passer an brun d'abord, puis au noir.

Le ver s'est préparé à la mue par la diète , mais les deux jours qui précèdent cette crise ont été caractérisés par une incroyable voracité. Cette phase d'appétit insatiable a reçu le nom de frèze; la frèze du dernier âge a reçu le nomade grande frèze. En supposant la durée de l'éducation de trente jours, les mues se présentant les 5*, 9", 15* et 21% les frèzes auront lieu les 3* et 4% 6* et 7% 12«et 13% 18* et 19% etlagrande frèze les 27* et 28* jours.

Vers la fin du cinquième Age, la grande frèze précède , non une nouvelle mue ^ mais la montée, le coconnage et la trafasformation de la chenille en chrysalide. C'est à ce moment que nous prendrons la larve du Bombyx séricaire pour étudier son ana* tomie et la physiolologie de ses fonctions en la dis* séquant.

Voyons l'extérieur d'abord : La chenille, parvenue à son dernier développement, a généralement la peau d'nn blanc gris jaunâtre et recouverte de rares poils noirs et assez rigides. Son corps est divisé en douze anneaux (fig. 1) séparés l'un de l'autre par des étranglements plus ou moins profonds, moins dans les trois premiers, et entre les onzième et douzième, plus dans les autres. Les trois premiers anneaux portent des taches noires symétriques, disposées deux par deux , vers le sommet an premier et an troisième , latérales au second ; le cinquième porte deux taches noirâtres en forme de croissant, situées sur les côtés de la ligne longitudinale sapé-

&NATOUIE ET PHYSIOLOGIE. iS

rieore , le hnilième en porte deax semblable*, mata un peu moina saillante et de teinte moins foncée. Les*', 5-, 6\ 7'. 8*. 9", 10' et 11- présentent surie côté de petites raies noires tranversales, sitoées en

DeniDtireideptUei Q"™^

ehBl.. Fig. I.

Ver i •oie adolla.

ariiëre de l'étranglement des anneaux auquel elles sont parallèles. Le onzième anneau porte, à sa partie supérieure, an prolongement en forme de gueue recourbée avec l'extrémité dirigée en haut et en arrière du corps. Enfin, les deuxième et troisième anneaux présentent de nombreux replis de peau affectant des dispositions symétriques mais dinérentes, formant des crêtes plus ou moins saillantes, des étranglements plus ou moins profonds.

Ai LE VBR A SOIE.

Le système locomoteur se compose de hnit paires de pattes, soit seize pattes ainsi disposées : trois paires de pattes articulées (4 articles dont le dernier est nn ongle on crochet), placées chacune sur nn des cAtés inférieurs des trois premiers anneaux; quatre paires de pattes abdominales, membraneuses ou en couronne garnie de crochets, et placées chacune sous nn des 6*, 7*, 8* et 9' aDoeanx; enfin une paire |de pattes anales ou caudales, conformées de même façon et placées sous le douzième anneau. Les 4* et 5*, 10* et 11* anneaux sont donc seuls dépoorvos de pattes. Les pattes articulées et écailleuses, terminées paruDongleon crochet conoide et pointu, serrent surtout à la progression, avec l'aide de la paire anale et membraneuse. Cette dernière, comme les pattes abdominales ou fausses pattes, est charnue, en forme de mamelon, recouverte d'une peau molle; le renflement inférieur de ces pattes estdisposé en forme de disque et garni sur son pourtour de poils courts et roides, recourbés eu hameçon ; c'est & elles que le ver doit de pouvoir s'accrocher fortement aux corps sur lesquels il che-

L'appareil digestif (fig. 2) nous présentera à étudier la tète, l'estomac et les intestins. Les organes masticateurs (£g. 3) de la tète se composent de deux mAcboires dentelées en scie, se mouvant horizontalement comme les parties d'une porte vantaux, ce qui expliqne pourquoi la chenille e toujours à prendre la feuille par le c6té , ) l'entamer en se mettant à cheval sur la tran-

AHATOUIE ET PHTSIOLOCIE. 4B

die. Ud atophage composé de fibres longitadinales

Fij, % Bonclie da l> chenille àa Tsr i aole vue de face. A. ^iUe pirijtsle, — B. Lhre ■Dp^rieure. — CC. Hlcboiret denlï- M». — D. Aalennei. — E. Grot lurblUaDt. — F. Pilier*. — G. Une inCirienre. — H. Pelili bublUoni. — I. Yem.

el transversales, et occupant la longueur de la 161e

Fig. 3. Boucha de la chenille du >er à loi* vne d'eu de»a».

et des deux premiers anneaux , fait communiquer la bouche avec an large et long etiomac qui occupe

toate la partie supérieure du corps, du troisième jusqu'à la moitié du neuvième anneau ; cet estomac ou ventricule présente des rides transversales à son point d'origine (c'est cette portion qu'on a nommée ventricule chylifique) , des bandelettes fibreuses sur ses faces dorsales et ventrales, et le resté de ses membranes est un mélange de fibres longitudinales et transverges. Il aboutit dans le premier gros intestin (fig. 4), qui forme un étranglement et auquel succèdent les second et troisième qui, séparés encore par de profonds étranglements, présentent sur toute leur circonférence de larges bosselures. Dans le second gros intestin, prend naissance rm/^^/in grêle de Lyonnet, divisé en trois petites branches qui viennent s'accoler sur l'estomac, latéralement, sur ses deux faces dorsale et ventrale. Ces petits canaux représentent en même temps le foie et les reins; on les appelait autrefois les vaisseaux biliaires. Le gros intestin vient eûfin, après avoir fourni l'intestin grêle , aboutir dans le cloaque où se terminent aussi les trois braAcbes des intestins grêles; ce cloaque se termine à l'anus.

\^ appareil respiratoire se compose de trachées et de stigmates. Les trachées ou tubes aérifères, à parois membraneuses et très-élastiques, sont destinées à conduire l'air vital dans toutes les parties du corps; elles se ramifient à l'infini et aboutissent au dehors par des ouvertures nommées stigmates. La larve du ver à soie est munie de neuf stigmates placés infrà- latéralement sur les !•% 4*, 5*, 6% 7*, 8% 9% 10« et !!• anneaux; les 2% 3« et 12» seuls en

80Dt privés. Les stigmates forment sur la chenille autant de petits points noirs; leur onverture extérieare est défendue contre l'introduction des corps étrangers par une série de petites membranes, dis-

A. C»iU de U boucbe. — B. Pharjni — C. OEinpfaige. — D. Bandelette Hbrenie. — B. Bilomac. — F 1» groi ÎDledia. — G. S* groi iDttatin, — H. 3" groj inlealin. — !. Intettin grile. — 1, Cloaque.

posées comme les^lames ijni {{amissent la calotte d'un champignon.

VappareU circulatoire se compose nniqnemeDt

du cœur ou vaisseau dorsal, long tube dont Textrémité antérieure s*ouvre dans le crâne, dont le diamètre se rétrécit à la hauteur des trois premiers anneaux, pour s'élargir ensuite et se terminer par un brusque amincissement avec le 11* anneau. Il occupe longitudinalement la partie médiane et. supérieure du corps, immédiatement en dessous de la peau. A partir de la naissance du 4* anneau, le cœur fournit, à chaque étranglement correspondant aux anneaux , un épanouissement en queue de cheval de petits tubes qui s'anastomosent successivement. On sait que le sang des insectes est blanc; d'après Robinet, il serait blanc dans les vers des races blanches, et jaune dans ceux des races jaunes; c'est par simple endosmose que le chyle traverse les parois du tube digestif et se môle au sang répandu dans tous les interstices des tissus. Le cœur exécute des mouvements de contraction et de dilatation vermiculaires, mais ne fournit aucun vaisseau circulatoire ramifié. Le liquide y pénètre* par des ouvertures latérales garnies de valvules pour empêcher le reflux ; après avoir hématose le sang , le cœur le lance par une seule artère dans la tète d'où il se répand partout; partout, d'ailleurs, il rencontrera l'air puisé à l'extérieur par les stigmates et amené par les trachées.

V appareil génito-urinaire se compose du corps réniforme ou testicule j à quatre lobes, muni d'un canal excréteur (uretère, queue ^ canaux urinaires, tubes de Halpighi ) , qui vient s'aboucher à la face inféro-latérale du cloaque. C loni les reins, sécré-

ANATOMIE ET PHYSIOnpWlC ', V,, 'T.

teurs de Turine ; les organes généra^^(^J^*^JÏ^xii. ; ^^-/f pas dans la chenille, a Le ver à soie ^^^à^g^^^^: l-^^ da moin&très-peu). Il en résulte que Teau contenue dans la feuille (du mûrier), et qui ne reste pas dans le corps de Tanimal pour contribuer à son développement, doit être expulsée par la transpiration. Aussi, cette fonction a-t-elle une grande importance chez les vers à soie , et tout ce qui la trouble est une cause de maladie. La transpiration a lien par la peau et par les stigmates. » (Robinet.)

Le système nerveux de la chenille du ver à soie est composé, comme dans les autres insectes, d'une masse cérébrale ou cerveau , formé de deux ganglions symétriques et juxtaposés à la partie supérieure et interne de la tète. 11 en part deux cordons nerveux qui cheminent le long de la peau , à la face ventrale, présentant vers le milieu de chacun des anneaux un renflement ganglionnaire, dans lequel les deux rameaux s'anastomosent et qui donnent naissance de chaque côté à deux ramifications nerveuses, destinées à desservir, en se divisant, les divers organes musculaires , circulatoires , digestifs , sécréteurs, etc.

Le système musculaire n'est pas moins parfait : on compte chez Thomme 529 muscles; la chenille du ver à soie en a 1,647, sans compter ceux de la tète et des pattes, c'est-à-dire 1,118 de plus. Ces muscles sont formés de fibres élémentaires qui ont la propriété de se contracter et de se relâcher, de se raccourcir et de s'allonger, sous l'influence de la vo-

lonté et du système nerveux , pour permettre à Tanimal d*exécuter tous les mouvements.

Des organes des sens, les uns sont tjrës-développés dans la chenille du ver à soie , et les autres obtus ou rudimentaires. Sur la face antéro-latérale de la tête, sur la peau qui unit les écailles pariétales au premier anneau, on peut remarquer, de chaque côté, six points noirs qu'on serait tenté de prendre pour des yeux; ce. sont, en effet, des yeux rudimentaires; mais rien n'autorise à penser que le ver jouisse de la faculté de voir ; il va butter, en effet, contre tous les corps qu'il rencontre, jusqu'à ce que ses antennes et ses pattes lui permettent de les reconnaître à l'aide du toucher. Les antennes, au nombre de deux (une de chaque côté de la tête), sont composées de trois articles, dont le dernier est armé de deux soies ou poils roides; les palpes sont au nombre de quatre : les deux gros. barbillons, (un de chaque côté) à trois articles aussi et placés audessous et un peu en avant des antennes , terminés comme elles par deux soies, et les deux petits barbillons placés chacun d'un côté de la filière, composés d'un seul article très-court et terminé par une soie. Le sens de Toute parait très-obtus ou même absent chez notre chenille qui, du reste, est privée de la faculté d'émettre des sons. Il n'en est pas de même du sens de l'odorat : très-certainement, le ver en est pourvu, car il se porte immédiatement vers la feuille fraîche qu'on met à sa portée; il choisit aussi avec une grande sagacité, et sans doute à l'aide du sens du goût, entre plusieurs variétés de

ANATOlflE ET PHYSIOLOGIE. 51

feuilles qu'on lui offre après les avoir mélangées.

L'un des organes du ver à soie qui offre pour nous le plus d'importance, c'est à coup sur celui chargé del'élaboration et de l'émission, ou, simieuxTonaime, de la sécrétion de la soie. L* appareil (fîg. 5) chargé de cette fonction se compose : 1^ D'une partie intermédiaire ou réservoir de la soie, gros tube jaune aminci et recourbé à chacune de ses extrémités, et placé des deux côtés et en dessous du tube intestinal , à la hauteur comprise entre les 4* et 8* anneaux. Son extrémité antérieure s'amincit graduellement en un petit tube qui, s'accolant sur les côtés et en dessus du réservoir, forme ujn grand nombre de circonvolutions et se termine par un cul-de-sac entre le 9* et le 10* anneau (c'est le tube grêle); son extrémité postérieure s'amincit aussi, mais moins rapidement , pour constituer un second 4ube qui suit le réservoir sur sa face latérale et interne, puis le quittant, se prolonge vers la tête (c'est le tube capillaire on conduit excréteur de la soie) oii il s'anastomose avec celui de l'autrjé côté du corps pour former le tuyau soyeux qui va s'engager dans un conduit membraneux , creusé dans la filière qui sert d'orifice excréteur. On croit que cet organe sécréteur est une modification des glandes salivaires.

2* D'un vaisseau dissolvant de la soie^ tube d'un diamètre presque double des tubes grêle et capillaire, occupant une portion latérale des trois premiers anneaux, se terminant en cul-de-sac en arrière, s' amincissant en avant pour venir se terminer dans la filière. 3* D'une petite glande rouge

BS LE TKB A SOIE.

jannAtre, placée (en double) sous le plancher de la boacbe et munie d'un conduit eicréteur qui s'ouvre, lui aussi, dans la filière; cette glande a été découverte par le docteur Anioui. 4* De laitière, sorte

Fig. 6. Orgin«i idcrjtouri ds U chenille du m à toit.

de bec articulé, mobile, appelée aussi trompe soyeuse ou papille de la soie. « Elle se trouve placée sar la lèvre inférieure au-dessous de la bouche, et forme, pour ainsi dire, le menton du ver& soie. Elle se comr pose d'un cAne membraneux consolidé par trois saillies branes, plus solides qu'elle. Sa base est garnie d'une partie cornée, noire, en forme de cœur. La

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trompe est terminée par deux petits mamelons (petits barbillons) que dessine une légère dépression dans Taxe du cône. On y voit aussi deux palpes très- ■ délicates ; elles dirigent Tinsecte dans le choix de la place convenable pour placer son fil. L'issue de la soie (ou filière) est une ouverture presque ronde» on peu en cœur et susceptible de contractions. La trompe entière peut se mouvoir comme un suçoir. Elle peut rentrer en partie dans le bec et s'allonger, au contraire, dans d'autres circonstances. «

Si Ton ouvre le réservoir de la soie, on y trouve la matière soyeuse sous forme d'une gelée blanche ou jaunâtre selon la race ; si Ton ouvre le tube capillaire ou excréteur, on y retrouve la même matière, mais plus concrète, plus résistante; les deux tubes siipilaires se soudant l'un à l'autre , la matière soyeuse arrive à l'entrée de la filière sous la forme d'un fil unique qui reçoit d'abord le produit de sécrétion du vaisseau dissolvant, imprégnation qui a pour but de rendre le fil soluble , puis le produit de sécrétion de la petite glande d'Auzoux, ou grèz, sorte de vernis imperméable qui rend le fil insoluble, excepté dans les acides concentrés et les alcalis caustiques. Le grèz, qui forme environ lé cinquième du poids du fil, paraît être composé d'une matière azotée soluble dans l'eau , d'une autre matière azotée insoluble, d'une matière grasse analogue à la cire et d'une huile volatile odorante.

Le conduit soyeux passe entre deux muscles relativement puissants , l'un en dessus , l'autre en dessous, qui ont sans doute pour double but de com-

54 tE VER A SOIE.

primer le fil a?ant son passage dans la filière et de diminuer son diamètre et» dans certains cas» d'arrêter la sortie de ce fil et d'empêcher soa étirage, puisque le ver à soie peut s'y suspendre solidement de tout son poids, sans qu'il s'allonge. Il est bien entendu que l'organe sécréteur de la soie existe dès la naissance du ver, mais qu'il n'atteint le summum de son activité que successivement et en particulier durant la fin de son dernier âge.

n est temps maintenant de revenir aux mœurs et au développement de notre chenille : nous l'avons vue successivement s'accroître de 0",002 à 0",08 ou 0-,09 de longueur, de 0«',0006 à 0\005 à 0S006 en poids, traversant cinq âges, subissant trois parfois, et le plus souvent quatre mues. Pour accomplir ces diverses phases, pour atteindre ce développement complet, chaque ver a consommé, en moyenne, 50 grammes de feuilles de mûrier.- A la fin du dernier âge , le ver arrive à ce que l'on nomme sa maturité. Son appétit diminue et bientôt il cesse de manger. Sa couleur devient jaunâtre et sa peau presque transparente; il ramasse tout son corps sur lui-même et semble se flétrir. L'animal expulse les matières que contenait son tube digestif, il se vide , suivant l'expression vulgaire. Ces déjections se composent d'excréments et d'un liquide blanc, alcalin, ammoniacal, analogue à l'urine. Renonçant à ses habitudes»sédentaires, il s'agite sur sa litière, lève la tête, dirige en tous sens la partie antérieure de son corps. Il se promène dans diverses directions , cherchant à gravir le long des corps placés vertica-

ANATOMIB BT PHYSIOLOGIE. 55

lement. CeM la montée; le ver cherche un endroit propice , une retraité y un angle , pour placer le cocon dans leqnel il va s*ensevelir. Il cherche tant qu'il n'a trouvé que des surfaces planes ; il lui faut des surfaces angulaires , irréguliëres, des encoignures , des entre-croisements y l'angle d'une tablette ou d'un mur, des cornets de papier, des copeaux de bois, des branchages d'arbrisseaux , où il puisse s'établir commodément.

Lorsqu'il a trouvé l'emplacement propice, il tend de divers c6tés et en tous sens, adroite et à gauche, en dessus et en dessous, en haut et en bas, des fils résistants et épais qui représentent la charpente et serviront d'amarres, et au centre desquels, se concentrant , il va filer son cocon. Les amarres fourniront la iourre, de la soie, mais de la soie grossière. La charpente une fois établie et suffisante, le ver se place donc au centre, s'y recourbe en fer à cheval, le dos en dedans, les pattes en dehors, afin de réduire au minimum la place qu'il occupe.

Nous ne saurions mieux faire que d'emprunter littéralement la description de ce merveilleux travail au remarquable ouvrage de M. Robinet, à qui la sériciculture doit une bonne partie de ce qu'elle sait au point de vue théorique aussi bien que pratique : tt Dans cette position, dit-il, le ver continue à disposer son fil tout autour de lui , en rapprochant de plus en plus les points d'attache , et il arrive au point de décrire avec sa trompe soyeuse des zigzags trèscourts. Quelquefois, il paraît prendre pendant quelque temps une même série de zigzags , puis il fait un

écart de quelque étendue et entreprend une autre série; il revient, retourne, s'éloigne, et garnit ainsi successivement tout Tespace vide qu'il s'est réservé au centre de la bourre.

tt Pour diriger le fil à mesure qu'il est produit, pour donner à la couche soyeuse qui s'épaissit de plus en plus, la forme qui lui convient, le ver s'aide de ses palpes et de ses pattes articulées; ses mouvements ressemblent à ceux d'un chien ou d'un chat qui, parvenu dans l'intérieur d'un tas de foin , s'y creuse un lit en refoulant l'herbe de tous côtés, jusqu'à ce qu'il ait formé une cavité arrondie dans laquelle il puisse séjourner commodément.

a Le ver pétrit donc en quelque sorte la couche de soie à mesure qu'elle sèche et durcit. Il forme ainsi, autour de lui, une coque ç]ns ou moins sphérique, ovale ou cylindrique, c'est le cocon.

tt On peut observer ce travail à loisir, tant que la couche de soie n'est pas assez épaisse pour dérober entièrement le ver à la vue. On remarque alors que le ver à soie fait environ par seconde un mouvement d'une étendue de cinq millimètres à peu près. La longueur des fils étant connue (1,500 mètres) , il en résulte que le ver fait 300,000 mouvements de tête ponr former son cocon. S'il emploie soixante-dou2e heures à ce travail, c'est 100,000 mouvements par vingt-quatre heures, 4,166 par heure et 69 par minute, c'est-à-dire un peu plus d'un par seconde. » (Manuel de l'éducateur de vers à soie, p. 36-37.)

Si l'on a pesé le ver au moment de la montée, et que l'on repèse le cocon terminé, on remarque qu'il

ANATOlflB ET PHYSIOLOGIE. &1

y a eu une diminution d'environ moitié, due : l*aui dernières évacuations alvines du ver avant le commencement de la coque ; 2* à uiie énorme transpiration pendant le travail du tissage; 3"" enfin à la dessiccation de la soie au contact de Tair. Hais elle varie un peu suivant les races : elle est en moyenne de 52 pour 100 dans celle Sina, 47 pour 100 dans la jaune de Tours, 49,66 pour 100 dans celle de Loudun, 55 pour 100 dans le Turin, 47 pour 100 dans FEspagnolet, 57 pour 100 dans la race Cora, 45,5 pour 100 dans le Roquemaure, 58 pour 100 dans la race de Dandolo, etc. ; cette perte peut, dans certains cas, s'élever jusqu'à 60 pour 100.

A partir du moment où le ver a commencé à filer son cocon , c'est le même fil qui , sans discontinuité, y a été employé , pour confectionner la bourre d'abord , puis le cocon proprement dit. Mais ce fil continu a été constamment en diminuant de diamètre, de sorte qu'à mesure qu'on pénètre de l'extérieur à l'intérieur du cocon, la soie devient de plus en plus fine. La longueur de ce fil est donc considérable. « On a prétendu, dit Robinet, que cette longueur était la même pour tous les cocons et que ce fil difi%rait seulement par sa grosseur. Rien ne prouve qu'il en soit ainsi* Il est plus naturel de penser que certaines races et certains vers construisent des fils plus on moins longs. Le diamètre moyen de ce fil est de 7 à 15 millièmes de millimètre de diamètre, sa longueur de 1,500 mètres; il est si léger qu'il en faut, en moyenne, 3,750 mètres de longueur pour peser an gramme, et qu'un kilogramme représente con-

58 LE VBR A SOIE.

séquemment 3,750,000 mètres de ce fil de soie, i» tt Les fils de soie forment des filaments homogènes, sans granulations intérieures, sans canal médullaire , irrégulièrement aplatis , à surface lisse , transparents , colorant fortement la lumière blanche polarisée. Nous avons dit que la largeur des fils de Soie est de O'^yOO? à O'^yOlS environ. Leur épaisseur est, sur beaucoup, près de moitié moindre. Ces fila* ments cassent net , sans qu'on puisse découvrir dans leur cassure des fibrilles élémentaireiï. Si on les traite par Taide azotique, ils jaunissent un peu, se goti* fient jusqu'à atteindre 0°',005 et même plus ; en môme temps, les brins se ramollissent, se dissolvent et disparaissent. ?) (Ch. Robin.) Élémentairement, elle est composée de : Carbone, 50,69 pour 100; hydrogène, 3|94; oxygène, 34,04, et azote, 11,33 pourlOO Quand nous nous occuperons de la filature, nous étudierons ses propriétés physiques.

Le cocon à Fétat naturel , au moment de la vente est ainsi composé :

ilàUESTS AZOTE pose 100. pour. 100.

Eau 68.2 i

Soie 14.3 1.51

Bave et bourre. .* 0.7 0.12

Chrysalide 16.8 1.51

Total 100.0 3.14

Mais c'est ici. le lieu de dire que les cocons des diverses races, des difiîèrents sexes, soumis à de» régimes dissemblables, présentent souvent de nota* blés différences dans leur diamètre et leur poids^

ANATOlf lE ET PHYSIOLOGIE. 5d

Dans le diamètre, mesurant le petit et le grand diamètres, les additionnant et divisant le total par deax , on a obtenu le diamètre moyen :

Pour les cocons de race Sina 23 millimètres.

— janne de Tours. . 23 —

— Londun S5 —

Dans le poids , soit que Ton cherche le nombre de cocons nécessaire pour équilibrer un kilogramme, soit que Ton pèse un cocon isolé, dix ou cent co* cons ensemble. M. Robinet, dans ses éducations de 1838, a trouvé, pour un assez grand nombre de races , les chiffres suivants :

RACES ET RÉGIME. nombre je cocons poids

an kilogr. a aa cocon.

Blanche de Tours, élevée en plein air. 640 is' 56

— en magnanerie. . . 460 .2 17

— au mûrier noir. . . 480 2 08

— aumûrierdeVirg>«. 6T6 i 47 Sina d'Annonay, en magnanerie. ... 532 i 87

— avecadditionde poudre de feuilles. 520 i 92

— avec addition de poudre de riz. . 520 i 92 •— éclosion d« 28 mai 520 . 1 92

— éclosion du 27 mai 510 1 96

— éclosion du 26 mai ÔOO " 2 00

Turin en magnanerie. ...:.... 500 = ' ' ' 2 00

Sinad'Amionay accidentellement janne 480 2 08

Roux de Sauve. 340 2 94

Jaune à trois mues . ' 670 1 48

Giali à huit repas par jour 507 1 96

Giali à quatre repas par jour 537 1 86

Pesaro à Juiît repas par jour 430 2 35

Pesaro à quatre repas par jour. ... • 464 2 17

Il n'est pas rare que' des vers faibles, malades, pressés de monter et de filer, se réunissent deux et

même trois, pour se renfermer dans un même cocon qui reçoit alors les noms de double, doublon , douppion, chique, etc. Ces douppions sont gros, ronds, très- durs, formés d*un tissu cotonneux et mat. Leur nombre est d'autant plus considérable que Téducatiôn est défectueuse; la proportion varie au maximum entre 10 à 12 pour 100, et au, minimum entre 3 à 5 pour 100. Un douppion filé par deux vers est presque toujours plus léger que deux cocons filés isolément par des vers de même race, témoin les chifires suivants empruntés aux éducations de M. Robinet en 1841.

P0ID8 POIM

RAGES. da eoeoB dadeoz

doobla. eoeoni dooblM.

Dandolo. 4<' 900 6^ 900

Touraine 3 600 3 700

Languedoc 4 750 5 100

Sy.iens 4 250 4 000

Loudan k 550 4 680

Moyennes 4 410 4 670

Quant au sexe, les cocons qui renferment les futures femelles sont plus lourds que ceux qui fourniront les mâles. Ce procédé indiqué pour la première fois , croyons-nous , par H. Loiseleur-Deslongchamps, consiste à choisir un même nombre de cocons, réguliers de formes, pesant, les uns moins que le poids moyen des cocons de la race , ce seront les mêles ; les autres plus que ce poids , ce seront les femelles.

La proportion de soie fournie par le cocon varie selon la race, les circonstances de Téducation, le

GHRY8ALIDB

pour 100:

poar 100.

AKIATOMIE ET PHYSIOLOGIE. 61

régime auquel ont été soumis les vers , le poids de la chrysalide renfermée dans le cocon, la grosseur et le poids de celui-ci. Empruntons encore à H. Robinet le résultat de ses expériences :

RAGES ET RÉGUIE. . ^^^^

da eoeon.

Blanche de Tours en plein air. Is^* 56

Sîna de Neaiily 1 85

Blanche de Toarsenmagnanerie 2 17

Sîna d'Annonay 2 11

Sina à peau noire (moricaud). 1 98

Jaone à trois mues 1 68

Sîna ordinaire 2 00

Sina jaune d'Annonay (accidentel) 2 04 13.23 86.77

Blanche de Tours (au mûrier

noir) 2 21 13.45 86.55

Blanche de Tours (au mûrier

de Virginie) 1 56 13.82 86.18

Rousse de Sauve (Gévennes). 2 99 15.01 84.99

Jaune de Turin 1 93 20.19 79.81

La richesse en soie des cocons doubles est, en général, inférieure aussi à celle de deux cocons simples de même race et soumis au même régime, et cela Jans les proportions suivantes :

SOIS sou

n APve d'Di le* coeoBi dam lei eoeons

"^*'*'*- dooblei. tinplet.

poar 100. pour 100.

Touraine 15.20 14.00

Languedoc 14.30 15.00

Loudun 16.50 18.00

Auhenas. . . 10.00 15.00

ei LE VEI A SOIE.

g 3 — Nthphi ou Chrtsalidi.

Nous avons vu que la chenille emploie environ soixante-douze heures an lissage de son coCon ; en tous cas, il est terminé au bout de trois ou au plus quatre jours. Elle a, pendant ce temps, beaucoup diminué de poids, et va se préparer b subir une autre métamorphose. C'est encore k M. Robinet que l'on doit la seule étude complète qui ait été faite à ce sujet ; nous ne pouvons donc mieux faire que de la reproduire ;

a Le ver (6g. 6), qui vient d'achever son cocon.

Vif. 6. Vit prit ds w tranibnMSr en chriBlid».

est devenu d'un blanc mat et comme cireux; les articulations de son corps sont Irës-prononcées et séparées par des plis profonds. Il paraît (umèSé dans ^a partie moyenne; celle qui avoisine la tête est d'un jaune pâle et demi-transparente. Ce caractère ne dépasse pas les deux premiers anneaux. L'autre extrémité du corps devient noire. Les stigmates se de&aussi de plus en plus et paraissent hienlôt par une raie sous-cutanée foncée qui va de l'autre, et qui n'est autre chose que les tra-

ANATOMIB ET PHYSIOLOGIE. 63

cbées qui font communiquer les stigmates entre eux.

«Les pattes en couronne ou les pattes sous-abdominales se flétrissent peu à peu ; d*abordles postérieures, puis les autres successivement ; il semble qu'elles se rident. On distingue alors très-aisément les poils dont elles sont hérissées et les petits crochets qui les entourent. Les six pattes de devant se rapprochent et noircissent; les parties de la bouche, ou ce qu*on appelle vulgairement le bec , s'inclinent de plus en plus vers elles, et, par conséquent , se portent en dessous. «

« Bientôt on voit apparaître quelques rides sur la peau. Ce phénomène commence vers la partie postérieure de l'animal et se propage peu à peu vers la tète. L'épiderme devient transparent, et Ton distingue au travers les anneaux de la chrysalide. Rien ne paraît encore vers la tète. Il semble alors que la peau de la chenille étrangle la chrysalide vers le troisième anneau. A travers Tépiderme, on voit sur le dos de Tinsecte^ la ligne rouge&tre formée par le vaisseau dorsal ou cœur, et Ton distingue aisément le mouvement péristaltique du liquide qu'il contient. De temps en temps, la chenille fait quelques légers mouvements, mais die ne cherche pas à prendre une position, déterminée ; la chrysalide, au contraire , fait tous ses eiTorts pour ne pas rester sur le dos. Les plis de la peau se prononcent de plus en plus, et les parties de la bouche dé la chenille sont devenues insensibles au toucher. Quand ces divers caractères sont réunis , on peut être assuré que la métamorphose ne tardera pas à se faire*

« En effet, le moment arrive où Ton peot juger qoe Tépiderme est désormais entièrement indépendant de la larve : celle-ci commence alors une suite de mouvements analogues à ceux d*nn ver qiji marche; c'est aussi le mouvement du ver à soie qui mue, avec cette différence, cependant, que, dans la mue , la chenille abandonne la peau ancienne qui a été fixée préalablement aux corps environnants, tandis qu*ici , le ver doit la rejeter sans avoir eu la précaution d'établir cette adhérence. La peau se détache donc et se trouife refoulée successivement vers la partie postérieure ; il est évident qu'elle est trèshumide dans ce moment , ce qui résulte d'un suintement qui' a eu lieu à la surface de la chrysalide ; on verra tout à l'heure que ce suintement atteint un double but.

tt Quand une certaine étendue de la peau est ainsi refoulée, il s'y fait une déchirure, immédiatement au-dessus de la tète, sur une ligne médiane et longitudinalement; elle commence dans une petite tache noire, en forme de fer de lance , qui garnit les deux cotés de la ligne médiane , sur le sommet du premier anneau. Cette déchirure ne s'étend pas plus loin que le tiers antérieur de la peau ; elle se fait au centre de la tache, après quelques efforts que fait la chrysalide dans son premier ^anneau ; elle s'élargit et la chrysalide parait à nu.

« La membrane est d'une ténuité extrême: même avec une forte loupe, on a de la peine à distinguer les bords de la déchirure. Le dépouillement des trachées, dont j'ai parlé plus haut, retarde un peu la

métamorphose , parce que la membrane qui les tapisse intérieurement se détache et suit la'peau, sous Tapparence de fils noirs. Enfin, les parties de la bouche de la chenille sont entraînées en dessous avec les pattes ; elles sont suivies par une membrane qui sort de la partie de la chrysalide représentant la tête du papillon, et qui tapissait sans doute la bouche et Tœsophage du ver. Cette membrane est noire ; elle a environ 1 millimètre de longueur.

a La chrysalide parait de plus en plus. Les or* ganes extérieurs du papillon se montrent distinctement : la tête, les antennes, les ailes, les pattes; ils sont formés par une matière homogène, jaunâtre, transparente, liquide, contenue dans une membrane excessivement fine. Les stigmates subsistent et sont ouverts.

tt Enfin, grâce aux efforts répétés de la chrysalide, Tenveloppe de la chenille se trouve bientôt rejetée tout entière à l'extrémité postérieure, et ramassée sous la forme d'une membrane plissée ; il ne faut pour cela que cinq à six minutes : c'est ce qui explique la difficulté de saisir le moment précis du phénomène. Il dure un peu plus longtemps quand ranimai est exposé à Tair froid. A mesure que la peau descend , on aperçoit sur la chrysalide de nouveaux poils.

a La chrysalide (fig. 7) est alors presque blanche, quelques parties seulement sont légèrement colorées en jaune rougeâtre ; mais elle change prompte ment de couleur et devient d'un rouge brun. Si on la plonge toute fraîche dans Tesprit-de-vin , les par-

W LE VEB â SOIE.

lies qui doivent servir à la formation des antennes et des ailes et alTeclent déjà leurs formes, se détachent partiellement et flottent dans le liquide, ce qui prouve que plus tard elles se seraient soudées au corps de la chrysalide, sans doute à la faveur du liquide lubrifiant. En eflet, quand le papillon abandonne l'enveloppe de la chrysalide . cette enveloppe

ClirfHlidï vue du Atnui. Cbrjulidr ii dn detMUt.

se présente sous la forme d'une membrane brune, très-mince, unique, dont toutes les parties sont réunies. Bien que j'aie pris plus loin plusieurs fois de plonger des chrysalides dans l'alcool, lorsque le dépouillement était k peine commencé, il sort le plus souvent achevé dans ce liquide. Cependant j'ai pn conserver des sujets saisis aux différentes périodes • du phénomène. «

Cette troisième phase des métamorphoses dure de dix-huit à vingt jours ; ce temps peut être abrégé, en

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE. êl

plaçant les cocons à une température un peu élevée ; il peut être prolongé aussi en soumettant le cocon à une température assez mais non pourtant trop basse (12 à 14'' c); on peut ainsi retarder leur transformation en papillon jusqu'au printemps suivant, ainsi que cela se produit naturellement pour un grand nombre de lépidoptères de nos climats.

La chrysalide ainsi formée , et qu*on appelle aussi fève , puppe, nyoïphe, etc.» reste donc plongée durant dix-huit à vingt jours dans une sorte de torpeur, de sommeil apparent , pendant lequel s'opère un immense et curieux travail interne. Presque privée de la faculté de se mouvoir, inerte, comme morte, enveloppée dans une membrane étroitement tendue sur son corps, composée intérieurement d'une substance homogène, jaunâtre, transparente, liquide, elle est le moule, le maillot, dans lequel se préparent les divers organes du papillon : on y distingue, en dessous de la peau, la tête, les antennes, les pattes, les ailes, etc. Nous verrons l'insecte parfait en surgir tout à Theure. Dans la chrysalide , l'intestin, considérablement réduit par rapport à ce qu'il était dans la larve, ofTre essentiellement, sur son parcours, deux renflements ou poches, que l'on peut désigner sous les noms de poche stomacale et àe poche cœcale (fig. 8). Celle-ci est destinée à recueillir le liquide que le papillon rejettera, avant ou après l'accouplement, liquide ordinairement troublé par une poussière de sels uriques, peu solubles dans l'eau , mais solubles dans les acides et les alcalis. (M. Pasteur.)

es LE VBH à SOIE.

Le poidi de la cbrjfsalîde est généralement en rapport avec ceini du ver qui lui a donné naissance

et du cocon qui la renferme , ainsi que le démontre le tableau suivant :

if 47 IcSSouSOp. 100

La chrysalide s'est préparée, dans le repos et à l'abri, à sa dernière métamorphose. En effet, le cocon que se filent un grand nombre de cbenilles pa~ rait avoir surtout pour rôle harmonique de diminuer

rëvaporation de l'a larve et de sa nymphe et le refroidissement superficiel qui en résulterait; si on retire une chrysalide de son cocon, on la trouve toujours plus chaude que Taîr ambiant ; puis, mise à Tair, la température de sa surface s'abaisse prompt tement jusqu'à atteindre d'abord, et dépasser bientôt, celle de Tair qui l'entoure , à mesure que l'évaporation superficielle amène des pertes de poids croissantes.

A proprement dire, la naissance du papillon, sa libération hors de la peau qui le comprimait sous forme de nymphe, a lieu dans le cocon même et à l'abri de nos regards. Par suite des efforts musculaires de l'insecte, sa peau de nymphe se rompt dans la région de la tète, ainsi que pour tous ses précédents changements de peau; puis, se cramponnant en avant à l'aide de ses pattes, il fait, après un léger temps de repos, activement mouvoir les anneaux de son abdomen et sort lentement de sa première prison.

Mais cette évasion n'est pas la plus difficile. Heureusement , la nature a doté le papillon de notre ver à soie , comme celui de tous les lépidoptères à cocon fermé, d'une petite glande particulière, placée près de la bouche^ découverte par M. Guérin-Menneville, et qui sécrète un liquide dissolvant du vernis ou grèz. C'est à l'aide de ce liquide blanc, sans saveur, à odeur nulle,. ni alcalin, ni acide, d'une nature particulière , enfin , et jusqu'ici inconnue, que le papillon écarte, sépare les filaments soyeux de I l'un des bouts de son cocon , sans les rompre ni les

couper, afin de 8*y ménager «ne ouverture à peu près circulaire pour en sortir.

Son ëclosion intérieure est aisée à présumer, puisque, presque aussitôt, on voit apparaître à Tun des bouts du cocon une petite tache, une mouillure qui s'étend successivement en rond; Tenveloppe soyeuse se gonfle en ce point, vient faire saillie au dehors, puis s'ouvre, et la tête du papillon apparaît. Il achèvera d'en sortir par les. moyens qui lui ont déjà cinq fois servi. Par ses efforts, il commence par dégager ses pattes pour lesquelles il cherchera an solide point d'appui , puis il se cramponne et finit par faire franchir à son thorax et à son abdomen l'étroit passage qu'il s*est ouvert.

Le papillon est alors tout humide, ses ailes sont repliées sur elles-mêmes , il les déploie , les déplisse d'abord et les laisse étendues aplat; il cherche peu après un endroit où il puisse gravir, c'est-à-dire se suspendre par les pattes , la tète en haut , l'abdomen en bas, les ailes relevées perpendiculairement au corps ; lorsque celles-ci seront sèches complètement, il les rabat sur son dos, et ce sera désormais leur position habituelle.

Ce papillon, l'insecte parfait du Sericaria mort, nous présente un aspect bien différent de sa larve : son corps présente bien distincts une tête, un thorax et un abdomen. La tète de la chenille s'est transformée en la tète du papillon, nous verrons dans un instant avec quelles modifications; les trois premiers anneaux de la chenille constituent le nouveau thorax, et les neufs derniers formeront le nouvel

ANATOUIE ET PHYSIOLOGIE. Il

abdomen qui n'est composé que de sept segmenls (6g. 9).

Long de 0-,022 à 0-,025, il est d'un blanc jaun&fre, grisâtre ou rosé,, et ses ailes ont 0',040 à 0',045 d'envergure , voilà pour le mâle; la femelle est plus grosse , surtout de l'abdomen qui contient

Fig. 9 «I 10. PipUlvDi mUt et fbmaUa.

les œufs; elle atteint O-,038à 0-0,42de longueur el 0-,050à 0-,055 d'envergure (fig. 10). Tous deux portent sur les ailes un croissant et deux bandes transversales à peine visibles dans la femelle, d'un brun grisâtre plus ou moins foncé dans le mâle. Tous deux sont munis d'antennes pectinées ou en forme de peigne, plus grandes et plus Foncées en couleur chez le tndie que chez la femelle. Bien qu'ils aient

quatre ailes , les papillons de nos races domestiques ne volent point ; tout au plus le mâle à la recherche de la femelle court -il en agitant plus ou moins vivement ses ailes.

Le papillon du Sericaria mort porte trois paires de pattes thoraciques, dont les tarses comptent cinq articles, une paire d'yeux à facettes plus développées chez le mâle que chez la femelle. Dans les deux sexes , la trompe est restée à Tétat rudimentaire , et dans ce dernier état, notre ver à soie ne se nourrit aucunement pendant les huit, dix ou quinze jours qu'il dure et après lesquels Tinsecte semble se dessécher et meurt de vieillesse et d'épuisement.

Nous avons vu que la chrysalide était munie d'un organe particulier, d'une poche cœcale, sorte de renflement intestinal , destiné à recevoir une sorte d'excrétion nrinaire , qui s'y coUige pendant la durée de sa vie dans le cocon. Ce liquide est expulsé par le papillon peu de temps après son éclosion, soit avant , soit après l'accouplement. Tantôt ce liquide est transparent comme de l'eau, tantôt il est d'un roux jaunâtre, le plus souvent, il est d'un blanc laiteux; il se compose, d'après H. Lassaigne: l* d'une grande quantité d'acide urique, dont une partie est unie à un peu d'ammoniaque (urate d'am- . moniaqne) ; 2* d'une matière extractiforme, colorée en rouge, soluble dans l'eau et incristallisable; en6n, il a une réaction acide très-prononcée.

De môme que la larve de notre insecte nocturne n'éclôt de son œuf que la nuit ou dans la première partie de la matinée, de même aussi, le papillon ne

sort généralement du cocon que le matin de trèsbonne heure, et pendant les trois ou au plus quatre heures qui suivent le lever du soleil. Cest à tort qu on a prétendu que les femelles naissaient les premières et en plus grand nombre que les m&Ies. Les sexes sont régulièrement en nombres à peu de chose près égaux à Téclosion , et ce sont plutôt les naissances mâles qui dominent ; puis, à la fin de la période d^éclosion, les naissances femelles au milieu. Sur 1,500 cocons de race sina filés à peu près à la même époque, à la magnanerie départementale de Poitiers, les éclosions se sont présentées comme suit :

JOURS. UALBS. rBHBLLES. TOTAL.

le' jour. . 10 » 10

2« jour 34 16 50

3«jour 186 93 279

4«jour 200 180 380

5* jour 157 200 357

6e jour 56 100 156

Le 7e jour, a reste à éclore 73 195 268

Totauk. ...... 716 784* 1.500

Le papillon nous représente la forme parfaite , Tàge adulte du ver à soie;* il n*a plus qu'une fonction à remplir : reproduire son espèce. A Taide de quels organes? C'est ce qu il nous reste à étudier.

Commençons par le mâle. Ses organes générateurs sont en partie contenus dans l'abdomen (fig. 11) : 1"* deux testicules réniformes ayant chacun, 2® un canal déférent qui présente vers la moitié de sa longueur un renflement; c'est 3"* la vésicule séminale à

laquelle succède , 4* un canal éjaculateur cooimun qui vient se terminer à Textrémité du pénis. Les parties externes sont : S^'le pénis, dirigé en arrière, placé en dessous de Tanus et garni , 6' de diverses pièces copulatrices destinées à assurer Faccouplement.

Les organes génitaux de la femelle se composent, intérieurement : 1* de deux ovaires en tubes allon-

|Fig. 11. Organes reprodncteurt da papillon mâle.

gés, et dont le sommet est fixé aux parois dorsalçs par un ligament quadrifide ; à leur base, ces tubes, déjà remplis d^œufs disposés en chapelets dès Téclosion , se réunissent d*abord entre eux , puis à ceux du côté opposé pour fortaier, 2* un canal commun appelé oviducte; dans ce môme canal viennent déboucher le conduit, 3* d*une vésicule trilobée sécrétant et versant sur les œufs, à leur passage, un liquide particulier ; 4* Tun des deux conduits (fig. 12) d'une seconde vésicule ampullaire qui renferme un corps semi-concret et transparent, et dont e second conduit aboutit dans la vulve; S* deux

AKATOUIE ET PHYSIOLOGIE. 75

antres véncules dtgitées , communiquaat entre elles, grosses, placées transversalement sur l'ovidacle dans lequel elles s'ouvrent par un canal trèscourt. Les organes eitérieors se composent de: 6* la vulve ou feole vulvaire , située en dessous et en

Organsi reproduateiiri da pipilton femeltE, d'api^i Victor AHdaaiii.

avant de l'anus ; 7° une sorte A' appendice caudal mobile formée de trois tubercules, dont celui du milieu est le plus proéminent en arrière et se montre garni de poils et de couleur rousse ; les deux autres, latéraux , sont nus et de couleur jaune pftle.

Aussitôt que le mâle est né, il se met en quéle d'une femelle et, quand il l'a trouvée , l'accouplement s'opère. Il introdoit son pénis, par la fente volvaire, dans le canal vulvaire delà vésicule am-'

puUaire, dite encore vésicule copulatrice; c'est là que le liquide fécondant est mis en réserve , c'est de là que, par le second canal qui se rend dans Tovidncte, il imprégnera les œufs à mesure de leur passage ; la vésicule trilobée les a sans doute imprégnés déjà d'un liquide particulier qui les a préparés à subir la fécondation; près d*être expulsés du corps enfin, ils reçoivent le produit de sécrétion des vésicules digitées, c'est-à-dire un liquide visqueux qui déterminera leur adhérence aux corps sur lesquels ils vont être déposés.

Dans Tabdomen ou plutôt dans les ovaires de la femelle, dès son éclosion, on trouve, avons-nous dit, les œufs tout formés et réunis en chapelets les uns aux autres par une membrane ; cette membrane se rompt à mesure que Tœuf doit être expulsé. Avant de déposer ses œufs, la femelle s'assure d'une place convenable à l'aide de l'appendice caudal qui est son principal organe du toucher. L'emplacement trouvé, elle expulse un œuf, puis un second, et ainsi de suite, les déposant les uns à c6té des autres, tournant sur elle-même ou s'avançant de temps en temps , de façon à ne pas les superposer.

L'accouplement dure de deux à trois heures seulement parfois, généralement vingt-quatre heures, exceptionnellement trente - six heures , lorsqu'il n'est pas troublé. Souvent, la femelle commence à pondre dès que l'accouplement est terminé; le plus ordinairement ce n'est qu'après une ou deux heures, rarement après six et huit. La ponte du premier jour ne dure que quelques heures et s'arrête pour

ANATOUIE ET PRTSIOLOGIB. TI

reprendre le lendemain à peu près à la même heure, et ainsi pendant trois jours ; mais les 7 à 8 diiiëmes des œufs sont pondus pendaut le premier jour, les deux à trois antres dixièmes pendant le second; ceux du troisième sont eu quantité insignîBaate. La ponte

rig. 13,

Otgmet reprodadenn dn pipilIaD fsmalli, d'aprè* Vidor dadonin.

totale varie entre 300 œufs au minimum et 700 au maximum.

A mesure que la ponte s'opère , l'abdomen de la femelle diminue de volume et de longueur, sa couleur pfllit de plus en plus , ses derniers segments se relèvent en bant; qnand elle est terminée , le corps de l'insecte se dessècbe, se raccornit et le mort arrive. De même pour le papillon plus ou moins longtemps après l'accouplement, suivant sa durée. La

consenration de l'espèce est désormais assurée , Findividu peut disparaître. Il a donc vécu pendant cinq à huit jours sous cette forme d'insecte parfait; ajoutons dix^huit à vingt jours sous la forme de chrysalide et trente à quarante jours sous celle de chenille, et nous trouverons que le cycle de sa vie entière aura embrassé de cinquante-trois à soixantehuit jours y soit en moyenne soixante jours ou deux mois.

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