‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 14 sur 49 · vement à ses · texte numérisé non relu

vement à ses

ont la propriété d attaquer et de détruire les sub- causes, stances animales , même pénétrées de la vie. De ce Cautérisa-

1 , . tion par des

nombre , sont , par exemple , la potasse pure , le agens chiminitrate d'argent fondu , les acides sulfurique , nitrique , muriatique ; les muriates de mercure et d'antimoine , l'oxide blanc d'arsenic , etc. ; mais .il est rare que l'application de ces substances soit assez prolongée pour produire des mortifications fort étendues. Le plus souvent elles sont mises en usage pour remplir quelque intension médicatrice ; mais s'il arrivait que par accident , f'une d'entre elles eût produit une gangrène fort étendue , la première indication qui se présenterait , serait de mettre en contact avec l'escare des réactifs capables de former une nouvelle combinaison avec la partie libre du caustique , afin d'arrêter ses effets ultérieurs. On s'occuperait ensuite de combattre l'excès de l'inflammation qui devrait être la conséquence inévitable de la cautérisation.

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ARTICLE V

De la Gangrène causée par une contagion.

. On a long-temps cru que toute gangrène était n existe des contagieuse. L'observation ayant démontré que cette oomafEL proposition prise dans toute sou étendue n'était pas exacte , on en est venu à penser qu'aucune espèce

causes.

Il8 SECTION II.

Chap. il de gangrène n'était contagieuse. Ces deux opinions De la Gan- nous paraissent également exagérées , et ni l'une ni

grène consi- ' ' J f ' ta

dérée relati- l'autre ne nous paraît contenir 1 expression des tans

veinent à ses . i ci 1?»

connus : il s agissait de savoir non-seulement si la gangrène pouvait reproduire la gangrène par voie de contagion , niais encore si la gangrené pouvait être Teffel d'une contagion quelconque. Or , 1 expérience nous semble avoir prononcé sur l'une et l'autre question. Sans parler des anthrax et des bubons pestilentiels qui sont évidemment le résultat d'une contagion ,- il est au moins incontestable que la pustule maligne dépend du contact d'une matière gangreneuse ou putrescente ; et il est démontré pour nous, que la pouritûre d'hôpital, sorte d'affection qui peut être comparée à la gangrène , dépend du contact d'une matière qui a les plus grandes analogies avec celle des escares gangreneuses , et qu'elle peut être reproduite par l'inoculation. Ces deux espèces de mortification seront examinées séparément dans cet article.

Ier. De la Pustule maligne.

On a long-temps confondu , et l'on confond encore communément la pustule maligne avec l'anthrax ou charbon. Cependant ces deux affections essentiellement différentes sont très-importantes à distinguer : l'une est une gangrène dépendant d'une infection locale , et dont il est au pouvoir de l'art d'arrêter les progrès ; l'autre est une mortification dépendant de la déposition d'un délétère absorbé,

ou procréé , el qui est sous la dépendance exclusive Cakv- Kj

- , De la Gan-

des forces vitales. • giène consi-

. On a observé que les cuirs , les peaux , les laines , vSâfe"fÏÏ le crin , la chair , le sang des animaux morts avec le causes-

Causes.

charbon , ou de ceux qui ont été surmenés , sont dangereux à manier : les parties qui ont été exposées au contact* sont bientôt te siège d'une inflammation qui se termine tout aussitôt par la gangrène , et qui, le plus souvent, cause la mort du sujet.

Les ouvriers qui par leur profession sont exposés d^™/^s°e"f au maniement de ces objets , sont aussi le plus sujets à cette maladie : les tanneurs , les mégissiers , les corroyeurs, les cardeurs de crin ou de laiae , •les bouchers , etc. , en offrent le plus grand nombre d'exemples. II n'est pas nécessaire que les animaux soient morts , pour exercer la contagion : aussi les bergers, les agriculteurs, etc. y sont également exposés.

Les parties du corps habituellement à découvert , Parties que

1 1 la pustule

sont celles que la maladie affecte le plus souvent : maligne af-

. . • fecte-

ainsi c'est à la face , au cou , sur la partie antérieure de la poitrine, sur les bras, les mains, les jambes qu'on l'observé le plus communément. On l'a vue à la langue sur un boucher qui avait mis entre ses dents le couteau dont il se servait pour dépouiller uû bœuf mort du charbon.

L'expérience a surabondamment démdïitré la véritable cause de cette maladie; mais elle a prouvé aussi qu'il n'est pas toujours nécessaire d'un contact immédiat : on a observé que des insectes peuveni

Cuap. ir. transporter la matière contagieuse et inoculer la pus- De la Can- luje maligne. L'observation a prouvé é gaiement que

grene consi- ° roi

dérée reiati- la même viande tellement dangereuse à manier, que

Tement à ses °

causes. presque personne ne saurait échapper à l'activité de son action , peut le plus souvent être mangée sans danger; que quelquefois cependant l'activité de la vie paraît être insuffisante pour assimiler ce poison , et qu'alors la contagion s'exerce à l'intérieur, où. elle produit des effets et plus prompts et plus sûrs.

Quelques faits semblent prouver que le cadavre de l'homme mort dans les conditions des animaux surmenés, c'est-à-dire, excédés de fatigue , de misère, de besoin et d'affliction, serait capable de produire également la pustule maligne. On n'a pas. constaté la même propriété dans le charbon ; on n'a pas même observé si la pustule maligue pouvait être contagieuse d'homme à homme. D'après l'opinion de quelques écrivains réceus , la pustule maligne aurait été observée se développant spontanément et sans aucune contagion; mais les faits que l'on allègue ne nous paraissent pas concluans : il s'agissait probablement d'uue éruption cutanée qui avait quelques rapports de forme avec la pustule maligne; mais tout tend à établir des différences essentielles.

Diagnostic. Peu de temps après le contact vénéneux il survient un prurit réitéré sur le point qui en a été le siège; bientôt il y paraît un point rouge, une sorte de vibice qui présente une petite tumeur à peine sensible sous le frottement , et qui se couvre d'une

petite phlyctène. L'épiderme soulevé qui forme cette Chap. IL dernière, renferme un ichor brunâtre, et au-dessous, De ,a Gan-

. ... ' grene consi-

le derme paraît noir: il existe déjà une petite escare dërée ielali*

, . A , vement à se*

qui \a bientôt s accroître rapidement. A mesure causes, que l'èscare fait des progrès, son contour se charge d'une aréole pâle et d'un engorgement œdémateux, d'autant plus considérable que la maladie est plus avancée , et que le tissu cellulaire de la partie affectée est plus abondant et plus lâche. En même temps il survient des cardialgies , des vomissemens , une douleur de tète violente, un délire tranquille, des lipothymies ; Je pouls devient à chaque instant plus fréquent, plus faible et plus irrégulier; l'engorgement altère certaines fonctions selon sa situation ; ainsi , par exemple , au cou il gène la déglutition et la respiration , etc. Enfin la maladie étant abandonnée à elle-même , se termine le plus souvent par la mort. Dans quelques cas rares la maladie s'arrête, les escares se séparent, l'engorgement se, dissipe et le malade guérit. .

Un certain nombre de pustules malignes est plus Pronostic à craindre qu'une seule. Elle est plus dangereuse quaud elle a, lieu sur le tronc, ou sur la tête et le cou , que quand elle se développe sur les membres. Elle paraît marcher plus rapidement chez les femmes que chez les hommes. Les progrès peuvent être arrêtés facilement, et ses funestes effets prévenus dans .son principe ; mais quand elle a déjà acquis un certain développement, et qu'elle a produit des ac.oidens généraux , elle est fort à craindre. En général

!22 SECTION It.

Cha.p. ir. le pronostic ne peut être que fâcheux , parce que De la Gan- -ien ne peut faiVe prévoir si la maladie se terminera

giène consi- 1 . 1 J 1

aérée reiati- heureusement, et par les seules lorces de la nature.

vemeut à ses' . . • t

causes. La cautérisation prompte des parties qui repon-

dent à la base et au contour de l'escare, est le seul moyen par lequel on" puisse arrêter les progrès de

Traitement, cette dangereuse maladie. Il faut fendre crucialement l'escare , en enlever même une partie , si elle paraît assez étendue pour rendre cette précaution nécessaire , et après avoir ainsi découvert les parties vivantes qui avoisinent la gangrène , les cautériser profondément afin de placer une escare simple entre le foyer de l'infection et les parties qui en sont menacées. Le caustique qui a paru le plus commode est le muriate d'antimoine ; mais le nitrate de mercure , la potasse caustique , le muriate de mercure sublimé , le cautère actuel , pourraient rendre les mêmes services , pourvu qu'on eût le soin de faire agir ces moyens assez profondément pour ne rien laisser subsister de l'infection locale.

L'usage intérieur des cordiaux et des toniques fournit ensuite des auxiliaires puissens pour combattre l'affection adynamique symptomatique -, mais ces moyens seraient nuls sans le secours de la cautérisation.

Méprise aan- Une méprise funeste , surtout quand la pustulemaligne a' lieu à la face ou au cou , c'est de s'en laisser imposer par l'engoVgement et de le prendre, pour un érysipèle : l'expérience prouve que les vomitifs, et surtout la saiguée, qui out^élé administrés

séreuse.

DE LA GANGRÈ-N E. 123 en pareil cas , ont singulièrement accéléré les pro grès- de Ja maladie et hâté l'événement funeste.

§. II. De la Pouriture d'hôpital.

On connaît sous ce nom une désorganisation particulière des parties molles , par l'effet de laquelle elles disparaissent sans laisser aucune trace de leur tissu primitif, et en se laissant toutes convertir en un gluten putride et homogène.

Cette maladie infecte les plaies, les ulcères, dans Causes, les hôpitaux , dans les prisons , dans les vaisseaux , et généralement dans tous les lieux humides, malsains, où règne une température élevée , et qui sont surchargés de malades. Dans cette réunion de circonstances favorables , tous les sujets soumis à leur influence n'y cèdent pas ; mais la résistance que quelques-uns opposent lient à des raisons qui sont encore inconnues. La maladie dont il s'agit peut se renouveler plusieurs fois dans le même individu; il semble même que la susceptibilité augmente en raison du nombre des rechutes.

Les premières observations exactes sur la pou- Elle dépend

. niA-iw i i !•• i i d'une inocu-

riture d hôpital démontrèrent la condition locale lation putride cette maladie et sa propriété contagieuse. De d°' nouveaux travaux firent croire qu'elle n'était que le symptôme d'une affection générale , d'abord purement gastrique , puis adynamique , et qui tirerait sa source des effets ordinaires des grandes réunions d'hommes malades.. Des observations plus

Chap. it.

pe la Gangrène COUMdérée relativement à ses causes.

Chap. ii. exactes ont enfin ramené la question au point Ou

gtèn^ cous1?- eu*e ^tau^ d'abord > et nous sommes pleinement conderée relata- vamcus, avec d'autres observateurs recommandables,

vement a ses 1

cmses. que , dans son principe, la maladie est purement locale , et qu'elle dépend de Faction sur une surface suppurante, des mêmes causes qui donnent lieu au typhus nosocomial. Nous sommes aussi persuadés par l'observation, de la propriété contagieuse de la pouriture d'hôpital.

Compiica- Les circonstances dans lesquelles elle se développe sont propres à produire souvent des complications , et la plus fréquente est celle que constitue la fièvre nosocomiale ; cependant il faut être attentif pour ne pas confondre cette complication avec un état moitié adynamique , moitié nerveux , qui ne se déclare que secondairement , et qui est le symptôme de l'affection locale.

La pouriture d'hôpital peut être compliquée également de toutes les fièvres cardinales connues; mais ce serait une erreur de penser, comme l'ont fait quelques écrivains qui avaient peu observé la maladie dont il s'agit , qu'elle emprunte son caractère essentiel de la maladie complicante , ou même que cette dernière est l'affection principale et la pouriture son symptôme ; en sorte que le génie de l'affection locale serait variable en raison de celui de l'affection générale concomitante. On observe, au contraire, que chacune des deux affections marche isolément en conservant ses caractères propres , sauf quelques légères altérations de forme , qu'il

riete*

DE LA GAKGB.ÈNE. 125

faut attribuer à la part que le système nerveux prend Cakv- n-

* i> \ , 11 a rc De la Gan*

a 1 une et a 1 autre aliection. ène consi.

Cette maladie débute de deux manières diffé- ^*mrf ^ rentes , qui tendent cependant au même résultat. causes- Dans la première, l'état général de la santé restant Elle affecte

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