‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 15 sur 49 · ry~; deux formes · texte numérisé non relu

ry~; deux formes

sans altération , la plaie devient douloureuse , les différentes, bords s'enflamment , la suppuration diminue et devient séreuse. Dès le second ou le troisième jour de Première vaces phénomènes , quelques points, ou la totalité de la plaie , se couvrent d'une fausse membrane blanche , mince , adhérente , demi-transparente , et qui ne voile qu'incomplètement les bourgeons charnus. Plus tard , cette couche devient plus épaisse et donne à la surface ulcéreuse un aspect blanc ou grisâtre ; à cette époque il survient du dégoût , de l'insomnie et une fièvre légère ; la langue se salit et devient blanche ou jaune ; la région sus-orbitaire et l'épi— gastre sont douloureux , et il y a quelquefois des vomissemens muqueux ou bilieux, et toujours de la constipation. Les jours suivans , la couche blanche ou grise qui recouvre la plaie devient plus épaisse et striée de sang; elle a l'apparence et même la consistance du pus , et cependant on fait d'inutiles efforts pour l'aKsterger ou pour l'enlever ; chaque tentative ne produit d'autre effet que de déplacer médiocrement une. masse molle , pulpeuse et fort adhérente aux parties sous-jacentes. Cependant la plaie s'agrandit rapidement dans tous les sens , les bords deviennent plus douloureux et sont affectés d'œdème jusqu'à une assez grande distance; la

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Cdap. ii. fièvre devient manifeste , elle est continue avec des De la Gan- exacerbations quotidiennes , et suivie de sym ptômes

gvene consi- A ' »■'

théi-ée reiati- adynamico-ataxiques ; la face s'altère promptement,

veinent à ses J

causes. et présente une couleur pale et blafarde remarquable.

seconde va- La> seconde forme sous laquelle la pouriture

rie le. 1 1

d'hôpital se présente dans son début , offre les caractères suivans : dans un ou plusieurs points de sa surface une plaie devient plus sensible , douloureuse ; on y remarque bientôt une ou plusieurs excavations plus ou moins profondes , dont les bords sont d'un rouge vineux , et recouvertes d'une suppuration opaque, blanche , jaunâtre et consis-. tante ; ce pus peut être abstergé et découvre autant de points d'ulcérations particulières dans l'étendue de la plaie , formés de bourgeons charnus très- menus, à forme conique, et saiguans par leur sommet. Ces points d'ulcération s'étendent rapidement , se-f confondent par leurs bords et envahissent toute la surface de la plaie , qui dès lors présente dans toutes son étendue et sur les bords , les . mêmes caractères»: que nous avons déjà exposés en parlant de la première nuance, à cela près de la matière blanche > tenace et adhérente, qui manque d'ans celle ci. Ce^ pendant les phénomènes généraux se développent dans le même ordre et produisent les mêmes altérations.

A ce point, qui est commun à l'une et à l'autre nuance et dons lequel elles se confondent, on est frappé de l'accroissement prodigieux des dimen-

sions de la plaie dans tous les sens. Il y a une perle Chap- il de substance manifeste et quelquefois très-consi- j^J* co^ dérable, sans qu'on en voie le résidu , si ce n'est la ^ntrf«s niasse pulpeuse qui recouvre la plaie clans le cas de causesla première nuance. Si les progrès de cette affection locale nq sont point arrêtés par l'art ou par la nature , les forces s'altèrent plus profondément, la fièvre prend plus d'intensité , et présente des symptômes nerveux plus graves. La chaleur devient trèsâcre, la soif inextinguible , le ventre ballonné; il survient une diarrhée séreuse et putride , les forces s'épuisent et le malade péril.

. Quelquefois cependant la maladie s'arrête d'elle- £™son même , et les forces de la nature semblent dompter la violence du poison inoculé. Dans ce cas , l'œdème des bords de la plaie disparaît, une rougeur flegmoneuse prend sa place ; la masse pulpeuse, quand elle existe, se sépare et découvre des bourgeons charnus blafards, mais qui acquièrent chaque jour plus de consistance; ou bien une suppuration plus abondante , d'abord séreuse , puis mieux élaborée , prend la place du pus jaune et tenacer que la plaie fournissait auparavant , la chaleur fébrile et les symptômes nerveux qui l'accompagnaient se dissipent, la face se colore, les yeux deviennent moins tristes, le calme se rétablit, et le travail du dégorgement et de la cicatrisation recommence.

On sent facilement que le tableau que nous venons de présenter doit admettre encore les traits

ia8 SECTION II.

Chap. H. relatifs aux complications dont la pouriture d'hô- «rèJ;3 con^i- P*ta* est Passible, et qu'il n'est pas de notre sujet

dérée relati- d'exposer ici.

vemeat a ses 1

c.mses. Ou voit que cette maladie est une des plus graves

parmi les complications dont les plaies et les ulcères sont susceptibles : on la voit sévir avec une sorte de fureur dans certains hôpitaux mal construits, entretenus avec négligence, ou surchargés de malades ; elle passe rapidement d'un malade à l'autre , dans une salle d'hôpital fort étendue ; et après avoir mis un sujet à deux doigts de sa perte, elle recommence avec une nouvelle violence et avec d'autant plus de danger . Elle'détruit promptement les forces, et rend par conséquent les malades bien plus susceptibles d'affection générale ; aussi les fièvres nosocomiales sont- elles commuues et graves dans les hôpitaux où on la voit régner ; d'ailleurs les émanations qu'elle-même fournit sont très-propres à exercer cette dernière influence. Elle produit une perte de substance considérable; et que l'on ne peut révoquer en doute, surtout après la guérison ; mais l'on ne peut dire ce* que deviennent les parties perdues , si ce n'est quand il s'agit des os "et des tendons : ces organes sont les seuls qui forment en pareil cas des escares proportionnées à l'étendue delà dévastation. Mais dans tout autre cas, la masse pnlpeuse que l'on voit se détacher , et dans laquelle toutes les parties perdues paraissent avoir été converties , n'est nullement proportionnée avec l'étendue de la perte de substance ; et celle der-

DE LA GANGRÈNE. 120 nière est absolument sans résida , quand ce phéno- CBAr- n. mène n'a point lieu. Les artères ne sont pas plus De, la Gan'

1 • grene consi-

eparguées que toutes les autres parties par cette délée ™lati-

i , . . veinent à ses

désorganisation : 1 observation apprend que toutes causes, les fois qu'elle survient sur le trajet des gros vaisseaux , il faut s'attendre à des hémorragies graves 7 si la maladie s'étend suffisamment.

Les erreurs dans lesquelles on est tombé touchant Traitement, la nature de cette maladie , en ont entraîné d'autres relatives au traitement : on s'est renfermé dans les préceptes vagues d'assainissement , et l'on a négligé les pratiques efficaces de désinfection ; on s'est borné a traiter les symptômes généraux, ou les complications, comme si ces circonstances avaient constitué la maladie essentielle ; et l'on a totalement abandonné l'affection locale, comme si elle n'était pas la source ou l'occasion, de tout le reste. Tous les préceptes connus d'hygiène sont sans doute applicables à ce cas; mais la méthode guitoniehne nous paraît renfermer le plus grand , le plus important de tous les avantages, celui de détruire promptement les miasmes animaux putrescens , qui contiennent probablement la cause immédiate de la maladie.

D'après ce que nous avons exposé jusqu'ici, il est évident que nous considérons la . pouriture d'hôpital comme le résultat d'une infection locale produite, par l'action immédiate de miasmes contagieux dont la nature probable est animale. Nous ne pensons pas que l'absorption de ces mêmes miasmes puisse produire une affection générale dont la pou-

l5o SECTION II.

Chap. ii. riture d'hôpital serait le symptôme; mais nous nedou-

De la Gan- tons pas que cette seule et même cause ne puisse prOgrène consi- ■ ; ™ s , p . ,,

dérée reiati- duire J un et 1 autre etiet a la lois, et d une manière cai^es.1 a SCS indépendante : à moins de complication évidente et facile à reconnaître , on voit constamment l'affection locale débuter la première , subsister seule fréquemment , ou n'être suivie que plusieurs jours après des symptômes généraux qu'elle est capable de produire.

Pouteau avait fait usagé de la cautérisation dans le traitement de cette maladie , et nous sommes convaincus que celte méthode thérapeutique est la seule fondée sur l'expérience: voici ce que notre propre observation nous a appris à ce sujet.

Quand la maladie débute , il est facile d'en arrêter les progrès par le moyeu d'une simple irritation pratiquée sur la surface infectée, pourvu que cette action soit bien sentie par les parties vivantes. Nous avons éprouvé très-fréquemment , en pareil cas , l'utilité de l'application constante du bon vinaigre ; maisnous avons le soin de le faire agir de la manière la plus immédiate , soit en abstergeant soigneusement la plaie du pus tenace qui l'invisque , soit en déchirant et détruisant complètement la fausse membrane qui la recouvre , en faisant d'abord sur toute l'étendue de la plaie , une friction dure avec un tampon de linge grossier. Ce procédé met la plaie tout en sang; mais il découvre la surface ulcéreuse , et permet d'agir sur elle sans intermédiaire. La plaie étant bien à nu ? nous y répandons du vinaigre,

DE LA GANGRÈNE. l5l

et nous la recouvrons d'un gâteau de charpie trempe Cat*. il dans le même liquide , avec lequel on a le soin De la Gan"

J' r ' 11 -i ' s''ene consi-

a arroser fréquemment 1 appareil. Un, deux ou ùérée r?luli-

• . , vement à ses

trois jours de ce pansement suffisent ordinairement causes, pour arrêter les progrès de la maladie, à moins qu'il n'ait e'te' employé trop tard. Dans ce dernier cas , nous avons recours aux caustiques , et les plus légers peuvent suffire , quand la maladie a débuté par la forme ulcéreuse , parce qu'alors il est aisé de mettre la surface à nu : une ou plusieurs applications de nitrate d'argent fondu , nous ont souvent réussi en pareil cas. Mais si la plaie s'est recouverte de la masse pulpeuse dont nous avons parlé , il faut recourir à une méthode plus active. Nous avons employé quelquefois, avec succès, le cautère actuel (r); mais si cette singulière escare est déjà fort épaisse , elle éteint trop rapidement les cautères , et ceux-ci n'ont plus assez de chaleur pour agir à la profondeur nécessaire. Le seul moyen efficace auquel on puisse

-(') Depuis que ceci est écrit, nous avons reçu à l'hôpital Saint-Elpi de Montpellier, cent cinquante militaires blessés sous les murs de Pampelune , dont les plaies étaient toutes infeclées de lapouriture d'hôpital, à un degré assez avancé. Le cautère actuel a élé appliqué sur toutes ces plaies ; ce traitement est le sedl que les malades aient subi , et la pouriture a été arrêtée avec une promptitude qui a frappé tous les assistans. En d'autres temps nous rendrons un compte ■ plus détaillé de cette observation vraiment intéressante çt décisive. Au reste, cette méthode de traiter la pourilure d'hôpital est employée depuis quelques annés à l'Hôtel-Dieu -de Paris avec un succès remarquable.

causes

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Chap. il s'arrêter alors , et dont nous avons souvent éprouvé De la Gan- vl^t est celui-ci : nous formons des fmgmens

grène coasi- ' . . •

dérée reiati- anauleux de potasse caustique , qui puissent se J aire

rement à ses & r 1

jour à travers celte couche gluuneuse , et nous les enfonçons jusque dans l'épaisseur des parties vivantes où nous les laissons agir. Nous multiplions suffisamment l'introduction de ces fragmens , que nous plaçons à de petites distances les uns des autres, afin que de leur action simultanée il puisse résulter une escare régnant au-dessous de la surface infectée. Par-là , nous jetons une barrière impénétrable entre le foyer de l'infection et les parties qui en sont menacées ; ■ par-là aussi , nous prévenons avec la plus grande certitude toute infection ultérieure.

On ne doit pas négliger, sans doute, de soustraire le malade aux influences dangereuses auxquelles il est exposé , de lutter par le moyen des toniques , etc. , contre les effets généraux que cette affection locale peut produire , et même de traiter méthodiquement les complications manifestes que l'on reconnaît ; mais il faut bien se garder de prendre pour les signes d'une affection essentielle compilante , les symptômes ordinaires de l'affection locale poussée jusqu'à un certain point :.nous avons vu souvent les vomitifs, dont on a tant vanté l'efficacité en. pareil cas, être suivis de très-mauvais effets, et produire des superpurgations funestes.

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